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Laissez la donc tranquille Laissez la donc dormir Retirez vos aiguilles Laissez la donc partir C'est l'ciel et vos machines Qui tirent chacun d'leur bord Qui sont là qui s'obstinent C'est à qui sera l'plus fort Laissez la donc j'vous jure C'est elle la meilleure Elle soigne mes blessures Mieux qu'un troupeau de vos docteurs Arrêtez donc d'vous battre Laissez la donc mourir Retirer vos salles pattes Arrêtez de la retenir Lâchez donc les veines C'est pas votre mère à vous C'est pt'être même plus la mienne J'la reconnais plus du tout Elle sait déjà par cœur Toutes sortes de p'tits poèmes Qui finissent par "Amen" Faut bien qu'elle voit l'Seigneur Depuis l'temps qu'elle s'prépare Pour être belle pour lui Gâchez pas son départ Si faut que ce soit pour aujourd'hui Laissez la donc tranquille Laissez la donc rêvez Elle rêve à Paul-Emile J'en suis persuadée Et bon Dieu quelle tristesse Voyez comme elle s'ennuie Des blagues et des caresses D'son Paul-Emile chéri Attendez donc un peu Rangez pas vos aiguilles Elle manquera pas à Dieu Autant qu'elle manque à sa famille N'la laissez pas tranquille N'la laissez pas s'éteindre Comme j'connais Paul-Emile Y'va allez la r'joindre Mais ranimez-la donc Mais faîtes donc quelque chose Gonflez-lui les poumons Augmentez-lui ses doses Relevez-lui les paupières Elle a la trouille du noir Réveillez ma pauv'mère Elle va faire des cauchemars Cognez-lui sur le cœur Mais faîtes la réagir Paul-Emile a des fleurs Il veut les lui offrir
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J'ai presque peur, en vérité, Tant je sens ma vie enlacée A la radieuse pensée Qui m'a pris l'âme l'autre été, Tant votre image, à jamais chère, Habite en ce coeur tout à vous, Mon coeur uniquement jaloux De vous aimer et de vous plaire ; Et je tremble, pardonnez-moi D'aussi franchement vous le dire, A penser qu'un mot, un sourire De vous est désormais ma loi, Et qu'il vous suffirait d'un geste. D'une parole ou d'un clin d'oeil, Pour mettre tout mon être en deuil De son illusion céleste. Mais plutôt je ne veux vous voir, L'avenir dût-il m'être sombre Et fécond en peines sans nombre, Qu'à travers un immense espoir, Plongé dans ce bonheur suprême De me dire encore et toujours, En dépit des mornes retours, Que je vous aime, que je t'aime !
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Quand le plaisir brille en tes yeux Pleins de douceur et d'espérance, Quand le charme de l'existence Embellit tes traits gracieux, - Bien souvent alors je soupire En songeant que l'amer chagrin, Aujourd'hui loin de toi, peut t'atteindre demain, Et de ta bouche aimable effacer le sourire ; Car le Temps, tu le sais, entraîne sur ses pas Les illusions dissipées, Et les yeux refroidis, et les amis ingrats, Et les espérances trompées ! Mais crois-moi, mon amour ! tous ces charmes naissants Que je contemple avec ivresse, S'ils s'évanouissaient sous mes bras caressants, Tu conserverais ma tendresse ! Si tes attraits étaient flétris, Si tu perdais ton doux sourire, La grâce de tes traits chéris Et tout ce qu'en toi l'on admire, Va, mon coeur n'est pas incertain : De sa sincérité tu pourrais tout attendre. Et mon amour, vainqueur du Temps et du Destin, S'enlacerait à toi, plus ardent et plus tendre ! Oui, si tous tes attraits te quittaient aujourd'hui, J'en gémirais pour toi ; mais en ce coeur fidèle Je trouverais peut-être une douceur nouvelle, Et, lorsque loin de toi les amants auraient fui, Chassant la jalousie en tourments si féconde, Une plus vive ardeur me viendrait animer. "Elle est donc à moi seul, dirais-je, puisqu'au monde Il ne reste que moi qui puisse encor l'aimer !" Mais qu'osé-je prévoir ? tandis que la jeunesse T'entoure d'un éclat, hélas ! bien passager, Tu ne peux te fier à toute la tendresse D'un coeur en qui le temps ne pourra rien changer. Tu le connaîtras mieux : s'accroissant d'âge en âge, L'amour constant ressemble à la fleur du soleil, Qui rend à son déclin, le soir, le même hommage Dont elle a, le matin, salué son réveil !
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A vous ces vers de par la grâce consolante De vos grands yeux où rit et pleure un rêve doux, De par votre âme pure et toute bonne, à vous Ces vers du fond de ma détresse violente. C'est qu'hélas ! le hideux cauchemar qui me hante N'a pas de trêve et va furieux, fou, jaloux, Se multipliant comme un cortège de loups Et se pendant après mon sort qu'il ensanglante ! Oh ! je souffre, je souffre affreusement, si bien Que le gémissement premier du premier homme Chassé d'Eden n'est qu'une églogue au prix du mien ! Et les soucis que vous pouvez avoir sont comme Des hirondelles sur un ciel d'après-midi, - Chère, - par un beau jour de septembre attiédi.
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Loin de ces idiots préjugés Je suis libre comme l'air Nombre de trésors cachés Enfouis, j'les ai découverts Comme un ultime rêve sans grillage Bien des fois, je revois ce visage C'est un cauchemar sans âge La passion des instants passés Un mur s'est dressé, évitée, oubliée Lors, je me suis sentie sombrée Seule dans la nuit Seule face à l'ennui Pouvoir balayer ce qui nous a séparé Pouvoir enfin trouver la sérénité Dépossédée de l'être aimé Je déambule sans un cri Vérité d'une vie consummée Douleur glacée, dignité Dans un miroir, un regard hagard Je crois mourir, il se fait tard Le suicide, c'est le passé La souffrance, l'actualité Petite vie malmenée, piétinée Victime de tant de cruautés Enfin je dois me libérer De mes chaînes, écartelée Pour qu'enfin cesse la nausée Mots réconforts, mots saccadés Désespérée cent fois plus qu'à moitié Nul besoin de parler, amputée Moments de joies, oubliés Les yeux noyés, embués Retour sur le passé Vertige comateux Mots malheureux Derniers sursauts de vie Amnésie, douce folie...
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Blog mis à jour le 30/08/2008 à 00:58:03
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