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Petit koala - 1730361 

L'origine du monde et des hommes


Autrefois, il y a trés longtemps de cela, quand le soleil et la lune ne brillaient pas encore dans le ciel et quand le monde se résumait à une brume verdâtre de la forêt vierge, les Esprits se réunirent pour élire leur roi. Aprés d'interminables conciliabules, ils hésitèrent entre le fort Ntogini, l'habile Ndoga-gin, et le sage Mguri-mgori.
Un Esprit insignifiant et faible nommé Impisi s'adressa alors à toute l'assemblée :
"Choisissons pour roi celui d'entre nous qui réussira l'exploit le plus remarquable. "
Tous les Esprits furent d'accord.
Le fort et courageux Ntogini se leva et, d'un seul geste de la main, dissipa la brume verd‚tre de la forêt.
Le vif et adroit Ndoga-gin fit, lui aussi, un geste de la main et créa la Terre.
Le sage Mguri-mgori étendit ses bras sur la Terre et, aussitôt, la forêt se mit à pousser, les ruisseaux et les rivières à couler, les lacs à se remplir d'eau.
Sur ce, le robuste Ntogini gonfla ses joues et souffla. Il arracha tous les arbres de la forêt, en engendrant vents et tempêtes.
Ndoga-gin réunit tous les Esprits morts depuis les origines du Temps pour les suspendre dans le ciel, créant ainsi la Lune et les étoiles.
Mguri-mgori prit l'un de ses yeux et le lança haut dans le ciel, où il se transforma en Soleil.
Ensuite, Ntogini créa les nuages, Ndoga-gin la pluie et Mguri-mgori l'éclair. Peu à peu, la Terre acquit son apparence définitive, seuls les hommes y manquaient.
Alors, le faible et insignifiant Esprit Impisi se présenta à nouveau devant la grande assemblée et dit :
"Les trois dieux sont en vérité trés puissants, mais il semble que Mguri-mgori soit tout de même le plus fort d'entre eux. Faisons-en notre roi s'il parvient à créer des êtres semblables à nous, les Esprits. "
Tous les Esprits acceptérent la proposition d'Impisi. Mguri-mgori leur fit ses adieux et se retira dans un lieu connu de lui seul. Il resta absent trés longtemps, se montrant discret à son retour sur ce qu'il avait fait pendant sa retraite. Il se contenta de dire :
"Je vais créer des êtres semblables à nous. Je leur accorderai le privilége de régner sur tout ce qui se trouve sur la Terre, mais ils auront deux devoirs : celui de nous obéir, à nous, les dieux et les Esprits, et celui de se laver tous les jours dans l'eau fraîche et courante pour que leurs pensées soient pures. "
Aprés avoir manifesté bruyamment leur enthousiasme, les Esprits l'élurent roi. Seul le fort Ntogini en fut mécontent, car il jalousait Mguri-mgori. Il souffla de toutes ses forces et une tornade terrible dévasta la Terre. Les fleuves sortirent de leurs lits pour inonder les terres. Lorsque la tornade s'apaisa et que les fleuves retrouvérent leur cours habituel, des marécages s'étendaient un peu partout. Et voilà que les hommes se mirent à sortir de toute cette boue.
Comme ils sont issus des marécages, leur peau est noire, mais comme ils se baignent tous les jours dans l'eau cristalline des riviéres, leurs pensées sont d'une blancheur éclatante.

