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Sébastien - 1850852
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Le Français

"de" ou "du" ? J'y perds mon latin !


Je ne parviens toujours pas à savoir utiliser dans leur place "de" et "du" quand celles-ci sonbt des prépoitions.
A titre d'exemple, je ne saisis toujours pas pourquoi on dit: "J'enseigne le français" , ce qui donnera en prinicipe "enseignant du (=de + le) français", or que, on dit : "enseignant de français".

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vendredi 11 janvier 2008
23:38

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[b]Mérième, la fugueuse[/b]


La vie de Mérième est truffée d’épreuves difficiles. Son histoire est fascinante si seulement elle avait pris une autre fin que celle d’un meurtre dont elle est inculpée et pour lequel elle est actuellement en prison.
En cette journée printanière, le tribunal était plein à craquer. A vrai dire, c’est une autre affaire qui un lien avec la corruption qui a attiré ces nombreuses personnes. Néanmoins, les habitués des procès n’ont sans doute pas manqué d’apprécier l’extraordinaire histoire et le personnage de Mérième.
Quand l’accusée Mérième passe à la barre, elle y eut soudain un silence dans la salle d’audience. Il est important de souligner ici que la mise en cause est belle car sa beauté ravissante était la cause de tous ses maux. C’est ce que nous verrons lors de ce procès. Elle était vêtue d’une robe noire et portait sur la tête un voile de couleur pistache, laissant apparaître une mèche de cheveux d’ébène. Elle était mince et de taille moyenne. Ses yeux sont grands et verts. Sa voix enrouée plaintive et son éloquence ont ajouté une touche dramatique à son récit que l’assistance a écouté dans un silence religieux.
De prime abord, elle a reconnu les griefs retenus contre elle et elle a exprimé ses regrets. La séance de questions-réponses avec son avocat a été maintes fois interrompue par des silence et des pleures qui en disent long sur les souffrances endurées par cette femme à la fleur de l’âge.

