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Isabelle Pourquoi tu nous as fait ca ?? Pourquoi tu es partie ainsi sans prévenir ?? Pourquoi tu n’es pas venue me voir ?? Pourquoi ??Pourquoi ?? Pourquoi ?? Isabelle Je comprends ton geste Je comprends ta douleur Je comprends ta souffrance Je comprends ton besoin de paix Isabelle Jamais je ne t’oublierais Jamais je ne laisserais ton fils Jamais je ne te pardonnerais Jamais je ne te condamnerais Isabelle Repose enfin en paix
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Tu semblais respirer le bonheur et la joie, Beauté, tendresse,sagesse , et foi Sur ton forum « style particulier » Comme tu l’as été sûrement dans la vie Des soirées entières sur affection, Étaient nos seuls moments d’évasion Des poèmes, et des images comme des enfants Sans se connaître vraiment derrière nos écrans !! Un espace que j’ai nommé « havre de paix » Notre « oasis à nous »…autour duquel on se retrouvait Pour oublier et venir souvent se ressourcer Entre nous c’était partage, amitié et respect Sensibilité et bonté je l’avais bien remarqué Tu étais douceur, finesse et pureté Étaient aussi nos échanges en toute sincérité Oui Trycia comme toi nos moments de solitude Nos moments de lassitude, et aussi d’incertitude On venait retrouver nos amis sur affection, Partager des moments et s’oublier un instant…. Ensemble on a partagé en silence nos effrois A travers tes textes je ressens tant d’émois On a crée un petit cocon .. avec tant d’éclat Arwen, Sylvavie et Artus toujours présents Jasmine, Emeline et Diane tout simplement Douniamour Ultimat one et moi sincèrement Et j’en oublie d’autres amis sûrement Nous sommes en deuil et nos fils (fil) en veille Sur ton fil Trycia tout le monde, se recueille Mais désormais rien n’est plus comme avant tu resteras à jamais dans nos cœurs "Trycia"
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| Impression : Extraordinaire
tres beau |
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Chapitre 24 : In fine. Une jolie brise tiède de sud-ouest l’emportait doucement vers l’horizon. La terre au loin ne fut bientôt plus qu’un mince filet brunâtre où stationnaient les nuages. Nous étions en octobre ; ça allait bientôt être mon troisième noël dans les terres de nul part. Quatre mois avaient passés depuis cet épisode où je m’étais enfin décidé à m’écouter, à faire ce que je voulais plutôt que ce qui semblait le plus sûr : rester avec les plus forts pour être sur de survivre, se cacher derrière un fusil pour éviter la mort, la peur, la tristesse. On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait quand il s’en va. Les enfants, quand ils savent qu’ils vont entendre quelque chose qui ne leur plait pas, se bouchent les oreilles et parlent fort, ils refusent d’entendre, et même si ce bouclier ne les protège pas réellement, il leur sert d’alibi. J’avais si longtemps fait pareil. Mais maintenant, je savais que c’était ma vie : j’avais eu des moments de joie, et des moments de peine, mais il est nécessaire de vivre ces derniers ; on peut refuser de traverser, mais on est alors bloqué sur une rive. La tristesse et le désespoir ne sont pas nécessairement agréables à vivre, mais une fois le deuil fait, on peut à nouveau vivre des moments agréables. On finit toujours par oublier, mais pas ce qu’on refuse d’affronter. On peut tricher, couper à travers bois, mais avec la vie ça ne marche pas : jouez aux échecs contre vous-même, et vous saurez ce que l’adversaire projette. C’est exactement pareil. Vous pouvez faire semblant de ne pas avoir de remords et vous duperez certainement des gens, mais il y aura toujours une personne qui aura conscience de la duperie… Je n’étais pas resté dans le village que nous avions défendu. Quand j’étais retourné voir Carine et Danton, ils étaient sur le point de partir, avec une petite caravane. Ils allaient vers la Bretagne. Carine me dit que Louis, son futur fils, elle en était persuadée, vivrait sous un ciel plus clément et serait