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Il y a longtemps, dans mon village, vivait un idiot. Il avait des idées bien particulières sur beaucoup de choses. Par exemple, le vent : il pensait qu'il y avait dans le ciel un énorme ballon aux multiples embouchures fermées par des liens lesquels, régulièrement se dénouaient et libéraient toute la masse d'air contenue dans ce ballon. Ceci provoquait les tempêtes, les bourrasques, les bises, brises et autres alizés. Pour s'amuser un brin, les villageois qui le croisaient dans la rue, les jours de grand vent lui demandaient : - Alors, l' Idiot ! Toutes les ficelles ont lâché aujourd'hui ? Et l' Idiot répondait : - Ah, ça oui ! Ah, bin oui ! Les gens, qui tenant son chapeau, qui retenant sa jupe, riaient, riaien t : " Mais qu'il est donc idiot, l'Idiot." De même, pour la chaleur du soleil, l'Idiot avait vraiment réfléchi. Il était arrivé à l'explication suivante : d'immenses forêts couvraient une partie de la surface du soleil. Ces forêts étaient coupées par un bûcheron géant qui livrait ses bûches à un autre géant, chargé de les brûler dans un brasier démesuré, à l'opposé des forêts. Le fameux ballon à vent contribuait à entretenir le feu en soufflant sur les braises. Toutefois, puisque la nuit il n'y a pas de soleil et qu'il fallait bien que les géants dorment, le soir ils devaient recouvrir de cendres les charbons ardents, comme le faisait sa mère dans la cheminée de la cuisine, avant d'aller au lit. Pour s'amuser un brin, les villageois qui le croisaient dans la rue, les jours de canicule, lui disaient : - Alors, l' Idiot ? Ils y vont fort les géants, là-haut ! Et l' Idiot répondait : - Ah, ça oui ! Ah, bin oui ! Les gens s'épongeaient le front et riaient, riaient. " Mais qu'il est donc idiot, l'Idiot ! " Bien que l' Idiot approchât cinquante ans, son esprit restait celui d'un tout petit enfant. Sa mère soupirait. Un souci la rongeait : elle était vieille à présent, que devien- drait son fils quand le moment serait venu pour elle de quitter son village ? Elle pleurait souvent. Quand l' Idiot rentrait chez lui, qu'il voyait pleurer sa mère, il se jetait à ses pieds, posait sa tête sur ses genoux et bavait un peu sur son tablier. Elle lui caressait les cheveux et lui disait : - Paul, mon cher fils, mon petit... Lui ne voyait rien des murs lépreux, de leurs hardes repri- sées, des meubles bancals, des rides de sa mère. Il voyait une reine d'une lumineuse beauté assise sur un trône, vêtue de soie dans un palais et il était son chevalier. La grippe espagnole les a emportés. Lui d'abord, elle deux jours après. Parmi les villageois qui suivaient le convoi funèbre, personne ne riait. C'était il y a longtemps. Depuis, la météo a remplacé la poésie. C'est idiot ! |
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Dans un village de la campagne russe vivait une petite fille qui n'a- vait plus de maman. Son père, qui était déjà assez vieux, se remaria, mais il ne sut pas bien choisir. Sa nouvelle femme était méchante, c'était une marâtre. Elle détestait la petite fille et la traitait mal. - Comment faire pour me débarrasser de cette enfant ? songeait la marâtre. Un jour que son mari s'était rendu au marché vendre du blé, elle dit à la petite fille : - Va chez ma soeur, ta gentille tante et demande-lui une aiguille et du fil pour te coudre une chemise. La petite fille mit son joli fichu rouge et partit. En route, comme elle était maligne, elle se dit : - J'irai d'abord demander conseil à ma vraie gentille tante, la soeur de ma vraie maman. Sa tante la reçut avec bonté. - Tante, dit la petite fille, la nouvelle femme de papa m'a envoyée chez sa soeur lui demander une aiguille et du fil pour me coudre une chemise. Mais d'abord, je suis venue te demander, à toi, un bon conseil. Tu as eu raison. La soeur de ta marâtre n'est autre que Baba-Yaga, la cruelle ogresse ! Mais écoute-moi : il y a chez Baba-Yaga un bou- leau qui voudra te fouetter les yeux avec ses branches, noue un ru- ban autour deson tronc. Tu verras une grosse barrière qui grince et qui voudra se refermer toute seule, mets de l'huile sur ses gonds. Des chiens voudront te dévorer, jette-leur du pain. Enfin, tu verras un chat qui te crèverait les yeux, donne-lui un bout de jambon. - Merci