Décès du père, précarité et promiscuité
Mérième est issue d’une famille qui était sans problèmes. Ahcène, son père était ouvrier dans une entreprise publique gérée par la municipalité vers la fin des années quatre-vingt. Elle et son frère cadet étaient gâtés par le papa qui, malgré ses faibles revenus, faisait tout son possible pour qu’ils ne manquent de rien. Le fils était épileptique et le papa devait se plier en quatre pour sa prise en charge médicale. Ceci n’a pas pour autant brisé l’ambiance joviale familiale.
Malgré le manque de moyens matériels, la fillette était brillante à l’école. C’était aussi tout ce qui comptait pour son papa qu’elle aimait satisfaire. C’était au collège que la vie de sa famille bascula. Ahcène mourut dans un accident de travail. Dans les premières années qui suivirent ce décès, la famille de la victime ne bénéficia d’aucune indemnité. La mère publia même dans un quotidien national un appel à toute personne charitable pour l’aider à soigner son fils.
Pis, non seulement la famille se retrouva dans le dénuement le plus total mais elle faisait face à une ingérence sans borne. Celle des proches parents qui s’octroyaient le droit d’être des tuteurs suite à la mort d’Ahcène. Ces derniers passaient des heures entières dans la maison du défunt et allèrent jusqu’à à se mêler dans les affaires intérieures de la famille. Cette promiscuité étouffa la mère et ses enfants désormais sans protection.
Avec le temps, les membres de la famille du défunt découvrirent ce qui attiraient ces « charognards » : chacun cherchait à mettre la main sur la jolie môme, Mérième. Un jour, alors qu’elle avait à peine quinze ans, un cousin rentra chez eux et profitant de l’absence de la maman, il s’en prit à elle en tentant d’abuser d’elle sexuellement. Ce n’était là que le début d’une situation infernale qu’elle endura des années durant. La maman ne savait plus à quel saint se vouer, tous se dressaient contre elle. La môme développa depuis une haine et une paranoïa envers les hommes.
La fugue
A l’âge de dix-sept ans, pour mettre fin à la pression qui s’exerçait sur elle, Mérième quitta ses études secondaires et prit la fuite sans donner signe de vie. Au début la belle môme, folle furieuse de ce qu’elle avait vécue prit la fuite sans espoir d’avoir un hébergement quelconque ni savoir où aller. En effet, elle alla se vagabonder dans les parcs, les rues des villes. Sa détermination était de ne plus jamais retourner dans son village même si elle parvenait à trouver la mort. Après quelques semaines dans le désarroi total, elle s'était retrouvée par hasard à Oran. Comme Dieu fait bien des choses, elle eut la chance de rencontrer un homme très gentil à son égard.
Mérième s’était présentée auprès de ce monsieur sous d’autres nom et prénom tout en expliquant sa situation difficile et lui demandant si ce dernier pouvait l'héberger. Elle ne fit bien sûr pas savoir à l’homme qu’elle était une fugueuse (Elle ne l’apprendra que plus tard). A sa grande surprise le monsieur lui accorda un hébergement.
Ce dernier a une ferme. Mérième travailla dans le champs avec les autres employées de son sauveur. En revanche, personne n’imagina qu’elle était une fugueuse car elle essayait d’être contente et gentille envers tout le monde.
Alors que depuis lors la police, quelques parents et amis volontaires cherchaient la jeune môme dans les villes, les forets, les lacs, les rivières etc., avec l’espoir de la retrouver peut être morte ou vivante. La recherche était jusque-là sans succès.
Plus de quatre ans plus tard, comme les miracles se produisent parfois, Mérième alla faire du shopping dans une grande surface située en plein centre ville d’Oran. A sa sortie, un jeune cousin à elle, un certain Amar, la reconnut. Il allait lui adresser la parole mais la jeune fille courut à perdre haleine et monta dans une voiture qui démarra aussitôt. Le jeune homme prit le numéro matricule de la bagnole.
La police retrouva la jeune fille mais cette dernière refusa de retourner chez elle en mettant en avant les causes de sa fugue. Elle habita alors chez son oncle, le père d’Amar. Le jeune homme tomba amoureux de la belle Mérième et désirait l’épouser. Celle-ci ne voulant rien savoir décida de retourner dans son village.
Une fin meurtrière
Amar tenait toujours à épouser Mérième. Il alla avec ses parents au bled pour demander sa main. Un autre cousin habitant au village fit de même. Les deux courtisans de Mérième se livrèrent alors une guerre sans merci.
Une dispute éclata entre les deux jeunes hommes devant la jeune fille. Elle décida de s’interposer. Le jeune villageois n’hésita pas à l’agresser elle aussi. En tentant de se défendre elle lui porta un coup violent à l’aide du manche d’une pelle, il tomba à la renverse et la partie métallique d’une pioche planta dans sa nuque. Il fut évacué à l’hôpital où il succombera à ses blessures quelques jours plus tard.
Le jour du procès, le représentant du ministère public requiert dix ans de prison ferme contre l’accusée. En tentant de faire bénéficier sa cliente de circonstances atténuantes, l’avocate de la défense défend bec et ongle la thèse de la légitime défense. Au terme des délibérations, Mérième est condamnée à six ans de prison avec sursis en attendant le procès qui l’opposera à ses cousins qu’elle accuse d’être la cause de sa fugue et de la galère de sa famille.
Par Karim Kherbouche

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lundi 30 avril 2007
16:52

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Le malheur qui frappe l’innocence


