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Dans les sombres pâturages du ciel étoilé, Tandis que le pâtre solaire s’en est allé Laissant Taureau, Capricorne et Bélier Fouler les prés stellaires de leurs pieds, Une étoile lentement à la vie s’éveille. Nul ne la voit, discrète elle se glisse Parmi les nuages d’or, entre les merveilles De la Voie Lactée et ses infinis édifices. Cette nuit-là solitaire je m’attardais, Sous les cieux ténébreux, guettant l’inconnu M’échappant un instant d’une vie trop vécue Seul le silence à mes sens subsistait. Sur le sol, un petit homme, un moins que rien Dans le ciel, des soleils, des astres aériens Moi être de chair, eux chair d’éther Rencontre du ciel et de la terre. Mes yeux se voilent sous les lueurs écrasantes De puissance de cette forte armada ; Milliards de lucioles, déesses méprisantes Dévoreuses inhumaines au sombre éclat. Mais elle est là soudain, elle se dévoile ; Parmi ses sœurs, venue de rien Elle s’approche, rompant ses liens Qui la retiennent de la céleste toile. D’abord invisible, seule dans cette abondance Elle va doucement, mène sa gracieuse danse Fourbissant ses armes, vierge innocente Mais portant en elle l’âme d’une amante. Déjà autour d’elle le silence se fait : Ses compagnes aperçoivent une telle rivale Que l’infini lui-même devant elle se tait. Elle irradie, elle domine sans égale Elle est reine, c'est bien Elle. A mes yeux incroyants elle se dévoile enfin Malgré moi j’avance une tremblante main Effleurant effrayé d’une caresse irréelle L’étoile souveraine de mes songes, de mes nuits Qui prend forme et renaît sous tes traits. D’un désir abyssal ton regard luit ; Déesse incarnée, femme dont je rêvais Tu as quitté ton éden parnassien Offrant à mon âme la plus belle des égéries A mon corps la plus douce des féeries Qu’enfin, mon désir devienne tien. L'essence prend courbes et formes charnelles Tu deviens l'Eve rêvée, fille sortie de l'Unique. L'infini concentré dans ton regard cosmique S'affranchit de ses éons et s'achève en ta prunelle. Le ballet débute, mélange d'un corps céleste A la douce pesanteur d'une chair terrestre Le chant de l'étoile irise ta peau du plaisir Quand la conjonction des sens te fait gémir. Mais tu ignores que l'embrasement n'a qu'un temps, Pour toi l'éternité est la seule mesure éloquente Mon âme tellurique te semble aussi fine que le vent Qui parcourt ta demeure aux limites inexistantes. Lassée de mes racines terriennes, elle ferme son âme Et s'ouvre aux clameurs élogieuses qui s'élèvent Noyant le ressac solitaire qui éteint sa flamme Mouchetée par la brise glorieuse de ses rêves. Rompant le fil d'or, elle se sublime dans l'air Traversant les strates, météore solaire Admirée de certains, aimée voire vénérée Elle reprend sa conquête des mondes éthérés. A l'apogée de sa montée, une ultime fois Elle se retourne, jaugeant l'infinitésimal Face au grandiose, rien n'est plus pâle Sans remords, elle s'élance vers son choix. Les cieux obscurs soudain s'illuminent D'or et d'opaline au passage de sa traîne, Comète souveraine, à la grâce divin |
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Cinq décades déjà viennent de s’écouler ; A tes côtés les tiens sont venus te fêter. Mais ce que tu es, ce que tu penses vraiment, Dans les tréfonds de ton âme, tel un tourment Qui gémit, pâle corbeau aux ailes acérées Nul n’en sait les plaintes, à jamais ignorées. Rubis égaré, terni sous tant de regards, Ton esprit hurle en mille morceaux épars. Tu es là. Isolée dans cette multitude Bigarrée, qui te couvre des plus beaux atours. Tu gis là. Ignorée dans cette solitude Dorée, qui t’étourdit un peu plus chaque jour. J’ai lu ! Oui, les plus beaux quatrains par ta main, Diamants syntaxiques, rimes parfumées Aux essences de larmes, sous le jour éteint, Complaintes graciles, de ton cœur elles sont nées ! J’ai vu ! Oui, une âme seule si délétère Livrer aux mots, aux bûchers glacés des enfers Sa peur d’un jour si doux, son horreur infinie D’une vie si leste vouée aux gémonies. Exégète de ta plume, augure qui Rejette loin de ta main l’amer génépi, Laisse-moi, dilettante si peu éclairé De mes mantras, vers la canopée te guider. Gorgée dès la naissance du lait maternel, Tu restes une graine dans le vent parsemée Manquant d’amour, tu ne sais transpercer le gel, Forteresse nivale d’une mal-aimée. Pourtant, l’écu adamantin à sept reprises S’est brisé, le jour où tu as donné naissance A tes saphirs, joyaux de ton existence Illuminant à jamais tes journées si grises. Tu es mère. Dessein ultime de ta vie, Tu donnes ce qui t’a cruellement manqué. Tu es femme. Désir ultime de la nuit, Tu te donnes, Léda des mâles désirée ; Tu offres ton opaline carnation A mille lingams, sans leur prêter attention; Ouragans de rostres, plaisirs méphitiques, Qui traversent tes océans ithyphalliques. Itérations erratiques d’une âme en peine, Errances terriennes dans le Styx de ton lit Tu idolâtres, tu abhorres tes envies, Mais de ces flamberges tu veux être la reine. Qui es-tu ? Pure kore, catin maculée ? Qui hais-tu ? Les hommes, toute l’humanité ? Faut-il être anachorète, pour à tes yeux Trouver grâce, et boire l’ambroisie des cieux ? Viens. Couvre-toi de tes peurs, de tes souffrances, Quitte ton hermine de jais, laisse en toi Erato et Clio, délicates fragrances Te peindre, tel Boucher, Diane en émoi. Un an de plus. Tu peux poser ton lourd fardeau. Ecoute les montagnes, regarde les rires, Sens l’hydromel, goûte l’effluve du désir. Touche mon âme, enivre-toi du repos.
