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Nouvelles

La poupée de Karin (*)


Lundi 13 novembre

Je m'appelle Karin et j'ai 7 ans. Papa travaille toute la journée et maman reste avec moi pour s'occuper de moi. Je ne vais pas à l'école. Je ne vais plus à l'école. Depuis que je suis tombée malade et que j'ai arrêté de marcher.
Maman dit que je suis très en avance pour mon âge. Je pense que c'est vrai. C'est elle qui m'a appris à lire et à écrire. Maman dit que j'écris très bien et m'encourage à écrire dans ce cahier que j'ai reçu avec toute une pile de livres pour mon anniversaire. J'ai eu 7 ans hier.

Vendredi 17 novembre

Je passe mes journées à lire ou à regarder la télévision assise sur ma chaise et je me rends compte qu'il est très difficile d'avoir tous les jours quelque chose à écrire dans son journal.
En fait, il ne m'arrive pas grand-chose de nouveau à raconter puisque je reste tout le temps sur ma chaise dans cette grande maison où je m'ennuie à mourir.

Dimanche 26 novembre

Grand-mère est venue déjeuner avec nous ce midi. Elle m'a demandé ce que je voulais commander au Père Noël cette année. Je sais bien que je n'ai que 7 ans mais cela fait au moins deux ans que je n'y crois plus au Père Noël ! Par contre, je n'ai pas voulu le lui dire, de peur de la peiner.

Mercredi 29 novembre

Grand-mère m'a apporté du joli papier à lettres dimanche dernier. Alors pour lui faire plaisir, j'ai écrit une lettre au Père Noël et je la lui donnerai à poster la prochaine fois qu'elle viendra nous voir. J'ai demandé à recevoir une poupée qui marche. Il y a plein de publicités pour les jeux et les jouets qui passent en ce moment à la télévision et ça m'a fait un peu envie ce genre de poupée, à moi qui ne peux plus marcher.

Samedi 2 décembre

Grand-mère est passée ce midi et je lui ai donné ma lettre. Elle était toute contente que j'ai utilisé son papier à lettres.

Lundi 4 décembre

Ce journal ne me sert à rien. Je n'ai jamais rien à y raconter.

Mercredi 20 décembre

Cela fait plus de deux semaines que je n'ai pas ouvert ce cahier ni écrit dedans. J'ai envie de le déchirer et de le jeter !

Vendredi 22 décembre

Noël est dans deux jours.

Lundi 25 décembre

Ma poupée est superbe. Elle est grande, blonde, avec de jolis yeux bleus. Elle marche aussi bien que moi avant ma maladie et en plus, elle parle.
Je l'ai appelée Nirka.

Vendredi 5 janvier

Je ne sais pas où ma grand-mère a trouvé cette poupée, mais il se passe de drôles de choses avec elle, des trucs que j'ai du mal à expliquer.

Dimanche 7 janvier

Quand ma poupée parle, elle ne dit pas bêtement "papa" ou "maman" comme toutes ces poupées idiotes, mais elle me parle, elle me parle vraiment !

Mercredi 10 janvier

Grand-mère est passée tout à l'heure et je lui ai demandé si elle savait où le Père Noël avait trouvé cette poupée. Elle m'a répondu n'en rien savoir, que ça n'était pas elle qui avait choisi ma poupée, mais qu'elle la trouvait très belle.

Samedi 13 janvier

En fait, ma poupée me fait peur. Elle me raconte des choses qui me déplaisent, des choses sur papa et maman que je préfèrerais ignorer. C'est comme si elle les détestait et qu'elle leur en voulait des conséquences de ma maladie.

Jeudi 18 janvier

Je me demande si Nirka n'a pas raison …

Samedi 24 février

Nirka est la meilleure amie que j'ai jamais eue. Je sais que ma mère la déteste.

Lundi 24 décembre

Le temps a passé, près d'un an s'est écoulé depuis la dernière fois que j'ai ouvert ce journal.
Ce soir, c'est à nouveau Noël.
Bizarrement, ma poupée a arrêté de marcher ce matin. Mon père a essayé de changer les piles, mais il n'a pas réussi à découvrir la trappe d'accès.
Je ne sais pas si c'est l'idée de fêter Noël qui me fait me sentir comme ça, mais je suis en ébullition et j'ai comme des picotements dans tout le corps.