Les faits commencèrent dans les années quatre-vingt-dix. Une petite maison au milieu d’une vaste prairie, située très loin du village, dans cette paisible localité de la Soummam. Il y habitait un jeune couple, Madani et Ourida qui vivaient de leur travail de la terre. Ils étaient seul depuis le départ des frères du mari et le décès de ses parents.
L’endroit était tant déshérité et éloigné que, pour faire les commissions, une fois par semaine, Akli devait parcourir plusieurs kilomètres à pied. Même les chasseurs de perdrix et de lièvres qui passaient par là et qui les aidaient à tromper un tant soit peu leur solitude, se firent désormais rare à cause du terrorisme qui sévissait dans la région. Le couple avait les moyens pour aller s’installer où il pouvait être plus en sécurité, mais pour Madani, il n’était pas question de quitter la terre de ses aïeux, quel qu’en soit le prix à payer. Armé d’un simple fusil de chasse et de son courage de montagnard, il était prêt à tout pour défendre sa demeure et son épouse. Une fois, par une journée printanière, des terroristes étaient de passage par la prairie mais ils ne se s’aperçurent pas de l’existence de cette petite maison que cachaient des herbes hautes. Depuis, Ourida n’avait de cesse d’exhorter son mari à quitter cet endroit risqué mais elle n’obtint jamais gain de cause face à la détermination de son homme.
Dans cette solitude, Madani aimait beaucoup sa campagne et faisait tout pour la rendre heureuse. Néanmoins, Ourida se sentait souvent triste car il lui manquait un enfant, c’était son vœu le plus cher. Cinq ans après leur mariage, rien n’y fut et elle commença à se défaire de ses illusions. Elle était d’autant plus malheureuse en sachant que notamment dans les sociétés rurales, les enfants sont la raison d’être même d’un mariage. Le sien n’avait donc pas de sens et risquait à tout moment de se défaire. Un jour, tandis que le mari s’affairait à greffer des arbres fruitiers, la jeune femme fut soudain prise par une attitude délirante. Elle courut comme un dératé en hurlant. Le mari la suivit pour la rattraper mais peine perdue. L’épouse désespérée chuta le long d’une falaise. Le jeune homme arriva à son secours, il la prit dans ses bras. "Je veux vaille que vaille te donner un enfant Madani !", répétait-elle à moitié évanouie, la bouche saignante.
Pourtant, le mari n’était pas aussi pressé qu’elle le pensait. Il continua de faire confiance à leur médecin traitant qui préconisait que le couple finira bien par avoir des enfants.
En effet, après quelques années d’angoisse et d’impatience, la jeune femme tomba enfin enceinte. Elle était aux anges. Un enfant vint égayer leur foyer, on l’appela Amazouz. Les années qui suivirent, deux autres enfants viendront au monde : Tiziri et Massinissa. Les souffrances endurées par Ourida et Madani auraient pu connaître leur épilogue pour laisser le bonheur combler leur famille. Mais ce n’était malheureusement pas le cas.
Au fil des années, Amazouz rendit la vie impossible, voire infernale, à sa famille. Il présentait des anomalies graves tant au niveau physique que psychique.
A l’âge de huit déjà, son poids atteignit les quatre-vingt kilos et il éprouvait des difficultés à se déplacer. Outre sa forte obésité, l’enfant souffrait d’autres maladies chroniques et présentait une déficience dans son développement mental. Il se fit également opérer d’un ptôsis de l’œil droit. Le père frappa à toutes les portes et fit appel aux pouvoirs publics mais l’aide obtenue fut en deçà des attentes de l’enfant.
Les misères qu’endurait le petit Amazouz ne manquèrent pas de l’atteindre dans le plus profond de sa personnalité. Son caractère fut changeant : il était souriant, câlin et angélique, mais il devenait soudain très agressif et dangereux. Ses parents avaient tout le mal du monde pour lui imposer le régime recommandé par le médecin. Il se réveillait au milieu de la nuit et hurlait de toutes ses forces. Quand il se déchaîne, c’était très pénible pour ses parents de le maîtriser. Les punitions ne suffisaient en rien pour calmer l’enfant attardé. Il devait consulter plusieurs médecins spécialistes car atteint de nombreuses pathologies, telles que l’obésité morbide, la boulimie, le retard mental, les troubles obsessionnels compulsifs, les crises de colère, obstination, peur du changement ainsi que les difficultés d’articulations dans le langage parlé, pour ne citer que celles-là.
Au milieu de cette prairie solitaire, Amazouz traînait son handicap et n’avait pas d’amis avec qui jouer, même son frère et sa sœur le marginalisaient.
Seul, livré à lui-même,
L’enfant pleurait,
L’enfant criait,
A tue-tête,
A la face du monde,
Sa souffrance,
Son innocence à jamais brisée.
Il en voulait à la planète entière.
Mais nul ne l’entendait.
Nul n’essayait de l’entendre.
Même les siens,
Las de ses cris et ses gémissements,
Jetèrent l’éponge.
Entre un sanglot et un autre,
Le silence
Et puis le chant d’oiseaux.
L’enfant regarda le ciel,
D’un regard désespéré
Pria le Seigneur, dans des mots difficilement articulés,
De le délivrer de ses souffrances incurables.
Et entre une prière et une autre,
Encor le silence
Et puis le chant d’oiseau…
Au lieu de prendre le problème avec beaucoup de patience et d’entourer l’enfant de tendresse, ses parents se contentèrent de le gronder et de le taper à mort. Amazouz devint de plus en plus agressif jusqu’à représenter un véritable danger aux yeux de ces derniers. Un jour, en se disputant avec sa sœur, Amazouz la blessa légèrement au cou.
Craignant le pire, le père décida d’enfermer l’enfant malade dans une baraque qu’il construisit spécialement pour lui. Il fut traité tel un vulgaire prisonnier : Ourida n’osait même pas l’approcher et elle lui servait ses repas à travers les planches de la baraque. Seul le père fut autorisé à ouvrir la porte du cachot. Lorsqu’il rentrait dans l’une de ses insupportables crises de colère, il fut illico presto ligoté pendant des heures jusqu’à ce qu’il soit épuisé, il s’endort et ainsi de suite et ce, pendant des années.
Loin des yeux des gens et des autorités, l’enfant fut durement maltraité sans que personne ne puisse s’en rendre compte. Un matin d’hiver, l’enfant fut retrouvé mort, congelé, dans sa cage. La nouvelle fut propagée et la justice s’est autosaisie, une enquête est ouverte et elle a débouché sur l’arrestation du père de la victime.
Le jour du procès, le représentant du ministère public requiert vingt ans de prison à l’encontre du principal inculpé, Madani, accusé entre autres d’être à l’origine de la mort de son fils. Cinq ans de prison ferme sont retenus contre Ourida pour sa complicité.
L’avocat de la défense évoque les efforts consentis par les parents pour venir en aide de leur enfant et les difficultés financières pour sa prise en charge. «Les parents n’ont fait que protéger leur deux autres enfants du danger que représentait cet enfant agressif », argue-t-il.
Au terme des délibérations, l’accusé est condamné à douze ans de prison ferme, la relaxe est accordée à la mère.
Par Karim Kherbouche

