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Je te connais, mon amie Sylvie Toi et moi, on n’a pas eu la même vie C’est vrai, tu ne m’as jamais vue Mais, ton histoire, je l’ai vécue On n’a pas eu les mêmes épreuves Mais on a ramé sur le même fleuve Un fleuve qui ne mène nulle part Où même un être fou ne part Oui, je te connais mon amie Sylvie Toi et moi, on n’a pas eu la même vie Nous n’avons pas la même religion Mais nous avons les mêmes visions Nous avons même vu notre tombeau Que nous pleurions à brûler notre peau Avec nos larmes noires et intarissables Car nous y amènerons notre vie détestable Je te connais, mon amie Sylvie Toi et moi, on n’a pas eu la même vie Comme moi, tu as fait des enfants Qui coûtent plus chers que notre sang Et seules, nous courrons à leurs secours En les défendant aux dépens de nos jours Nos enfants sont nos seuls trésors Que nous chérissions jusqu’à notre mort Je te connais, mon amie Sylvie Toi et moi, on n’a pas eu la même vie Nous n’avons pas eu beaucoup de chance Dans cette stupide et éphémère existence combien de fois nous avons vu toi et moi Nos tristes cœurs saignés milles fois De milles glaives de grandes douleurs Par ce monde glacé d'injustice et de terreur Oui, je te connais, mon amie Sylvie Toi et moi, on n’a pas eu la même vie Nous avons essayé de s’armer de patience Mais la vie nous a gonflé de désespérance Pourtant nous avons des cœurs si beau Que tous les gens arrachent un morceau Ne nous laissant que des cœurs troués Que chaque petite douleur peut les tuer Je te connais bien, mon amie Sylvie Toi et moi, on n’a pas eu la même vie Mais notre vie Sylvie, est la même On est deux malheureuses femmes Qui n’ont jamais eu la vie rose Dans ce monde fait de milles choses Un monde qui continue à lasser nos âmes Alors qu'on est déjà lassée d’être femmes Nous voyons notre vie et ce monde en noir Sans même chausser des lunettes noirs Oui, je te connais, mon amie Sylvie Toi et moi, on n’a pas eu la même vie Mais je connais ton malheureux voyage Tu sais, mon amie Sylvie, que je partage Ta grande douleur et ta grande peine Qui sont bien le rouge de tes veines Nous aurions pu avoir une belle vie Hélas, on l’a pas eu, mon amie Sylvie Samia Nasr
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Impression : Extraordinaire
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La mer est comme l’amour, belle et cruelle Elle nous ensorcelle avec sa voix magique Qui nous vient des lointains comme un appel Et nous entraîne vers son monde magnifique Et nous, nous y allions comme des enfants Quand ses vagues montent telles des anges Nous nous jetions à l’eau telle des poissons Guidés par nos cœurs emplis d’un effet étrange Nous ne résistions nullement à la tentation De nager dans les profondeurs avec courage Et nous faisions pousser pour cette belle sensation Même des nageoires et partir pour la grande nage Nous nagions plus loin, sans utiliser la sagesse Avec seule et unique arme notre hardiesse Mais quand on est lasse au milieu de son réel orage La peur nous saisit de devenir son malheureux naufrage
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Impression : Extraordinaire
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Aux indiens qui furent massacrés jadis dans leur propre terre Aux noirs réduits en esclavage et fouettés jusqu’à la mort Aux peuples dévalisés pour l’or noir ou un bout de terre A tous les innocents, la terre dit : vous n’êtes pas mort. Vos âmes que les cruels ont prix sauvagement dans leur piège Leur voix ancestrale bruit encore dans les conques de la mer Le soleil, l’air, le ciel, les forêts, les pluies et l’eau de neige Se souviennent et pleurent votre vie volée qui leur est cher La terre qui eut témoin du morne silence de votre départ La mer qui avait bercé vos âmes tendrement sur les flots Le ciel et les étoiles qui ont vu votre malheureuse histoire S’engloutissent tous à ces mauvais souvenirs en sanglots Les hommes parlent de vous à travers l’art et les chants Les innocents meurent encore dont la terre eut honte Et les bourreaux de l’humanité sont assoiffés de sang Ainsi ils sont plus forts. Quand auront-ils leur compte ?
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Impression : Extraordinaire
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