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Les lueurs immobiles d'un jour qui s'achève La plainte douloureuse d'un chien qui aboie Le silence inquiétant qui précède les rêves Quand le monde disparu l'on est face à soi Les frissons où l'amour et l'automne s'emmêlent Le noir où s'engloutissent notre foi nos lois Cette inquiétude sourde qui coule en nos veines Qui nous saisit même après les plus grandes joies Ces visages oubliés qui reviennent à la charge Ces étreintes qu'en rêve on peut vivre cent fois Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard Ces paroles enfermées que l'on n'a pas su dire Ces regards insistants que l'on n'a pas compris Ces appels évidents ces lueurs tardives Ces morsures aux regrets qui se livrent à la nuit Ces solitudes dignes au milieu des silences Ces larmes si paisibles qui coulent inexpliquées Ces ambitions passées mais auxquelles on repense Comme un vieux coffre plein de vieux jouets cassés Ces liens que l'on sécrète et qui joignent les êtres Ces désirs évadés qui nous feront aimer Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
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Paroles: Michèle Senlis & Daniel Guichard. Musique: Jean Ferrat 1974 -------------------------------------------------------------------------------- Dans son vieux pardessus râpé Il s'en allait l'hiver, l'été Dans le petit matin frileux Mon vieux. Y avait qu'un dimanche par semaine Les autres jours, c'était la graine Qu'il allait gagner comme on peut Mon vieux. L'été, on allait voir la mer Tu vois c'était pas la misère C'était pas non plus l'paradis Hé oui tant pis. Dans son vieux pardessus râpé Il a pris pendant des années L'même autobus de banlieue Mon vieux. L'soir en rentrant du boulot Il s'asseyait sans dire un mot Il était du genre silencieux Mon vieux. Les dimanches étaient monotones On n'recevait jamais personne Ça n'le rendait pas malheureux Je crois, mon vieux. Dans son vieux pardessus râpé Les jours de paye quand il rentrait On l'entendait gueuler un peu Mon vieux. Nous, on connaissait la chanson Tout y passait, bourgeois, patrons, La gauche, la droite, même le bon Dieu Avec mon vieux. Chez nous y avait pas la télé C'est dehors que j'allais chercher Pendant quelques heures l'évasion Tu sais, c'est con! Dire que j'ai passé des années A côté de lui sans le r'garder On a à peine ouvert les yeux Nous deux. J'aurais pu c'était pas malin Faire avec lui un bout d'chemin Ça l'aurait p't'-êt' rendu heureux Mon vieux. Mais quand on a juste quinze ans On n'a pas le cœur assez grand Pour y loger tout's ces chos's-là Tu vois. Maintenant qu'il est loin d'ici En pensant à tout ça, j'me dis "J'aim'rais bien qu'il soit près de moi" PAPA... |
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Pierre Bachelet Les corons Paroles: Jean Pierre Lang. Musique: Pierre Bachelet 1982 © Avrep/RMF -------------------------------------------------------------------------------- {Refrain:} Au nord, c'étaient les corons La terre c'était le charbon Le ciel c'était l'horizon Les hommes des mineurs de fond Nos fenêtres donnaient sur des f'nêtres semblables Et la pluie mouillait mon cartable Et mon père en rentrant avait les yeux si bleus Que je croyais voir le ciel bleu J'apprenais mes leçons, la joue contre son bras Je crois qu'il était fier de moi Il était généreux comme ceux du pays Et je lui dois ce que je suis {Refrain} Et c'était mon enfance, et elle était heureuse Dans la buée des lessiveuses Et j'avais des terrils à défaut de montagnes D'en haut je voyais la campagne Mon père était "gueule noire" comme l'étaient ses parents Ma mère avait les cheveux blancs Ils étaient de la fosse, comme on est d'un pays Grâce à eux je sais qui je suis {Refrain} Y avait à la mairie le jour de la kermesse Une photo de Jean Jaures Et chaque verre de vin était un diamant rose Posé sur fond de silicose Ils parlaient de 36 et des coups de grisou Des accidents du fond du trou Ils aimaient leur métier comme on aime un pays C'est avec eux que j'ai compris |
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Avec le temps... Avec le temps, va, tout s'en va On oublie le visage et l'on oublie la voix Le cœur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller Chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien Avec le temps... Avec le temps, va, tout s'en va L'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie L'autre qu'on devinait au détour d'un regard Entre les mots, entre les lignes et sous le fard D'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit Avec le temps tout s'évanouit Avec le temps... Avec le temps, va, tout s'en va Même les plus chouettes souv'nirs ça t'as une de ces gueules A la gal'rie j'farfouille dans les rayons d'la mort Le samedi soir quand la tendresse s'en va toute seule Avec le temps... Avec le temps, va, tout s'en va L'autre à qui l'on croyait pour un rhume, pour un rien L'autre à qui l'on donnait du vent et des bijoux Pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous Devant quoi l'on s'traînait comme traînent les chiens Avec le temps, va, tout va bien Avec le temps... Avec le temps, va, tout s'en va On oublie les passions et l'on oublie les voix Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens Ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid Avec le temps... Avec le temps, va, tout s'en va Et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu Et l'on se sent glacé dans un lit de hasard Et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard Et l'on se sent floué par les années perdues Alors vraiment... avec le temps... on n'aime plus
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Cabrel Le monde est sourd Paroles et Musique: Francis Cabrel 1999 "Hors-saison" -------------------------------------------------------------------------------- Pendant qu'on se promène L'enfant pour cinq francs la semaine Vient broder des survêts Pour l'homme blanc qui golfe en voiturette Sale temps sur la planète Oh le drôle, le drôle de temps Porter secours c'est défendu Le monde autour est sourd, bien entendu Chercheur contre nature Truqueur, sur l'honneur qui jure Faut pas que ça vous inquiète J'ai bien connu l'animal mort dans votre assiette Sale temps sur la planète Oh le drôle, le drôle de temps Porter secours c'est défendu Le monde autour est sourd, bien entendu Tricheur à la tribune Menteur amassant la fortune Grimpeur dans la tempête Rien que des doses d'eau claire au fond de la musette Sale temps sur la planète Oh le drôle, le drôle de temps Pas de témoin une fois de plus Le monde autour est sourd, bien entendu Cendrillon tombée d'un coin du Sahel Perdue Sur un bout de papier me lance un appel Met dessus Melle dit "c'est où exactement C'est où exactement la Tour de Babel" Monsieur sort de l'église Heureux que les hommes fraternisent Son fils qui lui fait la tête Et lui qui court acheter le fusil et les fléchettes Sale temps sur la planète Oh le drôle, le drôle de temps Porter secours c'est défendu Le monde autour est sourd, bien entendu Pendant qu'on se promène L'enfant pour cinq francs la semaine Chercheur contre nature Bien caché derrière sa devanture Tricheur à la tribune Et nous, tous les applaudir Comme la lune Comme la lune... |
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Blog mis à jour le 05/12/2008 à 10:30:02
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