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Le caractère paisible que revêt la vie près des grands cours d’eau ne doit pas tromper ; alors qu’on ne s’y attend guère, au-dessus du lit paresseux, les naseaux affleurant à la surface boueuse, apparaît parfois une masse de graisse, de chair et de désirs contrariés manifestant vite son exigence sur le sol ferme ; si vous êtes aux environs n’attendez pas de terminer votre conversation, ni de poser le verre que vous buvez avec votre ami, ni même de finir un sourire à l’aimable visage qui vous rend votre attention par les yeux : les gens sensés habitant près des fleuves le savent bien : quand l’hippopotame est en rut il vaut mieux ne pas s’attarder dans le coin. Car dès lors qu’il a extirpé ses lourdes pattes de la boue, dès lors qu’il s’est ébranlé vers le sol qui retentit sourdement des énormes chocs patauds de ses pas, tout y passe, rien ne saurait lui résister : arbres, fourrés, haies, maisons, barrières, jardins, statues, il écrase tout ou le bouscule, rien ne résiste à son humeur massacreuse du moment : vous comprenez, Monsieur l’hippopotame a envie de faire l’amour, c’est un besoin si pressant chez lui qu’il dévaste tout ce qu’il rencontre et c’est un désastre. Les gens raisonnables vivant près des fleuves le savent, en effet: personne ne serait assez fou pour venir s’opposer à l’hippopotame en rut afin de défendre qui un bout de jardin, qui une haie, qui une statue ; ce serait encore décupler les fureurs de l’animal qui a la vue si basse qu’au-delà de son nez il ne distingue rien que ce qu’il annihile dans l’écrasement de sa masse énorme ; son rut le rend juste suffisamment stupide pour qu’il soit possible de le détourner en proposant une autre cible à sa fureur ; mais comme il multiplie aussi ses forces et cette sorte de courage des taureaux qu’on a énervés qui foncent sur tout ce qui bouge sans aucune espèce d’intention préalable que la satisfaction du besoin qui les mène, les gens doués de raison cherchent seulement à éviter l’énorme masse de chair graisseuse animée par le désir; la mise à distance est un procédé approprié à cette fin, d’autant plus que l’énorme lourdeur de l’hippopotame ne lui permet pas de grandes marches ; de plus il est trop attaché à la boue pour s’en éloigner de beaucoup, le rut seul ayant été assez fort pour ébranler sa masse et le pousser à s’en arracher même momentanément. Seuls les reptiles qui peuplent le bord des fleuves et passent leur journée à paresser la gueule ouverte sans rien faire qu’attendre qu’un passage distraie leur ennui peuvent éprouver un quelconque intérêt aux destructions imbéciles ; si leurs rangées de dents inégales acérées étaient adaptées à saisir et cisailler les pattes adipeuses de l’énorme hippopotame, nul doute qu’ils n’hésiteraient au passage à en faire usage; seulement les mâchoires les plus fortes se noient dans toute cette chair graisseuse et y glissent, les bêtes les plus rêches, les plus méchantes et les plus sournoises n’y peuvent donc trouver prise à leurs morsures et finiraient elles-mêmes écrasées. Il n’y a donc qu’à attendre et la seule pensée qu’on peut entre-temps évoquer envers cette catastrophe de graisses amoureuses c’est qu’une dame hippopotame ne sera pas assez dégoûtée pour croiser son chemin, afin qu’on puisse regagner un peu plus tôt ses habitudes paisibles ; à condition que si la muflerie peut sembler de nature chez cet animal à large gueule qui broie tout quand le rut le prend, ses réticences de mufle tomberont devant une compagne possible presque aussi lourde que lui reconnue son égale . Quand l’hippopotame a tout saccagé et a retrouvé le lit boueux de son fleuve, les habitants peuvent revenir remettre un peu d’ordre dans leurs alentours malmenés. Mais ils n’y mettent ni hâte ni humeur maussade ; il en faudrait plus pour changer leur humeur : eux qui ont survécu aux crues ébouantes, résisté aux fourmis rousses qui font tout disparaître dans le néant de leur passage, aux serpents-minute qui se glissent jusque dans les berceaux et à deux ou trois explorateurs bien intentionnés, que peuvent bien leur faire les dégâts d’un hippopotame rendu hors de lui par le désir de copuler ? Car s’ils apprécient les agréments de leurs propriétés, leurs jardins, les maisons, ils ne s’y sont jamais attachés, tellement davantage ils aiment les autres, leurs égaux aussi habiles ensemble à rebâtir et planter.
