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La guerre, toujours la guerre. La fin du monde s’est déroulée plus ou moins comme nous l’avions prévu. Trop de monde. Pas assez d’espace ni de ressources. Les détails sont triviaux et inutiles. Les causes, elles, sont comme toujours purement humaines. La terre fut presque entièrement balayée de toute vie. Le grand nettoyage. Une étincelle atomique allumée par la main de l’Homme prit des proportions incontrôlables. Il pleuvait des lances de feu nucléaire. Les continents furent engloutis par les flammes sous des océans en ébullition. L’humanité avait presque disparu. Son spectre venait hanter la couche de radiation qui enveloppait la terre. Des ténèbres silencieuses allaient s’abattre sur la planète pour de longues années. Très peu survécurent au désastre. Certains eurent plus de chances que d’autres et parvinrent à se réfugier dans d’immense abris souterrains. Quand l’obscurité totale serait passée, ces abris s’ouvriraient et leur population recoloniserait la planète. En attendant, qui sait ce qu’il était arrivé à la surface à d’éventuels mais peu probables survivants…
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Chapitre 9 : Si Vis Pacem, Parabellum Des mois avaient passé. La situation ne s’était pas améliorée. Nous avions été immergé sans préparation dans un monde dont nous ne connaissions pas les règles, et que la dure réalité nous jetait au visage à chaque saut du sort. Edgar semblait de plus en plus malheureux et sa carapace de violence se fissurait peu à peu, à mesure que le visage de Titine s’effaçait et que son souvenir s’imposait à son esprit. Il me confia un jour : « Avant, je me disais parfois que certaines personnes naissaient victimes et donnaient aux autres les armes pour les frapper. Mais ici toutes les victimes ont été exterminées, il ne reste plus que les bourreaux. Mais un bourreau ça ne sait pas faire la guerre : nous sommes des armées de bourreaux qui se mutilent, se rendant tous mutuellement fous et de plus en plus extrémistes. » Lui non plus ne comprenait plus le monde dans lequel il vivait. Quant à moi, je venais d’encore plus loin. Les ennuis se multipliant, nous étions tous fatigués, et risquions de plus en plus de commettre des fautes. Récemment, un groupe pour lequel nous avions convoyé des caisses de matériels anté-nucléaire récupérés un peu partout et susceptibles d’être réutilisés, souvent de façon bien différente de leur usage initial, nous avait payé avec de l’essence diluée, qui avait encrassé le moteur du camion qui avait finalement refusé de redémarrer. Il nous avait fallu le vidanger, démonter le moteur, le décrasser ; nous avions perdu énormément de temps et d’argent et le camion n’avait pas aimé être ainsi désossé. Nous avions donc monté une expédition punitive, qui avait connu un succès mitigé. Certes ces petits plaisantins chenapans s’étaient retrouvés exterminés, scalpés, puis empalés sur des piques dans leur ancien repaire et autour du notre, mais la bataille n’avait pas été sans maux. Plusieurs d’entre nous avaient été blessés, j’avais une cicatrice de plusieurs centimètres sur le haut de l’épaule ; Brutus avait perdu deux doigts, Pépé l’usage de sa main gauche ; quant à Chico, après une sale blessure au flanc et deux jours de coma, il avait fini par se remettre doucement d’une fièvre d’une semaine. Le pire endroit était Trocadero, le ‘’centre commercial’’ de notre nouveau quartier. Centre commercial. Ce mot n’avait plus le même sens qu’avant la guerre. C’est là où tous les gangs et autres trafiquants se retrouvaient pour refourguer leur camelote ; on y trouvait des magasins qui vendaient munitions et médicaments sur la même étagère, des intermédiaires en tous genres, des bordels, fumeries d’opium, assommoirs, des ventes d’esclaves, des exécutions sommaires, des règlements de comptes à huit contre un, des mendiants, des