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Hrabreuil "Les dieux celtes étaient de sacré farceurs" Henri Lasserre éditions LA BRUYERE Le riche monde des légendes celtes à travers un conte écrit comme nos ancêtres construisaient et racontaient leurs histoire, le soir à la veillée. Une épopée à travers l'univers des dieux pour retrouver nos secrètes et millénaires origines que l'historien grec Hérodote évoque au cinquième siècle avant César, pour vivre une bataille telle que l'a décrite Polybe en 225 avant J.C. Le Dagda, père des dieux ; Llew, qui vainquit le terrible géant Balor dont l'oeil unique pouvait tuer toute une armée ; la belle déesse-jument ou le dieu cornu de la nature ; ils reviennent parmi nous ! Les celtes savaient écrire mais réservaient cet art pour des usages sacrés et privilégiaient la mémoire. Les grecs, les romains, les religieux du moyen-age nous ont cependant laissé une grande quantité de documents sur ce peuple fabuleux qui, malgré la rude existence qu'ils menaient à l'époque, savait si bien rêver...
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Hrabreuil "Les dieux celtes étaient de sacré farceurs" Henri Lasserre éditions LA BRUYERE Le riche monde des légendes celtes à travers un conte écrit comme nos ancêtres construisaient et racontaient leurs histoire, le soir à la veillée. Une épopée à travers l'univers des dieux pour retrouver nos secrètes et millénaires origines que l'historien grec Hérodote évoque au cinquième siècle avant César, pour vivre une bataille telle que l'a décrite Polybe en 225 avant J.C. Le Dagda, père des dieux ; Llew, qui vainquit le terrible géant Balor dont l'oeil unique pouvait tuer toute une armée ; la belle déesse-jument ou le dieu cornu de la nature ; ils reviennent parmi nous ! Les celtes savaient écrire mais réservaient cet art pour des usages sacrés et privilégiaient la mémoire. Les grecs, les romains, les religieux du moyen-age nous ont cependant laissé une grande quantité de documents sur ce peuple fabuleux qui, malgré la rude existence qu'ils menaient à l'époque, savait si bien rêver...
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| c'est un nouvel espace de communication où on peut s'exprimer, échanger des idées et mettre poèmes et contes... venez me voir si vous voulez rêver... celte25.skyblog |
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Visna, la petite poupée qui voulait avoir une âme. Dans un lointain village d’un pays rude et froid, au fond d’une région aussi étendue que l’Océan. L’hiver, il fait si froid que la salive gèle quand les hommes parlent, on dit ainsi qu’ils crachent des étoiles. Dans un lointain village, au fond de cette immensité glaciale où les moindres distances sont celles d’un continent ; vit une jolie petite fille aux belles tresses blondes… Elle est belle, mais bien triste, notre jolie petite fille, car elle est toute seule ; elle est l’unique enfant dans ce village d’adultes et n’a pas une amie de son age, pas un camarade avec qui elle puisse jouer. Il n’y a que des hommes qui passent leurs journées à la chasse, la pêche ou qui soignent les nombreux rennes de leur précieux élevage ; il n’y a que des femmes qui ont fort à faire, s’occuper des peaux, préparer les repas… leurs seules distractions, sont d’interminables cérémonies et la petite a du mal à en saisir les complexes rituels ; parfois, ils font de la musique et ils dansent… « Mais avec qui pourrait-elle danser ? Elle est la seule enfant de ce petit village… » Des visiteurs, il en vient quelquefois, mais ce sont des adultes ; des nomades de passage qui viennent chercher, dans l’accueillant village, un peu de chaleur humaine, un repas chaud et un refuge pour la nuit ou des marchands qui viennent y troquer des armes, des outils ou des bijoux contre des peaux et de la viande de renne ; mais jamais un de ces voyageurs ne trouve le temps de jouer avec la petite fille qui reste toujours seule. Un jour, pourtant, l’un d’eux lui parle doucement, comme rarement savent le faire ces