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lanserlia - 993217

Roche Jaille


Roche Jaille

Récit de D

10h : coup d'oeil sur la carte, au chaud à l'intérieur de la voiture, pour voir le cheminement de notre randonnée d'aujourd'hui : Roche Jaille.
Des militaires arrivés avant nous commencent à chausser - un randonneur solitaire revient déjà :
- "c'est comment ?"
- "Crouté !"

Ces propos ne sont pas enthousiasmants, pas du tout ! Ca inspire plutôt la galère pour la descente ! Tant pis, j'ai bon espoir de trouver encore de la poudre, vu l'orientation de la ballade et le froid qu'il fait.
Nous attaquons par un petit chemin, dans les bois, parfois un peu raide.
Vu que nous avons le rhume tous les 2, nos quintes de toux doivent réveiller les oiseaux encore endormis !
J’espère que le bon air pur de la montagne coupera court au nez qui coule et à la gorge qui racle... Ah ! Une intersection : quel est le bon chemin ? Une pancarte vieillotte en bois indique : "Chalets de la Buffaz"
- "On y passe " clame Lanserlia. J'aimerais bien ressortir la carte pour le confirmer mais mon esprit me dit de lui faire confiance. Ah, c'est dur de se séparer d'une éducation machiste ! Que voulez-vous, c'est dans les gènes... Alors, allons-y !

30 minutes plus tard, nous sortons de la forêt et, sur un plateau à découvert, nous arrivons comme prévu aux chalets. La femme a toujours raison ! Une fois de plus, dirait-elle !!
En tout cas, nous sommes sur le bon chemin, les militaires sont un peu plus haut, en train de nous faire une belle trace.
Le panorama est assez beau et, comme tout alpiniste regardant l’horizon, nous essayons de mettre un nom aux montagnes qui nous entourent.
Ce sont des sommets que l’on a fait, ou que l’on rêve de faire, que l’on fera peut-être un jour ou que l’on ne fera jamais… Certains réveillent des souvenirs. Il n’y a pas de bruit, le ciel est d’un bleu éclatant, aucun nuage à l’horizon. Là-bas, vers un col, des randonneurs montent…
Après un peu de thé chaud et quelques raisins secs, nous repartons. Nous reprenons le pas lent, régulier, répétitif, machinal, du randonneur en peaux de phoque, l’alternance des jambes et des bras. Parfois une conversion vient couper le geste, pour repartir dans l’autre sens. Plus on s’élève, plus le panorama s’agrandit.

Sur la droite, une énorme avalanche…

Récit de D et Lanserlia

Sa présence nous surprend. Aucun signe ne laissait présager un danger en ce lieu et nous rappelle qu’il n’y a pas de certitude en montagne. N’oublions pas de rester humbles devant la Nature…
Nous montons, nous montons, dans les pas des militaires, serpentant entre les croupes de la montagne.
Après 3 heures d’efforts, nous débouchons sur un large replat. Ici, surprise ! la neige, poudreuse jusqu’ici, devient croûtée, sculptée en vaguelettes par le vent des cimes.
La fatigue de nos rhumes respectifs nous rattrape : le sommet n’est pas encore visible, d’ici, et une belle pente se dresse devant nous… Nous n’aurons pas le courage de continuer. Nous posons les sacs et « attaquons » le saucisson au soleil, assis sur une pierre plate, face au Grand Perron des Encombres et à la Pointe de la Masse. Il est bon, le saucisson, ici !!!

Vient l’heure de la descente. Après avoir enlevé les peaux et serrer les chaussures, à nous la pof et la godille… et les cailloux qui affleurent parfois ou sont cachés sous la neige !

La consistance de la neige n’est pas uniforme.
Un des plaisirs du ski de randonnée consiste à rechercher, selon les aspects de la couche de neige, les endroits les plus agréables pour descendre. Ici, pas de dameuse pour lisser et rend

dimanche 13 mars 2005
21:58

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Auteur : D et lanserlia

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lanserlia - 993217

le refuge de la Femma (4)


Soudain, derrière nous : la lune ! mon amie la lune, ronde, grosse, pleine, en cette période. L’apothéose de la journée : la pleine lune !
Elle s’est levée derrière nous, sans crier gare, pour nous faire une surprise…

Nous nous arrêtons pour la saluer. De toute façon, nous n’échapperons pas à la nuit !
Elle est ronde, la lune, toute belle et lumineuse. Nous éteignons les lampes, pour ne pas la vexer : sa clarté guide nos pas, nos ombres se détachent sur la neige, les montagnes se découpent sur le ciel, les étoiles s’allument.

