<?xml version="1.0" encoding="UTF-8" ?><?xml-stylesheet title="XSL_formatting" type="text/xsl" href="xslt-general.xsl" ?> <rss version="2.0" xmlns:rdf="http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#">	<channel>		<title>Les Contes</title>		<link>http://www.affection.org</link>		<description>Les 10 derniers contes ajoutés sur le site http:  www.affection.org</description>		<ttl>1</ttl>		<item>			<title><![CDATA[ ]]></title>			<link>http://www.affection.org/_119490_CONTE_poeme-type/</link>			<description><![CDATA[ ]]></description>			<guid>http://www.affection.org/_119490_CONTE_poeme-type/</guid>			<pubDate>12/1/2012 2:58:00 AM</pubDate>			<author><![CDATA[2903125@affection.org (Itw37)]]></author>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Je suis en r&ecirc;ve]]></title>			<link>http://www.affection.org/reve_119310_CONTE_poeme-type/</link>			<description><![CDATA[Y'a un r&ecirc;ve qui me suit , je me trouve dans l'eau je peut pas respirer .je cherche un solution pour sortir mais y'a pas je veux reveiller je veux reveiller... ]]></description>			<guid>http://www.affection.org/reve_119310_CONTE_poeme-type/</guid>			<pubDate>9/7/2012 1:07:00 AM</pubDate>			<author><![CDATA[1411410@affection.org (Djo 32)]]></author>		</item>		<item>			<title><![CDATA[les proverbe]]></title>			<link>http://www.affection.org/proverbe_118923_CONTE_poeme-type/</link>			<description><![CDATA[que ton parapluie soit pret avant qu il pleuve.   <BR>           proverbe indonesien <BR>la premier femme est une esclave la deuxieme une compagne et la troisieme un tyran <BR>           proverbe polonais <BR>un baiser vaut mieux que mille paroles <BR>           proverbe italien <BR>pardonner au mechant c est frapper l innocent <BR>           proverbe italien]]></description>			<guid>http://www.affection.org/proverbe_118923_CONTE_poeme-type/</guid>			<pubDate>3/18/2012 6:47:00 PM</pubDate>			<author><![CDATA[2847904@affection.org (nounou)]]></author>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Le p&egrave;re Noël &eacute;goïste]]></title>			<link>http://www.affection.org/pere-noel-egoiste_118626_CONTE_poeme-type/</link>			<description><![CDATA[Le p&egrave;re Noël &eacute;goïste. <BR> <BR>Il &eacute;tait une fois un homme. <BR>Ce matin l&agrave; devait, faire de sa vie, une belle et riche histoire de lui. Était ce si facile pour lui de trouver dans une journ&eacute;e, sans une seule envol&eacute;e d’esprit et d’amour, le temps des autres ? Il fumait, ses id&eacute;es, sans s’attacher &agrave; une direction. <BR>Le clapotis de la pluie, transformait l’atmosph&egrave;re. La claquette de l’humidit&eacute; froide aux pas intenables avait &eacute;teint la chemin&eacute;e. Les cendres froides, ne respiraient plus. <BR> <BR>Le reste du cendrier de la veille empest&eacute; l’atmosph&egrave;re sa chambre. Le froid de la pi&egrave;ce, lui demanda de remonter sa couverture. Il se blottît, et engageait un corps &agrave; corps avec son &acirc;me pour se r&eacute;chauffer. Il se leva prit la direction de la cuisine, et fit couler un caf&eacute;. L’horloge marquait sept heures. La cafeti&egrave;re de la matin&eacute;e pr&eacute;c&eacute;dente, annon&ccedil;ait celle de demain. <BR>Il emboita un pas apr&egrave;s l’autre et se dirigea vers sa salle de bain, le goute &agrave; goute odorant, raisonnait, il annon&ccedil;ait le d&eacute;but d’une nouvelle journ&eacute;e. Face &agrave; son mur de glace, le bouc grisonnant de plusieurs jours, il se regardait. Cette image, lui rappela, qu’il n’avait pas assez dormi comme toutes les nuits pr&eacute;c&eacute;dentes, l’insomnie avait cern&eacute;s ses yeux. <BR> <BR>Les jets de la pomme de douche, le fouettaient il se r&eacute;veilla l’esprit. <BR>Mug en main, le regard vers demain, l’odeur du caf&eacute; au parfum matinal, enlevait &agrave; la pi&egrave;ce la froide empreinte de son cendrier. L’id&eacute;e de son pr&eacute;sent, en cette p&eacute;riode de f&ecirc;te, tambourinait &agrave; ses tempes. Il avait d&eacute;cid&eacute; de vivre Noël cette ann&eacute;e. Il ne l’avait pas fait depuis qu’il &eacute;tait petit. Monde &eacute;trange. Mais, pas une once de d&eacute;but, ni m&ecirc;me les pr&eacute;mices d’une id&eacute;e de d&eacute;cision, lui apparaissait. Seul, coup&eacute; du monde, en cong&eacute; avec lui m&ecirc;me. Il vivait de ses habitudes. <BR> <BR>Il prit son pardessus aux couleurs de l’hiver, et se chaussa. Il mit ses gants puis se d&eacute;cida &agrave; marquer le pas de sa nouvelle vie d’essai, vers son ouvrage journalier. <BR>Il ouvrit la porte de sa cachette, comme chaque matin. <BR>La pluie avait cess&eacute; de tomber. Il regarda, le journal pli&eacute;, jet&eacute; sur la terrasse, le ramassa, et sans rien lire, en devina les titres. <BR> <BR>Chroniques annonc&eacute;s : titres r&eacute;currents, le d&eacute;clin du monde, un maya l’avait dit, la fin c’est pour demain, 2012. <BR> <BR>La Crise de se monde, &eacute;trange. <BR> <BR>Il s’y sentait comme un ext&eacute;rieur, les pires nouvelles de la politique, ne le dominaient plus, &agrave; l’exception, il finissait tout de m&ecirc;me par s’en balancer rapidement et pr&eacute;f&eacute;rait regarder, les autres manger le met d’un m&acirc;chon de poulet, sans aucune serviette. Il &eacute;vitait ainsi, le sacro saint dominical r&eacute;barbatif des pol&eacute;miques. Trop religieux ce monde &agrave; son goût. Il ne se salissait point les mains d’id&eacute;e de graisses animales et politiques, il vivait de sa terre, sa culture personnelle d’esprit. <BR> <BR>Il jeta d’un geste rapide et pr&eacute;cis, la triste ubiquit&eacute; de cette fausse fraîcheur, mauvais papier en direction de la poubelle &agrave; recycler. Bing boum, le bruit creux de son geste l’invita &agrave; regarder vers le sapin au milieu de la cours, il scintillait &agrave; sa fa&ccedil;on. L’aube &eacute;tait l&agrave;. Elle lui parlait. <BR> <BR>Il se dirigea d’un pas lent et mesur&eacute; vers le tas de bois. La hache plant&eacute;e dans une buche. Elle paraissait froide comme la mort, sans &eacute;tat d’&acirc;me. Elle prenait posture, tel le L, de Libert&eacute;. <BR>De ses gants chauds serr&eacute;s, il fit faire un aller et retour au manche et entama d’un tour de bras assur&eacute; la d&eacute;coupe de sa chauffe, la soir&eacute;e de son noël 2011 en d&eacute;pendait. <BR> <BR>Pan, han, pan han, l’&eacute;cho r&eacute;gulier, emplissait le lointain. Le chant des oiseaux s’&eacute;tait arr&ecirc;t&eacute;. Le monticule de bois, grandissant d’un st&egrave;re suffisant. Il planta pour finir sa t&acirc;che, le tranchant de la lame dans une bûche pr&egrave;s de son billeau. Il redonnait ainsi au manche, son L. <BR> <BR>L’effort l’avait r&eacute;chauff&eacute;. Les oiseaux reprirent leur chant. Il ramassa sa d&eacute;coupe de bois, le disposa de fa&ccedil;on parfaite sur le traineau &agrave; proximit&eacute; qui lui servait d’esclave portant. Il s’attela d’une sangle de traine, et d’un tour de rein, fit glisser sa besogne, vers l’entr&eacute;e de sa demeure. <BR> <BR>Son regard fut soudain attir&eacute;, comme un aimant. Cela, l’arr&ecirc;t&acirc;t net au pas de sa demeure. Le journal, jet&eacute; &eacute;tait revenu. La nouvelle tapageuse, envahissante, qu’il fuyait, gisait tel un corps mort sur le parvis de sa terrasse avec une grise insolence. <BR> <BR>Il transpirait, le cœur battant, les yeux en alerte, les genoux bien durs, pr&egrave;s &agrave; bondir sur ce papier sans vie. Il se fixa, surprit, la r&eacute;tine r&eacute;tr&eacute;cie, il regarda autour de lui, la lis&egrave;re du bois, rien, pas de trace, juste celles des ses pas de son aller au rang de bois. Il avait quitt&eacute;, le monde des autres. Étranger, son cœur palpitait, la sueur coulait le long de sa barbe grise, il ne comprenait pas. <BR> <BR>Il se dessangla rapidement, avan&ccedil;a d’un pas prudent et sure, ramassa le journal et lu, sur la premi&egrave;re page ceci : <BR> <BR>« Cher Papa, toi qui nous aime tant. <BR> <BR>Tu es parti il y a d&eacute;j&agrave; bien longtemps. Stop ! <BR>Nous avons donc pens&eacute; cette ann&eacute;e &agrave; t’envoyer notre journal magique sans faire de liste de cadeau. Stop ! <BR>Nous pensons beaucoup &agrave; toi, chaque jour de l’ann&eacute;e, papa, tu es notre cadeau. Stop ! <BR>Il est maintenant dans tes mains ce journal. C’est un peu de nos nouvelles fraîches, notre fa&ccedil;on de te dire que l’on t’aime. Stop ! <BR>Un peu comme quand, les soirs de Noël chaque famille d&eacute;couvre les lumi&egrave;res magiques du march&eacute; de Noel. Les lumi&egrave;res de la campagne, de la folie de ce soir qui donne &agrave; nous enfants, le droit de r&ecirc;ver. Stop ! <BR>De ce qui nous ferait tant plaisir, c’est de le partager avec toi, c’est si simple. Stop ! <BR>L’odeur, du pain d’&eacute;pice de tes chocolats chauds, des couleurs de tes bougies, les senteurs orang&eacute;es de tes paniers. Oui nous nous souvenons de la puissante r&eacute;sine de notre sapin, elle embaumait nos &eacute;charpes, voil&agrave; notre essentiel. Stop ! <BR>Tu vis dans ton monde, papa, l’Etranger c’est toi. Stop ! <BR>Nous, nous te voulons, libre. Stop ! » <BR>Sans hache, reviens nous ch&eacute;rir. Stop ! <BR>Ton bois coup&eacute;, arr&ecirc;tes donc ce bois et envoles toi vers nous. Stop ! <BR>Viens, reviens &agrave; la socialisation. Stop ! <BR>Laisse tes vieux d&eacute;mons. Nous, nous battrons avec toi. Nous t’aimons. Stop ! » <BR> <BR> <BR>Les mains tremblantes, le r&ecirc;ve de cette nuit surement. Le mur froid de la salle de bain, un cauchemar les yeux ouverts. Le caf&eacute;, bur-nout de la veille. Il laissa tomber ses bras le long de son corps, le journal en tenaille dans sa main droite. Le cœur &agrave; la vitesse de ces nouvelles, il respirait rapidement. Le bois coup&eacute; qu’il ramenait, sentait bon, la r&eacute;sine de pin martelait, ses sens, il &eacute;tait humide de sueur. <BR>Il ne savait pas s’il devait ranger ce st&egrave;re de bois ou garder son statut d’&eacute;tranger. Quant &agrave; partir rejoindre ses filles pour ce Noël, qu’il aime tant. Il fit son choix, prit sa douche, oui apr&egrave;s tant d’efforts, et cette surprise. <BR>Il savait maintenant ce que le labeur d’une vie ce matin avait fait de lui. Une belle et riche histoire. Il prenait la mesure du temps, la Libert&eacute; de l’avoir lu cette actualit&eacute; &agrave; son attention. <BR> <BR>Il se dirigea d’un pas lent et assur&eacute; vers le taxi traineau, il carillonnait annon&ccedil;ant le d&eacute;part imminent. Notre p&egrave;re "arborait ce soir-l&agrave; une suave &eacute;charpe de soie, d'impeccables chaussures vernies, un pardessus du bon faiseur et un chapeau d'au moins vingt louis." ]]></description>			<guid>http://www.affection.org/pere-noel-egoiste_118626_CONTE_poeme-type/</guid>			<pubDate>1/9/2012 6:03:00 PM</pubDate>			<author><![CDATA[2828084@affection.org ()]]></author>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Joyeux Noël …quand m&ecirc;me.]]></title>			<link>http://www.affection.org/joyeux-noel-…quand-meme_118608_CONTE_poeme-type/</link>			<description><![CDATA[  <BR>Marcel Pi&egrave;tre erre sur le pav&eacute; gris sans but, sans espoir. Une pluie sale, gla&ccedil;ante tombe sans discontinuer depuis le d&eacute;but de l’apr&egrave;s-midi, depuis que sa vie a bascul&eacute;. Il se r&eacute;p&egrave;te ces mots, tout bas comme une litanie : « Joyeux Noël quand m&ecirc;me, joyeux Noël quand m&ecirc;me… »  <BR>  <BR>Pourtant cette journ&eacute;e du 24 D&eacute;cembre a commenc&eacute; normalement. Il a embauch&eacute; &agrave; 8h45 comme tous les jours depuis pr&egrave;s de 30 ans &agrave; la SOGAREP, service comptabilit&eacute; - une filiale de la TRESCO - qui g&egrave;re un parc immobilier d’HLM. Marcel n’aime pas vraiment son travail mais il le fait consciencieusement en &eacute;vitant de se faire remarquer par sa hi&eacute;rarchie et en particulier par Monsieur Hiller (que lui et ses coll&egrave;gues appellent « Hitler » tant il est despotique) le DRH.  <BR>  <BR>Il a profit&eacute; de la pause de midi pour acheter les cadeaux de Noël : un jeu vid&eacute;o pour son aîn&eacute;, une Barbie pour la petite et un flacon de Shalimar pour sa femme. Les m&ecirc;mes cadeaux que l’ann&eacute;e derni&egrave;re. Il est ainsi Marcel : pr&eacute;visible, sans fantaisie. Dans sa vie comme dans son travail, il fait le strict minimum avec une gentillesse qui confine &agrave; la mi&egrave;vrerie et une prudence qui peut passer pour de la couardise. Tout est terne et informe chez lui : sa silhouette, ses habits…sa vie. Mais cette vie lui convient parfaitement et il n’en changerait pour rien au monde. Aussi quand il re&ccedil;ut en d&eacute;but d’apr&egrave;s-midi un appel de la secr&eacute;taire de la DRH lui demandant de passer voir Monsieur Hiller, il ressentit une vague appr&eacute;hension.  <BR>  <BR>Il &eacute;tait livide quand il referma la porte du bureau de la DRH, les mots d’Hiller rebondissait dans sa t&ecirc;te comme la bille d’un flipper : crise, rapprochement de la SOGAREP et de la TRESCO, red&eacute;ploiement des effectifs, suppression des postes en doublon, compression de personnel…  <BR>  <BR>Il recevrait un courrier dans les 10 jours pour l’informer de son entretien de licenciement.  <BR>  <BR>« Joyeux Noël quand m&ecirc;me » lui a lanc&eacute; Hiller comme il quittait son bureau.  <BR>  <BR>En remontant la rue pour r&eacute;cup&eacute;rer sa voiture gar&eacute;e plus loin, Marcel se demande quand et comment il allait annoncer la nouvelle &agrave; Martine et aux enfants. A 52 ans, quand on a pass&eacute; 30 ans dans la m&ecirc;me boîte c’est mission impossible pour retrouver du travail, voil&agrave; ce qu’il se disait lorsqu’il s’aper&ccedil;ut qu’il a d&eacute;pass&eacute; l’angle de la rue o&ugrave; il avait laiss&eacute; son auto. Il revint sur ces pas, regarda en amont et en aval de la rue, repartit plus loin, puis de nouveau en arri&egrave;re pour enfin se rendre compte que sa voiture n’&eacute;tait plus l&agrave;. Une autre auto avait pris « sa » place et il vit des morceaux de verre joncher le trottoir : on lui avait vol&eacute; sa voiture…avec les cadeaux qu’il avait mis dans le coffre un peu plus tôt !  <BR>  <BR>Etrangement, Marcel resta stoïque. Il s’engouffra dans une bouche de m&eacute;tro. Ce qu’il voulait maintenant c’est rentrer au plus vite pour &ecirc;tre aupr&egrave;s des siens. A ce moment l&agrave; il pourra craquer, Martine le consolera, les enfants aussi.  <BR>  <BR>« C’est moi ! » cria-t-il comme &agrave; l’accoutum&eacute;e sur le pas de la porte. Le pavillon &eacute;tait plong&eacute; dans le noir et quand il alluma la lumi&egrave;re de l’entr&eacute;e il put constater que la maison &eacute;tait vide : personne, plus de meubles. Les reproductions de Toffoli qui « agr&eacute;mentait » le couloir menant au living &eacute;taient toujours l&agrave; mais tout le reste manquait. Il vit une lettre sur la chemin&eacute;e qu’il s’empressa d’ouvrir.  <BR>  <BR>Quelques mots de Martine : « Marcel, je te quitte, je prends les enfants avec moi. Ça fait longtemps que j’y pense, je m’ennuie trop. Tu recevras de mon avocat les papiers du divorce sous huitaine. Joyeux Noël quand m&ecirc;me. »  <BR>  <BR>Il reprit le M&eacute;tro &agrave; Cr&eacute;teil pr&eacute;fecture, il descendit &agrave; Concorde, remonta l’Avenue des Champs-Elys&eacute;es sous les jolies lumi&egrave;res de Noël, coupa par l’Avenue George V pour arriver au Pont de l’Alma.  <BR>  <BR>Quand Noël Loud&eacute;ac vit ce type passer devant le Crazy Horse alors qu’il « tractait », il &eacute;tait sûr de deux choses : que c’&eacute;tait le gars du m&eacute;tro qui s’&eacute;tait fait voler son portefeuille par un petit roumain quelques heures plus tôt entre Balard et Lourmel et que ce gars allait faire une connerie.  <BR>  <BR>Il avait deux bonnes heures de pause avant la deuxi&egrave;me repr&eacute;sentation de la soir&eacute;e, il d&eacute;cida de le suivre.  <BR>  <BR>Marcel a travers&eacute; le pont de l’Alma, il remonte le quai Branly. Il La voit, il doit &ecirc;tre 21h car Elle scintille d’un coup. Elle ne lui a jamais paru plus belle. A&eacute;rienne, alti&egrave;re, robuste, charismatique. « Tout le contraire de moi », songe-t-il. « Moi je suis un veau, une vache qui regarde passer la vie en ruminant, non, je ne rumine m&ecirc;me pas, jamais. Je suis comme ses vaches factices qui ornent le terre-plein de L’A1 pr&egrave;s de Roissy. Voil&agrave;, je suis une vache en plastique…je ne sers &agrave; rien ! »  <BR>  <BR>Noël le suivait &agrave; bonne distance. Quand il l’a vu prendre le quai Branly, il a &eacute;t&eacute; soulag&eacute;. « C’est un « sauteur », un « plongeur » aurait bifurqu&eacute; &agrave; gauche apr&egrave;s l’Alma, sur le quai d’Orsay, la plupart des « plongeurs » se balan&ccedil;ait du Pont Alexandre III, lui il avait « choisis » le saut ultime du haut de la Grande Dame. Tant mieux, il ne se serait pas vu le suivre &agrave; la baille avec ses frusques de P&egrave;re Noël.»  <BR>  <BR>Quand il l’a vu dans le m&eacute;tro quelques heures plus tôt, il a tout de suite su que ce type n’allait pas bien. Aux &eacute;paules, il voyait &ccedil;a &agrave; leurs &eacute;paules quand des mecs &eacute;taient &agrave; la d&eacute;rive.  <BR>  <BR>A hauteur du Mus&eacute;e des arts premiers, Marcel presse son pas. C’est la premi&egrave;re fois que je vais monter se dit-il et &ccedil;a le fait sourire et chialer.  <BR>  <BR>« Il acc&eacute;l&egrave;re, ce con ! ». Pour le coup Noël sait. Y’a pas que les &eacute;paules, y’a la d&eacute;marche aussi. Il en a observ&eacute; un tas de mecs an&eacute;antis quand il &eacute;tait &agrave; la cloche. 5 ans sur la touche. Lui il avait « choisis » de se foutre en l’air &agrave; la vodka. Il est rest&eacute; 5 ans au fond d’une bouteille. Jusqu’au jour o&ugrave;, &agrave; son r&eacute;veil, il s’aper&ccedil;u qu’il s’&eacute;tait chi&eacute; parmi. Depuis il n’avait plus bu une goutte d’alcool. Et apr&egrave;s 6 mois d’abstinence il avait quitt&eacute; la rue.  <BR>  <BR>C’est au moment de commander son ticket pour monter qu’il s’aper&ccedil;oit qu’il n’a plus son portefeuille, il lui reste juste un peu de monnaie, de quoi prendre les escaliers. La descente sera plus rapide pense-t-il en attaquant les premi&egrave;res marches.  <BR>  <BR>Noël appuie sur le bouton du deuxi&egrave;me &eacute;tage. « Ils vont tous au deuxi&egrave;me de toute fa&ccedil;on. »  <BR>  <BR>Marcel n’h&eacute;site pas une seconde, arriv&eacute; &agrave; la hauteur du premier &eacute;tage il poursuit son ascension. Il pense que &ccedil;a aura plus de gueule s’il se balance l&agrave; haut.  <BR>  <BR>Voil&agrave;, il n’y a pratiquement personne, il lui suffit d’enjamber le parapet de fer et de sauter. Facile !  <BR>  <BR>« Marcel Pi&egrave;tre, 52 ans, futur divorc&eacute; et futur chômeur va prendre son envol &agrave; 21h le 24 D&eacute;cembre 2011 », il se grise de ces mots prononc&eacute; tout bas, &eacute;carte les bras, ferme les yeux. C’est parti !  <BR>  <BR>Une main ferme attrape le col de son pardessus et le tire en arri&egrave;re. A d&eacute;faut d’envol et de grand plongeon le voil&agrave; qu’il se retrouve sur le dos apr&egrave;s avoir heurt&eacute; violement la plate forme m&eacute;tallique.  <BR>  <BR>« Tu joues &agrave; quoi bonhomme ? » fait une voix forte derri&egrave;re lui. Il se rel&egrave;ve en g&eacute;missant, se retourne. Il n’en croit pas ses yeux. Devant lui, les mains sur les hanches, dans son grand manteau rouge et blanc se tient un colosse &agrave; la barbe blanche : le P&egrave;re Noël.  <BR>  <BR>Noël sait qu’il « en jette » dans son costume. « Faut dire qu’ils ont fait les choses bien au « Crazy »-standing du lieu oblige-sa panoplie est neuve et bien taill&eacute;e, pas comme ces costumes miteux qu’ils refilent dans les hypermarch&eacute;s de banlieue ou &agrave; Lafayette, il a m&ecirc;me eu droit &agrave; une paire de bottes toute neuve et qu’il pourra garder. C’est ce que lui a dit la costumi&egrave;re quand elle prenait ses mesures alors qu’il reluquait les girls en train de se changer. Vous faites un magnifique P&egrave;re Noël avait-elle ajout&eacute;e. C’est sûr, malgr&eacute; ses 70 piges bien tass&eacute;es, avec son m&egrave;tre 98 et ses 120 kilos, il en impose. Le menhir de Carnac- le nom de catcheur de sa jeunesse- en a toujours impos&eacute; : quand il &eacute;tait garde du corps de personnalit&eacute;s, forain, garagiste, ferrailleur ou clodo. Normal qu’il fut s&eacute;lectionn&eacute; lors du « casting » de P&egrave;re Noël du Crazy Horse. »  <BR>  <BR>Marcel reprend ses esprits, il regarde le g&eacute;ant et balbutie :  <BR>  <BR>- Le P&egrave;re Noël ? Mais vous &ecirc;tes qui, bordel ! Et de quoi je me m&ecirc;le ! Et il s’effondre en sanglots.  <BR>  <BR>-Pleure, pleure bonhomme, si &ccedil;a gagne pas &ccedil;a d&eacute;barrasse ! « Il les connait trop bien ses larmes Noël, il en a vu des types se vider, m&ecirc;me lui, il est pass&eacute; par l&agrave;, y’a 20 ans quand sa Suzon a &eacute;t&eacute; emport&eacute;e par le crabe. »  <BR>  <BR>-Tu veux parler bonhomme, c’est le moment tu sais.  <BR>  <BR>Marcel se rel&egrave;ve, s’essuie le visage avec la manche de son pardessus et s’adosse &agrave; la rambarde de fer.  <BR>  <BR>-Fallait me laisser sauter, j’ai plus rien, je suis fini…plus de boulot, ma femme est partie…on m’a piqu&eacute; ma bagnole et mon portefeuille !  <BR>  <BR>Noël esquisse un sourire. « Bingo ! Il avait subodor&eacute; pour la gonzesse et le boulot. La bagnole c’est le petit plus. Par contre pour le portefeuille, &ccedil;a il savait, il est dans sa poche depuis le moment o&ugrave; il l’a « r&eacute;cup&eacute;r&eacute; » avec au passage un tirage d’oreille et un coup de pied aux fesses du jeune pickpocket. »  <BR>  <BR>-Ecoute Bonhomme, je suis le P&egrave;re Noël (il ne mentait pas ; depuis que &ccedil;a barbe &eacute;tait toute blanche, pr&egrave;s de 10 ans, tout le monde l'appelait ainsi) et je ne laisserai personne se foutre en l’air ce soir, question de principe. Pig&eacute; ?  <BR>  <BR>-Je suis peut &ecirc;tre d&eacute;sesp&eacute;r&eacute; mais je ne suis pas d&eacute;bile ! Le P&egrave;re Noël et puis quoi…  <BR>  <BR>Il se rebiffe, c’est bon signe songe Noël en levant la main pour intimer &agrave; Marcel de se taire. Puis il plisse les yeux comme pour se concentrer.  <BR>  <BR>-Tu t’appelles Marcel Pi&egrave;tre, tu as 52 ans, tu travailles, enfin tu travaillais &agrave; Balard &agrave; la Sogarep. Ta femme, heu d&eacute;sol&eacute;, ta future ex femme s’appellent Martine et tu as deux enfants Arthur 14 ans et Chlo&eacute; 8 ans.  <BR>  <BR>Il rouvre les yeux. Il sait qu’il a fait mouche, les yeux exorbit&eacute;s et la m&acirc;choire pendante de Marcel le confortent dans sa certitude.  <BR>  <BR>-C’est pas possible ! Vous voulez dire que vous existez vraiment ? Mais c’est les parents qui font les cadeaux et c’est une invention de Coca Cola le p&egrave;re Noël.  <BR>  <BR>-Ange gardien, bon samaritain, Saint Nicolas, P&egrave;re Noël, appelle nous comme tu veux, bonhomme. On s’adapte depuis des mill&eacute;naires. Depuis que plus personne ne croit en nous et qu’on n’a plus la corv&eacute;e des jouets on se contente de sauver les types comme toi –Noël improvisait- on est une tripot&eacute;e tu sais, tous d&eacute;guis&eacute;s, dans les magasins, dans les rues, on passe incognito.  <BR>  <BR>-C’est dingue ce truc ! Mais je vais faire quoi moi maintenant ? J’ai v&eacute;cu comme un con, je suis un con ! M&ecirc;me pas un sale con, un pauvre con ou un m&eacute;chant con. Pire : un con ordinaire…une vache en plastique !  <BR>  <BR>«Une vache en plastique ? Voil&agrave; autre chose ! C’est vrai qu’il a l’air bien con le Marcel &agrave; gober mes explications &agrave; la mord moi le nœud. Un beau sp&eacute;cimen… ». Puis il secoue la t&ecirc;te comme pour chasser le d&eacute;but de cynisme qui pointait dans son esprit. « Un con au bout du rouleau &ccedil;a se respecte. »  <BR>  <BR>-Tu vas faire ton max bonhomme, tu vas remonter la pente. Te battre, essayer de rattraper le coup avec ta femme, ce n’est peut &ecirc;tre pas trop tard. Tiens, am&egrave;ne l&agrave; &agrave; Venise, &ccedil;a marche toujours avec les gerces. En attendant va te faire un bon gueuleton &ccedil;a va te remettre les id&eacute;es en place. Et si le cœur t’en dit, va voir les filles, &ccedil;a te r&eacute;chauffera.  <BR>  <BR>Et lui tendant un tract publicitaire pour le Crazy, il ajoute :  <BR>  <BR>-J’ai trouv&eacute; &ccedil;a par terre, tu as un spectacle qui commence dans 1h.  <BR>  <BR>« Le cul et la bouffe, c’est &ccedil;a qui l’avait sauv&eacute; de la cloche, il y a pr&egrave;s de 15 ans maintenant quand il rencontra Lucia, sa bombinette Cubaine -1.48 m de caract&egrave;re bien tremp&eacute;- comme il aimait l’appeler. Avec cette jeune veuve de 10 ans sa cadette, il avait red&eacute;couvert les plaisirs de la (bonne) ch&egrave;re et de la chair. »  <BR>  <BR>Le P&egrave;re Noël se l&egrave;ve s’approche de Marcel et lui glisse le prospectus et 250 euros dans la poche (l’argent qu’il a trouv&eacute; dans le portefeuille, il le lui renverra demain). Puis, lui rajustant le col de son pardessus :  <BR>  <BR>-Allez, file bonhomme et fais gaffe en descendant, &ccedil;a glisse.  <BR>  <BR>-Et vous P&egrave;re Noël, vous ne descendez pas ?  <BR>  <BR>« Ben si, par l’ascenseur mon con ». Noël lui r&eacute;pond dans un clin d’œil :  <BR>  <BR>-J’ai mon traineau, avec les rennes et tout le bazar.  <BR>  <BR>-Ah oui, c’est vrai. Marcel se dirige vers l’escalier, se retourne.  <BR>  <BR>-Merci pour tout P&egrave;re Noël  <BR>  <BR>-De rien bonhomme. Et Joyeux Noël…quand m&ecirc;me !  <BR> <BR> <BR> <BR> <BR>  <BR><b><i>Vous retrouverez les autres Contes de Noël 2011</i> </b><a href=http://www.affection.org/forum/topic.asp?forum_id=37&topic_id=75270&whichpage=1 target=_blank><b>sur ce fil</b></a><b> <i>et merci encore &agrave; Xiane pour l'organisation de ce "contes cours" </i></b><img border=0 src="http://www.affection.org/forum/smiley/smile.gif" align=middle>  <BR>  <BR>  <BR>  <BR>]]></description>			<guid>http://www.affection.org/joyeux-noel-…quand-meme_118608_CONTE_poeme-type/</guid>			<pubDate>1/6/2012 11:14:00 AM</pubDate>			<author><![CDATA[770362@affection.org ()]]></author>		</item>		<item>			<title><![CDATA[une &eacute;pice rare]]></title>			<link>http://www.affection.org/epice-rare_118422_CONTE_poeme-type/</link>			<description><![CDATA[Il y a dans ma vie, une &eacute;pice rare, inesp&eacute;r&eacute;e, <BR>je dirais m&ecirc;me, b&eacute;nie des dieux. <BR> <BR>Cette poudre magique transforme mon quotidien <BR>en rayon de soleil d&egrave;s qu'elle se r&eacute;pand sur <BR>un probl&egrave;me &agrave; r&eacute;soudre, <BR>une solution &agrave; mettre. <BR> <BR>J'ai cette chance inouïe de poss&eacute;der <BR>cette substance miracle ! <BR> <BR>Quand je traverse des temps difficiles, <BR>que mon quotidien me fait mal, <BR>qu'il y a un trop plein de v&eacute;cu <BR>et que j'ai besoin de courage et d'&eacute;nergie <BR>pour faire face au nouveau jour qui naît, <BR> <BR>et qui doit se poursuivre malgr&eacute; <BR>la coupure du temps, <BR>c'est alors que mon &eacute;pice magique <BR>vient poivrer ma journ&eacute;e de compr&eacute;hension, <BR>d'&eacute;coute active. <BR> <BR>Son parfum me soutient, sa force me guide, <BR>son arôme de discr&eacute;tion me prot&egrave;ge. <BR> <BR>Le plus beau souhait que je puisse vous faire, <BR>c'est de trouver cette poudre magique, <BR>de la r&eacute;pandre avec amour. <BR> <BR>Cette &eacute;pice de vie a pour nom : <BR> <BR>" Amiti&eacute; " ]]></description>			<guid>http://www.affection.org/epice-rare_118422_CONTE_poeme-type/</guid>			<pubDate>12/1/2011 1:40:00 PM</pubDate>			<author><![CDATA[2715387@affection.org ()]]></author>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Les Amiti&eacute;s au fil de la Vie]]></title>			<link>http://www.affection.org/amities-fil-vie_118348_CONTE_poeme-type/</link>			<description><![CDATA[  <BR> <BR>Les amis entrent dans notre vie <BR>pour une raison, une saison ou la vie enti&egrave;re. <BR>Si nous arrivons &agrave; d&eacute;terminer pour chaque rencontre <BR>si nous l'avons faite pour une raison, une saison ou la vie, <BR>alors nous saurons comment r&eacute;agir envers elle. <BR> <BR>Celui qui passe dans notre vie pour une RAISON… <BR>C'est g&eacute;n&eacute;ralement pour combler un besoin <BR>que nous exprimons consciemment ou non. <BR>Il est l&agrave; pour nous aider &agrave; traverser des difficult&eacute;s, <BR>pour nous fournir des pistes ou nous guider et soutenir, <BR>pour nous aider physiquement, &eacute;motionnellement ou spirituellement. <BR> <BR>Il peut nous apparaître comme une aubaine et cela en est une! <BR>Il est l&agrave; parce que nous en avons besoin. <BR>Un jour, sans que nous n'y ayons pas la moindre part de responsabilit&eacute;, <BR>cette relation fera ou dira quelque chose qui brisera le lien. <BR>Peut-&ecirc;tre