bien, ma tante, répondit la petite fille. Elle marcha longtemps puis arriva enfin à la maison de Baba-Yaga. Baba-Yaga était en train de tisser. - Bonjour ma tante. - Bonjour, ma nièce. - Ma mère m'envoie te demander une aiguille et du fil pour qu'elle me couse une chemise. - Bon, je m'en vais te chercher une aiguille bien droite et du fil bien blanc. En attendant assieds-toi à ma place et tisse. La petite fille se mit au métier. Elle était bien contente. Soudain, elle entendit Baba-Yaga dire à sa servante dans la cour : - Chauffe le bain et lave ma nièce soigneusement. Je veux la manger au dîner. La petite fille trembla de peur. Elle vit la servante entrer et apporter des bûches et des fagots et de pleins seaux d'eau. Alors elle fit un grand effort pour prendre une voix aimable et gaie et elle dit à la servante : - Eh ! ma bonne, fends moins de bois et pour apporter l'eau, sers-toi plutôt d'une passoire ! Et elle donna son joli fichu rouge à la servante. La petite fille regardait autour d'elle de tous les côtés. Le feu com- mençait à flamber dans la cheminée. Il avait beau être un feu d'ogres- se, sa flamme était vive et claire. Et l'eau commençait à chanter dans le chaudron, et bien que ce fût une eau d'ogresse, elle chantait une jolie chanson. Mais Baba-Yaga s'impatientait. De la cour, elle demanda : - Tu tisses, ma nièce ? Tu tisses, ma chérie ? - Je tisse, ma tante, je tisse. Sans faire de bruit, la petite fille se lève, va à la porte... Mais le chat est là, maigre, noir, effrayant ! De ses yeux verts il regar- de les yeux bleus de la petite fille. Et déjà il sort ses griffes pour les lui crever. Mais elle lui donne un morceau de jambon cru et lui de- mande doucement : - Dis-moi, je t'en prie, comment je peux échapper à Baba-Yaga ? Le chat mange d'abord tout le morceau de jambon, puis il lisse ses moustaches et répond : - Prends ce peigne et cette serviette, et sauve-toi. Baba-Yaga va te poursuivre en courant. Colle l'oreille contre la terre. Si tu l'entends approcher, jette la serviette, et tu verras ! Si elle te poursuit toujours, colle encore l'oreille contre la terre, et quand tu l'entendras sur la route, jette le peigne et tu verras ! La petite fille remercia le chat, prit la serviette et le peigne et s'enfuit. Mais à peine hors de la maison, elle vit deux chiens encore plus mai- gres que le chat, tout prêts à la dévorer. Elle leur jeta du pain tendre et ils ne lui firent aucun mal. Ensuite, c'est la grosse barrière qui grinça et qui voulut se refermer pour l'empêcher de sortir de l'enclos. Mais comme sa tante le lui avait dit, ellelui versa toute une burette d'huile sur les gonds et la barrière s'ouvrit largement pour la laisser passer. Sur le chemin, le bouleau siffla et s'agita pour lui fouetter les yeux. Mais elle noua un ruban rouge à son tronc, et voilà que le bouleau la salua et lui montra le chemin. Elle courut, elle courut, elle courut. Pendant ce temps, le chat s'était mis à tisser. De la cour, Baba-Yaga demanda encore une fois : - Tu tisses, ma nièce ? Tu tisses, ma chérie ? - Je tisse, ma vieille tante, je tisse, répondit le chat d'une grosse voix. Furieuse, Baba-Yaga se précipita dans la maison. Plus de petite fille ! Elle rossa le chat et cria : - Pourquoi ne lui as-tu pas crevé les yeux, traître ? - Eh ! dit le chat, voilà longtemps que je suis à ton service, et tu ne m'as jamais donné le plus petit os, tandis qu'elle m'a donné du jambon ! Baba-Yaga rossa les chiens. - Eh ! dirent les chiens, voilà longtemps que nous sommes à ton ser- vice, et nous as-tu seulement jeté une vieille croûte ? Tandis qu'elle nous a donné du pain tendre ! Baba-Yaga secoua la barrière. - Eh ! dit la barrière, voilà longtemps que je suis à ton service et tu ne m'as jamais mis une seule goutte d'huile sur les gonds, tandis qu'elle m'en a versé une pleine burette ! Baba-Yaga s'en prit au bouleau. - Eh ! dit le bouleau, voilà longtemps que je suis à ton service, et tu ne m'as jamais décoré d'un fil, tandis qu'elle m'a paré d'un beau ruban de soie ! - Et moi, dit la servante, à qui pourtant on ne demandait rien, et moi, depuis le temps que je suis à ton service, je n'ai jamais reçu de toi ne serait-ce qu'une loque, tandis qu'elle m'a fait cadeau d'un joli fichu rouge ! Baba-Yaga siffla son mortier qui arriva ventre à terre et elle sauta de- dans. Jouant du pilon et effaçant ses traces avec son balai, elle s'é- lança à la poursuite de la peti |