samedi 30 août 2008
17:41

Auteur : Conte Africain

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Petit koala - 1730361 

Les marais de sel


Les marais Topé-tope ne sont pas comme les autres. Aucune végétation ne couvre leur surface, aucun poisson, aucun crocodile ne vivent dans leurs profondeurs. Leur surface luit, au contraire, d'un éclat argenté mat et leurs eaux sont mortes. Les marais Topé-tope sont saturés de sel.
Autrefois, des champs fertiles et des prés verdoyants s'étendaient à la place des marais. C'était le pays de la riche tribu Ayayonga. Les Ayayonga s'étaient rendus célébres non pas par le bétail gras qu'ils élevaient, ni par les nombreuses variétés de blé qu'ils cultivaient, mais par le sel gemme qu'ils trouvaient en abondance dans leurs terres.
Casser des blocs de sel n'était pas difficile. C'était plus facile, en tout cas, que cultiver le blé et élever le bétail ! Avec le sel, on pouvait tout acheter : le blé et le bétail, de magnifiques tissus, des bijoux et des armes. Ainsi, les Ayayonga abandonnaient peu à peu le travail, négligeant leurs terres et leurs bêtes, entiérement occupés à l'extraction du sel qui était la source de leurs richesses.
Le puissant dieu Mguri-mgori considérait avec mécontentement l'attitude des Ayayonga. Il décida, en fin de compte, de les punir pour leur paresse. Mais auparavant, il voulait leur accorder une chance.
Ainsi, un vieillard nommé Bakomba dont le pére avait été jadis puissant sorcier, se leva au cours d'une cérémonie pour s'adresser au peuple ayayonga :
"Ecoutez-moi, hommes ayayonga ! Je suis Bakomba, votre congénère, fils d'un grand sorcier ! "
Lorsque l'assistance se tut, Bakomba poursuivit :
"Je suis assez vieux, hommes, pour me permettre de vous parler comme le puissant Mguri-mgori me l'a ordonné. Le puissant dieu est en colère contre vous, car vous négligez votre bétail et ne cultivez plus votre terre. Vous ne faites qu'extraire le sel et amasser les richesses, oubliant vos dieux, y compris le grand Mguri-mgori. Vous n'avez même pas de sorcier ! "
Bakomba n'eut pas le temps de finir. Les hommes se jetèrent sur lui et l'accusèrent de convoitise et d'ambition. Persuadés que Bakomba voulait devenir sorcier pour vivre à leurs dépens, les Ayayonga décidèrent de s'en débarrasser. Un homme proposa :
"Il est avide de notre sel, de nos pierres argentées. Alors, donnons-lui-en ! "
Sur ce, les hommes attachérent le pauvre vieillard à un arbre et le lapidèrent avec des blocs de sel. Avant de mourir, Bakomba S'écria :
"Le puissant Mguri-mgori vous regarde et son oeil affligé détruira votre arrogante richesse ! "
A peine eut-il prononcé ces paroles que le ciel se couvrit de lourds nuages noirs qui commencèrent à déverser des trombes d'eau sur la terre. Dans son affliction, Mguri-mgori inonda de ses larmes le pays des Ayayonga, faisant fondre leur richesse, le sel.
Lorsque le soleil brilla à nouveau dans le ciel, il ne restait rien de la tribu ayayonga, de ses champs et pâturages, de ses mines de sel. A leur place s'étendaient à perte de vue des marais salés, marais qu'on appelle Topé-tope, "Larmes salées ".