heureux lui aussi : il vivrait longtemps et aurait de nombreux amis… J’étais donc parti, je m’étais éloigné de ces lieux lourds de sens pour moi. La ceinture interdite autour de l’ancien Paris se réduisait de plus en plus : les groupes armés tels que le Phoenix ou d’autres troupes de mercenaires allaient régulièrement à la chasse pour en éliminer la vermine. Rien de plus facile pour un petit chef de guerre que de clamer sa supériorité en ayant abattu plus de goules que ses congénères. Il y avait deux mille ans on faisait de même avec les tribus d’agriculteurs ‘’barbares’’, puis avec les esclaves africains, puis plus tard avec les chevreuils ou autres canards, massacrés par des crétins avinés heureux de faire du sport en communion avec la nature. De nombreux petits villages se créaient donc dans ces territoires nouvellement libérés, qui avaient le double avantage d’être proche des terres libres de bâtiments donc cultivables et plutôt éloignées des gangs de junkies hantant le centre ville. C’était dans un de ces petits villages que je m’étais installé. Je leur avais demandé s’ils avaient besoin d’un conseiller technique (vous savez, comme au Vietnam, les milliers de conseillers techniques américains avec une M-60 dans les mains). Je ne sais pas s’ils m’avaient compris mais ils m’avaient chargé de débarrasser un champ de gros rats-cochons qui effrayaient la population. Un rat mutant, c’est comme un rat : ça n’aime pas le plomb, et ce travail était dans mes cordes. J’étais ensuite resté et je m’étais de plus en plus investi dans l’agriculture, délaissant complètement armes et armures. N’étant pas du village, les enfants venaient souvent, voulaient que je leur raconte des histoire de ‘’la ville’’. Je distillais un peu, enjolivais, mais me laissais souvent aller dans mes rêveries à raconter tous les petits détails insignifiants qui avaient fait ma vie à cette époque. J’étais déjà vieux et je radotais comme un grand-père ; les gamins aimaient ça. Les parents un peu moins, ils demandèrent à leur progéniture d’espacer leurs visites. On me donna une case un peu en retrait, histoire de pouvoir mieux défendre le village au cas où. Je ne voyais pas trop le coté stratégique de la chose, mais bon. J’eus une relation rapide avec une fille du village, mais au bout de quelques jours elle ne reparut pas. Le lendemain, un peu inquiet, j’allais chez ses parents. Son père, visiblement nerveux et sur ses gardes, la fourche à portée de main, ne me laissa pas entrer. Sa fille était occupée et les lois du village faisaient qu’elle allait se marier avec un autre. On me donna aussi une parcelle, et on m’indiqua qu’elle avait besoin de soin, que je n’avais donc plus besoin d’aider les autres dans leurs champs respectifs. En effet j’avais fort à faire pour dépierrer ce terrain, mais tant pis. Mi-octobre donc, j’allais vers le village comme chaque semaine (on m’avait également dit de ne pas venir trop souvent au centre du village, sinon les enfants venaient m’écouter au lieu d’aller travailler aux champs), lorsque je vis un groupe de paysans poussant et bousculant un humanoïde qu’ils attachèrent finalement à un poteau au centre de la place du village. « Une goule, on a choppé une goule ! » Des gamins lui lancèrent des cailloux. Intrigué, je m’approchais un peu plus. Les goules, au mieux, avaient des haillons dignes de sacs à pomme de terre, or celle-ci avait un habit jaune profond, du jaune des pyjamas qui servaient de combinaison à l’abri 13. En effet, la bande rouge sur le coté ne laissait aucun doute, je me frayais un chemin dans la foule et allais voir le malheureux. Il me regarda au bout d’un instant avec deux yeux morts. Il fallut que je l’appelle plusieurs fois et que je parle du dirigeant pour qu’il s’éveille un peu. Je l’avais déjà vu, mais ne me souvenais plus de son nom. Je lui demandais ce qu’il faisait là. Ce qu’il me raconta, balbutia plutôt, ressemblait plus à un délire de mourant qu’à un discours bien construit. C’était logique en même