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lundi 30 avril 2007
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La mode lolita envahit l'Algérie


Constat: il y a de plus en plus de jeunes filles qui, dans l’enceinte même des établissements scolaires, optent pour des tenues vestimentaires branchées révélant dans certains cas une nudité osée. Les uns trouvent ce type de tenues au-delà de la décence scolaire, d’autres soutiennent en revanche que c’est au système éducatif de prendre en charge les donnes de ce qu’ils considèrent comme nouvel ordre moral. Enquête.
«Je m’habille comme je pense »
Le phénomène de la mode envahit collèges et lycées et rares sont encore les jeunes filles qui y résistent. «Aux heures d’entrée et de sortie des élèves, j’ai l’impression d’assister à un vrai défilé de mode : toutes les marques de vêtements branchées qu’on voit à la Télé passent dans la rue !», ironise un jeune homme que nous avons croisé à la rue du Vieillard. Percings, bijoux, fringues collants, décolletés, maquillage, sacs, et j’en passe, les adolescentes de la ville des Hammadites ne se privent de rien pour se faire belles et se mettre en valeur.

«Il est navrant de savoir que d’aucuns nient royalement que, grâce au développement des moyens de communication, le monde est devenu une sorte de petit village. Nous ne sommes pas à l’abri de la société de consommation occidentale. Pour une jeune fille que je suis, se sentir d’actualité, c’est justement être au diapason de cette même société. Comme cela a été le cas, plus ou moins, pour les générations qui nous ont précédé. A chacun son époque. Nul n’a le droit au nom d’une morale quelconque de nous interdire le droit d’être tout simplement ce que nous sommes en tant que jeunes filles de l’an 2006. Contrairement, à ce que pensent ces misonéistes, personnellement, j’adore porter des vêtements chics et branchées mais je suis une fille qui a des valeurs aussi», s’insurge une élève du lycée Polyvalent qui se réclame de « papicha et fière de l’être ».

