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Ivresse de la Cadence La cadence me choisit J'ai la sagesse du condamne Un autre jour viendra Et moi, serais-je le dernier Dans la maison de ma mere Ne t'excuse pas En un jour a ce jour pareil Depose ici et maintenant Si tu revenais seul Je n'ai pas fait mes excuses au puits Pas de banniere dans le vent Le cheval est tombe du poeme Pour notre patrie Nous avaons une patrie Rien que la lumiere L'aime a saigne des coquelicots A Jerusalem D'absence, j'ai cree son image Mercredi, vendredi, Samedi Deux Oliviers Ils ne se retournent pas Ils n'ont pas demande: Qu'y a-t-il par – dela la mort Cadavres et anonymes Le cypress s'est brise Un home et un faon dans le jardin Voici l'oubli On t'obliera, comme sit u n'avais jamais ete Quant a moi, je dis a mon nom Qu'est le reve? Maintenant que tu reveilles, souviens-toi L'ombre Rien ne me plait Il est paisible, moi aussi La description des nuages Phrase nominale Disc e que bon te semble Ne mets pas l'Histoire en vers Que restera-t-il? Jen e connais pas ton nom Elle, le soir Dans l'attente Si j'etais un autre Merci a Tunis J'ai un siege dans le theatre abandonne A Damas En Egypte Je me souviens de Sayyab La Route Littorale A La difference Du touriste entranger Un vers de poesie/ La Mauson de l"homme du Sud Comme un Mysterieux fait divers Le Kurde n'a que le vent
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Ils ne m'ont pas reconnu dans les ombres qui absorbent ma déchirure sur le passeport. ils ne m'ont pas reconnu dans les ombres qui absorbent ma déchirure sur le passeport ils exposaient ma déchirure aux touristes collectionneurs de cartes postales ils ne m'ont pas reconnu ne laisse donc pas ma paume sans soleil car les arbres me connaissent toutes les chansons de la pluie me connaissent ne me laisse pas aussi pâle que la Lune. Enfante-moi... enfante-moi (Lidinni), pour que je sache en quelle terre je mourrai (Amoutou) et en quelle terre je ressusciterai (Aeia). (Salamoun) Paix sur toi qui prépare le feu du matin (Sabahi), paix sur toi, paix sur toi (Anahali) N'est-il pas venu le temps de t'offrir quelque présent, le temps de revenir à toi ? Tes cheveux sont-ils encore plus longs que notre vie (Omrina) et les arbres des nuages qui te tendent le ciel pour se maintenir en vie ? (Lyahya) Enfante-moi, pour que je boive à ton sein le lait du Pays (Elbiladi), que je reste enfant dans tes bras jusqu'à la fin des temps (abdi l'abidine). J'ai beaucoup vu ô mère, beaucoup vu (Raâytou). Enfante-moi pour que je reste sur tes paumes (Rahatayki). Chantes-tu et pleures-tu toujours pour rien quand tu m'aimes (Lachayë). Mère : j'ai égaré mes mains sur les hanches d'Ube femme chimérique (Sarabin). J'étreins le sable, j'étreins l'ombre (Dilla). Puis-je revenir à toi, puis-je revenir à moi (ILaya) ? Ta mère a une mère ; les figuiers du jardin ont des nuages (Raymoun), alors, ne me laisse pas seul, errant (Charidan), je veux tes mains pour porter mon cœur (Kalbi). Je me languis du pain de ta voix, mère (Oummi) ! Je me languis de tout. Je me languis de toi. Je me languis de moi.
