"puisque je n'ai pu te chasser ni te haïr, reçois mes honneurs secrets"
Un jour (ce n'est pas pour demain) on apprendra l'Histoire, telle qu'aux Sabbats les sorcières la racontent aux apprentis, soucieux de boire dans le vertige des vérités ; telle que moi-même je l'ai apprise ; telle que j'ai juré de la reproduire ; telle que vous devez la connaître a posteriori.
la voici :
Lui, était un brave maréchal, couvert de gloire et de richesses.
Elle, une gentille paysanne vaguement illuminée.
Ils n'auraient jamais dû se rencontrer, puisque tout les séparait.
C'est peut être pour cela qu'ils se sont trouvés. Une émouvante histoire d'amour en somme.
Ils furent chargés d'un même travail, et leur rencontre merveilleuse marqua le commencement d'une passion aussi splendide que méconnue.
Mais il est dit qu'il n'y a pas d'amour heureux. Et un jour, signalé avec une pierre très noire dans les annales du crime, elle fut trahie et livrée honteusement à ses bourreaux.
Lui, désespéré, essaya de la délivrer. Mais en vain. Elle fut assassinée, sous les yeux impuissants de son amant.
Il jura longtemps de se venger. Mais le temps mitige toujours une partie des chagrins, et il devint seulement un excellent chrétien. Les paroles sacrées de l'évangile furent les siennes :
"laissez venir à moi les petits enfants".
Ils sont venus, nombreux, à son sombre et magnifique château. Et ils se trouvèrent si bien qu'ils ne repartirent jamais.
Mais tout en s'occupant de ses hôtes, il n'arriva pas à oublier sa douce, unique amie. Parce qu'ils s'étaient aimés de toute la fureur de leur passion, de toute la passion d'une rencontre qui avait le goût des amours marquées par l'impossible. Parce qu'ils ont gémi de volupté, entrelacés, maintes fois, tandis que la nuit couvait leurs étreintes à l'ombre des batailles gagnées et des futures victoires. Jamais homme et femme ne s'étaient mieux compris, mieux complétés dans leur parfaite dissemblance.
Oui, je sais bien qu'elle est morte pucelle, on ne se lasse pas de nous le répéter. Mais, pourquoi pas ? les voies du Seigneur ne sont-elles pas multiples ?
puisque je n'ai pu te chasser ni te haïr, reçois mes honneurs secrets Un jour (ce n'est pas pour demain) on apprendra l'Histoire, telle qu'aux Sabbats les sorcières la racontent aux apprentis, souc amante,religieuse