junkies, des enfants, des cadavres, et tout cela dans la bonne humeur générale. Ce petit monde gravitait autour d’un point, autour de la tour de « Notre Liberté ». Et dans cet énorme bâtiment vivait le groupe le plus redouté de la ville : les hommes de Juda. Juda avait investi « Notre Liberté » il y a bien longtemps, et personne n’était là depuis assez de temps pour s’en souvenir. Il régnait en maître sur le quartier, prélevant des redevances à qui il voulait, quand il voulait, il avait droit de mort, de servage et de cuissage ; ses hommes avaient presque autant de puissance ; il leur arrivait p |
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Chapitre 12 : Solem Quis Dicere Falsum Audeat Octobre 2128. De nombreux évènements s’étaient passés. Je vivais au Centre Phoenix bastion le plus interne de cette nouvelle cité que l’on appelait Panamis. Les gens, qui commençaient à avoir conscience de l’endroit dans lequel ils vivaient, disaient souvent : C’est le nouveau Paris d’aujourd’hui. Tout cela était dirigé d’une volonté de fer et d’une main de maître par Python. Comme je le disais, de nombreux évènements s’étaient passés. Lorsque nous étions retourné vers l’usine de Chit’Cola, quelques quatre mois plus tôt, nous n’avions pas manqué de passer devant l’imposante AM2, la locomotive immobilisée depuis le début de la guerre sur son tronçon de voie ; la bête était endormie, mais voulait encore rugir, et Python, tombé en admiration devant elle dès le premier regard, l’avait bien compris. Il avait lui-même des desseins pour la machine. En repartant de chez les Corleone, il m’avait machinalement demandé si je pensais qu’elle pourrait encore fonctionner. Après un bref coup d’œil aux boggies, où je vis que les roues n’étaient pas soudées aux rails, principal ennui avec ces monstres restés trop longtemps sur place sous les intempéries, je lui répondis qu’avec un peu d’entretien, elle avancerait, mais que le verrou énorme semblait plus problématique. Il écouta d’une oreille distraite ma réponse, et n’attendit pas que je finisse ma phrase pour changer de sujet. Pourtant, au-delà de son attitude nonchalante, ce qu’il venait de voir était loin de le laisser indifférent. Il nous conduisit à travers un dédale de rues, de ruines, sous un ciel gris et entre des murs fatigués. Pas encore remis de ce que nous avions vu, Mina et moi nous laissions tracter par sa motivation nouvellement retrouvée. Le surlendemain, nous arrivâmes aux abords d’un grand entrepôt. L’endroit tout de suite parut étrange. Tous les autres bâtiments aux alentours avaient été rasés, laissant une bande de vingt mètres totalement dégagée, tout autour du dépôt. Python attacha les bêtes, et nous fit signe de le suivre. « Ici, elles ne risquent rien, pas besoin de surveillance ». Il fit un ou deux signes dans le vide, puis suivit un parcours bien défini, sans hésitation. D’instinct nous marchâmes dans ses pas. Il se mit à marcher beaucoup plus lentement lorsqu’il fut à cinq mètres de la porte principale, puis y arriva après deux ou trois changements de direction. Il se dirigea vers une petite porte a côté du rideau de fer, frappa trois coups et dit d’une voix forte et assurée : « Eli, Eli, lamma sabachtani ». La porte sembla s’ouvrir toute seule. Il entra. Nous le suivîmes. Il avait déjà beaucoup avancé, marchait d’un pas ferme et rapide. Il eut la bonté de lâcher un « Lui, c’est un ami ». Je lançais un regard inquiet à Mina, qui ne semblait pas en savoir plus sur cet endroit, alors qu’elle paraissait être connue. Nous étions entouré de deux gardes en armure de combat, une sorte de version améliorée du gilet pare-balle qui avait été commercialisée par l’armée pour les civils qui voulaient aller chercher leur pain sans trop de problème le dimanche matin. Son prix et le fait qu’il fallait attendre deux semaines pour avoir un permis avaient toutefois fait que peu de modèles avaient été achetés par des particuliers. On avait alors réservé les surplus pour l’armée et la police (réunie a |