temps. Apparemment d’autres gens étaient sortis de l’abri ; ils avaient suivi mon exemple, (sortir, ou se rebeller contre les sacrifices idiots ?), mais sans réelle préparation. Il était parti avec deux amis mais les avait-il perdu ou étaient-ils morts ? Je n’eus pas beaucoup plus de temps de parole, le malheureux semblait s’être évanoui. Je regardais autour de moi. Les gens me dévisageaient, horrifiés. J’avais parlé avec une goule ; j’étais un démon, et autres inepties typiquement moyenâgeo-chrétiennes. Si ces derniers temps je m’étais posé la question d’une légère animosité contre moi, il semblait évident maintenant que je devais aller me poser ces questions ailleurs si je ne voulais pas à mon tour finir lapidé. Je commençais à prendre la direction de ma hutte, prêt à me battre s’il le fallait, mais tout le monde s’écartait sur mon passage. Je pris un sac de vivres, quelques affaires, mon dernier pistolet, et je partis. Je décidais de retourner à mon abri, même sans armée libératrice. Pourquoi ? Il est vrai que cette décision ne venait de rien de réfléchi. Mais bon. J’avais décidé que je ne retournerais pas au centre Phoenix, l’ambiance de la ville ne me convenant pas. De même l’errance ne me plaisait plus. J’avais essayé de me ranger, mais là encore ça avait été un échec. Que faire d’autre ? En manque d’inspiration, cet évènement qui m’avait fait penser à mes origines m’avait donné envie d’y retourner. Juste pour voir. Comme lorsque l’évocation d’une musique vous donne envie de l’écouter. Bref, c’était un coup de tête, et c’était complètement stupide au vu de l’argumentation que j’avais. En réalité, cette idée me taraudait depuis longtemps. J’attendais une fausse excuse pour y retourner. Et voilà. J’y allais. Dans quel but ? Aller voir ce qui s’y passait, le héros revenant et s’opposant au tyran ? Un nouveau Che Guevara… Quoi que le Che a mal fini… Oublions cette comparaison… Le plus dur fut de retrouver le chemin. Je l’avais fait deux ans auparavant dans des conditions peu propices à la concentration. Mon I-Pocket était mort depuis bien longtemps, son GPS aurait pourtant été d’une grande utilité. Je commençais par revenir à l’endroit où j’avais rencontré les premières ruines de Paris. Cela me demanda déjà plusieurs jours d’errances. Je remontais alors la route. Mais comment déterminer où je l’avais croisée pour la première fois, et de là comment revenir à l’abri ? Je quadrillais la zone pendant deux ou trois semaines. Plus le temps passait, plus je perdais du temps à chasser, trouver de l’eau potable, etc. A force de tourner, je finis par découvrir de nombreuses curiosités : un camion de Cacolake renversé avec 20.000 capsules à l’intérieur ; un homme un peu fou vivant dans une ancienne station service et cherchant à vendre les ‘’superbes voitures’’ qu’il avait en exposition, carcasses rongées par la rouille et détruites par les intempéries ; un ancien bar dévasté, dont l’enseigne, un néon certainement alimentée par des cellules solaires, avait miraculeusement survécu au chaos et illuminait encore son nom : le faucon maltais. Un peu plus et j’aurais pu trouver le lance flamme solaire. J’aurais presque pu écrire un guide du routard : tout pour vous amuser en encaissant 300 rad… J’étais de plus en plus fatigué. Exténué. Une nuit, je me laissais tomber par terre, désespéré. J’ouvris les yeux : une étoile semblait m’attendre : elle me faisait signe. Je compris alors qu’elle m’invitait. Je lui criais : « je te suivrais, où tu iras j’irai, fidèle comme une ombre ». Et je me remis en route. Après quelques heures de marches, je rencontrais une piste fraîche, qui se dirigeait elle aussi vers l’étoile. Je hâtais le pas et rattrapais rapidement trois hommes à pieds, deux blancs un noir, sac à dos rangers, chacun avec un petit tupperware à la main. Je leur demandais : « Bonjour ; vous aussi vous allez à mon abri ? - Ah non, nous nous allons à l’étable de Joshua. Pour votre abri, il faut suivre cette étoile. Ensuite, deuxième chêne à