Les responsables des établissements scolaires que nous avons approchés ne savent plus de quelle manière appréhender la problématique et quelles mesures prendre. Excepté de timides rappels à l’ordre dont font l’objet les jeunes filles, les comportements vestimentaires en milieu scolaire sont encore fonction de l’appréciation de ces fonctionnaires. Certains d’entre eux pensent qu’il ne s’agirait pas d’asseoir un règlement intérieur exigeants une tenue « correcte » dans les écoles mais de faire appel aux spécialistes afin de mieux adapter l’école aux exigences de la modernité. «Le problème est d’ailleurs universel et c’est le monde entier qui recherche les voix et les moyens à même moraliser l’école sans recours à la répression. On peut constater aussi que même le corps enseignant et pédagogique n’échappe pas à la fièvre de la mode…

Immoralité ou anachronisme ?
«Qu’on cesse d’être parano et rigoriste à outrance, car cela ne change pas les problèmes. Avant tout le dialogue et l'écoute avec les parents. Certes, ce n’est effectivement pas facile, mais c'est cela d'être parents et c’est aux parents en premier lieu de mettre les limites sans pour autant tout interdire bien sûr. Après, évidemment, c’est à elles et à elles seules de choisir comment elles vont s'habiller plus elles vont avancer en âge. En outre, qu’on arrête de répéter à tout bout de champ "mode lolita partout à tous les coins de rue" ! Je suis certaine qu’il y a peu de filles qui portent ces habits « anormaux » et c’est à nous de les protéger. Ce dont je suis sûre, c’est que dans quelques années, quand ces filles auront vieilli, elles se verront sur des photos de lycée et se diront sans doute qu’il y avait un peu de vrai dans les conseils que leurs parents leur donnent aujourd’hui», constate une enseignante de littérature arabe.

Le fait est que, de nos jours, il n’est pas si aisé qu’on le pense de déterminer la « norme vestimentaire adéquate » à l’intérieur des établissements scolaires à moins que l’on plaide pour l’obligation de l’uniforme scolaire, soutient un enseignant de philosophie. Pour lui, la répression des comportements vestimentaires qui « sortent des sentiers battus » et que l’on juge « anormaux » n’est qu’une atteinte flagrante à la liberté individuelle.

«Derrière chez moi, il y a un lycée ! Les jeunes filles qui y étudient se promènent à longueur de journée avec des décolletés jusqu'au nombril, des jeans collants, même leurs blouses sont dépourvues de manches ! Je ne suis pas prude, mais là je suis choquée comment on peut laisser sa fille sortir comme ça. Soit je me fais vieille, soit je ne suis plus à la page, mais je trouve ça indécent !», vocifère une jeune dame. Et de poursuivre : «Il est loin le temps où on embarquait du maquillage pour se maquiller dans les toilettes du lycée car nos parents nous interdisaient de sortir comme cela. Je l'ai fait quand j'avais 18 ans. Aujourd'hui, les ados achètent leurs vêtements avec leurs mères qui sont fières de voir leurs filles se fringuer grossièrement et après, on s’étonne que les adolescentes soient victimes d’attouchements et de violences sexuelles. Elles oublient qu’une fille peut être jolie sans pour autant être vulgaire. A mes yeux, seule compte la beauté intérieure ».

Selon A. Naima, avocate, la question dépasse le cadre pédagogique et est inhérente à la situation actuelle de notre pays qui se cherche sur tous les plans. « Il fut un temps, nous souhaitions faire rentrer la vie dans l’école et aujourd’hui il faudrait interdire à la vie d’en franchir la porte. La tenue vestimentaire dans l’école, les entreprises et la société, n’est que le rideau de fumée qui permet à des réactionnaires d’avancer cachés et de faire progresser leurs idées en recherchant l’adhésion d’une majorité sur des points limités de leur programme », déclare-t-elle.

Les parents dépassés
Les parents à revenus faibles ou moyens qui ont des filles scolarisées ont du pain sur la planche ! Elles choisissent elles-mêmes leurs fringues et refusent de porter des habits « simples » au risque de devenir la risée de leurs camarades. Seuls les marques de vêtements branchés, souvent excessivement chers, ont le droit de cité chez les adolescentes. Les parents se doivent eux aussi de faire comme tout le monde pour ne pas frustrer leurs filles. Il suffit de faire un tour dans les magasins de vêtements pour femmes et voir les prix qui sont affichés pour imaginer l’ampleur du problème chez ces parents.

