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Favoris \ Textes
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Perché sur sa mobylette, le vieux rentre chez lui, Il tire sa carriole remplie de canettes vides, Récupérées cette nuit à l’arrière des bistrots de l’avenue de Clichy ; Son casque trop petit est perché sur sa tête, et lui beaucoup trop vieux sur sa mobylette, Combien de kilomètres et combien de canettes Il a vu chaque nuit et chaque petit matin ? Tous les mois se ressemblent à revendre la camelote, cinq centimes par bouteille jute de quoi S’en sortir, juste assez Pour reprendre le chemin dès le lendemain soir A chercher la consigne sur les petits boulevards. Il ne tend pas la main au bon cœur des passants, Non, Il préfère enfourcher son engin, attendre l’accident Pour qu’on l’enferme enfin dans un cercueil en pin. On gravera sur sa tombe Trois petits points sombres.
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Le vieil homme s’allume une cigarette Une casquette posée sur la tête Pour le protéger du temps qui passe Et du métro aérien Qui déploie ses ailes au petit matin Il promène sa longue carcasse Entre les badauds baguenaudants Souriants de toutes leurs dents Blanches et fraîches Comme un alcool frelaté Il marche à petits pas Patiemment sans but apparent Le chien galeux lève la patte sur lui Inondant sa semelle d’un jet pipi Mais le vieux vieillit à petit feu Il feint de ne pas voir Les regards qu’on lui jette Comme une obole méprisante et discrète Mi pitié mitigée Mais il a eu vingt ans ce vieux Il a même eu dix ans Oublient les gens Et son parcours le mène D’hier à aujourd’hui Vers le crématorium Où il voit s’envoler Les autres et ses amis Mais il attend son tour Il a même pris un ticket A la longue file d’attente Filant trop doucement A son goût Que voulez vous Les places sont chères Au restaurant du dernier repas Imaginaire.
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Winston Churchill et Philippe Maurice Se rendaient, fous fumants, fulminants, A un étrange mariage dans le smog londonien, On allait unir en grande pompe Un certain Peter Stivesan à une jeune gitane, Les roulottes étaient là, rougeoyants dans le soir, Sur le parvis de l’église, Les fumées d’encens s’échappaient par les portes, Des femmes, des françaises, peut-être même gauloises Se pressaient pour mieux voir Cette bien étrange union, Dans leurs robes de papiers Elles semblaient se pâmer, se consumer de joie. Mais le beau rôle revenait à un étrange cavalier Venu directement en chamelle de la place de grève… - « chanceuse cette gitane » pensaient les spectatrices « un si beau mariage dans la brume de Londres ! » - « chanceux ce gars Philippe, une gitane si bien roulée, c’est un coup… fumant » mais finalement tout le monde se fit rouler dans le goudron , en voyant que ce n’était qu’un mariage de raison, même pas une blague nom d’une pipe, l’amour n’est il pas vrai nuit gravement à la santé
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J’ai laissé mon stylo rouler sur la feuille C’était un stylo bille, Mon stylo s’est envolé vers le ciel, Drôle de stylo plume, Puis j’ai ôté mon stylo du dessus de ma tête pour saluer une dame Ce si beau stylo feutre. Il a roulé sa bille sur tous les papiers russes, Et grillé ses dernières cartouches pour sauver un roman en péril, Puis à pas feutrés, il s’est éclipsé Mon stylo bille ? mon stylo plume ? mon stylo feutre ?
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C’était une girouette au passé douteux, On l’avait vu maintes fois, En haut des églises de la révolution, Changer de direction En fonction du soleil. Les hommes de la terre s’en méfiaient comme de la peste, Comment faire pour savoir d’où viendrait l’orage, Porteur de pluie pour les semailles ? Et la tempête qui enfouirait tout sous un blizzard Froid comme la morsure du rasoir ? Mais elle était là, Passant d’une église à l’autre, Cadeau empoisonné Des querelles de clocher, Mais une fois tous épuisés, Une fois fait le tour des saints édifices de la Comté, Elle s’est retrouvée Sur le toit d’une grange, Bien tranquille, Malveillante, Continuant à tourner, Sur son axe de rotation, En fonction de ses envies, de ses émotions, Et de la vue autour d’elle Changeant sans cesse à chaque saison. La girouette qui regardait Surtout partout où elle voulait, Sans tenir compte de sa fonction, Sans tenir compte des mouvements d’air, Elle se laissait tourner ainsi, Sur son seul pied si bien huilé. Mais dans la grange, L’habitant n’en avait rien à faire, Soit il dormait, Soit il rêvait Eveillé, Couché nu sur la paille qui le grattait, Il l’aimait, cette drôle de bête Qui s’agitait dans tous les sens, Juste au dessus de sa tête, Ça l’amusait lui, Le poète analphabète.
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Blog mis à jour le 12/10/2008 à 20:10:18
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