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"puisque je n'ai pu te chasser ni te haïr, reçois mes honneurs secrets" Un jour (ce n'est pas pour demain) on apprendra l'Histoire, telle qu'aux Sabbats les sorcières la racontent aux apprentis, soucieux de boire dans le vertige des vérités ; telle que moi-même je l'ai apprise ; telle que j'ai juré de la reproduire ; telle que vous devez la connaître a posteriori. la voici : Lui, était un brave maréchal, couvert de gloire et de richesses. Elle, une gentille paysanne vaguement illuminée. Ils n'auraient jamais dû se rencontrer, puisque tout les séparait. C'est peut être pour cela qu'ils se sont trouvés. Une émouvante histoire d'amour en somme. Ils furent chargés d'un même travail, et leur rencontre merveilleuse marqua le commencement d'une passion aussi splendide que méconnue. Mais il est dit qu'il n'y a pas d'amour heureux. Et un jour, signalé avec une pierre très noire dans les annales du crime, elle fut trahie et livrée honteusement à ses bourreaux. Lui, désespéré, essaya de la délivrer. Mais en vain. Elle fut assassinée, sous les yeux impuissants de son amant. Il jura longtemps de se venger. Mais le temps mitige toujours une partie des chagrins, et il devint seulement un excellent chrétien. Les paroles sacrées de l'évangile furent les siennes : "laissez venir à moi les petits enfants". Ils sont venus, nombreux, à son sombre et magnifique château. Et ils se trouvèrent si bien qu'ils ne repartirent jamais. Mais tout en s'occupant de ses hôtes, il n'arriva pas à oublier sa douce, unique amie. Parce qu'ils s'étaient aimés de toute la fureur de leur passion, de toute la passion d'une rencontre qui avait le goût des amours marquées par l'impossible. Parce qu'ils ont gémi de volupté, entrelacés, maintes fois, tandis que la nuit couvait leurs étreintes à l'ombre des batailles gagnées et des futures victoires. Jamais homme et femme ne s'étaient mieux compris, mieux complétés dans leur parfaite dissemblance. Oui, je sais bien qu'elle est morte pucelle, on ne se lasse pas de nous le répéter. Mais, pourquoi pas ? les voies du Seigneur ne sont-elles pas multiples ? Nelly Kaplan |
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C'était une toute petite fille. Elle avait 7 ans mais en paraissait 5 ou 6. Alors qu'à cet âge là les enfants affichent encore les douces rondeurs de l'enfance, elle était plutôt maigre et ses fins cheveux noirs coupés à la diable lui faisaient tout un tas d'épis autour de sa petite tête triangulaire au menton pointu. Une vieille robe trop grande flottait autour de son corps osseux. Des yeux noirs et perçant lui mangeaient le visage, surtout en cet instant : elle avait pu se connecter sur l'ordinateur des "grands". Toute la famille était allée fêter l'anniversaire de la grand-mère, sauf elle puisqu'elle ne faisait pas partie de la famille ; elle en profitait pour surfer, ce qu'elle ne pouvait faire que rarement. Alors ! qui était connecté ? zut, personne qu'elle connaissait ! bon ! pas grave, elle allait bien trouver quelqu'un à qui parler … tiens, celui-ci par exemple ? et si c'était le vrai ? - 'lut, z'êtes vraiment le père noël ? - oui, je suis le Père Noël, et toi ? comment t'appelles-tu ? dis moi comment tu es habillée ! - j'm’appelle Cendrine ! j'ai une robe ! et vous ? zêtes habillé tout d’rouge ? z'avez vraiment une grande barbe blanche ? - tu me sembles avoir beaucoup d'humour toi ! et sous ta robe ? tu es habillée comment ? raconte ! - arfff vous m’faites rigoler avec vos questions à la c*n ! - écoute, le plus simple est que je te donne mon e-mail, tu sauras toujours où me trouver comme ça, d'accord ? pere_noel@lapouet.com tu as bien noté ? - ouaih ! bon j’dois couper, salut ! Il était quand même bizarre ce type avec ses drôles de questions ! Mais il était tard et il fallait qu'elle se dépêche de finir le ménage, sinon elle se ferait houspiller par la mère tout à l'heure ! "de : cendrine@caramel.com A : pere_noel@lapouet.com cher Père Noël, C'est plus possible, j’sais qu'on s'est pas beaucoup parlé l'aut’jour, mais il faut que j’me confie à quelqu'un, j’me sens trop seule, j'ai plus de famille et j'ai pas d'amis ! j’me suis dit que puisque t’es l’vrai Père Noël, tu peux qu'aider les enfants, même s'ils sont pas si sages que ça ! c'est vrai que j’le suis pas trop, mais j'ai des excuses, enfin j’trouve ! et puis depuis que j’suis née, j'ai jamais fêté Noël, j’voudrais tellement avoir