Mardi 25 décembre

Papa, grand-mère, mon journal ! il s'est passé un miracle hier soir !!
Alors qu'elle descendait du premier étage, ma mère a trébuché sur Nirka qui était posée sur une marche et est tombée. Elle est restée là, immobile, en bas de l'escalier, la tête tournée bizarrement, les yeux fixes, grand ouverts et un peu en tas, comme une poupée de chiffon. J'ai alors eu très peur et je me suis précipitée ! Mon père me regardait, les yeux écarquillés et plein de larmes : "ma fille marche ! ma fille marche !". C'est alors que j'ai réalisé que j'étais debout.
J'ai posé ma poupée dans un coin et ce matin, quand j'ai voulu la prendre dans mes bras, je n'ai pas réussi à la retrouver, c'est comme si elle avait disparu.
C'est drôle, avec l'accident qui est arrivé à ma mère hier soir, ni papa ni ma grand-mère n'ont pensé à m'offrir de cadeau de Noël ... mais ça ne me manque pas.

x.l.

samedi 27 septembre 2008
08:22

Oeuvre originale
Auteur : xiane

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Nouvelles

Les feux de la Saint-Jean (*)


Les feux de la Saint-Jean

Nous nous connaissons depuis toujours. Il s'appelle Jean et c'est mon promis. Je m'appelle Jeanne et je suis sa promise. Cet été, juste après la Saint-Jean, nous nous marierons.

Comme tous les étés, une grande fête va avoir lieu dans notre village. Dès le 1er juin, nous apportons tous les jours qui, une bûche, qui, un fagot, qui, une brindille et à force, le tas de bois grandit et monte très haut. Le 24 au soir, on dresse une grande tablée, chacun apporte sa provende et la partage avec ses voisins. A la nuit tombée on allume le bûcher et on danse et chante tout autour et les plus vaillants jouent à sauter par dessus le feu. Certains se sont retrouvés avec leur culotte roussie, à force de jouer avec le feu, et bien on se brûle.

Mon Jean est le plus grand et le plus agile, c'est celui qui saute le plus haut.

Son meilleur ami, le Baptiste, est le plus petit, le plus fort et le plus râblé. C'est lui aussi qui l'an passé en sautant par-dessus le feu s'est retrouvé les culottes brûlées et le cul à l'air. Tout le monde riait de le voir courir se cacher.

Jean, Baptiste et moi avons grandi ensemble. Je n'aurais pas été promise à Jean, peut être que j'aurais fini par épouser le Baptiste. J'ai toujours pensé qu'il m'aimait en secret.

Vous avez le même âge tous les deux et vous avez été élevé par le même couple de vieux. On n'a jamais su d'où vous veniez. On sait juste que vous avez été déposé dans la même couverture, le même soir, sous le porche de l'église du village. Peut-être êtes-vous frères, peut-être pas, vous êtes si semblables et en même temps si différents. Jean et Baptiste, comme les deux visages de Janus.
Moi, la Jeanne, je suis la dernière enfant d'une fratrie de 8, et je suis la seule fille. On m'a appelée Jeanne, parce que je suis née le 24 juin. Et vous deux, Jean et Baptiste, parce que c'est le 24 juin que vous avez été trouvés. Vous êtes mes frères de cœur.

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Jeanne aurait dû m'être promise. C'est moi qui l'aime le plus. Mais c'est Jean qui va la marier. Cette année. Jean ne serait pas mon frère depuis toujours, je le haïrais pour cela !

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Jeanne est ma promise. Je l'aime depuis toujours. Baptiste est mon frère. S'il le fallait, je mourrais pour eux !

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Baptiste m'inquiète. Il est encore plus sombre que d'habitude. Qu'est-ce qu'il est en train de ruminer ? Est-ce la date de notre mariage qui se rapproche qui lui assombrit l'humeur ?

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Baptiste a demandé à me parler ! on doit se voir tout à l'heure, avant l'heure du coucher ! Derrière l'église m'a-t-il dit. Quel drôle de lieu de rendez-vous ! Il m'a dit que c'était très important et que ça concernait Jean ! qu'il fallait absolument qu'on se voit ce soir ! demain c'est le 24 juin ! notre anniversaire à tous les trois ! Je voudrais bien savoir ce que Baptiste a de si important à me dire qui ne puisse attendre demain !

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Pourquoi m'a-t-il fait ça !! si jamais Jean l'apprend, il est capable de le tuer ! mais il l'apprendra forcément ! comment pourrais-je le lui cacher ! moi qui croyais que Baptiste m'aimait !! Ce soir c'est la fête, je ne dois rien dire, pour ne pas gâcher le plaisir de nous tous, enfin, celui des autres, car je n'ai pas vraiment plus le cœur ni à rire ni à danser !