Après la magie du soleil couchant, voilà la grande émotion de la pleine lune, ce mystère qui fascinait et inquiétait tant nos lointains ancêtres !

Encore une fois, comment vous décrire l’indescriptible ?
Une immensité blanche, entourée de montagnes noires, 2 ombres qui marchent dans la neige, le ciel éclairé par une grosse boule blafarde qui veille sur eux, le vent froid de cette nuit de cristal qui leur pique les joues…

La piste remonte, remonte… sans fin… la marche devient de plus en plus pénible…
Revoilà le refuge du Plan du Lac. Encore un effort et la montée s’arrêtera, là-bas, bientôt, très bientôt….
Nous voilà enfin au point haut de la route.

La voiture nous attend sur le parking : point gris tout petit, tout seul sur ce grand espace gelé.
Un dernier effort, un dernier clin d’œil à la lune et c’est le retour dans la vallée, vers la civilisation.

mardi 11 janvier 2005
21:32

Oeuvre originale
Auteur : lanserlia

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lanserlia - 993217

le refuge de la Femma (5 et dernier)


Ce jeudi, nous avons eu le soleil, le bleu des vitraux sur nos têtes, les murailles de pierre autour de nous, la féerie du soir pour nos yeux, la magie de la pleine lune pour nos âmes, le bol de thé chaud pour nos mains et notre soif.

Nous avons eu tout le bonheur du monde ce jour-là. Nous nous sommes endormis heureux : la lune et les Dieux nous avaient souri.

Epilogue :

Quelques jours plus tard, j’ai fait le compte rendu à mon docteur : 20 kms de marche dans la neige, dont « quelques uns » dans le froid de la nuit.
Pour une reprise « tranquille » de la marche, c’était raté ! mais Achille le tendon a tenu le coup…

Et qu’a dit le docteur de ces excès ?
Rien ! et il a même souri. Il avait compris : il aime la montagne, lui aussi !


mardi 11 janvier 2005
21:32

Oeuvre originale
Auteur : lanserlia

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lanserlia - 993217

le refuge de la Femma (2)


Au bout d’une bonne demi-heure, nous passons devant le refuge du Plan du Lac, à 2364 m d’altitude, très animé l’été mais fermé et plongé dans son sommeil hivernal maintenant, comme les marmottes !

La route continue en piste, descend. Voilà la chapelle Saint Barthélémy (2284 m) ; carrefour de grandes randonnées : en face, le GR5 qui s’en va vers le refuge d’Entre-Deux-Eaux et Tignes, ou le refuge Félix-Faure et Pralognan, entre 2 massifs de « caillasse » avec, au fond, la Grande Casse.

Nous, nous irons à droite, dans le vallon de la Rocheure. Une pancarte indique : « refuge de la Femma : 2 heures ». Cela fait 1 h ½ qu’on marche, nous ne sommes pas encore arrivés….

Le spectacle est grandiose. Les montagnes nous entourent et nous dominent de toute leur majesté, de tout leur orgueil, de toute leur énorme splendeur.
Le silence nous enveloppe. Nul besoin de parler, juste écouter le silence, s’en imprégner, alléger nos esprits fatigués par le bruit « d’en bas ». Ici, on respire le silence, on s’approche des Dieux.
L’immensité du paysage, le bleu du ciel, le souffle libre du vent rappellent l’humilité et la modestie à l’être humain. Il doit être plus facile de prier ici, dans ces chapelles isolées au détour d’un chemin, refuge du voyageur , du berger… chapelles aujourd’hui fermées ou en ruine, repères ô combien précieux à nos âmes tourmentées !

Nous voilà repartis, à l’ombre, sur la piste encombrée de neige et de congères, marche pas toujours facile mais ça descend ! Nous cheminons ainsi longtemps, jusqu’aux chalets de la Rocheure où la piste s’arrête et se transforme en chemin, après avoir traversé le ruisseau.

