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Les épines de la vie Tout n’est pas sans douleur dans une vie, Il est des jours où l’on voudrait que tout s’arrête, Où tout marche à contre-sens de nos envies, Notre quotidien est sombre, et demain nous inquiète. Les amis nous ont désertés, les amours s’en sont allés, On se retrouve seul chaque jour à revivre les souvenirs. Alors on rêve, on imagine une ombre, une odeur aimée, Un pas, c’est peut-être lui, c’est peut-être elle, on va ouvrir. Notre imagination nous joue des tours, car il n’y a personne, Seul ce silence glacial, prélude de notre mort, répond présent, On se heurte à ces murs de solitude, où l’irréel foisonne, Et on se tourne vers le ciel, la lune et les étoiles vers leur effet apaisant. Au jardin on cueille une rose, c’est encore l’amour, Son odeur enivrante et envoûtante est comme son baiser, Ses pétales comme ses caresses ont la douceur du velours, Rouge comme le sang qui coule des blessures, par les épines causées.
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Lorsque j’étais petit et beau J’avais la rose pour demeure Et les vastes mers pour sources La rose devint blessure Et les sources soif - Ai-je beaucoup changé ? - Je n’ai pas beaucoup changé Lorsque nous reviendrons comme le vent A notre demeure Regarde bien mon front Tu verras que la rose est devenue palmier Tu verras que les sources sont devenues sueurs Tu me retrouveras comme lorsque J’étais petit et beau Extrait de "Rien qu’une autre année", traduit par Abdellatif Laâbi, Les éditions de Minuit, 1983, page 56 Mahmoud Darwich
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Il était là, devant mes yeux bien en chair, Le regardant comme si c’était la première fois; Inerte en face de lui dans un voyage imaginaire, Qui faisait tourner le monde autour de moi. S’approchant de moi avec le même regard, Armé de ce sourire dévoilant ses dents blanches, Je demeurais à le regarder avec des yeux hagards Car son retour fut telle une subite avalanche Je me taisais devant cette rencontre magique Qui me transporta quelques instants dans un rêve Puis un baiser se déposa sur mes lèvres flegmatiques Pour me réanimer et me dire que ce n’est pas un rêve Voulant parler, dire un mot pour tuer le silence Seules les larmes coulèrent chaudement sur mes joues Les larmes pour ce mal de sa longue absence Et puis nos lèvres se sont unies dans un baiser fou Par Samia Nasr
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Tu me parles du fond d'un rêve Comme une âme parle aux vivants. Comme l'écume de la grève, Ta robe flotte dans les vents. Je suis l'algue des flots sans nombre, Le captif du destin vainqueur ; Je suis celui que toute l'ombre Couvre sans éteindre son cœur. Mon esprit ressemble à cette île, Et mon sort à cet océan ; Et je suis l'habitant tranquille De la foudre et de l'ouragan. Je suis le proscrit qui se voile, Qui songe, et chante, loin du bruit, Avec la chouette et l'étoile, La sombre chanson de la nuit. Toi, n'es-tu pas, comme moi-même, Flambeau dans ce monde âpre et vil, Ame, c'est-à-dire problème, Et femme, c'est-à-dire exil ? Sors du nuage, ombre charmante. O fantôme, laisse-toi voir ! Sois un phare dans ma tourmente, Sois un regard dans mon ciel noir ! Cherche-moi parmi les mouettes ! Dresse un rayon sur mon récif, Et, dans mes profondeurs muettes, La blancheur de l'ange pensif ! Sois l'aile qui passe et se mêle Aux grandes vagues en courroux. Oh, viens ! Tu dois être bien belle, Car ton chant lointain est bien doux ; Car la nuit engendre l'aurore ; C'est peut-être une loi des cieux Que mon noir destin fasse éclore Ton sourire mystérieux ! Dans ce ténébreux monde où j'erre, Nous devons nous apercevoir, Toi, toute faite