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p_carlow - 913080 
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La légende de l'homme au coeur de pierre








La légende de l’homme au cœur de pierre .







Dans les années cinquante, au sein d’un Toulouse accablé, essoufflé par la guerre terminée et juste libéré des tickets de la famine, Garonne coulait, impassible, de tout son sable. De nombreuses barges draguaient, jusqu’au cœur de la ville, le gravillon et le sable nécessaires à la reconstruction. Ses habitants exaltés bordaient le fleuve , heureux et surpris de survivre, lourds d'ardeurs génitrices.

Ainsi naquit Lythos, deuxième produit d’un couple enthousiaste, un peu inconscient mais si naturellement frétillant. D’abord confinés entre les murs noirs d’une turne médiévale, les espoirs lumineux d’une barre HLM avaient rassuré ses parents aux hormones agitées …
Vint donc l’appartement avec vue sur Garonne, ses souplesses liquides, ses vannes compliquées et ses pêcheurs assidus.

Lythos fut bien né, bien constitué et brailla ce qu’il se doit… Ejecté sans problème par une mère pondeuse, il arriva, pressé, dans ce monde qu’il téta goulûment : il avait un père, une mère, un frère aîné, et un cœur énorme, bien irrigué, pour les aimer.
Mais sa mère avait des tiques accrochées sous les élastiques de ses chaussettes : elle en souffrait horriblement, en silence, sans avoir le temps de s’en occuper. Un jour, excédée, elle secoua le bébé qui était au sein abandonné, tranquillou profitant de son tétage.
Les répugnes éconduites ne purent jamais lui expliquer : une première calcification du cœur, juste un petit coin, lui vint empêcher de ressentir… Simplement une apostrophe, cette calcification, un coin infime de son cœur, mais graine pétrifiée à jamais plantée.

Le cœur de Lythos bat toujours, bébé adorable, qui verra des boutons marins scarifier sa mémoire, et donc enlever encore un peu de cœur…
Le manteau de mon frère ?? Mais pourquoi ? Pourquoi la mante fraternelle doit-elle obligatoirement me recouvrir ?
Lythos, ainsi, se débat parmi une fratrie devenue nombreuse, pour lui innombrable, de quatre membres, dont une fille, dernière de la portée.
Quand celle-ci naquit, son père, si joyeux ébahi d’avoir enfin une fille quatrième, entra ce matin là dans la chambre garçonne :
- Vous avez « enfin » une petite sœur…
Lythos sentit son cœur libéré du coin de pierre qui l’étouffait un peu quand même jusque là.
Une soeurette à aimer et cajoler, à la place de ses frères à bagarrer. Un bonheur rare, réparateur…
****

Et Lythos grandit, au milieu de la vie des bambins de son âge.
Il s’épanche dans son école maternelle, se veut sculpteur, et pétrit à cinq ans un « homme à cheval » que sa maîtresse ne veut pas lâcher à sa mère.
Derrière les murs de la barre HLM, du talent à perdre ! Des odeurs de bêtise poussent sur les lichens des murs modernes .

Lythos perd encore un éclat de cœur, ça fait deux.
Mais aucune ankylose ne vient le prévenir.
Sa légende ne se sait pas encore.

****

Grandis, grandissant Lythos : un cœur imbattable, imbattu aux osselets de marbre, invaincu sur les routes fugueuses sur lesquelles il tentera de refaire la vie, à neuf ans !
Troisième éclat de pierre planté dans son âme.
La légende de l’homme au cœur de pierre prit forme ce jour-là ; qu

vendredi 2 septembre 2005
19:23

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Nouvelles

Joachim Bellebride


Juin 44

L’odeur de la guerre est mauvaise aux narines québécoises…
Arrivé des forêts sirupeuses de son pays natal, Robert Bellebride souffre du nez, plus que de ses pieds. L’odeur de ses pieds, ce sont plutôt ses potes qui en souffriraient, mais qui préfèrent la fermer, considérant la carrure du gars.