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Pourquoi n'ai-je rien dit à Jean ? il serait peut être encore en vie ce soir. Baptiste serait mort quand même, mais mon promis serait encore de ce monde et je n'aurais pas le cœur en cendres.
Lorsque Jean est venu me chercher pour aller à la fête, il avait l'air étrange, un peu triste, et m'a demandé où se trouvait Baptiste. Je ne le savais pas et le lui ai dit. Il m'a alors lancé un regard de ses grands yeux clairs, comme s'il se doutait de quelque chose ou qu'il doutait de moi !
Baptiste était déjà devant le bûcher. Et quand le feu y a été mis et que les flammes ont jailli bien haut, Baptiste a défié Jean ! qu'il sauterait plus haut et plus loin que lui, qu'il était le meilleur et que c'était lui qui aurait dû me marier.
Et ils ont passé la nuit à sauter, sauter, et ressauter par dessus les flammes. Jusqu'au moment où ils ont sauté en même temps. Et à chaque fois qu'ils se croisaient ils essayaient d'atteindre l'autre, en lui assénant des coups. Je ne sais pas lequel a fini par s'accrocher à l'autre, mais ils sont tombés tous les deux, en plein milieu du bûcher et les bûches se sont effondrées sous leur poids !
Tout le village s'est précipité avec des seaux et des bassines, mais le feu a été éteint trop tard, mon promis et son frère n'ont pas pu être sauvés ! on les a retrouvés dans les bras l'un de l'autre, comme s'ils ne faisaient plus qu'un.

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C'est aujourd'hui la Saint-Jean, un an s'est écoulé depuis la mort de mon promis et de son frère ! mon petit Pierre a 3 mois. Il a la tignasse noire, drue et bouclée du Baptiste mais il a aussi les grands yeux clairs de mon Jean.

x.l.

samedi 27 septembre 2008
08:21

Oeuvre originale
Auteur : xiane

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Nouvelles

Le coffre (*)


J'ai trouvé un cadeau de Noël pour mon copain.

Dimanche dernier, il y avait une brocante dans mon quartier et je suis tombée en arrêt devant un coffre en bois. Je dois le retaper, mais une fois décapé, poncé, vernis et les ferrures et charnières changées, il sera superbe et Jean-Ba' pourra y ranger ses secrets.

Le plus dur sera de m'occuper de la restauration du coffre sans attirer son attention. De toute façon, j'ai deux mois devant moi pour le faire.

Quel ton de vernis vais-je utiliser ...?

***

Jean-Ba' étant parti voir sa famille pour le week-end, j'en ai profité. En ramenant le coffre chez moi l'autre jour, je l'avais trouvé lourd mais comme il est en chêne, je m'étais dit que c'était normal. Par contre, je n'avais pas remarqué qu'il y avait quelque chose à l'intérieur. C'est ce que j'ai découvert en forçant la serrure.

Je me suis alors assise devant le coffre ouvert. Il était rempli de lettres entourées de rubans violets ; j'ai dénoué le premier ruban et déplié une première lettre couverte d'une écriture fine et élégante à l'encre violette, assortie au ruban.

"Mon bien-aimé Jean-Baptiste ..."

Ça commence bien, et ça me fait tout drôle, le destinataire de ces lettres portait le même prénom que Jean-Ba' ! au fait ... y avait-il une date sur les enveloppes ? humm !! pas si vieux que cela, les premières sont de septembre 99 et les dernières de juin 05 ! bizarre, à la couleur de l'enveloppe, du papier et de l'encre ainsi qu'au style de l'écriture, j'aurais juré que cette correspondance était beaucoup plus ancienne.

Je suis restée plongée dans ces lettres tout l'après-midi ! c'est quand j'ai commencé à ne plus rien pouvoir déchiffrer que je me suis rendue compte du temps qui s'était écoulé.

En fait, je ne savais plus où j'en étais ! j'étais arrivée à la conclusion que par un étrange hasard, les lettres tombées entre mes mains avaient été adressées à mon Jean-Ba' ! car sinon, comment aurait-elle pu savoir pour ce grain de beauté ? mais comment était-ce possible ? tu parles d'un cadeau ! si j'avais su, j'aurais préféré ne pas flasher sur ce coffre ! et maintenant, qu'allais-je faire ? qu'allais-je dire à Jean-Ba' ? comment allais-je réagir ? qu'allait-il trouver comme excuses ? et lui qui ne rentrerait de week-end que le lendemain soir ! en attendant, je n'avais plus trop le cœur à restaurer ce vieux coffre, j'avais plutôt envie de le foutre aux ordures et une furieuse envie de me venger ! bon, pas la peine de trop réfléchir à tout ça, en attendant, je vais me faire couler un bain bouillant et me servir un whisky ...

Driiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiing ! driiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiing ! driiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiing !!! et flûte, je m'étais endormie dans la baignoire !

- allô ?

- coucou c'est Jean-Ba' ...

J'avais complètement oublié l'après-midi passé à lire les lettres ! j'étais à nouveau heureuse ...

***

Je passai ma journée du lendemain à décaper, poncer et restaurer le coffre, le soir, il était superbe, il n'y avait plus qu'à attendre le prochain week-end où Jean-Ba' irait voir sa famille pour le vernir, et une fois bien sec, changer les ferrures et la serrure, l'emballer dans un joli papier-cadeau et le cacher loin de ses regards ...

***

Ça y est, le coffre est restauré, il n'y a plus qu'à attendre encore deux semaines avant Noël !
Quant aux lettres, je les avais glissées dans un tiroir de mon bureau, bien au fond, pour essayer de ne plus y penser, mais elles me restaient sur le cœur.

***

Ça y est, c'est Noël ! j'ai passé la journée à décorer la table pour ce soir, à faire les courses et à nous mitonner un petit dîner d'amoureux. J'ai préparé moi-même la bûche grâce à une recette à ma façon.
Le sapin est superbe, joliment décoré, mon cadeau placé juste au pied de l'arbre, les guirlandes clignotent joyeusement, les éclairages du salon sont tamisés ! voilà, tout est prêt, je n'ai plus qu'à mettre une jolie robe et à me maquiller et il ne manquera plus que Jean-Ba' qui doit rentrer du bureau "pas trop tard" a-t-il promis !

***

- hummm quel délicieux dîner et quelle belle soirée nous avons passée ! dis-moi ma chérie, est-ce que nous ouvrons nos cadeaux avant ou après le dessert ?
- après !! c'est une bûche faite maison ! tu vas voir, si elle est aussi bonne que belle, tu vas te régaler ! moi en tout cas, je ne peux plus rien avaler, mais je serais très vexée si tu ne faisais pas un petit effort, j'ai fait ce dessert spécialement pour toi et avec tout mon amour …

***

- tu avais raison, cette bûche était une splendeur, et j'ai trouvé son petit arrière-goût d'amande très original ! par contre, je n'aurais pas dû en reprendre, je me sens lourd et nauséeux maintenant… mais découvrons nos cadeaux !
- oh !! Jean-Ba' ! la collection complète des œuvres de Somerset Maugham ! comment as-tu pu deviner que c'était ce dont je rêvais ?
- je te connais un petit peu tu sais ... Voyons mon cadeau et après j'irai m'allonger quelques minutes, je me sens vraiment trop mal ... hein ? mais où as-tu trouvé ce coffre ? il est vraiment magnifique ! c'est bizarre il me rappelle quelque chose ! en fait, s'il n'était pas en si bon état, je pourrais le prendre pour celui de mon arrière-grand-père ! tu sais ? celui qui s'appelait également Jean-Baptiste !
- tu avais un arrière-grand-père qui s'appelait Jean-Baptiste ?
- oui, et c'est bien son coffre, ça tourne beaucoup dans ma tête, mais je reconnais cette entaille, c'est même moi qui l'avais faite avec mon canif quand j'étais tout ga….
- mais alors ? les lettres qui s'y trouvaient ne t'étaient pas destinées ! oh si j'avais su … j'ai cru ... mon dieu, mais qu'est-ce que j'ai fait ! Jean-Ba' ! réveille-toi Jean-Ba', réveille-toi … s'il te plait Jean-Ba', réveille-toi !

x.l.

samedi 27 septembre 2008
08:13

Oeuvre originale
Auteur : x.l.

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Nouvelles

Joyeux Noël !


C'était une toute petite fille.

Elle avait 7 ans mais en paraissait 5 ou 6.

Alors qu'à cet âge là les enfants affichent encore les douces rondeurs de l'enfance, elle était plutôt maigre et ses fins cheveux noirs coupés à la diable lui faisaient tout un tas d'épis autour de sa petite tête triangulaire au menton pointu. Une vieille robe trop grande flottait autour de son corps osseux. Des yeux noirs et perçant lui mangeaient le visage, surtout en cet instant : elle avait pu se connecter sur l'ordinateur des "grands". Toute la famille était allée fêter l'anniversaire de la grand-mère, sauf elle puisqu'elle ne faisait pas partie de la famille ; elle en profitait pour surfer, ce qu'elle ne pouvait faire que rarement.