gauche et vous y êtes. Et faites attention il y a un radar. » Je les remerciais chaleureusement et repartis dans la direction indiquée. Je finis par tomber de fatigue sur le chemin. Quand je me réveillais, je ne pus déterminer si ça avait été un rêve , un délire du au manque d’eau , ou la réalité. Et soudain je reconnu le massif rocheux d’où j’étais sorti deux ans plus tôt ; dans cette région plate, un amas de rochers de cinq mètres de haut était plutôt rare. J’y arrivais quelques heures plus tard et il me fallu encore deux heures pour contourner la falaise et trouver l’entrée de la grotte. J’y étais ! Après un peu de repos, j’entrais. Rien n’avait bougé depuis mon arrivée, je ne m’inquiétais donc pas. Je revis mes amis les rats, et je me fis un plaisir de les atomiser avec mes armes ultra destructrice. Quand je pense qu’ils avaient failli mettre un terme à mon aventure , et simplement à ma vie , lors de ma première sortie. Combien de héros étaient mort en essayant de tuer trois rats à coup de poings, hein ? Cela semblait bien ridicule. J’arrivais au bout de la grotte. La lourde porte d’acier était là, imposante, incrustée dans la pierre. Le petit terminal devant clignotait paisiblement. Tout semblait en parfait état, contrairement à l’abri de Paris Est. Je tapotais un peu sur le clavier et demandai l’ouverture de la porte. Il me demanda confirmation mais refusa malgré tout. Je réessayais plusieurs fois sans succès. Je commençais à m’énerver et tapais violement à coup de pied dans l’ordinateur. Etrangement cela résolut mon problème. Mon problème d’énervement, hein, la porte était toujours fermée. Puis je remarquais un orifice sur le coté, et lorsque je refis une demande, au moment de la confirmation, je sortis mon cadavre de i-Pocket et le branchais à l’ordinateur. Celui-ci bippa, et mon appareil revenu d’entre les morts lui répondit. Un gyrophare rouge se mit en route dans le mur, une sonnerie intermittente se mit en marche, et la lourde porte commença à se mouvoir et à disparaître dans le mur. J’avais maintenant un passage de trois mètres de diamètre devant moi. Une faible lueur blanchâtre d’un seul néon survivant donnait un halo pâle dans la pièce intermédiaire. L’accueil fantomatique était fantastique. De retour chez moi… Après un moment, je pris une grande respiration et franchis le seuil. Je traversais rapidement le sas pour me rapprocher de la porte intérieure. C’est à ce moment que j’entendis soudain un bruit significatif. Un bruit de moteur électrique. Je voulus me retourner pour vérifier, mais je n’en eus pas le temps, le second bruit significatif que je craignais se fit soudain entendre : le crépitement continu d’une mitrailleuse gatling, mitrailleuse bien cachée dans un coin de la salle, invisible pour les gens arrivant de l’extérieur, et dont j’avais croisé le faisceau laser. Sans doute une mesure du dirigeant pour dissuader les démons zéro et trois de venir investir son petit paradis. Certainement aussi pour persuader les infidèles cherchant à sortir de revenir sagement dans les rangs. Et puis peut-être me craignait-il en fait, qui sait ? Amusant de me dire que j’avais été l’artisan de ma propre perte. J’en fus presque fier, avant d’en être triste. Voilà ; c’est ainsi que je me retrouvais par terre, transpercé par une quinzaine de balles, à me rappeler comment j’en étais arrivé là. En fait, suis-je en train de me demander où a été mon erreur ? Il n’y a pas eu d’erreur ; tout s’est fait d’une manière tellement logique et effrayante. Le sang chaud qui s’écoule, c’est au départ très agréable ; mais ça refroidit vide. Et puis c’est tout poisseux. En plus le plafond gris est d’une désespérante monotonie. Et je n’arrive pas à bouger la tête. J’aurais préféré voir autre chose en mourrant. En fait j’aurais préféré mourir autre part. Et puis d’une autre manière. Plus tard. Enfin, j’aurais bien aimé ne pas mourir quoi. Moi qui ai toute ma vie œuvré pour essayer de me distinguer des autres, j’ai là une pensée bien commune… Je