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Le mardi, j’ai rencontré Hélène A quinze heures A l’heure de l’ennui infini, Mais le tintement de la pluie Avec une femme comme Hélène Est un chant de voyage Pluie, Quelle nostalgie…nostalgie du ciel Au ciel ! Pluie, Quel gémissement….gémissement des loups Pour leur espèce ! Il pleut sur le toit de la sécheresse, Sécheresse dorée dans les icônes des églises, A quelle distance la terre est-elle loin de moi ? Et l’amour de toi ? Dit l’étranger à la vendeuse de pain, Hélène, Dans une rue étroite comme ses chaussettes, -Pas plus d’un mot….et pluie ! Pluie affamée d’arbres… Pluie affamée de pierres… Et l’étranger qui poursuit : Hélène, Hélène ! Est-ce que l’odeur de pain Monte maintenant De toi, vers une fenêtre Dans un pays lointain … Pour répéter les paroles d’Homère ? Est-ce que l’eau jaillit de tes épaules Vers des arbres séchés dans un poème Et Hélène de lui répondre : Ô quelle pluie ! Ô quelle pluie ! L’étranger lui dit alors : Me faut Narcisse pour que je puisse regarder L’eau, la tienne Regarder mon corps. Regarde Ô toi Hélène, Dans l’eau de nos rêves tu trouveras Les morts sur tes rivages qui chantent pour Ton nom : Hélène …Hélène ! Ne nous laisse pas Seuls comme la lune Ô quelle pluie ! Ô quelle pluie ! Et l’étranger qui poursuit : J’ai déjà fait la guerre Sous tes ordres, Et tu n’es pas innocente de mon sang asiatique. Et tu ne seras jamais innocente D’un sang Caché dans les veines de tes roses .Hélène Qu’il étaient durs les grecs d’autan ! Et qu’il était morose, Ulysse, cet amoureux De voyages Qui cherchait sa légende Dans les pèlerinages ! J’ai révélé ce que je lui ai tue Et ce que j’ai dit je l’ai caché A Hélène. Mais elle sait ce que l’étranger ne peut dire … Et sait ce qu’il chuchote à l’odeur Qui se brise sous la pluie. Elle lui dit enfin : La guerre de Troie n’a eu lieu Jamais ! Ô quelle pluie ! Ô quelle pluie !
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Elle s’est assise et la peur dans ses yeux Elle contemple une tasse retournée Et dit ô mon garçon ne sois pas triste L’amour sur toi est le maktoub l’amour sur toi est le maktoub ô mon garçon, est mort chahid Qui meurt en sacrifice pour l’aimé Ta tasse est un monde d’horreur Et ta vie une tempête et des guerres Tu aimeras beaucoup et beaucoup Tu mourras beaucoup et beaucoup Tu seras passionné de toutes les femmes du monde Et tu deviendras comme le roi battu Dans ta vie ô mon garçon une femme, Ses yeux, louanges au seigneur Sa bouche est dessinée telle une grappe Son rire musique et fleurs Et les cheveux (……..) fous voyagent sur la terre du monde Dans ta vie, une femme, ô mon garçon Ton esprit l’acceptera elle sera la vie Mais ton ciel est pluvieux Et ta voie est fermée fermée Et l’aimée de ton cœur mon garçon Dort dans un château fermé Et le château est grand mon garçon Et les chiens le gardent et des soldats Et la princesse de ton cœur dort Qui pénètre sa chambre est perdu Qui demande sa main, Qui s’approche du mur de son jardin est perdu Qui essaie de l’arracher à ses griffes ô mon garçon est perdu, perdu J’ai beaucoup observé et prédit Mais je n’ai jamais lu Une coupe qui ressemble à ta coupe Je n’ai jamais découvert mon garçon des tristesses qui ressemblent à tes tristesses Ton destin est de marcher à jamais Dans l’amour auprès de la baïonnette Pour rester seul comme aux surprises Et rester triste comme un pin ton destin est de passer à jamais Dans la mer d’amour sans fonds Et d’aimer des millions de fois Et tu deviendras comme un roi déchu.
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Balkis Merci à vous, Merci à vous, Assassinée, ma bien aimée ! Vous pourrez dès lors Sur la tombe de la martyre Porter votre funèbre toast. Assassinée ma poésie ! Est-il un peuple au monde, -Excepté nous- Qui assassine le poème ? O ma verdoyante Ninive ! O ma blonde bohémienne ! O vagues du Tigre printanier ! O toi qui portes aux chevilles Les plus beaux des anneaux ! Ils t'ont tuée, Balkis ! Quel peuple arabe Celui-là qui assassine Le chant des rossignols ! Balkis, la plus belle des reines Dans l'histoire de Babel ! Balkis, le plus haut des palmiers Sur le sol d'Irak ! Quand elle marchait Elle était entourée de paons, Suivie de faons. Balkis, ô ma douleur ! O douleur du poème à peine frôlé du doigt ! Est-il possible qu'après ta chevelure Les épis s'élèveront encore vers le ciel ? Où est donc passé Al Samaw'al ? Où est donc parti Al Muhalhil ? Les anciens preux, où sont-ils ? Il n'y a plus que des tribus tuant des tribus, Des renards tuant des renards, Et des araignées tuant d'autres araignées. Je te jure par tes yeux Où viennent se réfugier des millions d'étoiles Que, sur les Arabes, ma lune, Je raconterai d'incroyables choses L'héroïsme n'est-il qu'un leurre arabe ? Ou bien, comme nous, l'Histoire est-elle mensongère ? Balkis, ne t'éloigne pas de moi Car, après toi, le soleil Ne brille plus sur les rivages. Au cours de l'instruction je dirai : Le voleur s'est déguisé en combattant, Au cours de l'instruction je dirai : Le guide bien doué n'est qu'un vilain courtier. Je dirai que cette histoire de rayonnement (arabe) N'est une plaisanterie, la plus mesquine, Voilà donc toute l'Histoire, ô Balkis ! Comment saura-t-on distinguer Entre les parterres fleuris Et les monceaux d'immondices ? Blakis, toi la martyre, toi le poème, Toi la toute-pure, toit la toute-sainte. Le peuple de Saba, Balkis, cherche sa reine des yeux, Rends donc au peuple son salut ! Toi la plus noble des reines, Femme qui symbolise toutes les gloires des époques sumériennes ! Balkis, toi mon oiseau le plus doux, Toi mon icône la plus précieuse, Toi larme répandue sur la joue de la Madeleine ! Ai-je été injuste à ton égard En t'éloignant des rives d'Al A'damya ? Beyrouth tue chaque jour l'un de nous, Beyrouth chaque jour court après sa victime. La mort rôde autour de la tasse de notre café, La mort rôde dans la clé de notre appartement, Elle rôde autour des fleurs de notre balcon, Sur le papier de notre journal, Et sur les lettres de l'alphabet. Balkis ! sommes-nous une fois encore Retournés à l'époque de la jahilia ? Voilà que nous entrons dans l'ère de la sauvagerie, De la décadence, de la laideur, Voilà que nous entrons une nouvelle fois Dans l'ère de la barbarie, Ere où l'écriture est un passage Entre deux éclats d'obus, Ere où l'assassinat d'un frelon dans un champ Est devenu la grande affaire. Connaissez-vous ma bien aimée Balkis ? Elle est le plus beau texte des œuvres de l'Amour, Elle fut un doux mélange De velours et de beau marbre. Dans ses yeux on voyait la violette S'assoupir sans dormir. Balkis, parfum dans mon souvenir ! O tombe voyageant dans les nues ! Ils t'ont tuée à Beyrouth Comme n'importe quelle autre biche, Après avoir tué le verbe. Balkis, ce n'est pas une élégie que je compose, Mais je fais mes adieux aux Arabes, Balkis, tu nous manques… tu nous manques… Tu nous manques… La maisonnée recherche sa princesse Au doux parfum qu'elle traîne derrière elle. Nous écoutons les nouvelles, Nouvelles vagues, sans commentaires. Balkis, nous sommes écorchés jusqu'à l'os. Les enfants ne savent pas ce qui se passe, Et moi, je ne sais pas quoi dire… Frapperas-tu à la porte dans un instant ? Te libéreras-tu de ton manteau d'hiver ? Viendras-tu si souriante et si fraîche Et aussi étincelante Que les fleurs des champs ? Balkis, tes épis verts Continuent à pleurer sur les murs, Et ton visage continue à se promener Entre les miroirs et les tentures. Même la cigarette que tu viens d'allumer Ne fut pas éteinte, Et sa fumée persistante continue à refuser De s'en aller. Balkis, nous sommes poignardés Poignardés jusqu'à los Et nos yeux sont hantés par l'épouvante. Balkis, comment vas-tu pu prendre mes jours et mes rêves ? Et as-tu supprimé les saisons et les jardins ? Mon épouse, ma bien aimée, Mon poème et la lumière de mes yeux, Tu étais mon bel oiseau, Comment donc as-tu pu t'enfuir ? Balkis, c'est l'heure du thé irakien parfumé Comme un bon vieux vin, Qui donc distribuera les tasses, ô girafe ? Qui a transporté à notre maison L'Euphrate, les roses du Tigre et de ruçafa? Balkis, la tristesse me transperce. Beyrouth qui t'a tuée ignore son forfait, Beyrouth qui t'a aimée Ignore qu'elle a tué sa bien aimée Et qu'elle a éteint la lune. Balkis ! Balkis ! Balkis ! Tous les nuages te