rudes hommes en ces terres hostiles : « Pauvre petite fille, tu dois te sentir bien seule ; tu n’as même pas un jouet pour te distraire pendant les longues journées d’hiver. » C’est un vieil homme à la longue barbe blanche, au teint parcheminé, au visage que le froid a tailladé de mille cicatrices comme la sèche terre d’un aride désert : « Les hommes ici fabriquent des masques de cuir ou de bois et des objets en os pour calmer la colère des esprits mais n’ont jamais jugé utile d’en fabriquer pour moi... » Le vieillard apitoyé la regarde, attendri et caresse ses cheveux blonds avec sa main aussi froissée qu’une lettre chiffonnée : « Et bien moi, je vais te faire une poupée. » Il prend son couteau et, devant la petite fascinée, taille habilement dans un morceau de bouleau blanc ; il creuse, coupe et cisèle avec art jusqu’à lui donner la forme d’une petite fille presque aussi jolie que son modèle émerveillé : « Elle est jolie ; je vais l’appeler Visna, comme le printemps qui fait sourire le soleil sur les rivières gelées et refleurir nos champs. » La fillette est heureuse avec sa belle poupée, elle s’en fait une amie et, dès ce jour, elles ne se quittent plus. Elle lui parle de ses soucis et de ses peines, lui chante des chansons et la berce le soir pour qu’elle trouve le sommeil ; elle a même trouvé des morceaux de tissu pour lui faire des habits. Toutes les deux sont heureuses d’être ensemble et deviennent vite les meilleures amies du monde : « Tu viens, Visna, il fait beau aujourd’hui et nous allons faire une promenade. » Un morceau d’écorce est devenu son berceau ; avec des brindilles et de la mousse, elle lui fait une yourte ; un long copeau de bois devient un traîneau qu’elle tire dans la neige. Elle ne sait que faire pour faire plaisir à sa nouvelle amie mais se lamente de ne jamais entendre d’elle la moindre réponse à ses questions, de ne jamais entendre le son de sa voix : « Ce serait bien si tu pouvais parler, si tu pouvais toi aussi me raconter des histoires et me chanter des chansons ; je voudrais que tu aies une âme comme moi et les autres du village. » « Il faut que je sache comment on s’y prend pour faire des enfants ; ainsi, je pourrai te donner la vie et tu deviendrais ma compagne de jeu. » Elle n’ose pas poser la question à ses parents et décide d’aller voir le chamane* du village, celui qui connaît tous les secrets de la naissance, des maladies et de la mort des hommes, et de lui demander comment on s’y prend : « Chamane, toi qui parle le langage des esprits et a obtenu d’eux, autrefois, que je puisse venir au monde ; raconte moi comment ça s’est passé. » Le chamane soupire avec tristesse : « Cela fait tellement de temps qu’il n’y a pas eu de naissance dans notre village ; tu as été la dernière que les esprits aient laissée venir au monde avant qu’un chasseur étourdi n’abatte par accident l’oiseau fétiche de la tribu, le fils d’Apapel, celui qui jadis avait créé les hommes en les modelant dans de l’argile. » Apapel, le Grand Corbeau, avait créé des milliers de statuettes d’argile ; il en avait fait tellement qu’elles formèrent une montagne. Il souffla violemment sur le tas qui fut dispersé à travers le monde. Les statuettes qui tombèrent directement sur le sol devinrent les hommes et celles qui restèrent accrochées aux arbres se transformèrent en femme**. Ce n’est pas ce qu’elle veut savoir, cette vieille histoire n’est pas son soucis du moment. La petite entêtée répète la question avec plus de précision et d’un ton ferme : « Je voudrais savoir comment on fait les enfants. » Le vieux chamane sent qu’il ne peut pas se dérober ; il décide de lui révéler le mystère de la naissance et lui montre des moineaux. Les petites âmes du ciel volètent joyeusement et pépient dans les arbres encore nus au sortir de l’hiver : « Les âmes ont l’apparence de ces petits oiseaux comme tu en vois là-haut ; chacun de ces petits êtres est l’âme future d’un humain de notre monde. » Les adultes ont toujours eu cette détestable habitude de se faire