me demande si l'on revoit sa vie automatiquement, ou si on le fait afin d'essayer de se persuader , en vain , que tout ceci n'a pas été inutile... Voilà. Je ne vois plus rien ; je ne sens plus rien. En fait plus aucun de mes sens ne fonctionne ; que me reste-t-il ? Je pense... Donc je suis... En même temps, vu les trous que j'avais dans le ventre il y a cinq minutes je vais bientôt arrêter de penser... Descartes avait pas pensé à ça, hein ? Haha je suis bien plus fort que lui en fait… J’ai l’impression de délirer. De dire des choses qui n’ont aucun sens... Comme dans un rêve. En plus j’ai plus mal et plus froid. Comme quoi la mort ce qui est chiant c’est surtout le début. La fin aussi ça doit être pas jouasse. J’espère que c’est pas trop long. Que quand on meurt, on attend pas comme ça le jugement dernier avant de tout reprendre à zéro. Parce que comme il l’a dit… Woody Allen… L’éternité c’est long… Surtout vers la fin… Merdre, elle est où cette put… de lumière ? Est-ce que Dieu me refuse parmi les siens ? Ou est-ce qu'il est mort d'un cancer, vu toutes les radiations qu'il a du se prendre après la grande guerre ? De toutes façons, tout ça, ce n'est pas grave... L'individu importe peu, seule l'espèce compte… Enfin même l'espèce, dans l'état où elle est, je lui souhaite bien du bonheur. L'individu importe peu, seule l'espèce compte... Ça doit être de Darwin ça, non ? Quel c.. ce Darwin... FIN Un grand merci à Lin Rag, et aux auteurs du jeu Fallout |
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bravo felicitations |
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Chapitre 23 : Auxilia humilia firma consensus facit. Je regardais la Lune , elle n’avait pas changé depuis des millions d’années , dommage qu’elle ne puisse parler, elle m’aurait donné de précieux conseils. Je n’avais presque pas dormi cette nuit là, trop occupé à réfléchir sur ce qui m’avait été dit. Au lever du jour, peu avant six heures, j’allais voir le chef pour me renseigner sur les moyens de défense du village. Me voir si matinal le rassura quelque peu. Une heure après, j’avais devant les yeux trois carabines, deux fusils de chasse dont l’un marchait à la poudre et ne supportait pas les cartouches, une demi-douzaine d’arcs artisanaux, une arbalète et un tout petit pistolet automatique qui faisait peine à voir. A cela s’ajoutait une caisse de grenades vide, qui avait jusque là servi à impressionner les pillards non découragés pas les flèches et qui s’étaient un peu trop approchés. Vu la manière dont je les engueulais, j’imagine qu’ils instaurèrent rapidement mon principe de service militaire : chaque homme de plus de seize ans devait avoir son arc attitré et passer au moins un jour par mois à s’entraîner. S’ils suivaient la moitié seulement de mes directives, ils auraient de quoi faire fuir la plupart des groupes de pillards du coin. Je leur donnais également deux trois idées pour créer une ou deux balistes, arme impressionnante et dévastatrice contre les groupes. Puis j’allais m’installer avec Silenius, le Sniper du Phoenix, dans le préfabriqué de garde, au dessus de la porte du village. Nous discutâmes un long moment, pour nous occuper. Nous parlâmes d’abord des problèmes du Phoenix , notamment une histoire de pont suspendu détruit par des rebelles en bateau, de Python, de la prison, bref de notre monde. Beaucoup des fondateurs du Phoenix étaient mort récemment. Les nouveaux responsables n’avaient pas nécessairement les mêmes vues sur le monde que leurs prédécesseurs. Un courant voulait abandonner le centre Phoenix, gouffre financier, pour laquelle ils avaient perdus de nombreux hommes et munitions, les attaques de pillards et autres goules se faisant de plus en plus rapprochées et violentes. Ce groupe, minoritaire mais dont la taille augmentait chaque jour, prévoyait dans un premier temps de reformer ses rangs, d’appliquer une politique plus stricte, et éventuellement balayer la racaille de Panamis. Le groupe majoritaire, lui, pestait