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adamantin - 1719039
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Poèmes

Eclipse


Dans les sombres pâturages du ciel étoilé,
Tandis que le pâtre solaire s’en est allé
Laissant Taureau, Capricorne et Bélier
Fouler les prés stellaires de leurs pieds,
Une étoile lentement à la vie s’éveille.
Nul ne la voit, discrète elle se glisse
Parmi les nuages d’or, entre les merveilles
De la Voie Lactée et ses infinis édifices.

Cette nuit-là solitaire je m’attardais,
Sous les cieux ténébreux, guettant l’inconnu
M’échappant un instant d’une vie trop vécue
Seul le silence à mes sens subsistait.
Sur le sol, un petit homme, un moins que rien
Dans le ciel, des soleils, des astres aériens
Moi être de chair, eux chair d’éther
Rencontre du ciel et de la terre.

Mes yeux se voilent sous les lueurs écrasantes
De puissance de cette forte armada ;
Milliards de lucioles, déesses méprisantes
Dévoreuses inhumaines au sombre éclat.

Mais elle est là soudain, elle se dévoile ;
Parmi ses sœurs, venue de rien
Elle s’approche, rompant ses liens
Qui la retiennent de la céleste toile.
D’abord invisible, seule dans cette abondance
Elle va doucement, mène sa gracieuse danse
Fourbissant ses armes, vierge innocente
Mais portant en elle l’âme d’une amante.

Déjà autour d’elle le silence se fait :
Ses compagnes aperçoivent une telle rivale
Que l’infini lui-même devant elle se tait.
Elle irradie, elle domine sans égale
Elle est reine, c'est bien Elle.

A mes yeux incroyants elle se dévoile enfin
Malgré moi j’avance une tremblante main
Effleurant effrayé d’une caresse irréelle
L’étoile souveraine de mes songes, de mes nuits
Qui prend forme et renaît sous tes traits.
D’un désir abyssal ton regard luit ;
Déesse incarnée, femme dont je rêvais
Tu as quitté ton éden parnassien
Offrant à mon âme la plus belle des égéries
A mon corps la plus douce des féeries
Qu’enfin, mon désir devienne tien.

L'essence prend courbes et formes charnelles
Tu deviens l'Eve rêvée, fille sortie de l'Unique.
L'infini concentré dans ton regard cosmique
S'affranchit de ses éons et s'achève en ta prunelle.
Le ballet débute, mélange d'un corps céleste
A la douce pesanteur d'une chair terrestre
Le chant de l'étoile irise ta peau du plaisir
Quand la conjonction des sens te fait gémir.

Mais tu ignores que l'embrasement n'a qu'un temps,
Pour toi l'éternité est la seule mesure éloquente
Mon âme tellurique te semble aussi fine que le vent
Qui parcourt ta demeure aux limites inexistantes.

Lassée de mes racines terriennes, elle ferme son âme
Et s'ouvre aux clameurs élogieuses qui s'élèvent
Noyant le ressac solitaire qui éteint sa flamme
Mouchetée par la brise glorieuse de ses rêves.
Rompant le fil d'or, elle se sublime dans l'air
Traversant les strates, météore solaire
Admirée de certains, aimée voire vénérée
Elle reprend sa conquête des mondes éthérés.
A l'apogée de sa montée, une ultime fois
Elle se retourne, jaugeant l'infinitésimal
Face au grandiose, rien n'est plus pâle
Sans remords, elle s'élance vers son choix.

Les cieux obscurs soudain s'illuminent
D'or et d'opaline au passage de sa traîne,
Comète souveraine, à la grâce divin

vendredi 21 avril 2006
21:15

Oeuvre originale
Auteur : Adamantin

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Poèmes

Pierre précieuse




Cinq décades déjà viennent de s’écouler ;
A tes côtés les tiens sont venus te fêter.
Mais ce que tu es, ce que tu penses vraiment,
Dans les tréfonds de ton âme, tel un tourment
Qui gémit, pâle corbeau aux ailes acérées
Nul n’en sait les plaintes, à jamais ignorées.

Rubis égaré, terni sous tant de regards,
Ton esprit hurle en mille morceaux épars.
Tu es là. Isolée dans cette multitude
Bigarrée, qui te couvre des plus beaux atours.
Tu gis là. Ignorée dans cette solitude
Dorée, qui t’étourdit un peu plus chaque jour.

J’ai lu ! Oui, les plus beaux quatrains par ta main,
Diamants syntaxiques, rimes parfumées
Aux essences de larmes, sous le jour éteint,
Complaintes graciles, de ton cœur elles sont nées !

J’ai vu ! Oui, une âme seule si délétère
Livrer aux mots, aux bûchers glacés des enfers
Sa peur d’un jour si doux, son horreur infinie
D’une vie si leste vouée aux gémonies.

Exégète de ta plume, augure qui
Rejette loin de ta main l’amer génépi,
Laisse-moi, dilettante si peu éclairé
De mes mantras, vers la canopée te guider.

Gorgée dès la naissance du lait maternel,
Tu restes une graine dans le vent parsemée
Manquant d’amour, tu ne sais transpercer le gel,
Forteresse nivale d’une mal-aimée.

Pourtant, l’écu adamantin à sept reprises
S’est brisé, le jour où tu as donné naissance
A tes saphirs, joyaux de ton existence
Illuminant à jamais tes journées si grises.