samedi 30 août 2008
17:40

Auteur : Conte Africain

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Petit koala - 1730361 

Le cimetière des éléphants


Autrefois, le peuple des éléphants vivait au bord de la rivière Sankourou. Il avait pour roi le puissant et sage Khoro. Un jour, le petit tisserin se posa sur la défense de Khoro et lui raconta, tout effrayé :
"Hélas, puissant Khoro ! c'est terrible ! Une foule d'êtres noirs à deux pattes est arrivée dans notre pays. Ils possédent de drôles d'objets qui tuent. Ils s'étendent partout et dévastent tout sur leur passage. "
Khoro sourit :
"Je connais ces êtres. Ce sont les hommes. Ils sont petits et ne sont pas trés forts. Leurs armes ne peuvent pas transpercer l'épaisse peau des éléphants. "
Cependant, peu de temps aprés, Khoro cessa de sourire. Les hommes noirs n'étaient ni trés grands, ni trés forts, mais ils étaient nombreux. Certes, leurs armes ne pouvaient transpercer l'épaisse peau des éléphants. Toutefois, une flèche bien lancée pouvait tuer un éléphant si elle le frappait à l'oeil. Les hommes brûlaient les forêts pour en faire des champs. En outre, une terrible sécheresse éprouvait le pays. Les éléphants se trouvèrent aux abois. Ils mouraient de faim et par les armes des hommes noirs.
C'est alors que le puissant Roi des Eléphants rassembla ses sujets et leur dit :
"Cette terre n'est plus bénie des dieux. La famine et les hommes noirs nous font souffrir. Nous devons partir d'ici. Nous irons vers le soleil couchant. Notre route sera droite, comme l'était jusqu'à présent notre vie. Nous passerons sur tout ce qui se trouvera sur notre chemin, que ce soient les marécages ou les hommes noirs. Nous sommes peut-être un petit peuple, mais chacun de nous est plus fort que dix fois dix singes. Nous atteindrons notre but. Il n'en reste pas moins que ce pays a toujours été notre terre. Aussi, nous y reviendrons quelques jours chaque année, le premier mois qui suit la saison des pluies. Ainsi, nos enfants la connaîtront, les vieux et les malades pourront y vivre leurs derniers instants. "
Ainsi parla le puissant Khoro, et il en fut comme il dit. Le passage des éléphants ressembla à celui d'une tornade : les arbres furent arrachés, les champs piétinés, les villages détruits. Beaucoup d'hommes périrent. La force des éléphants était effrayante.
Cela s'est passé, il y a longtemps, trés longtemps, mais chaque année, les éléphants continuent à emprunter le même chemin pour montrer leur ancienne patrie à leurs petits et pour que les vieux puissent y mourir. Depuis ce temps, on ne trouve plus de cadavres d'éléphants dans la forêt car ceux-ci vont mourir sur les bords de la riviére Sankourou. Là se trouve leur cimetière bien que personne ne sache l'endroit exact.

samedi 30 août 2008
17:39

Auteur : Conte Africain

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Petit koala - 1730361 

Pourquoi la hyène est-elle rayée ?


Autrefois, il y a fort longtemps de cela, la hyène était trés amie avec le lièvre. C'était une amitié bien étrange : rusée, la hyène trompait le lièvre chaque fois que l'occasion se présentait et le brave lièvre la laissait faire. Ne voulant pas de querelles, il préférait ne rien dire.
Souvent, nos deux amis allaient ensemble à la pêche. Patient et silencieux, le lièvre restait pendant des heures au bord de l'eau. Aussi attrapait-il bien plus de poissons que la turbulente hyène qui n'arrêtait pas de courir sur la berge au point que ses poissons arrivaient à s échapper, même avec la ligne. Malgré cela, la hyène nêétait jamais perdante. A tout moment, elle dérobait au lièvre son poisson, de sorte que celui-ci pêchait alors surtout pour elle. Un jour, il en eut assez :
"Je passe mon temps à pêcher, mais en fin de compte, c'est toi qui manges tout le poisson. "
"Il est bien possible que je mange un peu plus de poissons que toi, mais je suis aussi plus grande que toi. Tu n'arriverais même pas à manger tout ce poisson et il finirait par se g‚ter ", rétorqua la hyène.
"La question n'est pas là. Je peux le faire fumer et le poisson fumé ne se gâte pas. "
"D'accord, nous allons fumer le poisson ", accepta la hyène s'imaginant qu'elle arriverait bien à voler le poisson fumé.
Le lièvre était brave, mais pas stupide. Il ramassa sa pêche et sêen alla sur l'autre berge.
La hyène fit la grimace :
"Surtout ne t'endors pas : on risquerait de venir voler ton poisson ! "
Sur ce, ils se quittérent. A la tombée de la nuit, la hyène appela le lièvre :
"Hé, lièvre ! as-tu fini de fumer ton poisson ? "
Le lièvre ne répondait pas.
"Ne t'endors pas, sinon un voleur te prendra toute ta pêche ! "
Sans rien dire, le lièvre déposa une broche en fer dans le feu. La hyène traversa doucement la riviére et s'approcha à pas de loup du lièvre et de ses poissons. Le lièvre fit mine de dormir. Lorsque la hyène s'empara d'un poisson, il bondit sur ses pieds, attrapa la broche et rossa la hyène avec le bout chauffé à blanc. Sans dire un mot, celle-ci s'enfuit à toutes jambes. Arrivée de l'autre côté de la riviére, elle appela à nouveau le lièvre :
"Hé, lièvre ! n'as-tu pas vu un voleur ? "
"Un voleur est venu, mais je l'ai corrigé ", rit le lièvre.
"Je sais. J'ai senti les coups jusqu'ici. Avec quoi l'as-tu battu ? "
"Avec une broche chauffée à blanc. "
Depuis ce temps, la hyène porte des rayures que la broche chauffée à blanc laissa sur son dos.