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Chapitre 24 : In fine. Une jolie brise tiède de sud-ouest l’emportait doucement vers l’horizon. La terre au loin ne fut bientôt plus qu’un mince filet brunâtre où stationnaient les nuages. Nous étions en octobre ; ça allait bientôt être mon troisième noël dans les terres de nul part. Quatre mois avaient passés depuis cet épisode où je m’étais enfin décidé à m’écouter, à faire ce que je voulais plutôt que ce qui semblait le plus sûr : rester avec les plus forts pour être sur de survivre, se cacher derrière un fusil pour éviter la mort, la peur, la tristesse. On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait quand il s’en va. Les enfants, quand ils savent qu’ils vont entendre quelque chose qui ne leur plait pas, se bouchent les oreilles et parlent fort, ils refusent d’entendre, et même si ce bouclier ne les protège pas réellement, il leur sert d’alibi. J’avais si longtemps fait pareil. Mais maintenant, je savais que c’était ma vie : j’avais eu des moments de joie, et des moments de peine, mais il est nécessaire de vivre ces derniers ; on peut refuser de traverser, mais on est alors bloqué sur une rive. La tristesse et le désespoir ne sont pas nécessairement agréables à vivre, mais une fois le deuil fait, on peut à nouveau vivre des moments agréables. On finit toujours par oublier, mais pas ce qu’on refuse d’affronter. On peut tricher, couper à travers bois, mais avec la vie ça ne marche pas : jouez aux échecs contre vous-même, et vous saurez ce que l’adversaire projette. C’est exactement pareil. Vous pouvez faire semblant de ne pas avoir de remords et vous duperez certainement des gens, mais il y aura toujours une personne qui aura conscience de la duperie… Je n’étais pas resté dans le village que nous avions défendu. Quand j’étais retourné voir Carine et Danton, ils étaient sur le point de partir, avec une petite caravane. Ils allaient vers la Bretagne. Carine me dit que Louis, son futur fils, elle en était persuadée, vivrait sous un ciel plus clément et serait heureux lui aussi : il vivrait longtemps et aurait de nombreux amis… J’étais donc parti, je m’étais éloigné de ces lieux lourds de sens pour moi. La ceinture interdite autour de l’ancien Paris se réduisait de plus en plus : les groupes armés tels que le Phoenix ou d’autres troupes de mercenaires allaient régulièrement à la chasse pour en éliminer la vermine. Rien de plus facile pour un petit chef de guerre que de clamer sa supériorité en ayant abattu plus de goules que ses congénères. Il y avait deux mille ans on faisait de même avec les tribus d’agriculteurs ‘’barbares’’, puis avec les esclaves africains, puis plus tard avec les chevreuils ou autres canards, massacrés par des crétins avinés heureux de faire du sport en communion avec la nature. De nombreux petits villages se créaient donc dans ces territoires nouvellement libérés, qui avaient le double avantage d’être proche des terres libres de bâtiments donc cultivables et plutôt éloignées des gangs de junkies hantant le centre ville. C’était dans un de ces petits villages que je m’étais installé. Je leur avais demandé s’ils avaient besoin d’un conseiller technique (vous savez, comme au Vietnam, les milliers de conseillers techniques américains avec une M-60 dans les mains). Je ne sais pas s’ils m’avaient compris mais ils m’avaient chargé de débarrasser un champ de gros rats-cochons qui effrayaient la population. Un rat mutant, c’est comme un rat : ça n’aime pas le plomb, et ce travail était dans mes cordes. J’étais ensuite resté et je m’étais de plus en plus investi dans l’agriculture, délaissant complètement armes et armures. N’étant pas du village, les enfants venaient souvent, voulaient que je leur raconte des histoire de ‘’la ville’’. Je distillais un peu, enjolivais, mais me laissais souvent aller dans mes rêveries à raconter tous les petits détails insignifiants qui avaient fait ma vie à cette époque. J’étais déjà vieux et je radotais comme un grand-père ; les gamins aimaient ça. Les parents un peu moins, ils demandèrent à leur progéniture d’espacer leurs visites. On me donna une case un peu en retrait, histoire de pouvoir mieux défendre le village au cas où. Je ne voyais pas trop le coté stratégique de la chose, mais bon. J’eus une relation rapide avec une fille du village, mais au bout de quelques jours elle ne reparut pas. Le lendemain, un peu inquiet, j’allais chez ses parents. Son père, visiblement nerveux et sur ses gardes, la fourche à portée de main, ne me laissa pas entrer. Sa fille était occupée et les lois du village faisaient qu’elle allait se marier avec un autre. On me donna aussi une parcelle, et on m’indiqua qu’elle avait besoin de soin, que je n’avais donc plus besoin d’aider les autres dans leurs champs respectifs. En effet j’avais fort à faire pour dépierrer ce terrain, mais tant pis. Mi-octobre donc, j’allais vers le village comme chaque semaine (on m’avait également dit de ne pas venir trop souvent au centre du village, sinon les enfants venaient m’écouter au lieu d’aller travailler aux champs), lorsque je vis un groupe de paysans poussant et bousculant un humanoïde qu’ils attachèrent finalement à un poteau au centre de la place du village. « Une goule, on a choppé une goule ! » Des gamins lui lancèrent des cailloux. Intrigué, je m’approchais un peu plus. Les goules, au mieux, avaient des haillons dignes de sacs à pomme de terre, or celle-ci avait un habit jaune profond, du jaune des pyjamas qui servaient de combinaison à l’abri 13. En effet, la bande rouge sur le coté ne laissait aucun doute, je me frayais un chemin dans la foule et allais voir le malheureux. Il me regarda au bout d’un instant avec deux yeux morts. Il fallut que je l’appelle plusieurs fois et que je parle du dirigeant pour qu’il s’éveille un peu. Je l’avais déjà vu, mais ne me souvenais plus de son nom. Je lui demandais ce qu’il faisait là. Ce qu’il me raconta, balbutia plutôt, ressemblait plus à un délire de mourant qu’à un discours bien construit. C’était logique en même temps. Apparemment d’autres gens étaient sortis de l’abri ; ils avaient suivi mon exemple, (sortir, ou se rebeller contre les sacrifices idiots ?), mais sans réelle préparation. Il était parti avec deux amis mais les avait-il perdu ou étaient-ils morts ? Je n’eus pas beaucoup plus de temps de parole, le malheureux semblait s’être évanoui. Je regardais autour de moi. Les gens me dévisageaient, horrifiés. J’avais parlé avec une goule ; j’étais un démon, et autres inepties typiquement moyenâgeo-chrétiennes. Si ces derniers temps je m’étais posé la question d’une légère animosité contre moi, il semblait évident maintenant que je devais aller me poser ces questions ailleurs si je ne voulais pas à mon tour finir lapidé. Je commençais à prendre la direction de ma hutte, prêt à me battre s’il le fallait, mais tout le monde s’écartait sur mon passage. Je pris un sac de vivres, quelques affaires, mon dernier pistolet, et je partis. Je décidais de retourner à mon abri, même sans armée libératrice. Pourquoi ? Il est vrai que cette décision ne venait de rien de réfléchi. Mais bon. J’avais décidé que je ne retournerais pas au centre Phoenix, l’ambiance de la ville ne me convenant pas. De même l’errance ne me plaisait plus. J’avais essayé de me ranger, mais là encore ça avait été un échec. Que faire d’autre ? En manque d’inspiration, cet évènement qui m’avait fait penser à mes origines m’avait donné envie d’y retourner. Juste pour voir. Comme lorsque l’évocation d’une musique vous donne envie de l’écouter. Bref, c’était un coup de tête, et c’était complètement stupide au vu de l’argumentation