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Aujourd’hui j’ai vidé tout le fichier De toutes les pages noires de mon clavier J’ai crevé le centre de cet écran Cliqué sur interruption !!! J’ai gommé mes pleurs Sur notre belle histoire J’ai modifié le répertoire D’un amour éphémère J’ai supprimé tous tes messages Proscris tout tes images J’ai cliqué sur désactiver Sur ta voix pour l’étouffer Effacé, supprimé tes erreurs Vidé nettoyer la corbeille Cliquer le mode veille J’ai fait un zoom en arrière Déprogrammé ce moniteur J’ai bloqué, détruis ton virus Stoppé le supplice Qui a pollué ma toile Avant d’effacer ce programme J’ai hésité sur un de tes poèmes Sur tes rimes j’ai fondu en larmes Puis j’ai éteint l’écran du drame
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Tu me manques de temps en temps Tu me manques de plus en plus souvent Comment arriver à vivre désactivé de toi Je t’avoue que je ne sais pas Tu me manques de temps en temps Tu me manques de plus en plus souvent Tous ces souvenirs N’en finissent plus de revenir À chacun d’eux j’ai un peu la sensation de mourir J’ai hâte de pouvoir en finir Ils s’accrochent à mes désespoirs Ils amplifient ma détresse quand je ferme les yeux le soir Tu me manques de temps en temps Tu me manques de plus en plus souvent Je voudrais en arriver à ce temps Ou de penser à toi ne me blessera plus comme avant Mais pour le moment Tu me manques de temps en temps Tu me manque encore trop souvent
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Ce matin sous le ciel gris de Paris Six heures trente je suis parti Travailler dans mon service de Gériatrie A l’hôpital qu’on appelle "La Pitié" J’ai appris que durant la nuit Madame Dubois nous a quitté Alors qu’elle était en excellente santé Elle était pour moi ma mamie A travers une fenêtre, à elle, je pensais En prenant un peu d’air comme à l’accoutumé Afin d’échapper quelques secondes à la dure réalité !! Cela m’arrive aussi Le cœur lourd le regard brouillé Mes larmes se sont mélangées aux gouttes de pluies Le regret est là, car sa main je ne l’ai pas tenue En regardant au loin, j’ai aperçu Comme un signe de là-haut, un superbe oiseau S’est posé derrière les carreaux Déployant la couleur de ses ailes … Et d’autres oiseaux aussi sur cette passerelle Chantant une merveilleuse mélodie Qui m’a éblouie M’arrachant un sourire malgré moi J’ai alors compris J’ai repris mes esprits et me suis rappelé Que Madame Dubois souvent me disait …. Avec ou sans moi … Ma fille la vie continue….
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A notre table la vie repasse, Les plats que l’on vient de manger, Ta pauvre victoire de guerre lasse, Ma triste défaite arrangée. Ne demeure entre nous hélas, Que le désir de nous venger, Dans un ultime face à face, L’un à l’autre parfaits étrangers. Du singe on retient la grimace, Lequel de nous deux a osé, Fondre ainsi l’autre dans la masse, Cette sensation de nausée. Que cesse cela que se fasse, Le deuil des armes déposées, Dans l’armoire les photos s’entassent, De nos amours décomposées.
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Il était là, devant mes yeux bien en chair, Le regardant comme si c’était la première fois; Inerte en face de lui dans un voyage imaginaire, Qui faisait tourner le monde autour de moi. S’approchant de moi avec le même regard, Armé de ce sourire dévoilant ses dents blanches, Je demeurais à le regarder avec des yeux hagards Car son retour fut telle une subite avalanche Je me taisais devant cette rencontre magique Qui me transporta quelques instants dans un rêve Puis un baiser se déposa sur mes lèvres flegmatiques Pour me réanimer et me dire que ce n’est pas un rêve Voulant parler, dire un mot pour tuer le silence Seules les larmes coulèrent chaudement sur mes joues Les larmes pour ce mal de sa longue absence Et puis nos lèvres se sont unies dans un baiser fou Par Samia Nasr
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