pour une fois un cadeau dans mes souliers au pied d'un vrai Sapin de Noël tout décoré ! Alors voilà, si tu m’donnais une adresse, une vraie, parce que j’dois partir d'ici, j’suis trop malheureuse et c'est ton boulot d'aider les enfants, n'est-ce pas ? c'est c’que j'ai lu dans tous les Contes de Noël que j'ai lus jusqu'à présent, bon c'est vrai qu’j'en ai pas lu beaucoup, mais dans ceux qu’j'ai lus c'était l’cas ! alors tu veux bien m'aider ? Réponds vite, c'est très urgent, Cendrine" Le soir même, une réponse l'attendait dans sa messagerie. "de : pere_noel@lapouet.com à : cendrine@caramel.com retrouve moi à la gare Saint-Lazare samedi prochain, à 17 heures, je t'y attendrai" C'était le soir de Noël et les trois hommes de la voirie travaillaient tard ! en fait ils avaient encore plus de travail que les autres jours avec toutes ces bouteilles, ces cannettes de bière et tous ces détritus qu'on retrouvait n'importe où … mais de temps en temps ils tombaient sur un truc qu'ils pouvaient récupérer et restaurer, d'ailleurs ils avaient déjà mis de côté une vieille loco avec 2 wagons, un vieu |
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vous la voyez, là, devant vous, au milieu de ses sœurs, et elle vous semble plus grosse que les autres, plus tendre et moelleuse, alors vous la saisissez de deux doigts, bien au milieu de sa tige, vous vérifiez que la tête n'a pas été abîmée, qu’elle est entière avec une jolie forme régulière vous commencez par léchouiller la tête pour en exprimer tout le jus de la sauce puis, d'un coup de dents bien ferme, vous séparez la tête du reste de la tige ; ensuite, vous dégustez, les yeux mi-clos ; il s'agit de vos premières asperges de l'année et le goût des dernières que vous avez savourées l'an passé est bien trop lointain vous continuez à happer, grignoter, croquer et à mâcher le reste de la tige, puis à choisir l’asperge suivante, et encore la suivante jusqu'à ce qu’il n’y ait plus rien dans l’assiette et que vous n'ayez plus que vos deux doigts à lécher ...
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J'ai trouvé un cadeau de Noël pour mon copain. Dimanche dernier, il y avait une brocante dans mon quartier et je suis tombée en arrêt devant un coffre en bois. Je dois le retaper, mais une fois décapé, poncé, vernis et les ferrures et charnières changées, il sera superbe et Jean-Ba' pourra y ranger ses secrets. Le plus dur sera de m'occuper de la restauration du coffre sans attirer son attention. De toute façon, j'ai deux mois devant moi pour le faire. Quel ton de vernis vais-je utiliser ...? *** Jean-Ba' étant parti voir sa famille pour le week-end, j'en ai profité. En ramenant le coffre chez moi l'autre jour, je l'avais trouvé lourd mais comme il est en chêne, je m'étais dit que c'était normal. Par contre, je n'avais pas remarqué qu'il y avait quelque chose à l'intérieur. C'est ce que j'ai découvert en forçant la serrure. Je me suis alors assise devant le coffre ouvert. Il était rempli de lettres entourées de rubans violets ; j'ai dénoué le premier ruban et déplié une première lettre couverte d'une écriture fine et élégante à l'encre violette, assortie au ruban. "Mon bien-aimé Jean-Baptiste ..." Ça commence bien, et ça me fait tout drôle, le destinataire de ces lettres portait le même prénom que Jean-Ba' ! au fait ... y avait-il une date sur les enveloppes ? humm !! pas si vieux que cela, les premières sont de septembre 99 et les dernières de juin 05 ! bizarre, à la couleur de l'enveloppe, du papier et de l'encre ainsi qu'au style de l'écriture, j'aurais juré que cette correspondance était beaucoup plus ancienne. Je suis restée plongée dans ces lettres tout l'après-midi ! c'est quand j'ai commencé à ne plus rien pouvoir déchiffrer que je me suis rendue compte du temps qui s'était écoulé. En fait, je ne savais plus où j'en étais ! j'étais arrivée à la conclusion que par un étrange hasard, les lettres tombées entre mes mains avaient été adressées à mon Jean-Ba' ! car sinon, comment aurait-elle pu savoir pour ce grain de beauté ? mais comment était-ce possible ? tu parles d'un cadeau ! si j'avais su, j'aurais préféré ne pas flasher sur ce coffre ! et maintenant, qu'allais-je faire ? qu'allais-je dire à Jean-Ba' ? comment allais-je réagir ? qu'allait-il trouver comme excuses ? et lui qui ne rentrerait de week-end que le lendemain soir ! en attendant, je n'avais plus trop le cœur à restaurer ce vieux coffre, j'avais plutôt