contre la politique paternaliste de Python, sa gestion molle et égalitaire de sa petite communauté. Ils voulaient prendre le pouvoir, étendre leur domination à toute la banlieue dans un premier temps avant de repeupler la ville. La dictature militaire qu’ils comptaient imposer était justifiée par l’état martial dans lequel nous nous trouvions depuis des années. Heureusement, ils avaient perdu beaucoup de crédibilité après avoir envoyé un commando assassiner Juda et prendre Notre Liberté, fait considérable qui aurait du marquer leur prise de pouvoir ; une partie du commando avait sauté sur des mines cachées dans le pont qui permettait d’accéder à l’entrée de la tour. Ceux qui n’avaient pas été massacrés à distance par les snipers alertés par les détonations avaient été autorisés à rentrer à la base pour raconter leur mésaventure ; du moins la partie au dessus des épaules, le reste ayant été suspendu par les pieds au mur maintenant rougeâtres de l’immeuble. Le dernier courant, encore honoré car il comprenait les trois derniers membres fondateurs du groupe vivants, respectait ce qui avait été fait depuis quelques mois, et considérait que leur mission était d’appuyer la renaissance du monde en soutenant la politique égalitaire entamée par Python. Ce groupe menaçait d’être renversé chaque semaine… Python de son côté, avait également ses problèmes ; alors que les attaques contre sa cité se multipliaient et qu’il devait envisager d’être lâché par le Phoenix, la milice trop récemment formée et inexpérimentée qu’il avait à disposition était vérolée de contestataires qui voulaient prendre le pouvoir. Difficile alors de leur donner des armes sans les conduire au putsch. Les contaminés mis en quarantaine se révoltaient, les paysans se plaignaient qu’en dehors de la ville ils n’étaient pas protégés, les mères de familles reprochaient à Python de vivre protégé derrière sa double muraille alors qu’elles craignaient constamment une attaque meurtrière pour leur famille, et ceux qui ne le trouvaient pas trop peu agressif le pensaient trop laxiste. Dans ce climat plus que tendu, sa garde prétorienne, sur le vif, multipliait les erreurs de tact, et refusait l’accès à la prison aux villageois, ce qui accentuait le fossé. Puis nous parlâmes des grandes questions que je me posais. Il m’aida à remettre de l’ordre. Parler peut parfois faire des miracles. Il me confirma que, quel que soit le choix que je ferais, si je ne le faisais pas à contre cœur, alors ce serait le bon. Il me conseilla enfin, dans mon indécision, de trouver une moyenne entre les deux extrêmes : plutôt que de faire ce qui me plaisait le plus mais dont je craignais les conséquences, ou alors avoir une existence plus conventionnelle mais moins libre, avec le risque dans ce cas de ne pas vivre, je devais selon lui partager mon temps, goûter aux deux, avant de prendre ma décision finale. Dans la vie, il n’y a jamais de mauvais choix, seulement des passages qui rétrospectivement étaient moins bons. L’important est de toujours garder un regard critique et extérieur sur soi, et ne pas hésiter à faire demi-tour : on se trompe vraiment lorsqu’on change d’opinion sans changer de direction. Après trois heures de conversation, une cloche nous avertit que les pillards arrivaient. Silenius scruta l’extérieur avec ses jumelles, sortit un instant et revint. Yanne s’occupait de diriger les villageois. Nous, protégés par le manque de lumière à l’intérieur du préfabriqué, nous allions faire du tir au pigeon. « Tu sais utiliser ça ? » il me désignait son sniper. Je fus surpris qu’il me le propose, je supposais que cet honneur n’était pas réservé à tout le monde. Il compris mon hésitation. « Je te fais confiance ; je sais que tu prêtes attention à ce qui en vaut la peine. » Il était plus simple pour moi de faire mouche avec un outil de cette précision, tandis qu’il utilisait une des carabines réquisitionnées ce matin. Je regardais par la fenêtre et me mis en position de tir. Il y avait du mouvement