|
|  |
|
A quoi songiez-vous donc, ô belle florentine A quel air printanier, à quel souffle divin A quel coeur déposé sur un lit de jasmins A quelle âme épinglée, sur corolle d'églantine Quel est ce souvenir qui écarte vos lèvres La couleur des moissons, le parfum des saisons Ou la chaleur d'un corps, première floraison De caresses timides en fruits bleus de genièvre Où part votre regard, dans quel pays lointain Quelle est cette région de votre âme secrète Y croise-t-on ces dieux, originaires de Crète Qui dansent sur les cieux comme nuages de satin Que caressent vos mains, que dessinent leurs empreintes Des étoiles sur derme, des mots sur le velin Ou un reflet de lune, qui se pose sans crainte Sur la joue d'un enfant, assoupi de câlins A quoi songiez-vous donc, ô belle florentine A quelle couleur de blé, à quel parfum léger A quelle heure oubliée que la mémoire patine Dans quel frisson votre âme a-t-elle voyagé?
|
| |
|
A l'ombre de son corps Je me suis allongé Admirant le décor D'une ligne galbée Eclairée par l'aurore D'une matinée d'été Scintillante des accords De notes de rosée A l'ombre de son âme, Je me suis reposé Et j'ai scruté les cieux Habités de nuages J'y ai vu son visage Se dessiner, radieux Anéantir l'orage Braver la loi des dieux A l'ombre de ses sens Je me suis enivré J'ai senti la cadence De mon coeur s'élever Vers des cimes du plaisir Encore inexplorées Vers des rives du désir Longtemps abandonnées A l'ombre de sa voix J'ai gardé le silence Pour que vienne la danse Pour que tourne mon émoi Et j'ai pleuré l'absence Et j'ai pleuré de joie Lors de la délivrance De retrouver ses bras A l'ombre de son coeur En cherchant la douceur J'ai trouvé la chaleur D'un soleil de Juillet De nouvelles couleurs Reflets de mes pensées Et la saveur sucrée Des serments échangés A l'ombre de mes errances Des erreurs, des détours J'ai trouvé son amour Mon unique espérance Pareil à mille soleils Illuminant mon ciel Comme des milliards de fleurs Un parfum de bonheur
|
| |
|
Lent cortège sombre, drapé d'un soleil hardi Procession accablée, qui espérait la pluie. Absence d'une existence, silence de décence Que brise un merle moqueur, niant toute exigence. Une promenade funeste, on suit ce qui n'est plus On suit et on essuie, en roulis continu Des larmes de douleur, des souvenirs trop forts Et retenir un cri est un trop grand effort. Alors on baisse la tête, pour étouffer la voix On fixe du regard une invisible croix Et puis on s'y accroche, comme à une bouée Comme la feuille à l'automne, endeuillée de l'été. Mais là, tel un refrain, partition pathétique Des croches bien trop noires, des noires par trop tragiques Arrachent à la mémoire une âpre mélodie Tel un drapeau en berne, celui de toute une vie. On pleure le meilleur et on oublie le pire On s'accroche, on décroche, on inspire, on expire Le reflux du malheur, le ressac du chagrin Faisant naître une toux, qui recrache le venin. Et l'on respire, enfin, quand le voyage finit Quand on quitte le cimetière, la terre de l'oubli Et l'on rêve d'enfer et non de paradis Pour boire l'eau du Léthé , y puiser l'amnésie
|
| |
|
Plutôt qu'une longue explication, des exemples. avenir soi -> L'avenir devant soi ciarcel -> arc-en-ciel fisin -> mi-figue, mi-raisin ça vle -> ça vole pas haut (pas de o) |
| |
|
Quelques jours séparent seulement ma date de naissance de la sienne. Il doit y avoir une erreur, je ne vois pas d'autre explication. Je l'ai vue, pour la première fois, il y a environ un an. La curiosité avait plaqué son visage contre la vitre du magasin. Quelques secondes me furent suffisantes pour abandonner l'idée, devenue saugrenue, de pousser la porte de la boutique. Son regard, hautain et glacial, me rendit presque agréable la température hivernale. Quelques secondes interminables pendant lesquelles je me sentis jugé, étalonné, calibré, déshabillé (un comble de la part d'une 'pro' de l'habillement) Tourner les talons ou même baisser les yeux eut été ma première défaite devant l'ennemi, une défaite honteuse. Mais rester immobile devenait ridicule, mes mains furent les premières à se révolter pour m'éviter la pétrification. Et en un temps record, elles firent un ballet disgracieux, esquissant un bonsoir, mimant un au revoir, caressant mes cheveux ou essuyant mes yeux. Quand enfin elle disparut, probablement satisfaite de l'issue de ce duel, ma première pensée fut que je la haïssais. À défaut du coup de foudre, j'avais connu mon premier coup de haine. |
| |
Page 1
Suivant >>
Blog mis à jour le 13/10/2008 à 20:21:06
|  | |