
le 10 mai ;, jour de la commémoration de la traite, de l'esclavage et de leur abolition, france 3 lance Tropiques amers une fresque retraçant 30 ans de vie d'une plantation en Martinique, là où maiître et esclaves unissent leur destin. Pour la scénariste Virginie Brac et Myriam Cottia, historienne martiniquaise spécialiste de la question de l'esclavage aux antilles. Les esclaves y ont gagné leur liberté par décret, et non par les armes, il n'était donc pas tant question d'évoquer soulèvements et révoltes qu'un lutte quotidienne faite d'espoir et de compromis, l'historienne s'explique sur ce parti pris: en décrivant les stratégies de survie trèq élaborée des esclaves, nous montrons que l'héroisme ne passe pas forcément par les armes. Car la dignité se remarque auusi dans cette quotidienneté de la relation esclavagiste, où la résistance passe par des actes infimes, qui permettent de s'affirmer en tant qu'humains". Derrière la caméra, on trouve Jean-Claude Barny, un jeune réalisateur guadeloupéen qui ne cache pas son engagement dans cette aventure humaine et artistique: "je suis né aux antilles, et j'attendais depuis longtemps qu'un tel film puisse se faire, que l'on puisse montrer d'une façon sincère et authentique le parcours d'une communauté. Cette histoire s'inscrit dans une démarche de sensibilisation et d'ouverture que je trouve importante.
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| Une page d'histoire

Tropiques amers se veut une reconstitution authentique de l'histoire de l'esclavage aux Antilles, avec notamment une mise en lumière fidèle des dispositions rassemblées dans le terrible code noir.
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| le destin d'une héroine

à la fin du XVIII ème siècle, les révoltes d'esclaves se multiplient. Malgré son désir d'émancipation , Adèle, l'héroine, semble s'être résignée à sa condition d'esclave. Selon Fatou N'Diaye, son interprète, "Adèle ne se berce pas d'illusions sur l'affranchissement des Noirs. Elle choisit d'accepter sa condtion d'esclave, une alternative qui lui semble plus futée que de devenir une Nègre marronne, autrement dit une vagabonde".
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| Théophile Bonaventure, le maître

c'est un riche colon de Saint-Pierre, est selon les termes de Jean-Claude Adelin " une brute sensible", avec toute la compexité d'un exclavagiste amoureux d'une esclave
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| un mariage de raison

Romantique enfant gatée, Olympe de Rochant se résigne pourtant à un mariage de raison avec Théophile Bonaventure , sans noblesse mais suffisamment riche pour amadouer le père de la jeune femme, ruiné
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| l'amour contrarié

Adèle est éprise de Koyoba, un ancien chef de Guinée devenu esclave. Mais contrairement à la jeune femme qui n'a jamais vécu qu'en exclave, Koyoba refuse d'abandonner sa liberté et choisit de fuir , quitte à renoncer à Adèle et à risquer la mort
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| luttes de pouvoir

bien que selon le Code Noir, Adèle ne soit qu'un " bien meuble" à la disposition de son maître, elle éveille en lui un véritable élan affectif. Selon Fatou N'Diaye, "Adèle est la faiblesse de Théophile. A sa manière, elle apprend à se servire des sentiments qu'il éprouve pour elle, et à en jouer pour sa survie et celle des siens. Le rapport entre Adèle et le maître est très ambigu"
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| l'ambiguïté d'un homme

Amédée; intendant de Théophile Bonaventure et père d'Adèle, est partagé entre l'envie de plaire et son désir de liberté. Jean-Michel Martial confie sa fierté d'avoir interprété ce rôle: "à travers lui, je rend hommage à ceux qui ont eu le courage de vivre en captivité, d'affronter le quotidien et d'assurer la survie des leurs. Une façon de rappeler le comportement extraordinaire , à cette époque , d'un homme ordinaire".
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| La résistance par les armes

lors de la fuite, Koyoba rejoint les "marrons", ces esclaves évadés qui reformaient des communautés dans les bois. Jacky Ido racontele parcours de son personnage: "Sans compromis, ce guerrier a choisi de reconquérir sa liberté par les armes, préférant perdre la vie dans cette lutte plutôt que de vivre esclave, dans l'espoir que des "mots" l'affranchissement peut-être un jour.
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| les liens du coeur

Amédée et Adèle portent un regard différent sur leur condition d'esclaves, mais le lien d'amour et de tendresse qui unit le père et la fille; est indéfectible. Ces deux personnages laissent transparaître la quotidienneté de l'esclavage, "où la résistance passe par des actes infimes, qui permettent néanmoins de s'affirmer en tant qu'êtres humains", selon l'historienne Myriam Cottias
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| un tournage plus vrai que nature

la difficulté du sujet de Tropiques Amers a fait des quatre mois et demi de tournage , un moment particulièrement intense. Léa Bosco retient la violence des scènes : "mais si je savais qu'il s'agissait de figurants, voir des personnes en cage, à qui on inflige les pires des chatiments , fut un énorme choc, une vraie claque. mais Fatou N'Diaye souligne l'ambiance du plateau : "étrangement, j'ai l'impression que, lorsque le thème est dur, l'équipe n'en est que plus douce.
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| le passé retrouvé

si l'histoire se déroule en Martinique, le tournage a eu lieu en partie à Cuba, un univers qui a marqué les acteurs, notamment Fatou N'Diaye: "je repense aux décors de Cuba , notemment les champs de canne à sucre, c'était vraiment impressionnant. On voit les figurants travailler sous 40° à l'ombre, d'un seul coup, l'esclavagisme devient concret, réel, même si c'est pour de faux! comme si le lourd passé de ces terres ressurgissait brutalement et réveillait des moments tragiques.
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