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Poèmes

J'ai presque peur, en vérité






J'ai presque peur, en vérité,
Tant je sens ma vie enlacée
À la radieuse pensée
Qui m'a pris l'âme l'autre été,
Tant votre image, à jamais chère,
Habite en ce cœur tout à vous,
Mon cœur uniquement jaloux
De vous aimer et de vous plaire ;
Et je tremble, pardonnez-moi
D'aussi franchement vous le dire,
À penser qu'un mot, un sourire
De vous est désormais ma loi,
Et qu'il vous suffirait d'un geste.
D'une parole ou d'un clin d'œil,
Pour mettre tout mon être en deuil
De son illusion céleste.
Mais plutôt je ne veux vous voir,
L'avenir dût-il m'être sombre
Et fécond en peines sans nombre,
Qu'à travers un immense espoir,
Plongé dans ce bonheur suprême
De me dire encore et toujours,
En dépit des mornes retours,
Que je vous aime, que je t'aime !


samedi 9 août 2008
00:05

Auteur : Paul VERLAINE (1844-1896)

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Poèmes

Il était là




Il était là, devant mes yeux bien en chair,
Le regardant comme si c’était la première fois;
Inerte en face de lui dans un voyage imaginaire,
Qui faisait tourner le monde autour de moi.


S’approchant de moi avec le même regard,
Armé de ce sourire dévoilant ses dents blanches,
Je demeurais à le regarder avec des yeux hagards
Car son retour fut telle une subite avalanche

Je me taisais devant cette rencontre magique
Qui me transporta quelques instants dans un rêve
Puis un baiser se déposa sur mes lèvres flegmatiques
Pour me réanimer et me dire que ce n’est pas un rêve


Voulant parler, dire un mot pour tuer le silence
Seules les larmes coulèrent chaudement sur mes joues
Les larmes pour ce mal de sa longue absence
Et puis nos lèvres se sont unies dans un baiser fou

