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Le vaporetto charrie sa marée humaine, milles chaussures raclent les vénérables marches, milles mains polissent les marbres ; Le soleil, bas sur l’horizon, couche les ombres… Déjà, je suis là, au pied du chevalet de Canaletto, j’apprécie la perspective saisie par l’artiste… Je plisse les yeux, un fin brouillard estompe le Palacio GranDucale… Un hennissement, le claquement des fers, grincement des sabots de frein… Un rideau s’écarte, le visage apparaît, la main gauche tient une tige de nacre qui soutient l’hermine d’un loup, le regard est doux et perçant, une mantille délicatement dentelée est pressée sur les lèvres… La main gantée s’écarte, les doigts s’ouvrent… Tel un papillon, l’étoffe ciselée étale son vol… A mes pieds, chût… Cri du cocher, l’attelage s’en hardi dans le couchant… Les fragrances me guident… Aériennes, en piazzetta del Léoni… Ténues, en calle Larga San Marco… Légères, elles décorent calle del l’Anzolo… Elles sont graciles sur le rio Canonica… Aériennes en calle del Rimedio… Rendent céleste le Palacio… Trois, cinq, sept plans de Carrare… Un large péristyle sur carré long… Le Majordome… Ma cape pourpre s’envole sur l’escalier d’Honneur… Les Huissiers écartent les polyèdres d'or… Rires cristallins… Lumières cinglantes… Milles conversations enchevêtrées… Tapisseries enluminées… Menuets de Mozart distillés depuis la mezzanine… Le Maître de Cérémonie laisse choir la Masse… . . . . . Sous le feu de la Salamandre… En l’athanor, re-naitre… Sous la Voûte étoilée, Tu illumines la Vie Ton regard m'investis Ton sourire me fait un chaleureux accueil… Chris En ce premier jour Du onzième mois De l’an deux mille six Ère vulgaire
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