prier pendant un temps infini avant de donner une réponse claire aux précises questions qu’on leur pose. La fillette doit insister et reformule sa demande, plus incisive, mais cependant toujours avec le respect qu’elle doit au vénérable chamane : « Je sais bien que les petits oiseaux sont les âmes des humains, tu me l’as dit bien des fois. Ce que je voudrais savoir, c’est comment on fait pour qu’ils deviennent des enfants. » « Il suffit d’en capturer un ; ensuite, je le dépose sur une étoffe blanche dont les quatre coins sont tenus par deux petits garçons et deux petites filles qui la replient assez vite avant que l’âme-oiseau ne s’échappe puis, on met le tout dans une boite***... » Cela ressemble à une recette de cuisine ; la technique de fabrication d’un gâteau quand on n’a ni farine, ni sucre. La fillette est quelque peu désappointée car elle ne dispose pas, et pour cause, de ces deux petits garçons et deux petites filles nécessaires à la cérémonie. Ce n’est pas ça qui va l’arrêter dans son projet. La petite fille énergique a vite fait d’arrêter une stratégie : « Bien sûr, pour des petits humains, il faut faire les choses selon des règles strictes mais pour donner une âme à une simple poupée, une seule petite fille devrait suffire. » Elle regarde Visna comme pour se faire pardonner d’avoir traitée ainsi sa si fidèle amie de simple poupée puis annonce avec une farouche détermination : « De toutes façons, je n’ai pas le choix et aucun adulte ne daignera m’aider dans une telle entreprise ; ils croient toujours être les seuls capables de faire quelque chose. » Les adultes sont si imbus de la supériorité que leur donne leur age qu’ils pensent que les enfants ne peuvent faire que des enfantillages : « Tout d’abord, il faut capturer un oiseau. » Elle décide alors de faire ce que fait le chamane pour donner une âme au nouveau-né et construit un piège sommaire avec son fichu blanc fixé sur un bâton attaché par une ficelle et des graines répandues sur la neige : « Tu vas voir, Visna, ça va marcher ; ils n’ont pas du avoir beaucoup à manger durant la saison froide et ils doivent avoir très faim. » Elle n’a pas longtemps à attendre, car ; il ne se passe pas cinq minutes avant qu’un petit passereau affamé vienne se faire prendre. Dès que le gourmand vivement coloré se pose pour picorer sur le tapis blanc, elle tire d’un coup sec. Voilà l’imprudent prisonnier affolé qui se débat entre ses mains ; elle tente de le rassurer : « Bonjour, petit oiseau ; n’aies pas peur, je veux juste que tu donnes la vie à ma poupée. Tu es bien joli et tu me feras une belle âme pour ma chère Visna. » Avec le plus grand soin, elle dépose le tissu blanc où elle a enveloppé la petite âme au fond d’une boite de cartouches dont elle referme prestement le couvercle : « Tu vas voir, Visna, ce sera merveilleux ; bientôt, tu pourras parler, jouer et courir comme moi et nous allons bien nous amuser. » Elle attend plusieurs jours, continuant à parler tendrement à sa poupée, qu’elle puisse lui répondre. Hélas, il ne se passe rien. Toujours cet éternel manque de précision des adultes, il semblait pourtant à entendre le chamane que l’effet fut immédiat : « Je me demande combien il faut de temps ; il ne m’a rien dit à ce sujet. » Cela fait maintenant un peu plus d’une semaine que l’âme-oiseau est enfermée dans sa minuscule prison. Elle s’impatiente car sa poupée ne donne toujours pas signe de vie mais elle ne s’inquiète pas trop car elle ne sait pas combien de temps mettent les enfants pour venir au monde et encore moins les poupées. Tous les soirs, la petite fille regarde la boite d’où s’échappe chaque fois de petits claquement secs ; le bruits des pattes du malheureux captif qui trépigne dans son étroite geôle sombre et tape sur les rebords avec son bec. Elle entend les appels suppliants du petit volatile qui implore : « S’il te plait, petite fille, ne sois pas si cruelle ; laisse moi sortir, je vais mourir de faim et de soif dans cette boite noire. » Pourtant, la fillette têtue tien