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Maryzelle - 2316513
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Textes \ Poèmes

La femme et la Terre


La femme et la terre

Le temps s’est mit à courir
Le long de mes joues
Pour me laisser pourrir,
Telle une racine qui se noue.

Je me suis couché sur la mousse,
Pour enterrer mon chagrin,
Mais les larmes me poussent,
Jusque sous les reins.

Là écartelées sous les arbres,
Découpée par les larmes,
Je me prends sous tes sabres,
Tu me berces comme une femme.

Le vent enlève mes soupirs,
Il me couche comme une flamme,
Pour me priver d’empires,
Epuisé par les drames.

Et tandis que la terre m’avale,
De sa bouche noire et profonde,
Je me perds dans ce dédale,
De souvenirs sans fond.

Enfin ton regard disparaît,
Dans un tourbillon d’orage,
Ton sourire s’est transformé
En grimace de passage.

Et tandis que je sombre,
Cantre le sein de colombe,
Je m’enveloppe dans les ombres,
Pour me glisser dans ma tombe.

Déjà les vieux ricanent sur ma pierre,
Ils me déposent des bouquets noirs
Qu’ils ont arraché à ma terre,
Sans comprendre sans savoir.

Mais du haut de mon ciel orange,
C’est ton visage que je vois,
A toi mon Dieu mon ange,
Et mes larmes me noient.

Même assise sur les nuages,
Plongée hors du temps
Je baiserais ton doux visage,
Mon amour, mon enfant.




Rien ne peut s’éteindre à jamais,
Tout est là, pour toujours,
Rien ne meure tout à fait,
Ni la rage, ni l’amour.

Et tandis que le monde disparaît,
Dans un hurlement de terreur,
Dans des sursauts de fumée,
Je me presse contre ton cœur,

Et tandis que le ciel s’embrase,
Je danse sur le firmament,
Nos âmes s’entrelacent,
Pour disparaître dans le néant.

Car éternelle est mon amour,
Eternelle la lame qui entaille
En moi il vivra toujours,
Etendue contre mes entrailles.

Eternelle est ton visage,
Qui se perd dans le ciel obscur,
Eternelle est ton image,
Pour la tendresse qu’il procure.

Adieu à la terre qui me nourrit,
Adieu aux hommes de souffrance,
Aux odeurs de pourrit,
Et aux rire de l’enfance.

Je me laisse partir en dérive,
Comme un bateau qui se noie,
Sans voiles ni rives,
Et qui disparaît dans le froid.

A présent je ne suis plus,
Ni femme, ni homme,
Je suis le flux et le reflux,
La sève et la pomme.

A présent je suis lumière,
L’ombre l’amour et la terre,
A présent je suis la mer,
Le vent le sable et la pierre.

Je suis l’ombre du silence,
Celle qui se murmure,
Dans un mouvement de balance,
Qui ondule le long des murs.

A présent je suis l’âme
L’esprit qui s’évade sur la plaine,
Une simple flamme,
Et le sang de tes veines.

Je suis ce qui n’est plus,
Ce grain de sable entre les cailloux
Ce qui est et qui a disparut,
Le chien l’oiseau ou le loup…

Le plein et le vide,
Le bon et le mauvais,
L’enfant et la ride,
Le beau et le laid.


mardi 3 juin 2008
12:58

Oeuvre originale
Auteur : Marie Justin

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Textes \ Nouvelles

Le cailloux noir


L’homme s’avançait sur le sable jaune. Il regardait, émerveillé, ces immenses dunes qui ondulaient sous la caresse du vent. Elles s’étendaient, là, devant lui, tantôt pointues, tantôt rondes et voluptueuses, comme des seins de femme soumise. Elles se laissaient brûler pas les rayons ardents du soleil, sans protester, sans combattre. Elles se laissaient palper et fouetter par ces tempêtes immortelles. Elles qui plaquaient leurs grains sous leurs mains puissantes et voraces. Et tandis que gémissait cette mer d’or liquide, un ciel bleu d’huile s’étirait sur l’horizon. Pour mieux épouser, pour mieux sentir chacune de ses poitrines offertes. Il les soutenait de sa voûte grandiose, tel un toit de silence et de plénitude.

L’homme, la bouche entrouverte par l’émotion qui lui coulait des larmes, s’agenouilla lentement dans ce sable de dunes. Puis il s’allongea, face contre terre, pour boire ce sang de sable qui le noyait sous ses vagues d’écume d’or. Il s’y laissa dériver, happé par ce vide insondable qui le jetait sur cette terre brûlée. Il s’y laissa naufrager, sans résister, et sans se révolter, jusqu’à ce que son esprit s’envole, libre, vers les cieux qui l’abritaient. Il resta ainsi, prostré, couché dans la poussière jaune, qui avait été foulée par d’innombrables sandales, d’innombrables âmes dévorées de chaleur aride. Il resta sale et désoeuvré, roulé dans ce champ de sècheresse. Il écouta les ruades insensées du vent qui hurlait dans les dunes. Il le vit, lui, le démon des sables s’égosiller entre ses poitrines de brûlures d’hommes pauvres aux mains crevées de souffrances. Il le vit, dégringoler, le corps auréolé de lumière éclatante, sur ses longues rondeurs qui coulaient sous ses vieilles sandales de pèlerin...

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vendredi 25 avril 2008
23:30

Oeuvre originale
Auteur : Marie Justin

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Textes \ Nouvelles


L’homme s’avançait sur le sable jaune. Il regardait, émerveillé, ces immenses dunes qui ondulaient sous la caresse du vent. Elles s’étendaient, là, devant lui, tantôt pointues, tantôt rondes et voluptueuses, comme des seins de femme soumise. Elles se laissaient brûler pas les rayons ardents du soleil, sans protester, sans combattre. Elles se laissaient palper et fouetter par ces tempêtes immortelles. Elles qui plaquaient leurs grains sous leurs mains puissantes et voraces. Et tandis que gémissait cette mer d’or liquide, un ciel bleu d’huile s’étirait sur l’horizon. Pour mieux épouser, pour mieux sentir chacune de ses poitrines offertes. Il les soutenait de sa voûte grandiose, tel un toit de silence et de plénitude.

L’homme, la bouche entrouverte par l’émotion qui lui coulait des larmes, s’agenouilla lentement dans ce sable de dunes. Puis il s’allongea, face contre terre, pour boire ce sang de sable qui le noyait sous ses vagues d’écume d’or. Il s’y laissa dériver, happé par ce vide insondable qui le jetait sur cette terre brûlée. Il s’y laissa naufrager, sans résister, et sans se révolter, jusqu’à ce que son esprit s’envole, libre, vers les cieux qui l’abritaient. Il resta ainsi, prostré, couché dans la poussière jaune, qui avait été foulée par d’innombrables sandales, d’innombrables âmes dévorées de chaleur aride. Il resta sale et désoeuvré, roulé dans ce champ de sècheresse. Il écouta les ruades insensées du vent qui hurlait dans les dunes. Il le vit, lui, le démon des sables s’égosiller entre ses poitrines de brûlures d’hommes pauvres aux mains crevées de souffrances. Il le vit, dégringoler, le corps auréolé de lumière éclatante, sur ses longues rondeurs qui coulaient sous ses vieilles sandales de pèlerin.

vendredi 25 avril 2008
23:28

Oeuvre originale
Auteur : Marie Justin

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Blog mis à jour le 13/10/2008 à 04:32:27



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