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Fée des Houles - 1520136
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Poèmes

Quand Mélinda chante


Sur la route d'L.A., en coupant par le nord,
Existe un bar perdu à la sortie du port,
Un bar pour chicanos en manque de dollars
Où l'on paye en pesos et quand monte le soir,
Dans une robe rouge cousue de fils d'or,
Sans un cheveux qui bouge, elle vous tend les bras,
Margarita Lea Assomption del Comores
Que tout le monde là-bas appelle Melinda.

Elle vend des tapas arrosés téquila,
En racontant sa vie avec mélancolie.
Elle n'a plus vraiment d'age, s'est mariée deux fois
A des hommes de passage qu'aujourd'hui elle oublie,
Car son unique amour, l'objet de ses regrets,
S'en est allé un jour mourir pour son pays.
Alors quand certains soirs trop de chagrin la hante,
Le coeur au désespoir elle chante, Melinda.

Elle garde du héros, dans un cadre doré,
Le sourir en photo aux couleurs retouchée,
Le grade de capitaine de la cavalerie
De l'armée mexicaine, une balle de fusil.
Elle ne sait plus vraiment la guerre qu'il faisait,
Elle se souvient seulement que c'était en juillet
Qu'elle apprit le malheur de la bouche d'un soldat
Et que c'est depuis lors qu'elle pleure, Melinda.

Sur la route d'L.A., en coupant par le nord,
Existe un bar perdu à la sortie du port.
Là-bas vit une femme tragique et merveilleuse,
Comme une flamme dans la nuit, doucement malheureuse.
Si vous passez par là dites-lui que je l'aime,
Dites-lui que par ici, le ciel est bien plus gris,
Mais s'il lui prend l'envie de visiter la France,
Même pour quelques pesos, je l'attends, Melinda.

mardi 15 mai 2007
12:39

Oeuvre originale

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Poèmes

Lame de lumière


Le rayon du phare coupe la nuit
Et son arc
Tranche les destins

lundi 26 juin 2006
09:45

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Déclarations d'amour

Femmes damnées - Delphine et Hippolyte


A la pâle clarté des lampes languissantes,
Sur de profonds coussins tout imprégnés d'odeur
Hippolyte rêvait aux caresses puissantes
Qui levaient le rideau de sa jeune candeur.

Elle cherchait, d'un oeil troublé par la tempête,
De sa naïveté le ciel déjà lointain,
Ainsi qu'un voyageur qui retourne la tête
Vers les horizons bleus dépassés le matin.

De ses yeux amortis les paresseuses larmes,
L'air brisé, la stupeur, la morne volupté,
Ses bras vaincus, jetés comme de vaines armes,
Tout servait, tout parait sa fragile beauté.

Etendue à ses pieds, calme et pleine de joie,
Delphine la couvait avec des yeux ardents,
Comme un animal fort qui surveille une proie,
Après l'avoir d'abord marquée avec les dents.

Beauté forte à genoux devant la beauté frêle,
Superbe, elle humait voluptueusement
Le vin de son triomphe, et s'allongeait vers elle,
Comme pour recueillir un doux remerciement.

Elle cherchait dans l'oeil de sa pâle victime
Le cantique muet que chante le plaisir,
Et cette gratitude infinie et sublime
Qui sort de la paupière ainsi qu'un long soupir.

- " Hippolyte, cher coeur, que dis-tu de ces choses ?
Comprends-tu maintenant qu'il ne faut pas offrir
L'holocauste sacré de tes premières roses
Aux souffles violents qui pourraient les flétrir ?