Les balles, les grenades, la mitraille, il s’en fiche complètement, Robert ; ce qui l’emmerde profondément, c’est l’odeur. Odeur du sable, odeur marine, odeur du singe qu’il faut bouffer, de la poudre acide, de l’essence. Lui, c’est un terreux du fond du bois, au nez aussi sensible que celui des ours qu’il côtoie.

Alors il baroude, il écarte, il libère… en se bouchant le pif.

Août 44

C’est au détour de Joinville le Pont, Pont Pont, qu’il rencontra Marinette Rusquier, venue abreuver ses « américains » . Elle était aussi fraîche que le vin qu’elle servait, savait l’anglais, le grec et le latin, Marinette, normalienne et si bien foutue.
Elle avait de la profondeur dans les yeux, du charme au creux des lèvres, et cette sorte de retenue dans les hanches qui font la vraie séduction.
C’est sur une herbe tendre qu’ils se sont aimés, Robert et Marinette, de toutes les caresses stockées au creux de leur cœur, de toute l’envie accumulée dans les meules moissonnées, sur des senteurs qu’il adorait, enfin.
Ainsi fut conçu Joachim Bellebride, sur la fin d’une guerre aussi stupide que toutes les guerres, au début d’un amour aussi stupide que toutes les amours…
Et Robert est reparti, lourd de promesses, sourd et certain de revenir. Mais il se bouchait trop le nez et n’a pas senti cette dernière balle…

********

Décembre 2003

Joachim roule sur l’autoroute vers Toulouse, serrant entre ses puissantes cuisses la furieuse K 1000 qu’il guidonne de ses poignets fatigués.
Sentiments mélangés aux odeurs vaseuses de l’Hers, ce ruisseau presque rivière, ce prétentieux poissonneux qui fut calibré pour laisser passage aux hommes roulants , aux monstres bétonneux, et qui en pue encore plus !
Il le sent encore, comme il sent les fragrances du canal du Midi, quand sa « Mam’rinette », comme il l’appelait, le promenait après ses cours à Saint-Stanislas.
Dieu qu’il en a chié ! Le cycle d’Homère, et lanlaire…

Mam’rinette, helléniste distinguée, ne jurait que par ce fameux cycle homérique : vingt ans de croissance, vingt ans d’études, vingt ans de voyages et vingt ans de sagesse… pour faire une vie riche, juste avant une pauvre mort.
Joachim aussi aimait les cycles, mais plutôt à deux roues. Avec un moteur c’était encore mieux ; et à l’époque, ça sentait bon l’huile et le cambouis, l’interdit, la rapine et la baston.
Pendant que Nougaro chantait que « même les mémés aiment la castagne », il profitait d’une croissance rapide pour pratiquer . Fermement, quotidiennement, avec application et au profit des loulous de la Faourette, cette collection de legos destinés à loger dans ses clapiers des lapins immigrés .
C’est ainsi qu’au terme de ses vingt ans de croissance, Joachim entame ses vingt ans de cabane…


Jo broute de l’autoroute, peu à peu engourdi par un pilotage moutonnier ; c’est juste de la conduite un peu rapide, et quelques signes machinaux du pied droit aux bagnoleux sympathiques.
Il sent Toulouse approcher. Il renifle Garonne, il frémit aux aigreurs de la Plaine des Filtres. Mémoire olfactive, paraît-il la plus ancienne, la plus reptilienne, qui commence à envahir le confinement de son casque.


La prison Saint-Michel… il humait

vendredi 2 septembre 2005
19:22

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Nouvelles

CLAIRE


CLAIRE







Août 68.

Fait chaud sur Carlow, petite ville irlandaise de douze mille habitants. Paraît que c'est exceptionnel; à 21°C, tout le monde buffe, ventile, rougeoie. Tu sais plus qui a chaud, qui est rouquin. La Burrin est exsangue et la Barrow a fermé ses écluses; pourtant, il pleut tous les soirs un petit crachin bizarre qui n'est plus de la rosée et pas encore de la pluie.
14 ans.. Une valise, un copain rencontré dans l'avion, une boule dans la gorge, et le regret de m'être laissé envoyer passer un mois chez Pat et Pauline M. et leur fils de 12 ans.

