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Chansons

Paul-Emile a des fleurs






Laissez la donc tranquille
Laissez la donc dormir
Retirez vos aiguilles
Laissez la donc partir

C'est l'ciel et vos machines
Qui tirent chacun d'leur bord
Qui sont là qui s'obstinent
C'est à qui sera l'plus fort
Laissez la donc j'vous jure
C'est elle la meilleure
Elle soigne mes blessures
Mieux qu'un troupeau de vos docteurs

Arrêtez donc d'vous battre
Laissez la donc mourir
Retirer vos salles pattes
Arrêtez de la retenir

Lâchez donc les veines
C'est pas votre mère à vous
C'est pt'être même plus la mienne
J'la reconnais plus du tout

Elle sait déjà par cœur
Toutes sortes de p'tits poèmes
Qui finissent par "Amen"
Faut bien qu'elle voit l'Seigneur

Depuis l'temps qu'elle s'prépare
Pour être belle pour lui
Gâchez pas son départ
Si faut que ce soit pour aujourd'hui

Laissez la donc tranquille
Laissez la donc rêvez
Elle rêve à Paul-Emile
J'en suis persuadée

Et bon Dieu quelle tristesse
Voyez comme elle s'ennuie
Des blagues et des caresses
D'son Paul-Emile chéri

Attendez donc un peu
Rangez pas vos aiguilles
Elle manquera pas à Dieu
Autant qu'elle manque à sa famille

N'la laissez pas tranquille
N'la laissez pas s'éteindre
Comme j'connais Paul-Emile
Y'va allez la r'joindre

Mais ranimez-la donc
Mais faîtes donc quelque chose
Gonflez-lui les poumons
Augmentez-lui ses doses

Relevez-lui les paupières
Elle a la trouille du noir
Réveillez ma pauv'mère
Elle va faire des cauchemars

Cognez-lui sur le cœur
Mais faîtes la réagir
Paul-Emile a des fleurs
Il veut les lui offrir









lundi 12 mai 2008
14:01

Auteur : Lynda Lemay 1994

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Poèmes

J'ai presque peur, en vérité






J'ai presque peur, en vérité,
Tant je sens ma vie enlacée
A la radieuse pensée
Qui m'a pris l'âme l'autre été,

Tant votre image, à jamais chère,
Habite en ce coeur tout à vous,
Mon coeur uniquement jaloux
De vous aimer et de vous plaire ;

Et je tremble, pardonnez-moi
D'aussi franchement vous le dire,
A penser qu'un mot, un sourire
De vous est désormais ma loi,

Et qu'il vous suffirait d'un geste.
D'une parole ou d'un clin d'oeil,
Pour mettre tout mon être en deuil
De son illusion céleste.

Mais plutôt je ne veux vous voir,
L'avenir dût-il m'être sombre
Et fécond en peines sans nombre,
Qu'à travers un immense espoir,
Plongé dans ce bonheur suprême
De me dire encore et toujours,
En dépit des mornes retours,
Que je vous aime, que je t'aime !








lundi 12 mai 2008
13:55

Auteur : Paul Verlaine 1844 -1896

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Poèmes

Mélodie






Quand le plaisir brille en tes yeux
Pleins de douceur et d'espérance,
Quand le charme de l'existence
Embellit tes traits gracieux, -

Bien souvent alors je soupire
En songeant que l'amer chagrin,
Aujourd'hui loin de toi, peut t'atteindre demain,
Et de ta bouche aimable effacer le sourire ;
Car le Temps, tu le sais, entraîne sur ses pas
Les illusions dissipées,
Et les yeux refroidis, et les amis ingrats,
Et les espérances trompées !

Mais crois-moi, mon amour ! tous ces charmes naissants
Que je contemple avec ivresse,
S'ils s'évanouissaient sous mes bras caressants,
Tu conserverais ma tendresse !
Si tes attraits étaient flétris,
Si tu perdais ton doux sourire,
La grâce de tes traits chéris
Et tout ce qu'en toi l'on admire,
Va, mon coeur n'est pas incertain :
De sa sincérité tu pourrais tout attendre.
Et mon amour, vainqueur du Temps et du Destin,
S'enlacerait à toi, plus ardent et plus tendre !

Oui, si tous tes attraits te quittaient aujourd'hui,
J'en gémirais pour toi ; mais en ce coeur fidèle
Je trouverais peut-être une douceur nouvelle,
Et, lorsque loin de toi les amants auraient fui,
Chassant la jalousie en tourments si féconde,
Une plus vive ardeur me viendrait animer.
"Elle est donc à moi seul, dirais-je, puisqu'au monde
Il ne reste que moi qui puisse encor l'aimer !"

Mais qu'osé-je prévoir ? tandis que la jeunesse
T'entoure d'un éclat, hélas ! bien passager,
Tu ne peux te fier à toute la tendresse
D'un coeur en qui le temps ne pourra rien changer.
Tu le connaîtras mieux : s'accroissant d'âge en âge,
L'amour constant ressemble à la fleur du soleil,
Qui rend à son déclin, le soir, le même hommage
Dont elle a, le matin, salué son réveil !







lundi 12 mai 2008
13:51

Auteur : Gérard de NERVAL 1808-1855

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Poèmes

A une femme





A vous ces vers de par la grâce consolante
De vos grands yeux où rit et pleure un rêve doux,
De par votre âme pure et toute bonne, à vous
Ces vers du fond de ma détresse violente.

C'est qu'hélas ! le hideux cauchemar qui me hante
N'a pas de trêve et va furieux, fou, jaloux,
Se multipliant comme un cortège de loups
Et se pendant après mon sort qu'il ensanglante !

Oh ! je souffre, je souffre affreusement, si bien
Que le gémissement premier du premier homme
Chassé d'Eden n'est qu'une églogue au prix du mien !

Et les soucis que vous pouvez avoir sont comme
Des hirondelles sur un ciel d'après-midi,
- Chère, - par un beau jour de septembre attiédi.







lundi 12 mai 2008
13:49

Auteur : Paul VERLAINE 1844-1896

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Poèmes

Amnésie






Loin de ces idiots préjugés
Je suis libre comme l'air
Nombre de trésors cachés
Enfouis, j'les ai découverts
Comme un ultime rêve sans grillage
Bien des fois, je revois ce visage
C'est un cauchemar sans âge
La passion des instants passés
Un mur s'est dressé, évitée, oubliée
Lors, je me suis sentie sombrée
Seule dans la nuit
Seule face à l'ennui
Pouvoir balayer ce qui nous a séparé
Pouvoir enfin trouver la sérénité
Dépossédée de l'être aimé
Je déambule sans un cri
Vérité d'une vie consummée
Douleur glacée, dignité
Dans un miroir, un regard hagard
Je crois mourir, il se fait tard
Le suicide, c'est le passé
La souffrance, l'actualité
Petite vie malmenée, piétinée
Victime de tant de cruautés
Enfin je dois me libérer
De mes chaînes, écartelée
Pour qu'enfin cesse la nausée
Mots réconforts, mots saccadés
Désespérée cent fois plus qu'à moitié
Nul besoin de parler, amputée
Moments de joies, oubliés
Les yeux noyés, embués
Retour sur le passé
Vertige comateux
Mots malheureux
Derniers sursauts de vie
Amnésie, douce folie...







mardi 6 mai 2008
13:13

Auteur : Trycia.

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