Mes baisers sont légers comme ces éphémères
Qui caressent le soir les grands lacs transparents,
Et ceux de ton amant creuseront leurs ornières
Comme des chariots ou des socs déchirants ;

Ils passeront sur toi comme un lourd attelage
De chevaux et de boeufs aux sabots sans pitié...
Hippolyte, ô ma soeur ! tourne donc ton visage,
Toi, mon âme et mon coeur, mon tout et ma moitié,

Tourne vers moi tes yeux pleins d'azur et d'étoiles !
Pour un de ces regards charmants, baume divin,
Des plaisirs plus obscurs je lèverai les voiles,
Et je t'endormirai dans un rêve sans fin ! "

Mais Hippolyte alors, levant sa jeune tête :
- " Je ne suis point ingrate et ne me repens pas,
Ma Delphine, je souffre et je suis inquiète,
Comme après un nocturne et terrible repas.

Je sens fondre sur moi de lourdes épouvantes
Et de noirs bataillons de fantômes épars,
Qui veulent me conduire en des routes mouvantes
Qu'un horizon sanglant ferme de toutes parts.

Avons-nous donc commis une action étrange ?
Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi :
Je frissonne de peur quand tu me dis : " Mon ange ! "
Et cependant je sens ma bouche aller vers toi.

Ne me regarde pas ainsi, toi, ma pensée !
Toi que j'aime à jamais, ma soeur d'élection,
Quand même tu serais une embûche dressée
Et le commencement de ma perdition ! "

Delphine secouant sa crinière tragique,
Et comme trépignant sur le trépied de fer,
L'oeil fatal, répondit d'une voix despotique :
- " Qui donc devant l'amour ose parler d'enfer ?

Maudit soit à jamais le rêveur inutile
Qui voulut le premier, dans sa stupidité,
S'éprenant d'un problème insoluble et stérile,
Aux choses de l'amour mêler l'honnêteté !

Celui qui veut unir dans un accord mystique
L'ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,
Ne chauffera jamais son corps paralytique
A ce rouge soleil que l'on nomme l'amour !

Va, si tu veux, chercher un fiancé stupide ;
Cours offrir un coeur vierge à ses cruels baisers ;

jeudi 22 juin 2006
18:30

Auteur : Charles Baudelaire

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Poèmes

Sa main dans la mienne


Il y avait sa main qui était dans la mienne,
Avec encor d'la vie qui lentement partait.
Je me mentais "j'y crois, il faut qu'je la retienne".
Je sentais son coeur fuir, sa chaleur la quitter.

Je pleurais de douleurs, de rage et d'impuissance,
Mon amour était là dans ces tôles encastrées,
"Elle est auprès de toi" me disaient tous mes sens.
Et son sang qui coulait, au mien s'était mellé.

J'ai voulu lui donner ma chaleur et ma force.
"Prenez plutôt ma vie mais laissez là en paix !"
Mais la maudit' camarde est une amant' féroce.
C'est elle qui lui plaisait, C'est pas moi qu'elle voulait

Je n'ai pu retenir cet' moitié de mon coeur.
Alors elle est partie. Sa vie puis sa chaleur.
Et quand sa main fut froide, qu'elle n'était plus ici.
J'ai voulu la rejoindre "Attends ! je viens aussi !"

Mais la camarde encore n'a pas voulu de moi.
Elle a été cruelle, elle m'a laissé vivre.
Mon amour est partie. Pourquoi suis-je encore là ?
Il y avait sa main... ne reste que le vide.

mercredi 21 juin 2006
18:47

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Déclarations d'amour

Ma vie a son secret


Ma vie a son secret, mon âme a son mystère:
Un amour éternel en un moment con&cceil;u:
Le mal est sans remède, aussi j'ai dû le taire,
Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.

Ainsi j'aurai passé près d'elle inaperçu,
Toujours à ses côtés et toujours solitaire,
Et j'aurai jusqu'au bout, fait mon temps sur la terre,
N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.

Pour elle, que le ciel a faite douce et tendre,
Elle suit son chemin, distraite et sans entendre
La murmure d'amour élevé sur ses pas.

À l'austère devoir pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle;
"Quelle est donc cette femme?"
et ne comprendra pas.

Felix Arvers

mardi 21 mars 2006
10:00

Auteur : Felix Arvers

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Blog mis à jour le 13/10/2008 à 18:56:40



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