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Pour certains ce n'est qu'un simple ouvrage Semblable à des milliers d'autres, banal Quand mes yeux se sont posés sur l'étal J'ai su qu'il fallait que je lise ses pages. La couverture est reliée de fines dorures Mêlées à des reflets cuivrés enchanteurs. Le vélin bruisse sous mes doigts de lecteur Lisse et soyeux, appelant l'ouverture. Le titre se détache en lettres de jade Si intenses qu'elles accrochent le regard Je peine à m'en détacher, déjà hagard A l'idée de ne plus contempler pareille aubade. Je l'ouvre d'une main tremblante, impatient. Les feuilles sont d'une blancheur indicible Le grain d'une finesse qui paraît impossible, Tout appelle à se plonger et se perdre dedans. Ma main parcourt les pages onctueuses Sans défaut aucun, neuves mais aussi Plus généreuses que le ciel infini Et aux caresses tant savoureuses. J'ouvre les yeux, et comprends soudain Que ce livre ne peut par moi être lu. Les lettres forment des mots inconnus Une langue étrangère venue du lointain. J'essaie, mais en vain de déchiffrer Mon esprit trop étroit s'y refuse Nul dictionnaire, ni aucune muse Ne veut me donner la clé de ce livre tant aimé.
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Je t'ai contemplée, tandis que le soleil Auréolait tes traits d'une crinière de flammes, Rubis incandescent à nul autre pareil Dont deux émeraudes soulignaient la belle âme. Tu filais dans le vent, portée par ton coursier Le galop t'emportait, grisée par la vitesse. Le présent s'estompa, j'eus envie de crier Tu devins Amazone, divine chasseresse. Je crus voir revenir Athéna la guerrière Défiant fièrement la misère du monde Emplissant de sagesse jusqu'aux murs de pierre Me perçant de son trait en une seconde. Et soudain par magie nos regards se croisèrent Je plongeai dans le vert, m'immergeai sans un cri Tu m'ouvris tes pensées, nos esprits fusionnèrent Je m'élevai si haut, dans une âme infinie... Pauvre esprit étriqué, je contemplais enfin L'empathie abyssale, la beauté inhumaine Qui tapissaient ton coeur, débordaient de ton sein Se mêlant dans un cri au fleuve de ta peine. Ce ne fut qu'un instant, et pourtant en cette heure J'ai compris qu'existait près de moi une étoile Elle ne le savait pas, ignorait sa valeur Perle dans le sable, si belle sous son voile.
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Les tourments assaillent son esprit égaré L'envie est si forte, elle ne peut plus lutter Elle le voudrait tant, en rêve chaque seconde Ses mots la transpercent comme une fin du monde. Franchir l'espace qui les sépare, enfin le voir Goûter aux plaisirs auxquels elle ne peut croire Aimer et donner, recevoir et prendre enfin Jeter au vent l'or et ramasser l'amour dans ses mains. Sans cesse elle s'élance vers les cieux libérés Et se heurte sans fin aux murailles dorées Elle retombe toujours, meurtrie par sa passion Mais se relève et espère avec obstination. Un jour peut-être... ou bien jamais, elle ne sait pas Mais le feu la consume, annonçant son trépas Elle ne pense plus, ne vit que pour ce moment Où il la mènera jusqu'à son firmament. Alors seulement elle vivra, renaîtra au jour Découvrant le fardeau de l'amour si lourd Elle se cambrera, lui offrira son puits secret Où il creusera pour trouver l'eau aux mille reflets.
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Blog mis à jour le 12/10/2008 à 05:41:47
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