Tu es mère. Dessein ultime de ta vie,
Tu donnes ce qui t’a cruellement manqué.
Tu es femme. Désir ultime de la nuit,
Tu te donnes, Léda des mâles désirée ;
Tu offres ton opaline carnation
A mille lingams, sans leur prêter attention;
Ouragans de rostres, plaisirs méphitiques,
Qui traversent tes océans ithyphalliques.

Itérations erratiques d’une âme en peine,
Errances terriennes dans le Styx de ton lit
Tu idolâtres, tu abhorres tes envies,
Mais de ces flamberges tu veux être la reine.

Qui es-tu ? Pure kore, catin maculée ?
Qui hais-tu ? Les hommes, toute l’humanité ?
Faut-il être anachorète, pour à tes yeux
Trouver grâce, et boire l’ambroisie des cieux ?

Viens. Couvre-toi de tes peurs, de tes souffrances,
Quitte ton hermine de jais, laisse en toi
Erato et Clio, délicates fragrances
Te peindre, tel Boucher, Diane en émoi.

Un an de plus. Tu peux poser ton lourd fardeau.
Ecoute les montagnes, regarde les rires,
Sens l’hydromel, goûte l’effluve du désir.
Touche mon âme, enivre-toi du repos.


mercredi 22 mars 2006
01:15

Oeuvre originale
Auteur : Adamantin

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Poèmes

Illetrisme


Pour certains ce n'est qu'un simple ouvrage
Semblable à des milliers d'autres, banal
Quand mes yeux se sont posés sur l'étal
J'ai su qu'il fallait que je lise ses pages.

La couverture est reliée de fines dorures
Mêlées à des reflets cuivrés enchanteurs.
Le vélin bruisse sous mes doigts de lecteur
Lisse et soyeux, appelant l'ouverture.

Le titre se détache en lettres de jade
Si intenses qu'elles accrochent le regard
Je peine à m'en détacher, déjà hagard
A l'idée de ne plus contempler pareille aubade.

Je l'ouvre d'une main tremblante, impatient.
Les feuilles sont d'une blancheur indicible
Le grain d'une finesse qui paraît impossible,
Tout appelle à se plonger et se perdre dedans.

Ma main parcourt les pages onctueuses
Sans défaut aucun, neuves mais aussi
Plus généreuses que le ciel infini
Et aux caresses tant savoureuses.

J'ouvre les yeux, et comprends soudain
Que ce livre ne peut par moi être lu.
Les lettres forment des mots inconnus
Une langue étrangère venue du lointain.

J'essaie, mais en vain de déchiffrer
Mon esprit trop étroit s'y refuse
Nul dictionnaire, ni aucune muse
Ne veut me donner la clé de ce livre tant aimé.

lundi 20 mars 2006
20:05

Oeuvre originale
Auteur : Adamantin

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Poèmes

L'amazone


Je t'ai contemplée, tandis que le soleil
Auréolait tes traits d'une crinière de flammes,
Rubis incandescent à nul autre pareil
Dont deux émeraudes soulignaient la belle âme.

Tu filais dans le vent, portée par ton coursier
Le galop t'emportait, grisée par la vitesse.
Le présent s'estompa, j'eus envie de crier
Tu devins Amazone, divine chasseresse.

Je crus voir revenir Athéna la guerrière
Défiant fièrement la misère du monde
Emplissant de sagesse jusqu'aux murs de pierre
Me perçant de son trait en une seconde.

Et soudain par magie nos regards se croisèrent
Je plongeai dans le vert, m'immergeai sans un cri
Tu m'ouvris tes pensées, nos esprits fusionnèrent
Je m'élevai si haut, dans une âme infinie...

Pauvre esprit étriqué, je contemplais enfin
L'empathie abyssale, la beauté inhumaine
Qui tapissaient ton coeur, débordaient de ton sein
Se mêlant dans un cri au fleuve de ta peine.

Ce ne fut qu'un instant, et pourtant en cette heure
J'ai compris qu'existait près de moi une étoile
Elle ne le savait pas, ignorait sa valeur
Perle dans le sable, si belle sous son voile.


dimanche 19 mars 2006
21:39

Oeuvre originale
Auteur : Adamantin

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Poèmes

Espérance éternelle




Les tourments assaillent son esprit égaré
L'envie est si forte, elle ne peut plus lutter
Elle le voudrait tant, en rêve chaque seconde
Ses mots la transpercent comme une fin du monde.

Franchir l'espace qui les sépare, enfin le voir
Goûter aux plaisirs auxquels elle ne peut croire
Aimer et donner, recevoir et prendre enfin
Jeter au vent l'or et ramasser l'amour dans ses mains.

Sans cesse elle s'élance vers les cieux libérés
Et se heurte sans fin aux murailles dorées
Elle retombe toujours, meurtrie par sa passion
Mais se relève et espère avec obstination.

Un jour peut-être... ou bien jamais, elle ne sait pas
Mais le feu la consume, annonçant son trépas
Elle ne pense plus, ne vit que pour ce moment
Où il la mènera jusqu'à son firmament.

Alors seulement elle vivra, renaîtra au jour
Découvrant le fardeau de l'amour si lourd
Elle se cambrera, lui offrira son puits secret
Où il creusera pour trouver l'eau aux mille reflets.


samedi 18 mars 2006
18:24

Oeuvre originale
Auteur : Adamantin

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Blog mis à jour le 12/10/2008 à 05:41:47



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