Alors ! qui était connecté ? zut, personne qu'elle connaissait ! bon ! pas grave, elle allait bien trouver quelqu'un à qui parler … tiens, celui-ci par exemple ? et si c'était le vrai ?

- 'lut, z'êtes vraiment le père noël ?
- oui, je suis le Père Noël, et toi ? comment t'appelles-tu ? dis moi comment tu es habillée !
- j'm’appelle Cendrine ! j'ai une robe ! et vous ? zêtes habillé tout d’rouge ? z'avez vraiment une grande barbe blanche ?
- tu me sembles avoir beaucoup d'humour toi ! et sous ta robe ? tu es habillée comment ? raconte !
- arfff vous m’faites rigoler avec vos questions à la c*n !
- écoute, le plus simple est que je te donne mon e-mail, tu sauras toujours où me trouver comme ça, d'accord ? pere_noel@lapouet.com tu as bien noté ?
- ouaih ! bon j’dois couper, salut !

Il était quand même bizarre ce type avec ses drôles de questions ! Mais il était tard et il fallait qu'elle se dépêche de finir le ménage, sinon elle se ferait houspiller par la mère tout à l'heure !

"de : cendrine@caramel.com
A : pere_noel@lapouet.com
cher Père Noël,
C'est plus possible, j’sais qu'on s'est pas beaucoup parlé l'aut’jour, mais il faut que j’me confie à quelqu'un, j’me sens trop seule, j'ai plus de famille et j'ai pas d'amis ! j’me suis dit que puisque t’es l’vrai Père Noël, tu peux qu'aider les enfants, même s'ils sont pas si sages que ça ! c'est vrai que j’le suis pas trop, mais j'ai des excuses, enfin j’trouve ! et puis depuis que j’suis née, j'ai jamais fêté Noël, j’voudrais tellement avoir pour une fois un cadeau dans mes souliers au pied d'un vrai Sapin de Noël tout décoré !
Alors voilà, si tu m’donnais une adresse, une vraie, parce que j’dois partir d'ici, j’suis trop malheureuse et c'est ton boulot d'aider les enfants, n'est-ce pas ? c'est c’que j'ai lu dans tous les Contes de Noël que j'ai lus jusqu'à présent, bon c'est vrai qu’j'en ai pas lu beaucoup, mais dans ceux qu’j'ai lus c'était l’cas ! alors tu veux bien m'aider ?
Réponds vite, c'est très urgent,
Cendrine"

Le soir même, une réponse l'attendait dans sa messagerie.

"de : pere_noel@lapouet.com
à : cendrine@caramel.com
retrouve moi à la gare Saint-Lazare samedi prochain, à 17 heures, je t'y attendrai"

C'était le soir de Noël et les trois hommes de la voirie travaillaient tard ! en fait ils avaient encore plus de travail que les autres jours avec toutes ces bouteilles, ces cannettes de bière et tous ces détritus qu'on retrouvait n'importe où … mais de temps en temps ils tombaient sur un truc qu'ils pouvaient récupérer et restaurer, d'ailleurs ils avaient déjà mis de côté une vieille loco avec 2 wagons, un vieux nounours qui perdait un peu de son rembourrage et une poupée Barbie quasiment neuve !
- hé, t'as vu ça ? c'est quoi encore cette espèce de truc coincé entre ces deux poubelles ? tu veux bien m'aider s'te plait ? je n’arrive pas à le dégager
- attends j'arrive, j'espère que c'est un truc intéressant, je commence à en avoir assez des bouteilles vides !
- mince ! une fillette ! qu'est-ce que tu fais ici petite fille ?
- s'il vous plait, me faites pas d'mal, j'me suis sauvée, mais le monsieur, c'était pas le vrai ! il m'a menti ! c'était pas le Père Noël, et il a voulu me faire du mal, mais j'me suis sauvée ! il était vieux et il courait pas assez vite ! mais je vais faire quoi maintenant ! j’peux plus rentrer ! j’ai plus d’chez moi ! ooooohhh c'est vraiment trop moche ! c'est pas encore c't'année que j'l’aurai mon cadeau dans mes souliers sous un Sapin de Noël !
- ne pleure plus petite fille, on va te mettre à l'abri et demain on verra ce qu'on fera de toi, d'accord ?
- vouihhh, mais s'il vous plait, me faites pas de mal, j’suis trop fatiguée pour courir encore !