Dur dur d’être belle !
Etre belle et élégante n’est pas toujours un avantage, c’est plutôt un lourd fardeau à supporter lorsque l’on est élève. «Pour mes camarades, quand j’obtiens une bonne note chez un prof de sexe masculin, on a toujours une arrière-pensée sur moi. Ceci m’agace et influe négativement sur mon rendement scolaire. Chez nous, une fille belle est systématiquement accusée de mauvaise conduite, car, selon certaines personnes, c’est une fille qui ne pourrait pas résister à la tentation et on lui invente alors des histoires de toutes pièces pour salir sa réputation et la pousser à commettre l’irréparable si elle n’est pas suffisamment forte de ses principes », confie une élève au lycée Hafsa d’Akbou. Nombre de ces filles que nous avons approchées se disent outrés par ces préjugés et cette incompréhension dont elles sont victimes.

Et à propos des tenues traditionnelles…
De nos jours, excepté chez une infime minorité de femmes, les jeunes filles ne portent pratiquement la robe traditionnelle kabyle connue à Béjaia qu’à l’occasion des fêtes et des soirées familiales. Le voile (hidjab) a fait une timide apparition ces dernières années sous ses diverses formes. Même ce vêtement censé cacher la nudité de la femme fait désormais partie des effets de mode chez les jeunes filles.

En conclusions, « en fait, l’habit ne change rien, sinon pas grand-chose, le problème est certes multidimensionnelle, mais l’éducation de nos enfants à la maison et à l’école demeure le seul garant de leur bonne conduite », pour reprendre les dires d’un parent d’élève.

Enquête de Karim KHERBOUCHE
source:http://chanteuseskabyles.dzblog.com/

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mercredi 27 décembre 2006
18:42