que j’avais. En réalité, cette idée me taraudait depuis longtemps. J’attendais une fausse excuse pour y retourner. Et voilà. J’y allais. Dans quel but ? Aller voir ce qui s’y passait, le héros revenant et s’opposant au tyran ? Un nouveau Che Guevara… Quoi que le Che a mal fini… Oublions cette comparaison… Le plus dur fut de retrouver le chemin. Je l’avais fait deux ans auparavant dans des conditions peu propices à la concentration. Mon I-Pocket était mort depuis bien longtemps, son GPS aurait pourtant été d’une grande utilité. Je commençais par revenir à l’endroit où j’avais rencontré les premières ruines de Paris. Cela me demanda déjà plusieurs jours d’errances. Je remontais alors la route. Mais comment déterminer où je l’avais croisée pour la première fois, et de là comment revenir à l’abri ? Je quadrillais la zone pendant deux ou trois semaines. Plus le temps passait, plus je perdais du temps à chasser, trouver de l’eau potable, etc. A force de tourner, je finis par découvrir de nombreuses curiosités : un camion de Cacolake renversé avec 20.000 capsules à l’intérieur ; un homme un peu fou vivant dans une ancienne station service et cherchant à vendre les ‘’superbes voitures’’ qu’il avait en exposition, carcasses rongées par la rouille et détruites par les intempéries ; un ancien bar dévasté, dont l’enseigne, un néon certainement alimentée par des cellules solaires, avait miraculeusement survécu au chaos et illuminait encore son nom : le faucon maltais. Un peu plus et j’aurais pu trouver le lance flamme solaire. J’aurais presque pu écrire un guide du routard : tout pour vous amuser en encaissant 300 rad… J’étais de plus en plus fatigué. Exténué. Une nuit, je me laissais tomber par terre, désespéré. J’ouvris les yeux : une étoile semblait m’attendre : elle me faisait signe. Je compris alors qu’elle m’invitait. Je lui criais : « je te suivrais, où tu iras j’irai, fidèle comme une ombre ». Et je me remis en route. Après quelques heures de marches, je rencontrais une piste fraîche, qui se dirigeait elle aussi vers l’étoile. Je hâtais le pas et rattrapais rapidement trois hommes à pieds, deux blancs un noir, sac à dos rangers, chacun avec un petit tupperware à la main. Je leur demandais : « Bonjour ; vous aussi vous allez à mon abri ? - Ah non, nous nous allons à l’étable de Joshua. Pour votre abri, il faut suivre cette étoile. Ensuite, deuxième chêne à gauche et vous y êtes. Et faites attention il y a un radar. » Je les remerciais chaleureusement et repartis dans la direction indiquée. Je finis par tomber de fatigue sur le chemin. Quand je me réveillais, je ne pus déterminer si ça avait été un rêve , un délire du au manque d’eau , ou la réalité. Et soudain je reconnu le massif rocheux d’où j’étais sorti deux ans plus tôt ; dans cette région plate, un amas de rochers de cinq mètres de haut était plutôt rare. J’y arrivais quelques heures plus tard et il me fallu encore deux heures pour contourner la falaise et trouver l’entrée de la grotte. J’y étais ! Après un peu de repos, j’entrais. Rien n’avait bougé depuis mon arrivée, je ne m’inquiétais donc pas. Je revis mes amis les rats, et je me fis un plaisir de les atomiser avec mes armes ultra destructrice. Quand je pense qu’ils avaient failli mettre un terme à mon aventure , et simplement à ma vie , lors de ma première sortie. Combien de héros étaient mort en essayant de tuer trois rats à coup de poings, hein ? Cela semblait bien ridicule. J’arrivais au bout de la grotte. La lourde porte d’acier était là, imposante, incrustée dans la pierre. Le petit terminal devant clignotait paisiblement. Tout semblait en parfait état, contrairement à l’abri de Paris Est. Je tapotais un peu sur le clavier et demandai l’ouverture de la porte. Il me demanda confirmation mais refusa malgré tout. Je réessayais plusieurs fois sans succès. Je commençais à m’énerver et tapais violement à coup