samedi 30 août 2008
17:18

Auteur : Conte Africain

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Petit koala - 1730361 

Pourquoi y a-t-il tant d'idiots de par le monde ?


Autrefois, il y avait beaucoup moins d'idiots qu'aujourd'hui. Quand il s'en trouvait un quelque part, aussitôt on le chassait du village. Aujourd'hui, par contre, il faudrait chasser la moitié du village et encore, cela ne suffirait pas. Mais comment se fait-il qu'il y en ait tant ? Voici comment les choses se passèrent :
Un jour, trois idiots qu'on avait chassés pour leur bêtise se retrouvèrent à une croisée de chemins et se dirent :
"Peut-être arriverons-nous à quelque chose d'utile en réunissant l'intelligence de trois têtes stupides. "
Et ils poursuivirent leur chemin ensemble. Peu de temps aprés, ils arrivèrent devant une cabane d'où sortit un vieil homme.
"Où allez-vous ? " demanda celui-ci.
Les idiots haussérent les épaules :
"Là où nous porteront nos jambes. On nous a chassés de chez nous pour notre bêtise. "
Le vieux répliqua :
"Alors, entrez. Je vais vous mettre à l'épreuve. "
Il avait trois filles tout aussi bêtes et se montrait donc compréhensif. Le lendemain, il demanda au premier idiot :
"Va à la pêche ! "
Et au deuxiéme :
"Va dans les fourrés et tresse des cordes ! "
Puis au troisième :
"Et toi, apporte-moi des noix de coco ! "
Les idiots prirent un carrelet, une hache et un bâton et se mirent en route.
Le premier s'arrêta au bord d'une mare et se mit à pêcher. Quand son carrelet fut plein, il eut tout d'un coup soif. Il rejeta tout le poisson dans l'eau et rentra boire à la maison.
Le vieux lui demanda :
"Où sont les poissons ? "
"Je les ai rejetés à l'eau. La soif m'a pris et j'ai dû vite rentrer pour me désaltérer. "
Le vieux se fâcha :
"Et tu ne pouvais pas boire à la mare ? "
"Tiens, je n'y ai pas pensé. "
Pendant ce temps, le second idiot avait tressé un tas de cordes et se préparait à rentrer. Il s'aperçut qu'il n'avait pas de corde pour les attacher. Alors, il courut en chercher à la maison.
Et le vieil homme se fâcha encore :
"Et pourquoi n'as-tu pas attaché ton tas avec l'une des cordes ? "
"Tiens, je n'y ai pas pensé. "
Le troisième idiot grimpa sur un cocotier et montra les noix de coco à son bâton :
"Tu vas jeter par terre ces noix, compris ? "
Il descendit et commença à lancer le bâton sur le cocotier, mais il ne fit tomber aucune noix. Lui aussi rentra à la maison bredouille et une fois de plus, le vieux se fâcha :
"Puisque tu étais sur le cocotier, pourquoi n'as-tu pas cueilli les noix à la main ? "
"Tiens, je n'y ai pas pensé. "
Le vieux comprit qu'il n'arriverait à rien avec les trois sots. Il leur donna ses trois filles pour femmes et les chassa tous.
Les idiots et leurs femmes construisirent une cabane et vécurent tant bien que mal. Ils eurent des enfants aussi bêtes qu'eux, les cabanes se multiplièrent et les idiots se répandirent dans le monde entier.

samedi 30 août 2008
17:15

Auteur : Conte Africain

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Blog mis à jour le 11/10/2008 à 12:43:36



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