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La Fiancée d’Anzar



Le village apparaissait tel un amas de pierre posé au beau milieu d’une immense clairière couverte de verdure, entourée d’un massif forestier et d’une chaîne montagneuse qui semblait s’accrocher au ciel bleu azuré. Tout autour, les vergers étaient légion.
Chaque jour, une jeune fille au visage aux traits délicats et à la démarche voluptueuse descendait le sentier serpentant à travers de gigantesques pins pour atteindre la rivière située en bas. Elle marchait comme à son accoutumée en chantant une douce mélopée. Sa belle voix conjuguée à la chaleur des rayons du soleil réchauffant les cœurs et les corps, le ruissellement des eaux et le murmure joyeux des habitants du village donnaient envie de croquer la vie à belles dents !
Il régnait dans cette tribu une ambiance bon enfant toute particulière. Leur principal atout, la nature. Les activités en pleine campagne restaient ainsi les principales de ce peuple autochtone. Les adultes s’adonnaient aux promenades dans les bois et les champs pour cueillir les fruits que leur offrait gracieusement la nature sauvage et chasser les animaux les plus redoutables comme les lions et les tigres abondant dans la région. Les enfants jouaient à longueur de journée à leur jeu favori : la chasse aux papillons. Les soirées y étaient réservées à la fête en groupe.
Dans ce pays au cocktail de parfums exquis de bois humecté et de flore locale, le climat y était sympathique, le soleil était pendant une bonne partie de l’année au rendez-vous.
Les femmes faisaient partie intégrante du groupe. Elles participaient à toutes les activités, même celles qui nécessitaient beaucoup d’effort physique. Et elles demeuraient naturellement belles. La beauté était à chaque coin de rue. Le secret de leur beauté : l'amour de la campagne. Leur jeunesse et leur beauté étaient presque éternelle.
Une fois à la rivière, la jolie môme se mit toute nue, jeta nonchalamment ses vêtements en soie chatoyante sur l’herbe fleurie des rivages avant de se jeter dans l’eau aux reflets d’argent. Elle se baignait en toute quiétude en se sachant protégée par les anges gardiens de son pays natal. Son amour pour la nage qu’elle pratiquait au quotidien fit de son corps la perfection physique même. Ceci se conjugue à sa taille fine, sa poitrine blanche comme le marbre, ses pommettes sont de lis et de roses, ses yeux sont des pierres précieuses, des astres ; ses dents sont perles, ses lèvres corail, ses cheveux sont des rayons de soleil.
Comme de coutume, la belle demoiselle nageait en effectuant dans l’eau avec panache et délicatesse d’admirables mouvements. A son insu, cette scène magique aux yeux des amoureux de la nature et de la sublime beauté féminine, se déroulait sous le regard d’un être supraterrestre qui était Anzar, le Maître de la pluie. Son amour pour la jeune femme allait crescendo jour après jour. Elle devint son soleil, sa seule nourriture, sa vie même. Chaque jour, il était là dans les cieux à contempler le joli corps de la jeune femme.
Outre la nage, la belle nageuse avait une autre passion : la musique. Son plus grand plaisir est de jouer de la flûte tout en contemplant le troupeau de moutons et de boucs, cadeau précieux de son cher et tendre père mort dévoré par les animaux sauvages.
Ce jour-là, elle avait nagé plus que d’habitude. Elle se reposa en flottant telle une épave sur l’eau. Soudain, un immense éclair sillonna le ciel et produit une explosion assourdissante, suivie de torrents de pluie. Quelques temps plus tard, le calme revint et elle vit un beau jeune homme s’amener vers elle. Elle le reconnut vite, c’était Anzar, le Maître de la pluie, car il correspondait avec exactitude au Roi des eaux que sa mère lui décrivait quand elle était enfant. Il s’approcha d’elle, le regard chargé d’amour, mais n’osa pas prononcer mot de timidité et de crainte d’essuyer un refus. Effrayée, la jeune fille prit la fuite en courant telle une dératée.
La nouvelle se propagea promptement telle une traînée de poudre dans tout le village. C’était la ruée sur la demeure de la belle nageuse pour en savoir plus sur le Roi Anzar que très peu de gens avaient eu le privilège de voir en cher et en os. Le personnage intéressait notamment les jeunes filles, c’était pour elles le prototype même de l’homme de leur rêve.
L’image du jeune Roi des eaux ne quittait plus la belle jeune fille. Son cœur ne battait que pour lui, mais elle n’eut pas assez d’audace pour le lui signifier clairement. Les jours qui suivirent, elle continua de fuir celui qui eut désormais conquis son cœur.
Touché dans son amour propre de Roi de la denrée la plus précieuse qui est l’eau, Anzar devint taciturne et renfermé sur lui-même. Son amour charnel, presque désespéré, pour la jeune blonde s’exacerbait jour après jour. Un sentiment intense, si douloureusement doux et amer, assimilable à la mort, la mort de la raison, la mort de l’égoïsme, de la solitude et c’est parce que cet amour n’était pas partagé, la mort même de l’esprit humain. Anzar se vit soudainement transformé en un monstre dévoré par l’envie terrible de se venger du monde entier. La belle Venus, déesse de la beauté, pleine d’amour, de désirs et de passions, devint à ses yeux Venus la cruelle.
Un jour, il décida alors de mettre un terme à sa longue attente. Alors qu’elle se baignait comme de coutume, il descendit du ciel, s’approcha d’elle et lui dit en vers :
- Tel l'éclair, j'ai fendu l'immensité du ciel,
O toi, Etoile plus brillante que les autres,
Donne-moi donc le trésor qui est tien
Sinon je te priverai de cette eau.
La belle nageuse répondit sur la même rime :
- Je t'en supplie, Maître des eaux,
Au front couronné de corail,
(Je sais que ) nous sommes faits l'un pour l'autre
Mais je redoute le "qu'en dira-t-on (*)
Ces propos apparentés à une fin de non recevoir provoquèrent le courroux du Maître de la pluie fécondante qui tourna brusquement la bague magique qu’il portait au doigt : la rivière tarit et la sécheresse se propagea dans tout le pays. L’amoureux déçu s’évapora dans la nature.
La jeune blonde pleura toutes les larmes de son corps et tomba à terre en gémissant. Elle se releva ensuite, se déshabilla et leva les bras au ciel. Et toute nue, elle cria à l’adresse du jeune Roi en vers :
O Anzar,O Anzar !
O toi, floraison des prairies,
Laisse à nouveau couler la rivière,
Et viens prendre ta revanche! »
Sitôt qu’il entendit ses mots, le Maître des eaux redescendit sur terre toujours sous la forme d’un immense éclair. Il prit la jeune femme à bras-le-corps et s’envola avec elle. La rivière coula de nouveau et la verdure enveloppa toute la terre.
Karim


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jeudi 13 juillet 2006
17:32

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Blog mis à jour le 11/10/2008 à 18:53:46



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