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Poèmes tuhaila - 1084711

Clichy.


Perché sur sa mobylette, le vieux rentre chez lui,
Il tire sa carriole remplie de canettes vides,
Récupérées cette nuit à l’arrière des bistrots de l’avenue de Clichy ;
Son casque trop petit est perché sur sa tête, et lui beaucoup trop vieux sur sa mobylette,
Combien de kilomètres et combien de canettes
Il a vu chaque nuit et chaque petit matin ?
Tous les mois se ressemblent à revendre la camelote,
cinq centimes par bouteille jute de quoi
S’en sortir, juste assez
Pour reprendre le chemin dès le lendemain soir
A chercher la consigne sur les petits boulevards.
Il ne tend pas la main au bon cœur des passants,
Non,
Il préfère enfourcher son engin, attendre l’accident
Pour qu’on l’enferme enfin dans un cercueil en pin.
On gravera sur sa tombe
Trois petits points sombres.

mercredi 10 janvier 2007
15:19

Oeuvre originale
Auteur : moi

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Poèmes tuhaila - 1084711

derniers moments


Le vieil homme s’allume une cigarette
Une casquette posée sur la tête
Pour le protéger du temps qui passe
Et du métro aérien
Qui déploie ses ailes au petit matin
Il promène sa longue carcasse
Entre les badauds baguenaudants
Souriants de toutes leurs dents
Blanches et fraîches
Comme un alcool frelaté
Il marche à petits pas
Patiemment sans but apparent
Le chien galeux lève la patte sur lui
Inondant sa semelle d’un jet pipi
Mais le vieux vieillit à petit feu
Il feint de ne pas voir
Les regards qu’on lui jette
Comme une obole méprisante et discrète
Mi pitié mitigée
Mais il a eu vingt ans ce vieux
Il a même eu dix ans
Oublient les gens
Et son parcours le mène
D’hier à aujourd’hui
Vers le crématorium
Où il voit s’envoler
Les autres et ses amis
Mais il attend son tour
Il a même pris un ticket
A la longue file d’attente
Filant trop doucement
A son goût
Que voulez vous
Les places sont chères
Au restaurant du dernier repas
Imaginaire.

mardi 5 septembre 2006
20:46

Oeuvre originale

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Poèmes tuhaila - 1084711

monsieur evin



Winston Churchill et Philippe Maurice
Se rendaient, fous fumants, fulminants,
A un étrange mariage dans le smog londonien,
On allait unir en grande pompe
Un certain Peter Stivesan à une jeune gitane,
Les roulottes étaient là, rougeoyants dans le soir,
Sur le parvis de l’église,
Les fumées d’encens s’échappaient par les portes,
Des femmes, des françaises, peut-être même gauloises
Se pressaient pour mieux voir
Cette bien étrange union,
Dans leurs robes de papiers
Elles semblaient se pâmer, se consumer de joie.
Mais le beau rôle revenait à un étrange cavalier
Venu directement en chamelle de la place de grève…
- « chanceuse cette gitane » pensaient les spectatrices « un si beau mariage dans la brume de Londres ! »
- « chanceux ce gars Philippe, une gitane si bien roulée, c’est un coup… fumant »
mais finalement tout le monde se fit rouler dans le goudron ,
en voyant que ce n’était qu’un mariage de raison,
même pas une blague nom d’une pipe,
l’amour n’est il pas vrai
nuit gravement à la santé

dimanche 2 avril 2006
14:48

Oeuvre originale
Auteur : moi

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Poèmes tuhaila - 1084711

le caméléon


J’ai laissé mon stylo rouler sur la feuille
C’était un stylo bille,
Mon stylo s’est envolé vers le ciel,
Drôle de stylo plume,
Puis j’ai ôté mon stylo du dessus de ma tête pour saluer une dame
Ce si beau stylo feutre.
Il a roulé sa bille sur tous les papiers russes,
Et grillé ses dernières cartouches pour sauver un roman en péril,
Puis à pas feutrés, il s’est éclipsé
Mon stylo bille ? mon stylo plume ? mon stylo feutre ?

dimanche 2 avril 2006
14:47

Oeuvre originale
Auteur : moi

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Poèmes tuhaila - 1084711

la girouette


C’était une girouette au passé douteux,
On l’avait vu maintes fois,
En haut des églises de la révolution,
Changer de direction
En fonction du soleil.
Les hommes de la terre s’en méfiaient comme de la peste,
Comment faire pour savoir d’où viendrait l’orage,
Porteur de pluie pour les semailles ?
Et la tempête qui enfouirait tout sous un blizzard
Froid comme la morsure du rasoir ?
Mais elle était là,
Passant d’une église à l’autre,
Cadeau empoisonné
Des querelles de clocher,
Mais une fois tous épuisés,
Une fois fait le tour des saints édifices de la Comté,
Elle s’est retrouvée
Sur le toit d’une grange,
Bien tranquille,
Malveillante,
Continuant à tourner,
Sur son axe de rotation,
En fonction de ses envies, de ses émotions,
Et de la vue autour d’elle
Changeant sans cesse à chaque saison.
La girouette qui regardait
Surtout partout où elle voulait,
Sans tenir compte de sa fonction,
Sans tenir compte des mouvements d’air,
Elle se laissait tourner ainsi,
Sur son seul pied si bien huilé.
Mais dans la grange,
L’habitant n’en avait rien à faire,
Soit il dormait,
Soit il rêvait
Eveillé,
Couché nu sur la paille qui le grattait,
Il l’aimait, cette drôle de bête
Qui s’agitait dans tous les sens,
Juste au dessus de sa tête,
Ça l’amusait lui,
Le poète analphabète.

dimanche 2 avril 2006
14:42

Oeuvre originale
Auteur : moi

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