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Le bateau glissait sur une mer étale pavée d’îles qui apparaissaient comme par enchantement . J’ai toujours aimé la méditerranée et là elle était plus belle que jamais dans le soir qui arrivait a l‘est. J’avais quitté les villes du nord , lassé des agitations de ces mégalopoles tentaculaires qui baignent dans un magma de moteurs surchauffés aux relents de gasoil. Vendre des produits inutiles pour pouvoir en acheter de plus inutile encore.. courir vers un but indéfini sorte de lendemain dons les contours nous échappent J’avais décidé de tout rejouer sur le tapis. Les grands oiseaux blancs nous avaient laissé au cap sounnion . Quand je suis arrivé a paros au début , j’étais absolument invisible dans la masse de ces touristes qui venaient ici trois jours et repartaient ailleurs pour « faire » la grece. Enfin il faut bien vivre . Je hantait régulièrement un repaire de soiffards hilares sur le port , qui peu a peu habitués a ma présence ,profitaient de mes largesses sans répondre vraiment a mes questions sur La pêche. Il fait dire qu’ici , un pécheur c’est quelqu’un .. Et les histoires fleurissaient dans ces soirées sonores rythmée par les tournées d’ouzo , ponctuées par le goût acre des olives noires. C’est là que j’ai rencontré Stravos , un géant barbu et très curieux de ce que je savais, et peu enclin a me dire ce que je voulais savoir. Il m’avait invité a l’accompagner a lever des casiers quelque fois , et s’étonnait perpétuellement de voir quelque un comme moi avoir quelque chose a trouver ici. Quelques mois plus tard Stravos est mort d’une maladie foudroyante qui l’a emporté plus sûrement qu’une lame de fond. j’ai racheté son bateau a sa veuve. Ça va faire un an que je suis arrivé ici, je sors régulièrement pour pêcher mais a part me brûler les bras Et sortir quelques poissons de roche rien , pas un seul beau sar ou une quelconque prise.. Stravos était connu pour pêcher les rougets , barbounia comme on dit par ici .. Il les vendait très cher sur le port de naoussa l’été. Il faut dire que ici c’est le poisson roi.. mais il ne m’a jamais rien dit sur l’endroit ou il pouvait les trouver.. Depuis trois ans que je suis ici , je fais partie du folklore, on m’appelle « barba » Je ne sais pas trop si ça doit me vexer mais bon , je ris avec les autres. Un matin je longeais les cotes d’antiparos pour remonter vers le nord . Des vagues courtes venaient se déchirer sur les roches noires Dans le sens du meltem , ce vent maudit qui glace le sang dans les histoires de naufrage.. c’est a cet endroit que j’ai perdu un fanion jaune que j’avais placé sur l’avant pour avoir un repère visuel haut sur le nez du bateau.. Le soir en rentrant , alors que la mer courrait devant moi dans le bon sens cette foi , j’ai aperçu dans le fond mon fanion qui remontait vers le nord.. ?? Un courrant sous marin? Il faut savoir que ces cher rougets mangent sur le fond de petites proies dans le limon ,la mer forte ne permet pas de tels dépôts et ici c’était le miracle .. L’agitation de la surface cachait le calme du fond. Je suis rentré ce soir là avec un plein seau de beaux poissons avec un coup de soleil sur le dos. J’avais trouvé le secret du vieux Stravos.. Ce soir ce sera ma fête. Ça fait 7 ans que je suis là ce soir,je remonte la rue blanchie ou explosent les bougainvillées fuchsia , avec dans mon sac une douzaine de poissons que j’amène a hellène la veuve de Stravos . Il y a depuis quelques jour< |
| Impression : Extraordinaire
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Oser, c’est avoir. Si seulement je possédais en moi l’art mystérieux de charmer par la voix peut être les muses visiteraient ma demeure cachée. Mais Hélas ! Cette chance ne m’a pas souri alors il est mieux de vivre nuit et jour enfermée. Ainsi recluse, je vis en joie, car le personnage que je suis, ne demande pas mieux. J’ai la certitude d’être un esprit fort qui s’accroche aux tourments de l’existence. Et peut être, est-ce là la raison d’avoir cette folle envie de me désennuyer par l’écriture et la lecture. Parfois, c’est un grand mal d’avoir un esprit trop hâtif ! J’ai aussi la certitude d’avoir l’âme en tout point qu’un autre. Mes sentiments aussi modestes que je garde la chambre, à rêver sans dormir, à passer des nuits blanches de mélancolie ; le soir, renversée sur une chaise, le menton dans la main pensant à tout mais vraiment rien de spécial. Pendant que le vent de désespoir des sentiments nous frappe les carreaux, on s’invente un millier de pages de roman ; on se bâtit des châteaux infinis pour mieux loger sa solitude sentimentale. Il en est de l’amour comme des litanies de la vierge. Jamais on ne les a achevées car une