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- 1313171lui écrire blog Publié le 02/09/2005 à 19:28 Demander à la modératrice de supprimer ce forum


Vu le film de Michael Radford, «B.Monckey", avec Asia Argento.
Je cite la trame de l'histoire : »
Fille violente et paumée, Béatrice est connue sous le pseudo de B.M comme brauqeuse de banques géniale, au service de Paul, en équipe avec Bruno. Les trois vivent et couchent ensemble.
Jusqu'au jour où elle rencontre Alan, instit amateur de jazz, mec pépère, et qui pourrait radicalement changer sa vie.
Fuyant son milieu gay et loubard, elle pense trouver le compagnon idéal, quand Paul et Bruno lui proposent un dernier casse.«


Le trait particulier du film, malgré une lumière extrêmement soignée, composée, et une musique qui à mon sens illustre un peu trop l'intensité à l'image, tient aux dialogues. Les conversations, presques incompréhensibles au début, accentuent notre attention, jusqu'à ce que le contenu des propos devienne central, à mesure que la tension monte, et nous permet de perçevoir le fonctionnement particulier du film qui tient à son caractère d'estrangement. Les sentences sont justes, et permettent l'ouverture d'un paysage par le film.

Pour partir en dehors, vers un ailleurs. Et ce, parce que le contexte qui appuie la personnalité d'Alan tient aussi du dépaysement. Le film montre avec incongruité le monde de l'enfance et de son potentiel d'»estrangement«. En l'occurence, quand un enfant demande à son instituteur si le voyage qu'il effectue est bien un voyage, tout en regardant le paysage défiler par la fenêtre du train. Question très pertinente sur le voyage. L'imagination est un compagnon de voyage qu'on néglige, le doute qu'elle permet sur l'action même de voyager, n'est-il pas le propre du voyage lorsqu'on voyage. Ce dépaysement du langage, du film, que pose la question naîve du voyageur devient immense, et dépasse les limites de pensée du cadre organisé, de l'horizon que laisse voir le train. Ce sentiment de première fois, d'estrangement (il faudrait relire Vicor chklovski) nous place, spectateur intrigué, dans la confrontation du monde des adultes et de leur violence, au monde non moins violent de l'enfance (le crayon enfoncé dans la joue d'un gamin en classe), inscrites dans ce monde. Première transgression majeure du cinéaste, à mon avis, qui est de nous montrer la violence mafieuse et la violence enfantine sur un même plan, une même ligne (de fuite). Les deux violences sont parallèles, mais c'est seulement par le recourt d'une forme régressive d'un accès vers la violence du monde de l'enfance plus spontané, c'est-à-dire, par la violence naturelle de l'indigestion d'Asia, chose fréquente pendant l'enfance, que l'héroïne accède à sa faiblesse, à son enfance recréée qui provoque le retour de la puissance sexuelle d'Alan, reprimée par le premier contact machiste d'Asia lors de leur rencontre sous un pont. Le retour en arrière efface les relations sociales isolées, où les anciens camarades se disséminent dans leur névrose, et où l'isolement à la campagne éloigne des turpitudes de la ville, pour une reconversion vers l'espace.

1551561 Publié le 17/07/2007 à 20:54 supprimer cette contribution
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Vu le film de Michael Radford, «B.Monckey , avec Asia Argento. Je cite la trame de l'histoire : » Fille violente et paumée, Béatrice est connue sous le pseudo de B.M comme brauqeuse de banques génia
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