bon et reste d’abord inflexible : « Je te laisserai partir dès que tu auras donné une âme à mon amie. » « Les choses ne sont pas si faciles et ne se font pas comme ça ; je ne peux pas faire ce que tu demandes. S’il te plait, rend moi la liberté. » Les cris sont si implorants, qu’à la fin, la fillette comprend que son prisonnier ne peut rien faire pour elle. Prise de pitié, elle décide d’ouvrir la boite : « Tu as raison, petit oiseau, je suis bien cruelle de te laisser enfermé dans une si minuscule prison, mais, je voulais tant que tu donnes la vie à ma chère poupée. » Dès que l’oiseau est libéré, il s’envole vivement et gagne la plus proche branche d’un arbre où il se pose. Du haut de son perchoir, il a un dernier regard de reconnaissance pour la petite fille à qui il fait une promesse : « Je te remercie, petite, d’avoir eu pitié de moi et, je te promet d’aller dans le monde des esprits implorer leur pardon pour ton village. » Sur ces paroles, le passereau disparaît dans les airs. La petite fille est bien triste, elle sait maintenant que Visna ne pourra jamais parler, jouer, rire ni courir avec elle. Elle la regarde avec tendresse et l’embrasse sur le front : « Ça ne fait rien, même si tu ne peux pas me parler, tu es toujours mon amie et je peux donc t’entendre et, si tu ne peux pas courir, ce n’est pas grave puisque j’ai le traîneau. » Elle installe Visna sur le chemin du village que la fonte des neiges a rendu bien boueux puis décide de l’emmener en promenade afin de la consoler. Plusieurs mois passent et elle n’y pense plus ; un jour, elle croise le chamane qui lui annonce avec bonheur : « J’ai une bonne nouvelle, petite fille, les esprits nous ont pardonné ; ta maman est partie pour donner naissance à ton petit frère****. » Ainsi, le gentil petit oiseau a tenu sa promesse et a intercédé en sa faveur ; la fillette est heureuse et bientôt, sa maman reviendra avec son petit frère. Les esprits ont pardonné la faute du chasseur ; dans chaque famille voisine, on annonce une naissance prochaine et bientôt, le village est à nouveau peuplé d’enfants rieurs. La poupée ne parle toujours pas, mais plus jamais, la petite fille ne sera seule… Henri Lasserre, auteur de "Hrabreui" éditions La Bruyère * Le chamane, dans la croyance altaïque, est prêtre et guérisseur ; il est l’intermédiaire entre les hommes et les esprits. Il est le seul qui puisse voyager dans les trois mondes qui constituent l’univers ; le monde céleste où vivent les esprits ; le monde moyen, domaine des vivants et le monde souterrain, royaume des morts. ** Mythe tchouktche ; nord-est de la Yakoutie. *** Mythe évenke ; peuple du territoire de Krasnoïarsk en Sibérie… **** Selon la tradition, la femme enceinte devait quitter le village et s’isoler jusqu’à la naissance pour que les esprits donnent une âme à l’enfant.
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Hrabreuil "Les dieux celtes étaient de sacré farceurs" Henri Lasserre éditions LA BRUYERE Le riche monde des légendes celtes à travers un conte écrit comme nos ancêtres construisaient et racontaient leurs histoires, le soir à la veillée. Une épopée à travers l'univers des dieux pour retrouver nos secrètes et millénaires origines que l'historien grec Hérodote évoque au cinquième siècle avant César, pour vivre une bataille telle que l'a décrite Polybe en 225 avant J.C. Le Dagda, père des dieux ; Llew, qui vainquit le terrible géant Balor dont l'oeil unique pouvait tuer toute une armée ; la belle déesse-jument ou le dieu cornu de la nature ; ils reviennent parmi nous ! Les celtes savaient écrire mais réservaient cet art pour des usages sacrés et privilégiaient la mémoire. Les grecs, les romains, les religieux du moyen-age nous ont cependant laissé une grande quantité de documents sur ce peuple fabuleux qui, malgré la rude existence qu'ils menaient à l'époque, savait si bien rêver...
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Blog mis à jour le 05/12/2008 à 17:19:40
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