dans les ruines et déchets au bas des immeubles, à une cinquantaine de mètres de là. J’entendis une détonation toute proche, qui me fit sursauter, et je pus voir un corps qui s’écroulait par la lunette de mon fusil. A coté de moi, mon compagnon chuchota : « Je suis celui qui bannit, celui qui souffle la dernière chandelle. » Il venait d’ouvrir le bal. Les talents de sniper de Silenius ne firent aucun doute ; avec son arme imprécise, il dissuada rapidement les pillards de sortir de couvert. Néanmoins, à deux contre quinze, vingt, cinquante, nous avions peu de chances. Nos assaillants tentèrent une attaque en masse, une douzaine de personnes se rua vers les portes avec un bélier improvisé. Yanne choisit ce moment pour donner un ordre, les villageois, cachés derrière le haut de la palissade, se relevèrent et canardèrent le groupe. C’est fou ce qu’un tout petit millier de billes de plomb peut donner comme sens au mot : charpie. Malheureusement, la porte située un petit peu en retrait sous le préfabriqué de garde fournit une protection contre les tirs aux rares survivants du groupe d’assaut, qui commencèrent rapidement leur travail de sape. Nuls doutes qu’une fois ouverte, la porte, peu encline à résister, allait briller dans les yeux de nos assaillants qui allaient se ruer vers l’entrée béante et ainsi faire une percée meurtrière. Yanne n’hésita pas et sauta par-dessus la palissade, à l’extérieur, atterrissant sans mal trois mètres plus bas. Il lâcha une rafale de son Jackhammer, et la mitraille, rebondissant sur la ferraille de la porte et celle du préfabriqué au dessus, créa une nouvelle œuvre qui irait sans nul doute concurrencer à Beaubourg celle effectuée par les villageois quelques secondes plus tôt. La menace étant écartée, quelqu'un entrebâilla la porte et Yanne passa sous le préfabriqué pour rentrer. Soudain une détonation lointaine ; j’en cherchais l’origine : je trouvais celui qui devait être le chef avec un fusil que je ne distinguais pas bien, et qui venait de tirer plus ou moins dans notre direction. Il était dans ma ligne de mire, et il inaugura un instant plus tard un nouveau type de piercing : à la gorge. La tête pensante morte, en l’occurrence méchamment arrachée du corps et projetée à trois mètres par un plomb de .223, l’incertitude flotta un instant parmi les pillards survivants. Certains tentèrent un baroud d’honneur qui se termina en publicité pour un célèbre fromage suisse, mais la plupart s’enfuirent. Nous redescendîmes. Yanne était couché par terre, à quelques mètres de la porte. Le sable qui recouvrait le sol, rouge et poisseux, achevait d’absorber le sang qui coulait de sa boite crânienne qui avait littéralement explosé. Sur vingt centimètres s’étendait un long morceau de cervelle en mauvais état ; un œil gisait sur le sable et regardait dans ma direction. Finalement le chef pillard ne m’avait pas visé. Beaucoup de gens s’agglutinaient autour du cadavre et certains s’éloignaient pour aller vomir. Puis ils revenaient regarder à nouveau. Pourtant la vision de ce spectacle ne m’avait même pas fait détourner le regard. L’habitude. Ce fut le premier point qui me décida. Le spectacle de ces gens, dégoûtés mais attirés par l’horreur, par contre, eut un effet nauséeux sur ma personne, et ce fut le deuxième point. Rotten.com à la préhistoire. De Gaulle avait tort : les français ne sont pas des veaux ; les humains sont des porcs. Une fois les derniers détails réglés avec le chef, nous nous apprêtions à partir. Silenius m’attendait. « Attends, j’ai fait mon choix. Je ne rentre pas. -Très bien. Je serai heureux de t’avoir rencontré. Si, j’ai un dernier mot à te dire : quelqu'un a dit : ‘’Il faut rire avant d'être heureux, de peur de mourir sans avoir rie.’’ Si tu ne l’oublies pas cela te sera utile. -Merci… Et toi ? -Ne t’inquiète pas ; j’ai mes idéaux, et je me bats pour eux. Quand je serai inutile, ou que j’aurai plus d’intérêts à changer de chemin, je te rejoindrais sûrement. Adieu ! -Adieu. » Fin Chapitre 23.