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Petit frère prit petite sœur par la main et lui dit : « Depuis que notre mère est morte, nous n'avons plus une heure de bon temps; notre belle-mère nous bat tous les jours, et, si nous nous approchons d'elle, elle nous repousse à coups de pied. Les croûtes de pain dur qui restent sont notre nourriture, et le petit chien sous la table est mieux traité que nous : on lui jette de temps en temps, à lui, quelque bon morceau. Que Dieu ait pitié de nous!... Si notre mère le savait!... Viens, nous essayerons tous les deux de courir le monde. » Ils marchèrent tout le jour à travers les prés, les champs et les pierres, et, quand il pleuvait, la petite sœur disait : « Le bon Dieu et nos pauvres cœurs pleurent ensemble! » Le soir ils arrivèrent à une grande forêt; ils étaient si épuisés par le chagrin, la faim et une longue route, qu'ils s'abritèrent dans le creux d'un arbre et s'endormirent. Le lendemain, quand ils se réveillèrent, le soleil était déjà très-haut dans le ciel, et échauffait de ses rayons le dedans de l'arbre. Le petit frère dit alors : « Petite sœur, j'ai soif; si je connaissais une source, j'irais m'y désaltérer; il m'a semblé que j'en avais entendu murmurer une. » Le petit frère se leva, prit sa petite sœur par la main, et ils se mirent à chercher la source. Mais la méchante belle-mère était sorcière ; elle avait bien vu les deux enfants se mettre en chemin ; elle s'était glissée sur leurs traces, en cachette, comme font les sorcières, et avait jeté un sort sur toutes les sources de la forêt. Comme ils venaient de trouver une source qui coulait limpide sur les cailloux, le petit frère voulut y boire; mais la petite sœur entendit la source qui disait en murmurant : « Celui qui boit de mon eau est changé en tigre; celui qui boit de mon eau est changé en tigre. » La sœur lui dit : « Je t'en prie, petit frère, ne bois pas; autrement tu deviendrais tigre, et tu me mettrais en pièces. » Le petit frère ne but pas, quoiqu'il eût grand'soif, et dit : « J'attendrai jusqu'à la prochaine source. » Quand ils arrivèrent à la seconde fontaine, la petite sœur entendit que celle-ci disait : « Celui qui boit de mon eau est changé en loup; celui qui boit de mon eau est changé en loup. » La petite sœur lui dit: « Petit frère, je t'en prie, ne bois pas : autrement tu serais changé en loup, et tu me mangerais. » Le petit frère ne but pas et dit : « J'attendrai jusqu'à ce que nous arrivions à la source prochaine; mais alors je boirai, quoi que tu puisses me dire : je suis trop dévoré par la soif. » Quand ils arrivèrent à la troisième fontaine, la petite sœur entendit qu'elle murmurait ces mots : « Celui qui boit de mon eau est changé en chevreuil. » La petite sœur lui dit : « Ah! petit frère, je t'en prie, ne bois pas : autrement tu seras changé en chevreuil, et tu t'enfuiras loin de moi. » Mais le petit frère s'était déjà agenouillé près de la fontaine, penché vers le bassin et abreuvé de son eau : à peine les premières gouttes avaient touché ses lèvres qu'il était transformé en chevreuil. La petite sœur se mit à pleurer sur son pauvre petit frère ensorcelé, et le chevreuil pleurait aussi et restait tout triste auprès d'elle. Enfin la jeune fille lui dit : « Sois tranquille, mon cher petit chevreuil , je ne t'abandonnerai jamais. » Alors elle détacha sa jarretière< |
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Un riche fermier était un jour devant sa porte, considérant ses champs et ses jardins ; la plaine était couverte de ses moissons et ses arbres étaient chargés de fruits. Le blé des années précédentes encombrait tellement ses greniers que les poutres des planchers cédaient sous le poids. Ses étables étaient pleines de boeufs à l'engrais, de vaches grasses et de chevaux reluisants de santé. Il entra dans sa chambre et jeta les yeux sur le coffre-fort dans lequel il enfermait son argent. Mais, comme il était absorbé dans la contemplation de ses richesses, il crut entendre une voix qui lui disait: « Avec tout cet or, as-tu rendu heureux ceux qui t'entouraient! as-tu songé à la misère des