envie de le foutre aux ordures et une furieuse envie de me venger ! bon, pas la peine de trop réfléchir à tout ça, en attendant, je vais me faire couler un bain bouillant et me servir un whisky ... Driiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiing ! driiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiing ! driiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiing !!! et flûte, je m'étais endormie dans la baignoire ! - allô ? - coucou c'est Jean-Ba' ... J'avais complètement oublié l'après-midi passé à lire les lettres ! j'étais à nouveau heureuse ... *** Je passai ma journée du lendemain à décaper, poncer et restaurer le coffre, le soir, il était superbe, il n'y avait plus qu'à attendre le prochain week-end où Jean-Ba' irait voir sa famille pour le vernir, et une fois bien sec, changer les ferrures et la serrure, l'emballer dans un joli papier-cadeau et le cacher loin de ses regards ...< |
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Elle a toujours aimé les esquimaux. Récemment encore elle s’en était délectée dans une salle obscure, s’en pourléchant les babines à s’en humecter les yeux. Le film qu’elle était allée voir n’était pas récent, mais pour arriver au Pôle Nord, il en avait fait du chemin. Elle n’a pas hésité quand elle a vu le programme de cette semaine là : “Le Père Noël est une ordure”. Imaginez qu’elle y a couru, d’autant qu’elle connaissait bien le sujet ! Elle était déjà en froid avec lui , c’était même glacial, à la limite de transes sibériennes. Lui, toujours par monts et par vaux, la délaissait. Elle disait de lui qu’il était vieux,bedonnant, inconditionnellement affublé de son habit rouge, sans jamais s’en parfumer. Lui ne l’honorait plus, lassé de l’entendre évoquer ses migraines.Il avait pris le parti de l’ignorer et se complaisait dans un médiocre quotidien sentimental. Pourtant elle n’était sa septième épouse que depuis deux ans, relativement guillerette , d’aucuns diront même sexy et n’avait que 70 ans ! Ah ! un esquimau, elle aimerait en goûter un pour de vrai. Elle n’hésita pas lorsque Seppo, un Same de 50 ans lui fit des avances sur le site de rencontres “pole-position”. Un premier rendez-vous, un coup de foudre réciproque, une première fugue avec ce lapon, pongiste de renom, sportif bien conservé. Ses escapades, de plus en plus nombreuses débouchèrent rapidement sur une rupture. “l’Echo des Icebergs” dans un entrefilet discret (pour ménager les éventuelles retombées économiques), reprit une partie du jugement de divorce : “Il résulte de l’enquête et de la contre-enquête que l’épouse assignée a fait preuve d’une vie dissolue, et prononce le divorce à ses torts exclusifs”. La réputation du Père Noël était sauve. Il en riait bien Papa Noël, enfin libre ! à lui la belle vie, la chasse allait pouvoir recommencer. Il utilisa, pour l’avoir vue faire, le même procédé que son ex. C’était en juillet, un mois creux avant la course haletante et les affres des délais à tenir. Utilisant un moteur de recherches il tomba sur une liste immensément fournie de sites de rencontres. Le choix était difficile, mais il se décida pour “le cercle Paul erre” qui semblait adapté à son flottement actuel. Il était d’autant plus approprié qu’il proposait un nombre fabuleux d’annonces venant d’Afrique Noire. Oui ! Papa Noël lui aussi avait un fantasme, une Mère Noël différente de toutes celles qu’il avait connues jusqu’alors. Là-bas, au Gabon, en pays orungu, sur la lagune, tout près de Port-Gentil, Miroska, une jeunette de 50 ans n’en pouvait plus d’attendre. Elle avait pourtant bien vu, elle pouvait même le dire, que son destin allait changer bientôt. Même que son ex, Monsieur Mir avec qui elle avait gardé des relations confortables, le lui avait confirmé. Est-ce d’avoir lu Michelet qui lui donnait cette belle vision d’avenir ou ses dons divinatoires ? “.... Des brumes violettes, mais assez transparentes pour voir les étoiles à travers.Un grand arc lumineux apparaît , les deux pieds posés sur le sombre horizon.....voilà que dans l'arc majestueux d'un jaune pâle, dans sa paisible ascension, éclate comme une effervescence ...” etc... Elle savait maintenant, que la voie s’ouvrait inéluctablement . Son aïeule, ridée, édentée, mais toujours aussi affectueuse le lui avait prédit également. “ |
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Blog mis à jour le 24/07/2008 à 14:45:16
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