de lumière, Moi, tout composé de devoir ! Tu me dis de loin que tu m'aimes, Et que, la nuit, à l'horizon, Tu viens voir sur les grèves blêmes Le spectre blanc de ma maison. Là, méditant sous le grand dôme, Près du flot sans trêve agité, Surprise de trouver l'atome Ressemblant à l'immensité, Tu compares, sans me connaître, L'onde à l'homme, l'ombre au banni, Ma lampe étoilant ma fenêtre A l'astre étoilant l'infini ! Parfois, comme au fond d'une tombe, Je te sens sur mon front fatal, Bouche de l'Inconnu d'où tombe Le pur baiser de l'Idéal. A ton souffle, vers Dieu poussées, Je sens en moi, douce frayeur, Frissonner toutes mes pensées, Feuilles de l'arbre intérieur. Mais tu ne veux pas qu'on te voie ; Tu viens et tu fuis tour à tour ; Tu ne veux pas te nommer joie, Ayant dit : Je m'appelle amour. Oh ! Fais un pas de plus ! Viens, entre, Si nul devoir ne le défend ; Viens voir mon âme dans son antre, L'esprit lion, le cœur enfant ; Viens voir le désert où j'habite Seul sous mon plafond effrayant ; Sois l'ange chez le cénobite, Sois la clarté chez le voyant. Change en perles dans mes décombres Toutes mes gouttes de sueur ! Viens poser sur mes œuvres sombres Ton doigt d'où sort une lueur ! Du bord des sinistres ravines Du rêve et de la vision, J'entrevois les choses divines… - Complète l'apparition ! Viens voir le songeur qui s'enflamme A mesure qu'il se détruit, Et, de jour en jour, dans son âme A plus de mort et moins de nuit ! Viens ! Viens dans ma brume hagarde, Où naît la foi, d'où l'esprit sort, Où confusément je regarde Les formes obscures du sort. Tout s'éclaire aux lueurs funèbres ; Dieu, pour le penseur attristé, Ouvre toujours dans les ténèbres De brusques gouffres de clarté. Avant d'être sur cette terre, Je sens que jadis j'ai plané ; J'étais l'archange solitaire, Et mon malheur, c'est d'être né. Sur mon âme, qui fut colombe, Viens, toi qui des cieux as le sceau. Quelquefois une plume tombe Sur le cadavre d'un oiseau. Oui, mon malheur irréparable, C'est de pendre aux deux éléments, C'est d'avoir en moi, misérable, De la fange et des firmaments ! Hélas ! Hélas ! C’est d'être un homme ; C'est de songer que j'étais beau, D'ignorer comment je me nomme, D'être un ciel et d'être un tombeau ! C'est d'être un forçat qui promène Son vil labeur sous le ciel bleu ; C'est de porter la hotte humaine Où j'avais vos ailes, mon Dieu ! C'est de traîner de la matière ; C'est d'être plein, moi, fils du jour, De la terre du cimetière,
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La fenêtre de ma chambre est bien fermée Seule, et triste ce soir sans mon bien-aimé Mais, il y a longtemps que je m’en passais Depuis qu’il est parti dans ce froid pays Mais ce soir, le plafond voulant me noyer Avec ces trombes d’eau sur les murs glacés Ce soir, tout est plus triste que coutume J’eus mal à la tête de cette horloge de brume Qui sonne minuit et gronde dan mes oreilles Me rappelant d’avoir laisser passer le temps Sans profiter de la vie et ses beaux instants D’avoir aussi éteint le feu de mes entrailles Ce soir, mon drap et mon oreiller ont froid Il leurs manquent la chaleur de mon beau roi Toute la chambre cherche sa douce présence Me reprochant de m'en fuir de son histoire Mais ce soir, il est revenu dans ma mémoire Et je ressens bien le mal de son absence La fenêtre de ma chambre est bien fermée Seule, et triste ce soir sans mon bien-aimé Mais, il y a longtemps que je m’en passais Depuis qu’il est parti dans ce froid pays Mais ce soir, ma chambre je l’ai bien noyé De mes larmes inondant mon visage lassé Par Samia Nasr |
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Blog mis à jour le 07/09/2008 à 09:06:05
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