Des groupes de chamois dévalent les pentes, s’arrêtant pour brouter et regarder ces 2 humains maladroits sur leurs 2 sabots. Ils doivent bien rire de nous voir progresser l’échine courbée et les mains agrippées aux bâtons de ski, en équilibre sur les cailloux du chemin !

« sont-ils donc empotés, ces humains ! » me semble-t-il lire dans leur regard moqueur…

D’ailleurs, il ne se sauvent même pas à notre approche et nous toisent même d’un certain mépris goguenard !

Nous avons retrouvé le soleil en traversant le ruisseau. Il y a moins de neige mais par contre les ruisselets se sont transformés en de grandes coulées de glace vive qui nous obligent à quelques petits détours.
Le chemin remonte à travers les maigres herbages d’altitude.

Après 3 h ½ de cheminement, nous voilà au refuge : 2 chalets de bois, à 2323 m d’altitude, nichés contre la paroi, à l’abri du rocher de la Femma. Le refuge d’hiver est ouvert : nous nous installons sur la terrasse, devant un bol de thé bien chaud…

Ah ! le thé bien chaud sur la terrasse du refuge de la Femma !
Est-il possible de vous décrire l’indescriptible ?
Cette sensation de bonheur, de paix… le silence, troublé par le bruit assourdi du torrent en contrebas ! et le thé chaud qui chauffe les mains, qui réchauffe l’âme, le cœur et l’estomac…

Pas de bruit, pas de mots, pas de gestes. Juste les mains serrées sur le bol de thé chaud et le regard posé sur les montagnes inondées de soleil.

Et le casse-croûte ! Ah ! le casse-croûte,

mardi 11 janvier 2005
21:31

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Auteur : lanserlia

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lanserlia - 993217

le refuge de la Femma (3)


L’heure tourne, la nuit tombe vite en cette saison. Il nous faut bien revenir « sur terre » et penser au retour. Déjà le soleil se cache derrière la barrière rocheuse, en face de nous, donnant le signal du départ.
15 heures : il est temps. A l’aller, nous sommes descendus la plupart du temps et maintenant, logique oblige, il va falloir monter le chemin du retour…

Un dernier regard au refuge qui retrouve sa solitude hivernale et nous reprenons nos traces en sens inverse.
Revoilà nos chamois, à peu près aux mêmes endroits, ou se détachant sur la ligne de crête, toujours aussi peu affolés par notre présence…
L’ombre monte vite dans le vallon de la Rocheure : eux restent au soleil sur le versant sud.

La progression est aussi lente qu’à l’aller : les mêmes plaques de glace puis, une fois la piste retrouvée, les mêmes congères de neige poudreuse, en montée cette fois…

L’ombre remonte le long du versant, le crépuscule s’installe et, avec lui, la magie du soleil couchant.
Tout est dans l’ombre, dans le vallon. Par contre, les rochers étincellent, puis, petit à petit, deviennent rouges. Dans le ciel d’un bleu de vitrail, quelques traînées nuageuses flamboient vers l’ouest.

La grande fête du soir a commencé pour nous, rien que pour nous !

Plus l’ombre remonte le long des prés et des murailles, plus les rochers brûlent, le bleu du ciel se fonce, devient pur comme le diamant, les nuées flambent de mille nuances de rouge.
Un chamois se dessine sur la ligne de crête en face de nous ; où va-t-il ? communion de la nature et de l’animal aux sabots agiles…

La nuit nous rattrape et nous enveloppe. Le retour est pénible : la neige poudreuse, la montée, la fatigue… ne pas regarder trop loin devant, le chemin qu’il reste à faire, ne pas regarder la montre, le temps qu’il reste à marcher… Un pas devant l’autre, dans les traces, régulièrement, sans à-coups.

Revoilà la chapelle St Barthélémy : d’ici, il reste 1h½ de marche… Un pas devant l’autre…

Et le tendon ? s’il lâchait ici ? loin de tout, dans la nuit ? Ne pas y penser… Allez ! on continue, un pas, un autre…

Maintenant la nuit est tombée, le vent souffle faiblement mais il est glacé. Les montagnes se sont éteintes, les nuages aussi, les chamois ont disparu dans l’ombre.
Nous voilà vraiment seuls, la lampe frontale éclaire nos traces.

Soudain….

mardi 11 janvier 2005
21:31

Oeuvre originale
Auteur : lanserlia

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Blog mis à jour le 05/09/2008 à 17:03:31



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