pleurent, Quidonc pleurera sur moi ? Balkis, comment vas-tu pu disparaître en silence Sans avoir posé tes mains sur mes mains ? Balkis, comment as-tu pu nous abandonner Ballottés comme feuilles mortes par le vent ballottées, Comment nous as-tu abandonnés nous trois Perdus comme une plume dans la pluie ? As-tu pensé à moi Moi qui ai tant besoin de ton amour, Comme Zeinab, comme Omar ? Balkis, ô trésor de légende ! O lance irakienne ! O forêt de bambous ! Toi dont la taille a défié les étoiles, D'où as-tu apporté toute cette fraîcheur juvénile ? Balkis, toi l'amie, toi la compagne, Toi la délicate comme une fleur de camomille. Beyrouth nous étouffe, la mer nous étouffe, Le lieu nous étouffe. Balkis, ce n'est pas toi qu'on fait deux fois, Il n'y aura pas de deuxième Balkis. Balkis ! les détails de nos liens m'écorchent vif, Les minutes et les secondes me flagellent de leurs coups, Chaque petite épingle a son histoire, Chacun de tes colliers en a plus d'une, Même tes accroche-cœur d'or Comme à l'accoutumée m'envahissent de tendresse. La belle voix irakienne s'installe sur les tentures, Sur les fauteuils et les riches vaisselles. Tu jaillis des miroirs Tu jaillis de tes bagues, Tu jallis du poème, Des cierges, des tasses Et du vin de rubis. Balkis, si tu pouvais seulement Imaginer la douleur de nos lieux ! A chaque coin, tu volettes comme un oiseau, Et parfumes le lieu comme une forêt de sureau. Là, tu fumais ta cigarette, Ici, tu lisais, Là-bas tu te peignais telle un palmier, Et, comme une épée yéménite effilée, A tes hôtes tu apparaissais. Balkis, où est donc le flacon de Guerlain ? Où est le briquet bleu ? Où est la cigarette Kent ? Qui ne quittait pas tes lèvres ? Où est le hachémite chantant Son nostalgique chant ? Les peignes se souviennent de leur passé Et leurs larmes se figent ; Les peignes souffrent-ils aussi de leur chagrin d'amour ? Balkis, il m'est dur d'émigrer de mon sang Alors que je suis assiégé entre les flammes du feu Et les flammes des cendres. Balkis, princesse ! Voilà que tu brûles dans la guerre des tribus. Qu'écrirais-je sur le voyage de ma reine, Car le verbe est devenu mon vrai drame ? Voilà que nous recherchons dans les entassements des victimes Une étoile tombée du ciel, Un corps brisé en morceaux comme un miroir brisé. Nous voilà nous demander, ô ma bien aiméme, Si cette tombe est la tienne Ou bien celle en vérité de l'arabisme ? Balkis, ô sainte qui as étendu tes tresses sur moi ! O girafe de fière allure ! Balkis, notre justice arabe Veut que nos propres assassins Soient des Arabes, Que notre chair soit mangée par des Arabes, Que notre ventre soit éventré par des Arabes, Comment donc échapper à ce destin ? Le poignard arabe ne fait pas de différence Entre les gorges des hommes Et les gorges des femmes. Balkis, s'ils t'ont fait sauter en éclats, Sache que chez nous Toutes les funérailles commencent à Karbala Et finissent à Karbala Je ne lirai plus l'Histoire dorénavant, Mes doigts sont brûlés Et mes habits sont entachés de sang. Voilà que nous abordons notre âge de pierre, Chaque jour, nous reculons mille ans en arrière ! A Beyrouth la mer A démissionné Après le départ de tes yeux, La poésie s'interroge sur son poème Dont les mots ne s'agencent plus, Et personne ne répond plus à la question, Le chagrin, Balkis, presse mes yeux comme une orange. Las ! je sais maintenant que les mots n'ont pas d'issue, Et je connais le gouffre de la langue impossible ; Moi qui ai inventé le style épistolaire Je ne sais par quoi commencer une lettre, Le poignard pénètre mon flanc Et le flanc du verbe. Balkis, tu résumes toute civilisation, La femme n'est-elle pas civilisation ? Balkis, tu es ma bonne grande nouvelle. Qui donc m'en a dépouillé ? Tu es l'écriture avant toute écriture, Tu es l'île et le sémaphore, Balkis, ô lune qu'ils ont enfouie Parmi les pierres ! Maintenant le rideau se lève, Le rideau se lève. Je dirai au cours de l'instruction Que je connais les noms, les choses, les prisonniers, Les martyrs, les pauvres, les démunis. Je dirai que je connais le bourreau qui a tué ma femme Je reconnais les figures de tous les traîtres. Je dirai que votre vertu n'est que prostitution