C'était une toute petite fille. Elle avait 7 ans mais en paraissait 5 ou 6. Alors qu'à cet âge là les enfants affichent encore les douces rondeurs de l'enfance, elle était plutôt maigre et ses fins cheveux noirs coupés à la diable lui faisaient tout un tas d'épis autour de sa petite tête triangulaire au menton pointu. Une vieille robe trop grande flottait autour de son corps osseux. Des yeux noirs et perçant lui mangeaient le visage, surtout en cet instant : elle avait pu se connecter sur l'ordinateur des "grands". Toute la famille était allée fêter l'anniversaire de la grand-mère, sauf elle puisqu'elle ne faisait pas partie de la famille ; elle en profitait pour surfer, ce qu'elle ne pouvait faire que rarement. Alors ! qui était connecté ? zut, personne qu'elle connaissait ! bon ! pas grave, elle allait bien trouver quelqu'un à qui parler … tiens, celui-ci par exemple ? et si c'était le vrai ? - 'lut, z'êtes vraiment le père noël ? - oui, je suis le Père Noël, et toi ? comment t'appelles-tu ? dis moi comment tu es habillée ! - j'm’appelle Cendrine ! j'ai une robe ! et vous ? zêtes habillé tout d’rouge ? z'avez vraiment une grande barbe blanche ? - tu me sembles avoir beaucoup d'humour toi ! et sous ta robe ? tu es habillée comment ? raconte ! - arfff vous m’faites rigoler avec vos questions à la c*n ! - écoute, le plus simple est que je te donne mon e-mail, tu sauras toujours où me trouver comme ça, d'accord ? pere_noel@lapouet.com tu as bien noté ? - ouaih ! bon j’dois couper, salut ! Il était quand même bizarre ce type avec ses drôles de questions ! Mais il était tard et il fallait qu'elle se dépêche de finir le ménage, sinon elle se ferait houspiller par la mère tout à l'heure ! "de : cendrine@caramel.com A : pere_noel@lapouet.com cher Père Noël, C'est plus possible, j’sais qu'on s'est pas beaucoup parlé l'aut’jour, mais il faut que j’me confie à quelqu'un, j’me sens trop seule, j'ai plus de famille et j'ai pas d'amis ! j’me suis dit que puisque t’es l’vrai Père Noël, tu peux qu'aider les enfants, même s'ils sont pas si sages que ça ! c'est vrai que j’le suis pas trop, mais j'ai des excuses, enfin j’trouve ! et puis depuis que j’suis née, j'ai jamais fêté Noël, j’voudrais tellement avoir pour une fois un cadeau dans mes souliers au pied d'un vrai Sapin de Noël tout décoré ! Alors voilà, si tu m’donnais une adresse, une vraie, parce que j’dois partir d'ici, j’suis trop malheureuse et c'est ton boulot d'aider les enfants, n'est-ce pas ? c'est c’que j'ai lu dans tous les Contes de Noël que j'ai lus jusqu'à présent, bon c'est vrai qu’j'en ai pas lu beaucoup, mais dans ceux qu’j'ai lus c'était l’cas ! alors tu veux bien m'aider ? Réponds vite, c'est très urgent, Cendrine" Le soir même, une réponse l'attendait dans sa messagerie. "de : pere_noel@lapouet.com à : cendrine@caramel.com retrouve moi à la gare Saint-Lazare samedi prochain, à 17 heures, je t'y attendrai" C'était le soir de Noël et les trois hommes de la voirie travaillaient tard ! en fait ils avaient encore plus de travail que les autres jours avec toutes ces bouteilles, ces cannettes de bière et tous ces détritus qu'on retrouvait n'importe où … mais de temps en temps ils tombaient sur un truc qu'ils pouvaient récupérer et restaurer, d'ailleurs ils avaient déjà mis de côté une vieille loco avec 2 wagons, un vieux nounours qui perdait un peu de son rembourrage et une poupée Barbie quasiment neuve ! - hé, t'as vu ça ? c'est quoi encore cette espèce de truc coincé entre ces deux poubelles ? tu veux bien m'aider s'te plait ? je n’arrive pas à le dégager - attends j'arrive, j'espère que c'est un truc intéressant, je commence à en avoir assez des bouteilles vides ! - mince ! une fillette ! qu'est-ce que tu fais ici petite fille ? - s'il vous plait, me faites pas d'mal, j'me suis sauvée, mais le monsieur, c'était pas le vrai ! il m'a menti ! c'était pas le Père Noël, et il a voulu me faire du mal, mais j'me suis sauvée ! il était vieux et il courait pas assez vite ! mais je vais faire quoi maintenant ! j’peux plus rentrer ! j’ai plus d’chez moi ! ooooohhh c'est vraiment trop moche ! c'est pas encore c't'année que j'l’aurai mon cadeau dans mes souliers sous un Sapin de Noël ! - ne pleure plus petite fille, on va te mettre à l'abri et demain on verra ce qu'on fera de toi, d'accord ? - vouihhh, mais s'il vous plait, me faites pas de mal, j’suis trop fatiguée pour courir encore ! Dans le local semi enterré de la voirie, il faisait bon et chaud. Sous la fenêtre qui s’ouvrait sur un jardin public, il y avait une espèce de lit de camp avec une bonne couverture. Les trois hommes couchèrent la fillette et la bordèrent gentiment. Quand elle fût endormie, ils allèrent finir leur travail. A l'aube, leur nuit terminée, ils entassèrent dans un coin leurs balais en plastique vert ... La première chose que Cendrine aperçut en ouvrant les yeux le lendemain matin fût un superbe Sapin de Noël avec des tas de guirlandes autour et, en dessous, les souliers de la fillette soigneusement rangés à son pied. Dans un des souliers il y avait un ours en peluche et dans l'autre une poupée Barbie. C'était les hommes de la voirie qui avec leurs balais avaient fait cette espèce de Sapin de Noël d'une drôle de couleur et qui l'avaient décoré de cannettes de bière et de coca pour cette petite fille qui leur était tombée du ciel. Sur une caisse à côté du lit de camp où elle avait dormi si profondément, il y avait une bouteille de lait et 3 clémentines dans une assiette un peu ébréchée. Un petit mot avait été glissé sous la bouteille de lait : « Cendrine, sois sage et n’aie pas peur, nous sommes allés dormir. Le lait et les clémentines sont pour toi ; le nounours et la poupée aussi, c’est le Père Noël qui te les a déposés cette nuit pendant que tu dormais. On revient tout à l’heure te chercher et on ira d&eacut |
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