Les voilà, dans la poubelle déglinguée d'un sympatoche voisin... j'arrive pas à parler.
Pat me parle, mais ça ne connecte pas avec mon anglais scolaire: on ne m'aurait donc pas appris l'anglais? Il est bien jeune pour avoir un fils de 12 ans... Il ressemble à Kirk Douglas.
Elle est ronde et rouge, jolie, fraîche et souriante, me prend le bras et me frotte le ventre…!?
Valoche, voiture, nuit tombante et piailleries qui me soûlent dans cette guimbarde. De temps en temps, ils se taisent et me sourient. J'ai bien envie de pleurer...

Août 68 (2)

Arrivée à « Hickory Hill », demi-maison de gauche d’une des cinquante maisons doubles qui forment le quartier de « Monnacurragh » ; mignon tout plein et fonctionnel ; jour en bas, nuit à l’étage avec une chouette piaule pour moi.
Mais pourquoi chuchotent-t-ils ?
Snack à la cuisine : salade avec de drôles de petits oignons nouveaux et chief sauce…
Avec mon dico, j’arrive à composer et articuler ma première phrase :
« My parents send to you their regards. »
Qu’est-ce qu’ils ont à rigoler ? Bon, ils s’en foutent … J’essaye autre chose :
« What is the name of your son ? »
« Klodek ». Quoi, “Klodek”?
Mais qu’est-ce qu’ils ont à glousser comme ça ? Je les trouve bien gentils, avec de bonnes bouilles et je souris : je dois avoir l’air un peu benêt…
Pauline sursaute, part en courant à l’étage, (bruits étouffés par la moquette) et revient avec un bébé.
Ah bon, je comprends… il n’a pas douze ans mais cinq mois et demi ; je me disais bien qu’ils avaient l’air trop jeunes… Pendant que ça biberonne dur, on s’explique : ils ont 25 et 24 ans, sont mariés depuis deux ans et « Klodek » est leur premier enfant.
Puis faut bien le changer, le chérubin. Tiens donc : c’est une chérubine… On finit par s’expliquer, avec papier, gestes, et toute la bonne volonté du monde : c’est Claudette.
Mais c’est français ça, non ? Après tout, la maman s’appelle bien Pauline…

Pat fume au salon, et lit le journal avec un petit échiquier posé à ses côtés. Juste un coup d’oeil au canard et à la position et je lui joue la solution. Pas besoin de parler pour ça…
Par signes, je fais comprendre que j’ai envie de faire un petit tour… tu parles, j’ai surtout envie de me fumer une Carrolls Number 1, moi aussi, mais j’ai trop honte…
Tout est étrange dehors ; les bruits, les odeurs, le ciel, les vibrations et mes pensées. Comme dit Pagnol : « … je sentis naître un amour qui allait durer toute ma vie ».

Août 68 (3)

Le programme sera simple et délicieux.
Tous les 2 jours, regroupement des frenchies pour des cours d’anglais où mon accent toulousaing fait un putaing de tabac jusqu’à ce que la prof explique à ces nordistes gutturaux que l’aspect chantant est beaucoup plus adapté… non mais !
Les autres passaient la plus grande partie de leurs journées ensemble, à droguer et draguer dans les rues…
Pour ma part, je préférais essa

vendredi 2 septembre 2005
19:20

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Histoires drôles

Racisme


Un black boit tranquillou un café au zinc du bistrot.
A son côté, le bof ordinaire qui sirote son p'tit blanc l'interpelle:
" Hé! Blanche Neige, tu sais pourquoi, vous, les noirs, vous avez la paume des mains et la plante des pieds qui sont blancs ??"

"... ??"

" Parce que quand on vous a peints, vous étiez encore à quatre pattes !!"

" Ahh... c'est pour ça... répond le black."

"Et alors ?" interroge le bof.

"Ben, c'est pour ça que vous avez le trou du c.ul marron..."

"Comment ça?"

" Ben, parce que quand on vous a enc.ulés, on n'était pas encore secs!"


vendredi 16 janvier 2004
17:50

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Blog mis à jour le 29/08/2008 à 21:27:59



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