Mireille MONTANGERAND
Naît en 1914 à Saint Maurice en Rivière, à quelques kilomètres de Chalon sur Saône. Son père, administrateur des colonies, lui fait parcourir le monde. Elle découvre l’Afrique et Madagascar qui aura une grande influence sur sa peinture : ses marchés malgaches, riches en couleurs apparaîtront souvent dans son œuvre. En 1936, elle intègre l’Ecole des Beaux-Arts de Nice pour réaliser son rêve d’enfant et satisfaire sa vocation. Elle écrivait « petite fille, je peignais d’instinct et d’imagination ». Elle rejoint Paris où elle suit les cours d’art dramatique de Charles DULLIN et se familiarise avec le décor de théâtre. Elle hésite alors entre une carrière théâtrale et une carrière picturale. C’est la peinture qui primera mais elle continuera à fréquenter le monde des comédiens. En 1946, elle entre à l’Ecole Supérieure de Dessin du boulevard Montparnasse. Elle obtient le 1er prix de dessin et le 1er prix d’aquarelle. Une rencontre marque sa vie : Jacques HEBERTOT qui lui demande de peindre les pièces jouées dans son théâtre parisien. C’est ainsi que le dialogue des Carmélites et les Suppliantes deviennent les sujets de plusieurs de ses toiles. Passionnée par l’univers théâtral, elle réalise de nombreux décors aux Noctambules et à la Potinière. Elle expose dans tous les salons nationaux et devient sociétaire dans la plupart d’entre eux : le Salon des Indépendants, la Nationale des Beaux-Arts, le Salon populiste, le Salon d’Automne, le Salon des français d’Outre-Mer… Ses oeuvres se retrouvent aux côtés de grands noms de la peinture : Picasso, Braq, Buffet, Commère, Dufy, Max Ernst, Balthus, Botero, Delvaux, Brayer, Ambrogiani, Carzou, Hilaire, Toffoli, Raffy le Persan, De Waroquier, Hambourg, D'Anty, Nakache, Michel Ciry, Monneret, Baboulet et tant d'autres. Les articles de presse se multiplient. Exigeante avec elle-même, elle se bat dans ce monde d’après-guerre. La Galerie de Seine lui consacre une grande exposition particulière en 1947. A partir des années 50, c’est la révélation. Elle est fière d’appartenir au courant expressionniste. La Ville de Paris lui achète de nombreuses œuvres. Elle obtient le prix des Vikings en 1955. Ses tableaux quittent la France pour Montréal, Tokyo, New York. On la découvre dans toutes les galeries parisiennes : Paul Cézanne, Saint-Placide, La Boétie, Notre-Dame… En 1961, elle prend la direction de la Galerie Welter dans le 16ième arrondissement où elle découvre de jeunes talents qu’elle accompagnera et conseillera avec sa pédagogie naturelle. Elle obtient le prix OTHON FRIESZ, le 3ième prix de la Société des Amateurs d’Art et Collectionneurs et la médaille d’argent de la Ville de Paris. Les musées nationaux et les collections privées s’enrichissent aussi de ses toiles. Elle fait la connaissance de Michel PHILIPPOT MICKAELIDIS, dramaturge grec qui va lui faire découvrir son pays : la Grèce dont elle fera des dizaines de croquis, de gouaches, et d’huiles. Les critiques affluent dans toute la presse : Montangerand, l’élément révolutionnaire aux toiles rutilantes. Dynamique, elle explose et s’extériorise avec brutalité dans une peinture robuste. Elle jouera désormais « dans la cour des grands », va traverser son siècle et marquer son temps. Pour Montangerand, il faut créer une « mise en scène ». Rigueur et simplicité : deux principes dominants qui annoncent des couleurs lumineuses, la couleur tout simplement. Une technique où la justesse et la pureté des tonalités répondent au silence des vides dans un judicieux équilibre de formes et de valeurs. Ses toiles sont côtées dans le célèbre ouvrage AKOUN (cote des peintres). En 1976, elle est citée dans le dictionnaire BENEZIT : c’est l’apogée de sa gloire. Le Salon des Artistes Indépendants en l’an 2000 lui consacre une rétrospective avec une cinquantaine d’œuvres. Elle repose aujourd’hui au Villars, petit village de Bourgogne qu’elle a peint de nombreuse fois et auquel elle était très attachée. Une plaque commémorative est apposée Place de l’Eglise. & |
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