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quel ecrivain !! quel courage |
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Chapitre 18 : Sic Transit Gloria Mundi. Les cartes perforées d’un orgue de barbarie déployaient leur accordéon de carton et jetaient la Java Bleue aux quatre coins du parvis de Notre Dame. Des badeaux s’arrêtaient un instant devant l’instrument, balançaient un peu la tête au rythme familier puis reprenaient leur pérégrination. Les plus émoustillés par l’air métallique, ceux chez qui il venait de réveiller le souvenir d’un jour ou d’un soir, d’une belle histoire ou d’une voix oubliée, stationnaient un peu plus longtemps et déposaient une ou deux picaps dans la calebasse qu’un petit singe malicieux attaché sur le côté de la boîte à musique leur tendait avec une insistance et un regard mélancolique bien appris. Il est difficile de savoir, à Paris, où se termine la Marne et où se poursuit la Seyne , et bien j’apprenais que c’était dans une ancienne ville appelé Charenton le Pont. C’est sans doute pour cette raison qu’il n’y a plus qu’un seul pont reliant les deux fleuves : le Pont de Charenton. Or un pont, surtout s’il est long, et encore plus s’il est le seul du quartier, est un superbe endroit pour une embuscade. Les deux extrémités des routes reliant autrefois nommé périphérique étaient bouchées par immondices, c’était de l’incitation au suicide… Pour traverser vers Charenton, il fallait donc avoir beaucoup de chance, beaucoup de munitions, beaucoup de gardes, ou faire un long détour par le quartier d’Ivry, a peine plus dévasté qu’avant la guerre, et le sud. Ou alors on pouvait tenter de passer les souterrains du métro. Mais vu que par endroit il était obstrué par des éboulements, C’était une expédition rendue difficile. Phoenix Centre était sur la rive droite , dans un ancien lieux appelé Vincennes, au nord donc de la Seyne ; toujours dans Paris, bien qu’à la périphérie, car on oublie souvent que la ville ne se réduit pas à son centre. Un des premiers actes du Phoenix avait été de prendre ce pont aux différents groupes de pillards qui s’en disputaient le racket, afin d’assurer la liaison avec ce centre de vie qui formait un confluent, fermé au Sud-est par d’immenses barricades. Pour atteindre Créteil Soleil, je pouvais soit passer par l’axe Sud, soit retourner au centre Phoenix et passer par Nord Est. Dans les deux cas, je ne savais pas comment j’allais affronter la chose. Ne voulant pas croiser à nouveau les membres du phoenix, j’optais pour la première solution. Je passais la nuit dans une carcasse de camionnette, et, le lendemain matin, j’arrivais au bord du fleuve. Je ne sais pas si depuis la guerre, le niveau de la Marne et de la Seyne avait monté, et les résidents avaient effectué de grands travaux d’irrigation, découvrant de larges champs pleins de limon, propices à l’agriculture. La première image que j’eus fut celle d’un champ dans lequel travaillaient une dizaine de personnes. La seconde image que j’eus fut celle de trois carabines me pointant, à trois endroits différents. J’étais parti avec un Browning, pistolet le plus commun qui soit, juste afin de montrer que, sans me destiner à la guerre, je pouvais riposter. Je l’avais mis en évidence à ma ceinture, afin de dissuader les voleurs de grand chemin et de montrer aux personnes bien intentionnées que je jouais cartes sur tables. Je mis donc tranquillement mes mains sur ma tête, et je descendis vers le groupe. On me prit mon pistolet avant de m’adresser la parole. « Qu’est-ce que tu viens faire ici ? -Rien qui puisse vous alarmer ; je cherche juste un moyen< |
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Blog mis à jour le 12/10/2008 à 08:09:26
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