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Texte extrait du Spleen de Paris. L'albatros... Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, Qui suivent, indolents compagnons de voyage, Le navire glissant sur les gouffres amers. A peine les ont-ils déposés sur les planches, Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux, Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches Comme des avirons traîner à côté d’eux. Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule ! Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid ! L’un agace son bec avec un brûle-gueule, L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait ! Le Poète est semblable au prince des nuées Qui hante la tempête et se rit de l’archer ; Exilé sur le sol au milieu des huées, Ses ailes de géant l’empêchent de marcher. Charles Baudelaire..
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J'admire le Père qui va... dans le froid... La Mère qui compte ses fins de mois... Ses petits, qui attendent je ne sais plus trop quoi, Un Père Noël même pas en chocolat... J'admire la vieille qui avance à tout petits pas, Au bras de son "plus vieux", mais qui est toujours là... J'admire tous ces "gens" à la vie oubliée... Et qui aiment la Vie, comme elle leur est donnée... J'admire ceux qui ont donné leur Vie, Au nom de la nôtre, Oui, ceux qui sont partis, Pour que vive l'Autre... Celui et celle du bout de ce monde... Qui a peur, qui a soif, qui a faim... Mais qui reste debout même quand la Terre gronde... J'admire leur courage.. Car moi je ne suis rien... |
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Il était des bateaux avec de grandes voiles, Qui n'ont plus désormais, leurs tripes au soleil. Ils ont quitté le port de leur terre natale, Pour voir d'autres pays sous un unique ciel . Il était des bateaux qui couraient l'aventure, Qui couraient la fortune au fin-fond des enfers; Ils ont cueilli le vent au bout de leur voilure, Et trouvé l'infini à des lieues, sous la mer. Il était des bateaux qui avaient dans leur cales Les ors dépareillés des trésors engloutis . Ils dorment, éventrés sur des goémons pâles, Avec mille richesses qui n'ont jamais servi . Il était des bateaux qui cinglaient vers le large, Il était des marins qui partaient avec eux : Bien peu sont revenus de leur vastes voyages, Tant est grand l'horizon, tant sont longs les adieux . Il était des bateaux, il était des navires, Il n'est plus que leur nom, à moitié effacé, Et il n'est plus que moi qui puisse les maudire, ....Si l'on maudit les morts de les avoir aimés .... |
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Si j'étais toi, bête sauvage, J'irais par les jours de grand froid, Chasser les fauves sous leur toit; Nus de ramage et de plumage, Ces fauves qui ont peur de toi. Si j'étais toi bête sauvage, Je tuerai même leurs petits, Encore impuissants dans leur lit, Avant qu'ils n'apprennent l'usage Que l'on peut faire d'un fusil. Si j'étais toi, bête cruelle, Je mordrais, je déchirerais Avec une haine nouvelle, A chaque blessure infligée. Et puis après, bête sauvage, Je rejoindrais les infinis Des grands espaces de la nuit; Moi qui suis vieux, si vieux et sage, Bête ma belle,mon amie . Si j'étais toi, bête sauvage, Si j'étais toi, bête traquée, Je commencerais par tuer Ce vieil homme qui se dit sage, Avant qu'il n'ait pu te viser .... |
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Regardez-là passer, Cette petite vieille, Elle avance doucement A pas de fourmis... Sous son chapeau de paille, Au satin rose et blanc, On devine, protégé du soleil Un visage, dessiné par le temps... Le dos un peu voûté, Et la tête bien trop basse, Comme pour s'excuser D'être toujours si lasse... Dans ses yeux, d'un pâle bleu-gris, Où perle toujours une larme de pluie, On peut y lire, tout l'Amour d'une vie, Ses doutes, ses peines, ses joies et puis l'oubli... Regardez-là passer, cette petite femme, Abritée du soleil sous son chapeau de paille, Avec dans son regard, cette petite flamme, Qui nous dit " autrefois, j'étais si jolie"... Elle avance lentement, A tout petits pas, Elle avance, et vaille que vaille, Doucement, lentement, Vers la fin de sa vie... Ses cheveux bien plus blancs Qu'un doux flocon de neige, Glissent sur ses joues Plissées de leur vécu, D'avoir tant pleuré, tant ri, Elle se rappelle, Tous ces instants de bonheur enfui... Elle avance lentement, cette petite vieille, Elle parle aux oiseaux, aux chats et puis à qui... A ceux qui sont partis, Bien trop tôt avant elle, Comme les hirondelles, sous des Cieux bien plus doux... Le sourire aux lèvres, et le cœur engourdi, Elle ne se presse pas de partir loin d'ici; Viendra bien assez tôt le temps des retrouvailles, Où enfin, apaisée, elle se posera, Telle une colombe ou une tourterelle, L'âme enfin en paix... D'être vieille, si vieille... Hier était joli, mais le temps s'est posé Sur son corps fatigué d'une si longue vie... Elle part, elle laisse sa place, Juste encore un demain, juste encore une nuit, Regardez-là, cette vieille qui passe, Cette petite femme, Aux pas de fourmis... |
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Blog mis à jour le 08/08/2008 à 06:26:45
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