Que votre piété n'est que souillure, Je dirai que notre combat est pur mensonge Et que n'existe aucune différence Entre politique et prostitution. Je dirai au cours de l'instruction Que je connais les assassins, Je dirai que notre siècle arabe Est spécialisé dans l'égorgement du jasmin, Dans l'assassinat de tous les prophètes, Dans l'assassinat de tous les messagers. Même les yeux verts Les Arabes les dévorent, Même les tresses, mêmes les bagues, Même les bracelets, les miroirs, les jouets, Même les étoiles ont peur de ma patrie. Et je ne sais pourquoi, Même les oiseaux fuient ma patrie. Et je ne sais pourquoi, Même les étoiles, les vaisseaux et les nuages, Même les cahiers et les livres, Et toutes choses belles Sont contre les Arabes. Hélas, lorsque ton corps de lumière a éclaté Comme une perle précieuse Je me suis demandé Si l'assassinat des femmes N'est pas un dada arabe, Ou bien si à l'origine L'assassinat n'est pas notre vrai métier ? Balkis, ô ma belle jument Je rougis de toute mon Histoire. Ici c'est un pays où l'on tue les chevaux, Ici c'est un pays où l'on tue les chevaux. Balkis, depuis qu'ils t'ont égorgée O la plus douce des patries L'homme ne sais comment vivre dans cette patrie, L'homme ne sait comment vivre dans cette patrie. Je continue à verser de mon sang Le plus grand prix Pour rendre heureux le monde, Mais le ciel a voulu que je reste seul Comme les feuilles de l'hiver. Les poètes naissent-ils de la matrice du malheur ? Le poète n'est-il qu'un coup de poignard sans remède porté au cœur ? Ou bien suis-je le seul Dont les yeux résument l'histoire des pleurs ? Je dirai au cours de l'instruction Comment ma biche fut tuée Par l'épée de Abu Lahab, Tous les bandits, du Golfe à l'Atlantique Détruisent, incendient, volent, Se corrompent, agressent les femmes Comme le veut Abu Lahab, Tous les chiens sont des agents Ils mangent, se soûlent, Sur le compte de Abu Lahab, Aucun grain sous terre ne pousse Sans l'avis de Abu Lahab Pas un enfant qui naisse chez nous Sans que sa mère un jour N'ait visité la couche de Abu Lahab, Pas une tête n'est décapitée sans ordre de Abu Lahab La mort de Balkis Est-elle la seule victoire Enregistrée dans toute l'Histoire des Arabes ? Balkis, ô ma bien aimée, bue jusqu'à la lie ! Les faux prophètes sautillent Et montent sur le dos des peuples, Mais n'ont aucun message ! Si au moins, ils avaient apporté De cette triste Palestine Une étoile, Ou seulement une orange, S'ils nous avaient apporté des rivages de Ghaza Un petit caillou Ou un coquillage, Si depuis ce quart de siècle Ils avaient libéré une olive Ou restitué une orange, Et effacé de l'Histoire la honte, J'aurais alors rendu grâce à ceux qui t'ont tuée O mon adorée jusqu'à la lie ! Mais ils ont laissé la Palestine à son sort Pour tuer une biche ! Balkis, que doivent dire les poètes de notre siècle ! Que doit dire le poème Au siècle des Arabes et non Arabes, Au temps des païens, Alors que le monde Arabe est écrasé Ecrasé et sous le joug, Et que sa langue est coupée. Nous sommes le crime dans sa plus parfaite expression ; Alors écartez de nous nos œuvres de culture. O ma bien aimée, ils t'ont arrachée de mes mains, Ils ont arraché le poème de ma bouche, Ils ont pris l'écriture, la lecture, L'enfance et l'espérance. Balkis, Balkis, ô larmes s'égouttant sur les cils du violon ! Balkis, ô bien aimée jusqu'à la lie ! J'ai appris les secrets de l'amour à ceux qui t'ont tuée, Mais avant la fin de la course, Ils ont tué mon poulain. Balkis, je te demande pardon ; Peut être que ta vie a servi à racheter la mienne Je sais pertinemment Que ceux qui ont commis ce crime Voulaient en fait attenter à mes mots. Belle, dors dans la bénédiction divine, Le poème après toi est impossible Et la féminité aussi est impossible. Des générations d'enfants Continueront à s'interroger sur tes longues tresses, Des générations d'amants Continueront à lire ton histoire O parfaite enseignante ! Les Arabes sauront un jour Qu'ils ont tué une messagère QU'ILS…ON….TU…E…UNE….MES…SA…GERE.
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Blog mis à jour le 05/09/2008 à 18:39:47
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