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Etrange silence aujourd'hui : on s'ennuie dans la savane. On se rassemble au bas des rochers, près du petit étang, à l'orée de la jungle; on conciliabule chez les animaux de la forêt: "A quoi allons-nous donc jouer aujourd'hui? -A quoi donc? Mais à ce jeu auquel nous jouons si bien! -Quel? Manger peut-être? -Ah non, ce n'est pas un jeu, et puis chacun peut emporter sa part tout seul, non ce n'est pas ça! -Boire, alors! -Pas plus un jeu que l'autre! A-t-on jamais vu des animaux se boire à la gueule l'un à l'autre et ainsi de suite? Ah non! -Alors quoi? Dormir? Rêver, peut-être? -Ah non, encore une activité bien isolée, ça; non, un vrai jeu à plusieurs, auquel tout le monde peut participer! -Mais euh? Creuser des trous? -Et s'y assoupir? Non non, c'est encore là nécessité sérieuse pour certains, pas un jeu. Allons, je pense, moi, disait le tigre en regardant deux de ses griffes avec lesquelles il commençait à jouer, à une activité des plus simples, pour laquelle nous sommes des plus doués." Et le lion de regarder les dents du tigre, le tigre les griffes de l'aigle, l'aigle les crocs du serpent, le serpent les menaçantes défenses de l'éléphant, l'éléphant les ongles du lion...et le lapin de s'enfuir à l'ombre d'un arbre proche pour voir ce qui allait arriver. "J'y suis, rugit le lion : on va se bagarrer! Allons-y, commençons maintenant: tout le monde est prêt?" Et les animaux de converger vers la clairière où ils vont s'affronter, préparant sans déplaisir leur attaque, l'éléphant lentement balançant sa trompe de droite et de gauche, le chacal en faisant des sauts habiles et nerveux de côté, l'aigle planant au-dessus de la clairière, remuant le col de gauche et de droite pour guetter la proie favorable, le serpent glissant rapidement les lacets de son corps entre les herbes, vers le talon offert à ses crocs d'un animal inattentif. Enfin tout est prêt pour que tous s'entredéchirent, les animaux sont sur le point de s'entremêler en un amas sanglant de griffes de crocs de trompes lacérées quand une voix retentit : "Et bien voilà qui est réjouissant! Allons, n'avons-nous donc pas joué à ce jeu déjà cent fois? Et si on changeait? Disait la petite d'homme qui s'était dressée, amusée au bord de la clairière parmi les bêtes. Si donc on essayait de jouer aux caresses et aux léchouilles, pour voir?" Et le mouvement impétueux qui allait entraîner tous dans la tourmente générale s'est suspendu, et chacun d'évaluer la nouveauté de l'idée: "Une bagarre de caresses et de léchouilles? C'est vrai, on n'a jamais fait ça encore ! Alors on essaye?" Et tous de se fondre, d'abord timidement puis avec un intérêt accru, les uns dans les pattes des autres, à rivaliser de tendresses, de câlinages et de caresses. L'éléphant posant délicatement sa trompe sur la tête du lion, le lion donnant un grand coup de langue au serpent, le serpent frottant son corps contre les pattes de l'aigle, l'aigle donnant des affectueux coups d'aile protecteur au chacal, le chacal poussant aimablement du museau le tigre, le tigre ronronnant de façon monstrueuse en se frottant le dos contre l'éléphant. Un spectacle qu'inopinément arrivé sur les lieux un chasseur eût trouvé consternant. Mais du coup les peti |
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A qui la lumière manque, la lune est son amante. Tu es fidèle, toi, tu ne trahis pas, toi Tu élèves bien plus que le désir, toi Tu n’es pas une vieille fille légère qui offre à désirer ses charmes déclinants Toujours changeante, toujours la même Tu ne cherches pas à surpasser par ta splendeur Tu es De toi ne vient nul mal, nulle colère, Nul mépris, nulle injure De toi viennent lumière et beauté Et beauté de la nuit quand tu n’es pas là Car tu sais aussi savamment t’effacer La nuit sans toi est ton œuvre Car elle n’est pas éternelle Ton absence n’est pas douleur Si : regret quand de mauvaises lumières, les ternes quand tu es là Essayent d’ imposer leur évidence Parodies Tu es le visage Que rêvent tous les abandonnés Tu es la lumière des meurtris Tu es le miel des trahis Tu es Celle qui est présente Et l’es toujours pour ceux qui t’aiment Tu es le rêve de ceux que leurs rêves ont trahis Tu es le rêve de ceux qui ne peuvent plus rêver Tu es le rêve de ceux qui ne peuvent plus dormir Tu reviens Que de douleurs as-tu bercées Que d’affligés as-tu consolés Toi qui ne donnes que lumière et beauté Qui n’es que beauté, générosité et délicatesse Comment ai-je pu regarder si bas Alors que toujours tu étais là Te dévoilant un peu, puis montrant ton visage, Disparaissant, revenant, Et te montrant à peine, puis tout entière, disparaissant à nouveau Comment ai-je pu regarder si bas Toujours tu étais là Toi qui aimes Celui qui t’aime Toi qui aimes |
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Blog mis à jour le 08/09/2008 à 17:02:36
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