mourra-t-elle ou partira-t-elle, <BR>peut-&ecirc;tre agira-t-elle de telle mani&egrave;re <BR>que nous ne pourrons continuer &agrave; cheminer &agrave; ses côt&eacute;s. <BR>Ce que nous devons r&eacute;aliser alors, c'est que notre besoin a &eacute;t&eacute; combl&eacute;, <BR>notre d&eacute;sir satisfait, qu'il n'y a plus de raison de cheminer ensemble <BR>et qu'il devait &ecirc;tre temps de se s&eacute;parer. <BR> <BR>Celui qui entre dans notre vie pour une SAISON… <BR>Parce que notre tour est venu de partager, d'&eacute;voluer ou d'apprendre. <BR>Il nous apporte un sentiment de paix, ou nous fait rire. <BR>Il se peut qu'il nous fasse d&eacute;couvrir quelque chose de nouveau, <BR>ou nous fasse faire quelque chose dont nous nous sentions incapable? <BR>Celui-l&agrave; nous apporte g&eacute;n&eacute;ralement une somme immense de joies. <BR>Mais ce n'est que pour une saison! <BR> <BR>Ceux qui sont l&agrave; pour la VIE ENTIÈRE <BR>Ceux-l&agrave; nous forgent pour la vie, <BR>nous aident &agrave; construire nos base &eacute;motionnelles. <BR>Notre t&acirc;che est d'accepter les le&ccedil;ons, <BR>d'aimer et de mettre ce que nous en avons re&ccedil;u <BR>et appris dans les autres relations qui &eacute;maillent notre vie. <BR>On dit que l'amour est aveugle, <BR>l'amiti&eacute;, elle, est clairvoyante. <BR>Merci de faire partie de ma vie! <BR> <BR>Arr&ecirc;te-toi l&agrave;, un instant et sourit! <BR> <BR>Dans tous les cas: <BR> <BR>Travaille comme si tu n'avais pas besoin d'argent, <BR>aime comme si tu n'avais jamais &eacute;t&eacute; bless&eacute;(e) <BR>et danse comme si personne ne te regardait ? <BR> <BR> <BR> <BR> <BR>]]></description>			<guid>http://www.affection.org/amities-fil-vie_118348_CONTE_poeme-type/</guid>			<pubDate>11/11/2011 6:50:00 PM</pubDate>			<author><![CDATA[2715387@affection.org ()]]></author>		</item>		<item>			<title><![CDATA[Know Hell]]></title>			<link>http://www.affection.org/know-hell_118113_CONTE_poeme-type/</link>			<description><![CDATA[ <BR>L’homme, tout habill&eacute; de noir, se tenait immobile, bien droit, au bout du zinc. Il &eacute;tait grand, mince. Ses cheveux bruns et raides cachaient la moiti&eacute; d’un visage tr&egrave;s p&acirc;le qu’il gardait baiss&eacute; depuis plus d’une heure. Roulant sous ses paupi&egrave;res lourdes ses yeux parcouraient des fiches bristols, trois fiches, toujours les m&ecirc;mes. Il avait command&eacute; un caf&eacute; serr&eacute; qu’il tournait en un mouvement m&eacute;canique et obs&eacute;dant.  <BR>  <BR> Jackie, la patronne du « Reinitas » poussa son mari du coude et tendit sa m&acirc;choire l&eacute;g&egrave;rement prognathe en direction du client, elle chuchota en ricanant :  <BR>  <BR>-Il va &ecirc;tre froid son jus &agrave; Albator !  <BR>  <BR>Jean Marie la regarda avec un sourire salace. Il avait bien vu comment Jackie s’&eacute;tait mordu l’int&eacute;rieur de la joue quand l’homme en noir &eacute;tait entr&eacute; dans le bar. Elle l’avait trouv&eacute; &agrave; son goût et maintenant elle s’aga&ccedil;ait, d&eacute;&ccedil;ue que l’inconnu n’eût &eacute;bauch&eacute; la moindre tentative de drague &agrave; laquelle elle aurait r&eacute;pondu en &eacute;talant de fa&ccedil;on &eacute;hont&eacute;e toute la palette des ses minauderies habituelles. Ça l’excitait, Jean Marie, de la voir ainsi. Son côt&eacute; salope insatisfaite et versatile se r&eacute;v&eacute;lait dans toute sa splendeur. Certes, elle avait du lui en planter des putains de cornes mais c’&eacute;tait sa Jackie et pour toujours. De &ccedil;a, il en &eacute;tait sûr, encore plus depuis l’histoire avec le gosse.  <BR>  <BR>-Tant pis pour sa gueule, il l’a pay&eacute; de toute fa&ccedil;on. En plus il m’a m&ecirc;me laiss&eacute; la monnaie sur cinq euros ce con!  <BR>  <BR>D’ordinaire, c’est un taiseux le Jean Marie. Sa gouaille, souvent, lui servait &agrave; dissimuler son trouble. Il regarda subrepticement la paume de sa main, rien. Pourtant &ccedil;a lui avait fait froid, glac&eacute; m&ecirc;me et il &eacute;tait presque surpris de ne rien voir, l&agrave; o&ugrave; le type l’avait effleur&eacute; quand il lui avait agripp&eacute; son billet de cinq euros.  <BR>  <BR>-Salut les filles, et tant pis si je me trompe !  <BR>  <BR>Un type, la quarantaine &eacute;l&eacute;gante, tout sourire, p&eacute;n&eacute;tra dans le bar en se frottant les mains  <BR>  <BR>-Puta Madre, on se g&egrave;le les « corones » dehors !!  <BR>  <BR>-Salut mon Pierrot, lan&ccedil;a Jackie.  <BR>  <BR>Jean Marie se contenta d’un hochement de t&ecirc;te. Il n’aimait pas Pierrot, &ccedil;a l’&eacute;nervait quand il parlait espagnol, tout l’&eacute;nervait chez lui : son sourire large, son bagou syst&eacute;matique, ses propos superficiels, ses costumes &agrave; fines rayures, la fa&ccedil;on complice qu’il avait de regarder sa Jackie…  <BR>  <BR>-Alors, les z’amoureux, on est pr&ecirc;t pour le r&eacute;veillon ?  <BR>  <BR>-Oui, on va fermer plus tôt ce soir, on va faire la f&ecirc;te chez notre grand &agrave; Beauvais. Je te fais une noisette mon Pierrot ?  <BR>  <BR>-Si, por favor, Signora !  <BR>  <BR>L’homme en noir avait cess&eacute; de touiller son caf&eacute;. Il les regardait, les observait m&ecirc;me, avec cette tranquille certitude, cette d&eacute;sinvolte nonchalance des grands fauves face &agrave; leurs proies insouciantes.  <BR>  <BR>« Et trois qui font 666 ! Putain de brochette ! »  <BR>  <BR>Ça l’avait fait rire au d&eacute;but cette manie des « six » chez les anciens : approche finale &agrave; partir du 6/12 (6+6+6) et jusqu’au 24 /12 (2+4+6+6) soit dix-huit (6+6+6) jours pour &eacute;tablir les « contacts ».Il avait eu le nez creux, enfin, beaucoup de chance pour trouver le couple Salvin. Trois ans qu’il les tra&ccedil;ait dans la r&eacute;gion et la semaine derni&egrave;re Lenoir l’avait conduit naturellement aux tenanciers du « Reinitas » o&ugrave; il avait ses habitudes.  <BR>  <BR>Pierre Lenoir : la coïncidence ne cessait de l’amuser, « Zwarte Piet »la traduction litt&eacute;rale de son propre nom en N&eacute;erlandais. Pour lui la s&eacute;lection avait &eacute;t&eacute; plus simple et le trouver, une formalit&eacute;.  <BR>Il sortit de sa poche et posa sur le comptoir la lettre du gamin que lui avaient refil&eacute;e, apr&egrave;s enqu&ecirc;te, les gens de chez Santa. Il en connaissait les 12 (6+6) mots par cœur, avec les fautes :  <BR>  <BR>« Pour Noël je veu ke mon p&egrave;re est more. IL nous bas ».  <BR>  <BR>Pauvre gosse. Jamais il n’aurait touch&eacute; un enfant. Leurs parents se servaient souvent de la peur qu’il inspirait pour les faire tenir tranquille, mais, quand il se d&eacute;pla&ccedil;ait, ce n’&eacute;tait jamais pour un môme…  <BR>  <BR>Pourtant, il a l’air plutôt sympa l’ami Pierrot, il a tout l’attirail du type d&eacute;bonnaire, du gars de bonne compagnie prompt &agrave; payer son verre ou &agrave; raconter « la derni&egrave;re », toujours un sourire appuy&eacute; ou un compliment servi chaud aux femmes qu’il d&eacute;finissait comme « baisables », mais putain, l’&acirc;me noire qu’il se trimballe, l’apôtre, sous son masque bien ajust&eacute; de chic type. C’&eacute;tait pratique pour lui de discerner ses « &eacute;tats d’&acirc;me ». Ça lui permettait de valider ses choix, d’&ecirc;tre sûr.  <BR>  <BR>Il les regarda de nouveau. La fum&eacute;e de suie qui &eacute;manait de Pierre Lenoir couvrait presque totalement le plafond du bar, les « nuages » au dessus du couple, plus compacts &eacute;taient soud&eacute;s l’un &agrave; l’autre.  <BR>  <BR>Pour eux, il avait d&eacute;j&agrave; d&eacute;cid&eacute; : ils crameraient, demain &agrave; 4H20 de matin dans leur bagnole au kilom&egrave;tre dix-huit (6+6+6) sur la route de M&eacute;ru. A l’endroit m&ecirc;me o&ugrave; ils avaient shoot&eacute; le gamin en 2005. Il avait lu dans le journal, quand il cherchait leur trace que le môme avait agonis&eacute; pr&egrave;s de deux heures. Ce sera elle qui conduira, lui sera trop cuit, comme d’habitude, comme la derni&egrave;re fois. Voil&agrave;, r&eacute;gl&eacute;. Un platane et hop, une bonne cr&eacute;mation !  <BR>  <BR>Pour Lenoir, il &eacute;tait ind&eacute;cis. Il voulait un truc bien gore, une mort stupide, une lente agonie. Mais d’abord, il fallait &eacute;tablir le « contact ». Pour les Salvin, c’&eacute;tait fait, quand il avait pay&eacute; le caf&eacute; au vieux. Il lui avait effleur&eacute; la main, c’&eacute;tait suffisant…pour les deux.  <BR>  <BR>-Bonjour, je m’appelle Pierre Lenoir, agent immobilier &agrave; M&eacute;ru !  <BR>  <BR>Il venait vers lui la main tendue. C’&eacute;tait trop simple. Plus besoin de se creuser la t&ecirc;te. Il aurait &eacute;tabli le contact de toute fa&ccedil;on, il n’en doutait pas, un l&eacute;ger frôlement du bout des doigts suffisait. Mais il trouvait &ccedil;a farce que Lenoir vienne &agrave; lui ainsi, qu’il se jette litt&eacute;ralement dans la gueule du loup.  <BR>  <BR>-Hans Trapp, dit-il en lui serrant la main.  <BR>  <BR>Lenoir sursauta et retira sa main un peu trop vite. Le contact glac&eacute; de la main de l’inconnu l’avait d&eacute;sagr&eacute;ablement surpris. Il se reprit et demanda d’un ton affable et rigolard :  <BR>  <BR>-Ach, Alssacien ! Vous &ecirc;tes nouveau sur M&eacute;ru ?  <BR>  <BR>-De passage seulement.  <BR>  <BR>-« Bas sache », continua Lenoir - dans une pi&egrave;tre imitation de l’accent germanique - en &eacute;levant la voix et en balan&ccedil;ant un clin d’œil appuy&eacute; &agrave; Jackie. Attention, si vous n’&ecirc;tes « bas sache », Papa Noël ne vous apportera rien cette nuit !  <BR>  <BR>Puis il partit dans un grand rire auquel des hennissements aigus firent &eacute;cho. Jean Marie se contenta de hausser les &eacute;paules. Ça l’&eacute;nervait aussi quand elle riait trop fort, surtout aux blagues vaseuses de ce grand con.  <BR>  <BR>Hans Pratt regarda Pierre Lenoir fixement.  <BR>  <BR>-Tout le monde a droit &agrave; son cadeau de Noël, non ? Et je suis sûr que vous allez &ecirc;tre g&acirc;t&eacute;s. Tous les trois, ajouta-il en rassemblant ses fiches qu’il glissa dans une des poches de son grand manteau.  <BR>  <BR>-Je dois partir, j’ai fini mon travail.  <BR>  <BR>L’homme en noir traversa le bar. Jean Marie nota qu’il n’avait pas bu son caf&eacute; et il trouva &ccedil;a bizarre.  <BR>  <BR>Pierre Lenoir le suivit des yeux en se tapotant la tempe de l’index. Il d&eacute;clencha, chez Jackie, une autre s&eacute;rie de hennissements en balan&ccedil;ant &agrave; la cantonade « Choiyeux Noëlleuuuhhh » d’un ton goguenard et ajouta :  <BR>  <BR>-Je vais aussi y aller Amigos, j’ai des invit&eacute;s ce soir et six douzaines d’huitres &agrave; ouvrir.  <BR>  <BR>Six douzaines (6+6+6) pensa Hans Pratt en souriant, la main sur la porte. Il se retourna :  <BR>  <BR>-Joyeux Noël !  <BR>  <BR>Silencieusement, ils le regard&egrave;rent s’&eacute;loigner dans la rue obscure.  <BR>  <BR>Lenoir frappa dans ses mains comme pour dissiper la lourde atmosph&egrave;re qui semblait s’installer.  <BR>  <BR>-Y’en a vraiment, j’vous jure qui n’ont pas la lumi&egrave;re &agrave; tous les &eacute;tages ! Vous avez vu ce look ? Mais c’est qu’il nous foutrait les ch’tons ce Stupido !  <BR>   <BR>Puis il posa une pi&egrave;ce de deux euros sur le comptoir, remonta le col de son manteau anthracite, sortit une paire de gants de sa poche, les enfila, puis fit un grand salut au couple :  <BR>  <BR>-Bon allez, je file ! Joyeux Noël, compadres !  <BR>  <BR>LE PARISIEN -Edition de l’Oise- 25/12/2008  <BR>  <BR>Nuit de Noël : accidents tragiques.  <BR>  <BR>La commune de M&eacute;ru est endeuill&eacute;e par le d&eacute;c&egrave;s de trois de ses concitoyens :  <BR>Jackie et Jean Marie Salvin, propri&eacute;taire du Bar-tabac « le Reinitas », morts carbonis&eacute;s dans l’incendie de leur v&eacute;hicule cons&eacute;cutif &agrave; une sortie de route.  <BR>Pierre Lenoir, g&eacute;rant de l’agence de la mairie, d&eacute;c&eacute;d&eacute; &agrave; l’hôpital suite &agrave; une blessure &agrave; la gorge. Les circonstances de cet accident sont encore floues mais selon nos sources, Monsieur Pierre Lenoir se serait bless&eacute; mortellement en ouvrant des huitres pour le r&eacute;veillon.  <BR>L’ensemble de la r&eacute;daction pr&eacute;sente ses sinc&egrave;res condol&eacute;ances aux familles.  <BR>  <BR>Hans Pratt replia le journal et le jeta sur le dessus de la pile des autres quotidiens r&eacute;gionaux qu’il avait pos&eacute;s, sur le banc, &agrave; côt&eacute; de lui. Il avait tout v&eacute;rifi&eacute;, entour&eacute; d’un trait de feutre noir, un &agrave; un, tous les faits divers &agrave; l’issue fatale dont les noms des victimes « accidentelles » correspondaient &agrave; ceux inscrits sur ses fiches.  <BR>  <BR>Mission accomplie, se dit-il, plus qu’&agrave; faire mon rapport. Pour lui, tout s’arr&ecirc;tait l&agrave;, jusqu’&agrave; l’ann&eacute;e prochaine. Il pensa &agrave; l’&eacute;quipe de Santa. Ils devaient &ecirc;tre sur les rotules. Il avait toujours pens&eacute; qu’il &eacute;tait plus &eacute;reintant de faire le bien. D’un autre côt&eacute;, lui aussi, il faisait le bien. Il rendait service &agrave; l’humanit&eacute; en &eacute;liminant tous ces pourris.  <BR>  <BR>Il &eacute;tira ses jambes, bailla et sortit de sa poche la macabre liste. C’est vrai que sur le papier &ccedil;a avait de la gueule…666 noms, 666 salauds ordinaires.  <BR>  <BR>A la suite de chaque nom barr&eacute; il avait dessin&eacute; en s’appliquant son logotype personnel : une verge de bois souple reli&eacute;e &agrave; un long manche de peuplier par un lacet de cuir : un fl&eacute;au.  <BR> <BR> <BR>  <BR>  <BR>]]></description>			<guid>http://www.affection.org/know-hell_118113_CONTE_poeme-type/</guid>			<pubDate>9/5/2011 10:27:00 AM</pubDate>			<author><![CDATA[770362@affection.org ()]]></author>		</item>		<item>			<title><![CDATA[ Et tout recommence...]]></title>			<link>http://www.affection.org/tout-recommence_117951_CONTE_poeme-type/</link>			<description><![CDATA[Si tu es las et que la route te parait longue, <BR>Si tu t'aper&ccedil;ois que tu t'es tromp&eacute; de chemin, <BR>Ne perds pas une seconde, gagne du temps! <BR>Recommence! <BR> <BR>Si la vie te semble trop absurde, <BR>Si tu es d&eacute;&ccedil;u par trop de choses et trop de gens, <BR>Ne cherche pas &agrave; comprendre pourquoi... <BR>Recommence! <BR> <BR>Si tu as essay&eacute; d'aimer et d'&ecirc;tre utile, <BR>Si tu as connu la pauvret&eacute; et ses limites, <BR>Ne laisse pas la t&acirc;che &agrave; moiti&eacute; faite. <BR>Recommence! <BR> <BR>Si les autres te regardent avec reproche, <BR>S'ils sont d&eacute;&ccedil;us par toi, irrit&eacute;s, <BR>Ne te r&eacute;volte pas, ne leur demande rien. <BR>Recommence! <BR> <BR>Car l'arbre rebourgeonne en oubliant l'hiver, <BR>Car le rameau fleurit sans demander pourquoi, <BR>Car l'oiseau fait son nid sans songer &agrave; l'automne, <BR>Car la vie est Espoir... <BR> <BR>  <BR> <BR>   <BR> <BR> <BR>]]></description>			<guid>http://www.affection.org/tout-recommence_117951_CONTE_poeme-type/</guid>			<pubDate>7/30/2011 4:57:00 PM</pubDate>			<author><![CDATA[2764928@affection.org ()]]></author>		</item>		<item>			<title><![CDATA[fable am&eacute;rindienne]]></title>			<link>http://www.affection.org/fable-amerindienne_117950_CONTE_poeme-type/</link>			<description><![CDATA[Les deux loups ! <BR> <BR>Un homme &acirc;g&eacute; dit &agrave; son petit-fils, venu le voir tr&egrave;s en col&egrave;re contre un ami qui s'&eacute;tait montr&eacute; injuste envers lui : "Laisse-moi te raconter une histoire... Il m'arrive aussi, parfois, de ressentir de la haine contre ceux qui se conduisent mal et n'en &eacute;prouvent aucun regret. Mais la haine t'&eacute;puise, et ne blesse pas ton ennemi. C'est comme avaler du poison et d&eacute;sirer que ton ennemi en meure. J'ai souvent combattu ces sentiments" <BR> <BR>Il continua :" C'est comme si j'avais deux loups &agrave; l'int&eacute;rieur de moi; le premier est bon et ne me fait aucun tort. Il vit en harmonie avec tout ce qui l'entoure et ne s'offense pas lorsqu'il n'y a pas lieu de s'offenser. Il combat uniquement lorsque c'est juste de le faire, et il le fait de mani&egrave;re juste. Mais l'autre loup, ahhhh...! Il est plein de col&egrave;re. La plus petite chose le pr&eacute;cipite dans des acc&egrave;s de rage. <BR> <BR>Il se bat contre n'importe qui, tout le temps, sans raison. Il n'est pas capable de penser parce que sa col&egrave;re et sa haine sont immenses. Il est d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment en col&egrave;re, et pourtant sa col&egrave;re ne change rien. Il est parfois si difficile de vivre avec ces deux loups &agrave; l'int&eacute;rieur de moi, parce que tous deux veulent dominer mon esprit." <BR> <BR>Le gar&ccedil;on regarda attentivement son grand-p&egrave;re dans les yeux et demanda : " Lequel des deux loups l'emporte, grand-p&egrave;re ?" <BR> <BR>Le grand-p&egrave;re sourit et r&eacute;pondit doucement : "Celui que je nourris." <BR> <BR> <img border=0 src="http://www.affection.org/forum/smiley/twark.gif" align=middle>  <img border=0 src="http://www.affection.org/forum/smiley/twark.gif" align=middle>  <BR> <BR> ]]></description>			<guid>http://www.affection.org/fable-amerindienne_117950_CONTE_poeme-type/</guid>			<pubDate>7/30/2011 4:46:00 PM</pubDate>			<author><![CDATA[2764928@affection.org ()]]></author>		</item>	</channel></rss>