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L'automne dépose des fleurs que personne ne voit Aux creux des taillis, des haies, des sous-bois. J'ai vu renaître la coquelycine, pousser des noisellicots Dans les champs de blé après un trop court repos Où tournaient, indécis, les busards Saint-Martin Aux longues ailes d'argent dans le souffle du matin. L'automne aux fleurs invisibles, sans tempérance, me ressemble, Ses pervenches et ses pétales de kiwais qu'il me rassemble, Je les cueille et les dépose dans mon grand panier d'osier Où ces fleurs odorantes mais invisibles se font herbier, Jardins ou forêts au creux de ces petits bouts de bois D'où s'élèvent des chants écrits pour nos deux voix. L'automne jette sous tes pas des parterres de résédas Dans la tiède rosée où nous marchons bras-à-bras ... Le ciel dessine un grand rond de lumière, à mi-mer, à mi-bois Dans notre clairière où, déjà, fume la cheminée de "Chrisalina" Ces fleurs d'automne auxquelles personne ne croit, Toi seule peut les respirer car je les ai fait pousser pour Toi ...
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