Dans le local semi enterré de la voirie, il faisait bon et chaud. Sous la fenêtre qui s’ouvrait sur un jardin public, il y avait une espèce de lit de camp avec une bonne couverture. Les trois hommes couchèrent la fillette et la bordèrent gentiment. Quand elle fût endormie, ils allèrent finir leur travail. A l'aube, leur nuit terminée, ils entassèrent dans un coin leurs balais en plastique vert ...


La première chose que Cendrine aperçut en ouvrant les yeux le lendemain matin fût un superbe Sapin de Noël avec des tas de guirlandes autour et, en dessous, les souliers de la fillette soigneusement rangés à son pied. Dans un des souliers il y avait un ours en peluche et dans l'autre une poupée Barbie. C'était les hommes de la voirie qui avec leurs balais avaient fait cette espèce de Sapin de Noël d'une drôle de couleur et qui l'avaient décoré de cannettes de bière et de coca pour cette petite fille qui leur était tombée du ciel. Sur une caisse à côté du lit de camp où elle avait dormi si profondément, il y avait une bouteille de lait et 3 clémentines dans une assiette un peu ébréchée.
Un petit mot avait été glissé sous la bouteille de lait : « Cendrine, sois sage et n’aie pas peur, nous sommes allés dormir. Le lait et les clémentines sont pour toi ; le nounours et la poupée aussi, c’est le Père Noël qui te les a déposés cette nuit pendant que tu dormais. On revient tout à l’heure te chercher et on ira déjeuner tous ensemble chez MacDo ! on t’embrasse tous les trois ! Joyeux Noël ! ».


C’est à ce moment-là que Cendrine éclata en sanglots : c’était son premier vrai Noël !

x.l.

samedi 27 septembre 2008
08:13

Oeuvre originale
Auteur : x.l.

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Nouvelles

L'amante religieuse


"puisque je n'ai pu te chasser ni te haïr, reçois mes honneurs secrets"

Un jour (ce n'est pas pour demain) on apprendra l'Histoire, telle qu'aux Sabbats les sorcières la racontent aux apprentis, soucieux de boire dans le vertige des vérités ; telle que moi-même je l'ai apprise ; telle que j'ai juré de la reproduire ; telle que vous devez la connaître a posteriori.

la voici :

Lui, était un brave maréchal, couvert de gloire et de richesses.

Elle, une gentille paysanne vaguement illuminée.

Ils n'auraient jamais dû se rencontrer, puisque tout les séparait.

C'est peut être pour cela qu'ils se sont trouvés. Une émouvante histoire d'amour en somme.

Ils furent chargés d'un même travail, et leur rencontre merveilleuse marqua le commencement d'une passion aussi splendide que méconnue.

Mais il est dit qu'il n'y a pas d'amour heureux. Et un jour, signalé avec une pierre très noire dans les annales du crime, elle fut trahie et livrée honteusement à ses bourreaux.

Lui, désespéré, essaya de la délivrer. Mais en vain. Elle fut assassinée, sous les yeux impuissants de son amant.

Il jura longtemps de se venger. Mais le temps mitige toujours une partie des chagrins, et il devint seulement un excellent chrétien. Les paroles sacrées de l'évangile furent les siennes :

"laissez venir à moi les petits enfants".

Ils sont venus, nombreux, à son sombre et magnifique château. Et ils se trouvèrent si bien qu'ils ne repartirent jamais.

Mais tout en s'occupant de ses hôtes, il n'arriva pas à oublier sa douce, unique amie. Parce qu'ils s'étaient aimés de toute la fureur de leur passion, de toute la passion d'une rencontre qui avait le goût des amours marquées par l'impossible. Parce qu'ils ont gémi de volupté, entrelacés, maintes fois, tandis que la nuit couvait leurs étreintes à l'ombre des batailles gagnées et des futures victoires. Jamais homme et femme ne s'étaient mieux compris, mieux complétés dans leur parfaite dissemblance.

Oui, je sais bien qu'elle est morte pucelle, on ne se lasse pas de nous le répéter. Mais, pourquoi pas ? les voies du Seigneur ne sont-elles pas multiples ?

Nelly Kaplan

dimanche 4 mai 2008
08:51

Auteur : Nelly Kaplan

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Blog mis à jour le 12/10/2008 à 23:30:18



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