Par Samia Nasr

vendredi 8 août 2008
21:32

Oeuvre originale
Auteur : Samia Nasr

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Poèmes

A celle qui est voilée




Tu me parles du fond d'un rêve
Comme une âme parle aux vivants.
Comme l'écume de la grève,
Ta robe flotte dans les vents.
Je suis l'algue des flots sans nombre,
Le captif du destin vainqueur ;
Je suis celui que toute l'ombre
Couvre sans éteindre son cœur.
Mon esprit ressemble à cette île,
Et mon sort à cet océan ;
Et je suis l'habitant tranquille
De la foudre et de l'ouragan.
Je suis le proscrit qui se voile,
Qui songe, et chante, loin du bruit,
Avec la chouette et l'étoile,
La sombre chanson de la nuit.
Toi, n'es-tu pas, comme moi-même,
Flambeau dans ce monde âpre et vil,
Ame, c'est-à-dire problème,
Et femme, c'est-à-dire exil ?
Sors du nuage, ombre charmante.
O fantôme, laisse-toi voir !
Sois un phare dans ma tourmente,
Sois un regard dans mon ciel noir !
Cherche-moi parmi les mouettes !
Dresse un rayon sur mon récif,
Et, dans mes profondeurs muettes,
La blancheur de l'ange pensif !
Sois l'aile qui passe et se mêle
Aux grandes vagues en courroux.
Oh, viens ! Tu dois être bien belle,
Car ton chant lointain est bien doux ;
Car la nuit engendre l'aurore ;
C'est peut-être une loi des cieux
Que mon noir destin fasse éclore
Ton sourire mystérieux !
Dans ce ténébreux monde où j'erre,
Nous devons nous apercevoir,
Toi, toute faite de lumière,
Moi, tout composé de devoir !
Tu me dis de loin que tu m'aimes,
Et que, la nuit, à l'horizon,
Tu viens voir sur les grèves blêmes
Le spectre blanc de ma maison.
Là, méditant sous le grand dôme,
Près du flot sans trêve agité,
Surprise de trouver l'atome
Ressemblant à l'immensité,
Tu compares, sans me connaître,
L'onde à l'homme, l'ombre au banni,
Ma lampe étoilant ma fenêtre
A l'astre étoilant l'infini !
Parfois, comme au fond d'une tombe,
Je te sens sur mon front fatal,
Bouche de l'Inconnu d'où tombe
Le pur baiser de l'Idéal.
A ton souffle, vers Dieu poussées,
Je sens en moi, douce frayeur,
Frissonner toutes mes pensées,
Feuilles de l'arbre intérieur.
Mais tu ne veux pas qu'on te voie ;
Tu viens et tu fuis tour à tour ;
Tu ne veux pas te nommer joie,
Ayant dit : Je m'appelle amour.
Oh ! Fais un pas de plus ! Viens, entre,
Si nul devoir ne le défend ;
Viens voir mon âme dans son antre,
L'esprit lion, le cœur enfant ;
Viens voir le désert où j'habite
Seul sous mon plafond effrayant ;
Sois l'ange chez le cénobite,
Sois la clarté chez le voyant.
Change en perles dans mes décombres
Toutes mes gouttes de sueur !
Viens poser sur mes œuvres sombres
Ton doigt d'où sort une lueur !
Du bord des sinistres ravines
Du rêve et de la vision,
J'entrevois les choses divines… -
Complète l'apparition !
Viens voir le songeur qui s'enflamme
A mesure qu'il se détruit,
Et, de jour en jour, dans son âme
A plus de mort et moins de nuit !
Viens ! Viens dans ma brume hagarde,
Où naît la foi, d'où l'esprit sort,
Où confusément je regarde
Les formes obscures du sort.
Tout s'éclaire aux lueurs funèbres ;
Dieu, pour le penseur attristé,
Ouvre toujours dans les ténèbres
De brusques gouffres de clarté.
Avant d'être sur cette terre,
Je sens que jadis j'ai plané ;
J'étais l'archange solitaire,
Et mon malheur, c'est d'être né.
Sur mon âme, qui fut colombe,
Viens, toi qui des cieux as le sceau.
Quelquefois une plume tombe
Sur le cadavre d'un oiseau.
Oui, mon malheur irréparable,
C'est de pendre aux deux éléments,
C'est d'avoir en moi, misérable,
De la fange et des firmaments !
Hélas ! Hélas ! C’est d'être un homme ;
C'est de songer que j'étais beau,
D'ignorer comment je me nomme,
D'être un ciel et d'être un tombeau !
C'est d'être un forçat qui promène
Son vil labeur sous le ciel bleu ;
C'est de porter la hotte humaine
Où j'avais vos ailes, mon Dieu !
C'est de traîner de la matière ;
C'est d'être plein, moi, fils du jour,
De la terre du cimetière,



vendredi 8 août 2008
21:24

Auteur : Victor HUGO (1802-1885)

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Poèmes

J'ai une grande amie





Dans cette impitoyable vie,
J’ai une vraie Grande Amie
C’est la Grande Solitude
Elle s’accroche à moi
Ailleurs ou sous mon toit
Avec une incroyable certitude

Mon Amie Solitude m’aime
Et elle veut que je l’aime
Toujours et jusqu’au bout
Elle me serre contre elle
Me gardant rien pour elle
Me chérissant plus que tout

Mais cette Grande Solitude
Elle a une mauvaise habitude
Voulant que je lui ressemble
Être comme elle, une dame,
Mais avec une triste âme
Ainsi la joie est impossible

Par Samia Nasr

vendredi 8 août 2008
05:16

Oeuvre originale
Auteur : Samia Nasr

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Poèmes

Mer




Mer, te souviens-tu de moi
L’enfant joviale d’autrefois
Qui courrait sur ton rivage
Qui créait son château de rêve
Rêvant d’avoir un corps de sève
Être une heureuse princesse
Avec un prince d’un autre âge?

Les jours et les nuits ont fuit
Son âme devient une triste nuit
Les joies se sont aussi glissées
Les espoirs balayés à jamais
Voulant dans son âme les réanimer
Mais son pauvre cœur est lassé

Elle voit dans la mer sa jeunesse
Mais elle a peur de la vieillesse
De la vivre seule, triste et mal
Si elle continue à vivre sans amour
Viendra-t-il dans un grand jour
Son beau prince sur un cheval?




vendredi 8 août 2008
04:44

Oeuvre originale
Auteur : Samia Nasr

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