fois qu’on les commence, on ne peut plus s’arrêter. Pourquoi ? Parce que c’est un mal propre aux fruits défendus. Ce fruit défendu nous fait entrevoir une lune baignée de miel. Cette lune de miel n’a pas trente quartiers tandis que l’amour, l’étrange et fausse nature, vit de l’inanition et meurt de nourriture. Et puis que faire ? Le jour paraît soudain bien long, l’ennui gagne le cœur en laissant sa porte ouverte, l’amour entre pour que la raison sorte ; la vie, en un moment, se remplit d’illusions et de rêves inavoués. L’amour, mystérieux amour, douce misère de l’être humain ! Il est comme une lampe d’argent, une pâle et fraîche lumière qui fait les douces nuits de passionnés plus blanches que le lait ! L’amour, dieu vénéré ardemment par les fronts sans ride dont brille de son éclat le soleil du matin, a des yeux émerveillés de liberté, des mains scellées d’illusion et d’égarement ; ô combien délicieux est à l’oreille des mortels son souffle immortel qui enflamme leur esprit. Il est une voix secrète, un chant très doux que seule l’âme entièrement recueillie a le pouvoir d’entendre. Il est ce sentiment mystérieux et vénérable qui libère l’esprit du limon chronique de la terre. Souvent les premiers désirs d’une femme donne l’amour. La vie, de son côté, est une pantomime terrible dont le geste n’a rien à faire ni avec la pensée ni avec la parole. Si la parole a permis aux femmes d’aimer, si la pensée leur a fait craindre et que le geste n’en sache rien….c’est qu’elles ont toujours été elles-mêmes en aimant un homme. Oui ! Femmes, soyez vous-mêmes en vous donnant corps et âme à un homme ! Frappez sans peur comme la flèche ; que le monde disparaisse devant vous en un seul doux regard d’amour ; que l’étincelle de vie que vous avez reçue de Dieu s’isole et devienne un dieu elle-même ; que votre volonté soit comme l’œil du lynx comme la flèche du guerrier. Il est bon d’oublier, quand vous agissez avec amour, quand vous vous mettiez à nu, qu’il y ait d’autres êtres sur la terre que vous et celui que votre cœur chérit. « Oser, c’est avoir. »
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Quand j’ai rencontré Mélanie elle avait 2 ans. Sa soeur en avait 4, et j’aimais éperdument leur mère. Elle était aussi brune que sa sœur était blonde. Si l’une s’avérait être opiniâtre, volontaire, très engagée dans son parcours scolaire, elle était rêveuse et assez peu concernée par le monde qui l’entourait… Gentille calme et très « cossarde » tous les prétextes étaient bons pour éviter le moindre effort. Je l’adorais. Bien sûr sa mère n’était pas encline à partager mon point de vue sur son détachement, et, je prenais systématiquement sa défense, et bien sûr je la faisais rire, ma vision de la vie probablement. Ainsi me faisait elle entièrement confiance sur tous les sujets, ce qui avait pour effet de faire enrager sa mère. Son humour était de bonne facture ainsi elle avait pour habitude devant le reproche, de dire qu’elle faisait les choses « … à sa lenteur » ! Bien sûr je ne me privais pas de la mette en boite, car sa candeur était à toute épreuve. Je me souviens qu’un jour elle m’avait questionné sur la nature des grains noirs piquants qu’on trouvait dans le saucisson. J‘ai bien sûr répondu une ânerie comme quoi c’était les graines de l’arbre et qu’il fallait les planter dans le sol pour obtenir un « saucissonier »elle avait 9 ans.. Quelque temps plus tard une enseignante nous faisait savoir qu’il n’était pas bon de trop raconter de fadaises aux enfants car ceux-ci défendaient ce qu’on leur disait « mordicus »… J’ai dû m’expliquer. Et la vie nous a séparés quand elle a eu 16 ans, l’amour parait il… bref ! Quand on vit seul le pire jour de l’année c’est la Noël.. Bah quand on vieillit la solitude c’est presque un dû, cette année j’avais invité un vieux pote à boire un coup... On était là à refaire le monde lorsque le facteur nous a rejoint ; il avait un colis pour moi. Je l’ai ouvert et dégagé un bonzaï dans sa caisse de bois, assez vieux semblait-il. J’ai ouvert. L’arbre était magnifique, un très vieux pin, avec accroché en guise de pommes de pins de ci de là de petits saucissons cocktails en boules.. Mon pote était plié : « un saucissonier! » il n’en avait jamais entendu parler… Je ne l’avais plus vue depuis des années, elle se souvenait de moi.. J’en ai pleuré de tendresse. J’ai su plus tard qu’elle pratiquait le rapprochement d’entreprises dans un grand cabinet de juristes. On n’est jamais aussi seul qu’on pourrait l’imaginer. |
| Impression : Extraordinaire
Wouahhhhh quel magnifique conte. |
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Blog mis à jour le 06/10/2008 à 23:06:43
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