pauvres! as-tu partagé ton pain avec ceux qui avaient faim? T'es-tu contenté de ce que tu possédais, et n'en as-tu jamais envié davantage? » Son cœur n'hésita pas à répondre : « j'ai toujours été dur et inexorable; je n'ai jamais rien fait pour mes parents ni pour mes amis. Je n'ai jamais songé à Dieu, mais uniquement à augmenter mes richesses. J'aurais possédé le monde entier, que je n'en aurais pas encore eu assez. Cette pensée l'effraya, et les genoux lui tremblaient si fort qu'il fui contraint de s'asseoir. En même temps on frappa à la porte. C'était un de ses voisins, un pauvre homme, chargé d'enfants qu'il ne pouvait plus nourrir. « Je sais bien, pensait-il, que mon voisin est encore plus dur qu'il n'est riche; sans doute il me repoussera, mais mes enfants me demandent du pain, je vais essayer. » Il dit au riche : « Vous n'aimez pas à donner, je ne l'ignore pas; mais je m'adresse à vous en désespoir de cause, comme un homme qui va se noyer saisit toutes les branches : mes enfants ont faim, prêtez-moi quatre boisseaux de blé. » Un rayon de pitié fondit pour la première fois les glaces de ce cœur avare : « Je ne t'en prêterai pas quatre boisseaux, répondit-il, je t'en donnerai huit, mais à une condition.... — Laquelle! demanda le pauvre. — C'est que tu passeras les trois premières nuits après ma mort à veiller sur ma tombe. » La commission ne souriait guère au pauvre homme; mais, dans le besoin où il était, il aurait consenti à tout. Il promit donc, et emporta le blé chez lui. Il semblait que le fermier eût prévu l'avenir; car trois jours après, il mourut subitement, et personne ne le regretta. Quand il fut enterré, le pauvre homme se souvint de sa promesse; il aurait bien voulu s'en dispenser, mais il se dit : « Cet homme a été généreux envers moi, il a nourri mes enfants de son pain; d'ailleurs j'ai donné ma parole et je dois la tenir. » A la chute du jour, il alla dans le cimetière et s'établit sur la tombe. Tout était tranquille, la lune éclairait les tombeaux, et de temps à. autre un hibou s'envolait en poussant des cris funèbres. Au lever du soleil, il rentra chez lui sans avoir couru aucun danger, et la seconde nuit se passa de même. Le soir du troisième jour, il sentit une secrète appréhension, comme s'il allait se passer quelque chose de plus. En entrant dans le cimetière, il aperçut, le long du mur, un homme d'une quarantaine d'années, au visage balafré et aux yeux vifs et perçants, enveloppé dans un vieux manteau sous lequel on voyait passer seulement de grandes bottes de cavalier. « Que cherchez-vous ici? lui cria le paysan ; n'avez-vous pas peur dans ce cimetière? — Je ne cherche rien, répon |
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"Un voyageur très fatigué s'assit à l'ombre d'un arbre sans se douter qu'il venait de trouver un arbre magique, "l'Arbre à Réaliser des Souhaits". Assis sur la terre dure, il pensa qu'il serait bien agréable de se retrouver dans un lit moelleux. Aussitôt, ce lit apparut à côté de lui. Étonné, l'homme s'y installa en disant que le comble du bonheur serait atteint si une jeune fille venait masser ses jambes percluses. La jeune fille apparut et le massa très agréablement. « J'ai faim, se dit l'homme, et manger en ce moment serait à coup sûr un délice. » Une table surgit, chargée de nourritures succulentes. L'homme se régala. Il mangea et il but. La tête lui tournait un peu. Ses paupières, sous l'action du vin et de la fatigue, s'abaissaient. Il se laissa aller de tout son long sur le lit, en pensant encore aux merveilleux évènements de cette journée extraordinaire. « Je vais dormir une heure ou deux, se dit-il. Le pire serait qu'un tigre passe par ici pendant que je dors. » Un tigre surgit aussitot et le dévora." Vous avez en vous un Arbre à souhait qui attend vos ordres. Mais attention, il peut aussi réaliser vos pensées négatives et vos peurs. En tout cas, il peut être parasité par elles et se bloquer. C'est le mécanisme des soucis. ........................................... "L'archer est un modèle pour le sage. Quand il a manqué le milieu de la cible, il en cherche la cause en lui-même." |
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Blog mis à jour le 07/10/2008 à 02:03:51
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