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DIEU QU’IL ME (NOUS) MANQUE(NT) Faut que je vous raconte… J’étais à Saint-Etienne le 7 Juin 2000 quand j’ai appris la nouvelle. Cela devait être à la radio, je ne m’en souviens plus, juste que ça m’a fait l’effet d’une pluie glacée un 29 Février : San Antonio est mort !!! Il l’avait glissée le Frédo, sans nous prévenir !!! Au début j’y croyais pas aux carabistouilles des ondes tellement je le croyais immortel le Grand. L’était sorti de tant de situasses qui sentaient le costard de sapin avant !!! J’avais besoin de savoir, aussi, je ne fis ni une, ni deux (ni trois ni quatre non plus (PD)) et je décidais d’un commun accord avec moi-même et ma carte routière Michelin Rhône-Alpes au 1/275 000 de me rendre aux zobs secs à Saint Chef (Isère : 38 pour les joueurs de Loto, les numérologues et autres charres-latants). Le 8 Juin, sur les cou.illes de 13 heure, je parkais ma Maserati dans une ruelle surplombant l’Eglise. Il y avait foule sous le soleil. Faut vous dire que le Mahomet tapait sévère et que les platanes séculaires qui poussaient comme je te va autour du parvis avaient eu la bonne idée de faire « open ombre » Y’avait du trèpe, ils étaient tous là : y’avait même Giorgio le fils maudit !!! Et les gonzes de la TV itou : FR3, T pas F’1, Franche 2…+ l’armée des ondes : ReuTeuLeu, Europun, France nympho…tous les charognards du Paf…z’attendaient les vedettes, ces con…qu'ils sortent de l’Eglise !!! Ceusses qu’avaient lacrimoné en montrant leur cœur à toutes les bandes passantes la veille : Robert zob scène, Pierre Paire hait, Pas Trique C’est Bastien (tout seul tu peux le lâcher)…même le Jean Glaude Brille au lit le spécialiste de la « veillez aux larmes » avait été de son nœud mage !!!ça c’était bousculé pour carrer son prose dans le médium (pour changer). En attendant la fin du délire de la curée (le vicaire de Saint Chef, à défaut de cons, fait fions), les journalistes venaient nous voir, nous, les anonymes, pour savoir ce qu’on foutait là. Je les voyais les autres, négationner de la hure…y voulaient rien dire !!! Et pourtant !!! Putaing !!!On aurait pu en dire des trucs sur notre Frédo, on en aurait fait des phrases pour dire combien on était démuni, orphelin…presque mort nous aussi. Mais on pouvait pas…ça restait coincé dans le bide nos maux, nos larmes…on aurait pu la chier c’est sûr, notre peine, se pisser parmi de douleur…on leur a dit ! Mais ils voulaient pas…y z’auraient pas pu passer nos répandances organiques au 20 teurs...ils étaient Ok pour des relâches lacrimogènes (avec plaisir même)mais z'étaient hésitants...voulaient bien que ça chiale à condition que ça soit des pleurotes de gratin... Et pourtant on était beaux, nous, tous avec nos cœurs dans la gorge (chacun le sien !!!Faut pas déconner non plus !!), avec nos yeux au bord des larmes qu’on manquait de tomber d’dans… Ils étaient tous venus : des Bérus…deux routiers du Nord (j’avais vu leur bahuts é-garés à l’entrée du bled) en marcel et sabots, un vieux croum avec une moustache mitée qui tremblait dans son pardessus, un noirpiot bien mis (n’est plus à mettre) qu’avait dans la poste de sa veste un bouquin qui dépassait : « Le Casse de l’Oncle Tom », m’en souviens. Et tous les autres : deux ou trois Poilala, une Marie- Marie avec des nattes, une tripotée de Dabes qui se prenaient en loucedé des coups de soleil sur< |
| Impression : Extraordinaire
Génial .... belle plume et superbe hommage.
J'apprécie en connaisseur ... |
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Blog mis à jour le 05/12/2008 à 16:51:53
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