|
|  |
Liens
|
une histoire, autour d'une photo ? ça vous tente ?? |
| |
|
Aux armes aux messages incompréhensibles bourrés de fautes. Travaillant dans l'univers littéraire, j'accorde beaucoup d'importance à la qualité rédactionnelle car ne dit-on pas que les mots sont le reflet de notre pensée. Je rajoute même qu'un message truffé d'incohérence, de fautes quand bien même le discours est intéressant, je ne le lis pas. C'est un manque de respect vis-à-vis d'autrui que de penser qu'un texte aussi intelligent soit-il puisse être interprété aisément. Je ne demande de la prose ou encore un langage châtié style la cour du roi mais un simple geste que de relire une phrase et d'y rajouter un "s" lorsqu'il en manque un n'a rien de compliqué. Ceci afin que l'on puisse relire Corneille, Balzac ou Sartre sans nous sentir plus incultes que nous ne le sommes. |
| |
|
Pour des raisons évidentes ces jours-ci, je voulais retrouver un bouquin: "La cuisine du marché.", de Bocuse (Flammarion 1980). Je savais que ce truc était dans les cartons de feu mon père, récupérés en 1991. J'ai donc pioché au grenier, et j'ai retrouvé le fameux opus. Et l'histoire vraie du chapon, mais le sujet n'est pas là. Il y avait, dans ce satané carton, un vieux bloc rhodia, dont la couverture à demi déchirée attira mon attention. C'était marqué dessus: "Pierre, TD, Cahier de citations." et c'était mon écriture! |
| |
|
ca devient relou |
| |
|
A force de racontage d'histoires d'enfance, j'ai envie de vous faire partager un autre de mes souvenirs. Chez mes grands-parents, le dimanche, c'était sacré. Grande réunion de famille et forcément, grand repas; et on sort les nappes blanches, les verres en cristal et l'argenterie. Après le bénédicité: les entrées puis le rôti de poulain, les fromages, le dessert ; Et c'est enfin au dessert, le moment que nous attendons tous, que Papi se lève pour aller chercher.........ses lunettes. Les parents sourient.... Les petits-enfants dansent d'une fesse sur l'autre, trépignent d'impatience... Il s'assoit. Chausse ses lunettes. Prend Le Livre. Cherche la page, et... Solennellement se relève devant l'assemblée suspendue à ses lèvres. Il nous conte: une histoire de Cafougnette. C'était un rituel de famille que j'aimerais partager avec vous aujourd'hui. Dans le nord ( chez les Ch'ti) nous avons quelques personnages emblématiques. Zeph Cafougnette est au nord ce que Marius est à Marseille. Ses aventures racontées par Jules Mousseron, mineur-poète, sont écrites dans sa langue de tous les jours, ce patois "rouchi", branche hennuyère du picard. Je vous conseille de lire le texte à voix haute, c'est un peu ardu pour les non-initiés. CAFOUGNETTE A OSTENDE I’ n’ d’a qui n’ont pas d’ chanc’. Pourquoi ? In sé l’ démande. L’aut’ jour, quand la « Musique » alle a ‘té à Ostende, El bon Zeph Cafougnett’, l’homm’ toudis dévoué, Comme i portot l’gross’caisse, i-a eu s’voyach’ payé. Lé v’là dins un hôtel avec un comarate, Un garçon débrouillard qu’in nommot Touque-à-l’ jatte. Zeph n’pouvot mau* d’quitter un homm’ si dégourdi, Car li, dins ses voyach’s, i s’infarfoull’* toudis. Jusqu’à l’heure du dîner, tout marchot à mervelle. D’ boire in sintot déjà récauffer ses orelles. Cafougnett’, dins la mer, i-avot pris un bain d’pied Et fait l’tour ed la plage à qu’ vau* sur un baudet. In avot déjeuné d’eun paire ed boîtes d’moules Et chuché des crevett’s comm’ des ossiaux à l’ moulle.* In avot acaté* des caracol’s* – souv’nirs, Dins l’ prom’nade in barquett’ lâché pus d’un soupir A ch’t’ heur’, Zeph et s’n ami, face à face à l’ mêm’ tape, Décollotent* l’dîner d’ un appétit du diape ! Ils avot’nt, Dieu merci, « el pain à discrétion » Et tous dîneux comme euss’ arot’nt ruiné l’patron. Zeph i faisot des jou’s comm’ des énorm’s soufflettes, Car el gaillard, pou mier*, i n’ faut pas li-in promette. Infin, tout i dallot, quand v’là qu’malheureus’mint Cafougnette, in mingeant, i- attrape el dévoîmint*. « Viens m’moutrer d’ù qu’ch’est l’cour, qu’i d’mand’ comm’ cha à l’autre ; Ej sins m’vintr’ qui gargoull’. Faut qué j’vache à l’ culotte ! » Mais l’autr’ « désivorant *», ed peur ed perdre un plat, I li répond vagu’mint : « Va tout seu, ch’est par là. » L’ pauv’ Cafougnette, après avoir ouvert douz’ portes Et avoir eu chaqu’ fos les sueurs ed la morte, I trouve un cabinet d’faïence eddins un coin. Oui, mais ch’t’ un cabinet d’eun’ form’ qu’i connot point. I n’ sait pas, l’ malheureux, qu’i faut abassier l’planque*… I n’a pus l’temps d’ailleurs ; i li vient s’ dernièr’ cranque* ! Je vous raconte la suite demain. Petit lexique: n'pouvot mau : n'avait garde i s'infarfoull : il s'embrouille à qu' vau : à cheval des ossiaux à l'moulle : des os à moelle acaté : acheté caracol's : escargots (=coquillages) décollotent : bâfraient pou mier : pour manger el dévoîmint : la colique désivorant : dévorant abassier l' planque : abaisser la planche cranque : crampe |
| |
<< Précédant Page 2
Suivant >>
Blog mis à jour le 01/12/2008 à 16:17:46
|  | |