de pied dans l’ordinateur. Etrangement cela résolut mon problème. Mon problème d’énervement, hein, la porte était toujours fermée. Puis je remarquais un orifice sur le coté, et lorsque je refis une demande, au moment de la confirmation, je sortis mon cadavre de i-Pocket et le branchais à l’ordinateur. Celui-ci bippa, et mon appareil revenu d’entre les morts lui répondit. Un gyrophare rouge se mit en route dans le mur, une sonnerie intermittente se mit en marche, et la lourde porte commença à se mouvoir et à disparaître dans le mur. J’avais maintenant un passage de trois mètres de diamètre devant moi. Une faible lueur blanchâtre d’un seul néon survivant donnait un halo pâle dans la pièce intermédiaire. L’accueil fantomatique était fantastique. De retour chez moi… Après un moment, je pris une grande respiration et franchis le seuil. Je traversais rapidement le sas pour me rapprocher de la porte intérieure. C’est à ce moment que j’entendis soudain un bruit significatif. Un bruit de moteur électrique. Je voulus me retourner pour vérifier, mais je n’en eus pas le temps, le second bruit significatif que je craignais se fit soudain entendre : le crépitement continu d’une mitrailleuse gatling, mitrailleuse bien cachée dans un coin de la salle, invisible pour les gens arrivant de l’extérieur, et dont j’avais croisé le faisceau laser. Sans doute une mesure du dirigeant pour dissuader les démons zéro et trois de venir investir son petit paradis. Certainement aussi pour persuader les infidèles cherchant à sortir de revenir sagement dans les rangs. Et puis peut-être me craignait-il en fait, qui sait ? Amusant de me dire que j’avais été l’artisan de ma propre perte. J’en fus presque fier, avant d’en être triste. Voilà ; c’est ainsi que je me retrouvais par terre, transpercé par une quinzaine de balles, à me rappeler comment j’en étais arrivé là. En fait, suis-je en train de me demander où a été mon erreur ? Il n’y a pas eu d’erreur ; tout s’est fait d’une manière tellement logique et effrayante. Le sang chaud qui s’écoule, c’est au départ très agréable ; mais ça refroidit vide. Et puis c’est tout poisseux. En plus le plafond gris est d’une désespérante monotonie. Et je n’arrive pas à bouger la tête. J’aurais préféré voir autre chose en mourrant. En fait j’aurais préféré mourir autre part. Et puis d’une autre manière. Plus tard. Enfin, j’aurais bien aimé ne pas mourir quoi. Moi qui ai toute ma vie œuvré pour essayer de me distinguer des autres, j’ai là une pensée bien commune… Je me demande si l'on revoit sa vie automatiquement, ou si on le fait afin d'essayer de se persuader , en vain , que tout ceci n'a pas été inutile... Voilà. Je ne vois plus rien ; je ne sens plus rien. En fait plus aucun de mes sens ne fonctionne ; que me reste-t-il ? Je pense... Donc je suis... En même temps, vu les trous que j'avais dans le ventre il y a cinq minutes je vais bientôt arrêter de penser... Descartes avait pas pensé à ça, hein ? Haha je suis bien plus fort que lui en fait… J’ai l’impression de délirer. De dire des choses qui n’ont aucun sens... Comme dans un rêve. En plus j’ai plus mal et plus froid. Comme quoi la mort ce qui est chiant c’est surtout le début. La fin aussi ça doit être pas jouasse. J’espère que c’est pas trop long. Que quand on meurt, on attend pas comme ça le jugement dernier avant de tout reprendre à zéro. Parce que comme il l’a dit… Woody Allen… L’éternité c’est long… Surtout vers la fin… Merdre, elle est où cette put… de lumière ? Est-ce que Dieu me refuse parmi les siens ? Ou est-ce qu'il est mort d'un cancer, vu toutes les radiations qu'il a du se prendre après la grande guerre ? De toutes façons, tout ça, ce n'est pas grave... L'individu importe peu, seule l'espèce compte… Enfin même l'espèce, dans l'état où elle est, je lui souhaite bien du bonheur. L'individu importe peu, seule l'espèce compte... Ça doit être de Darwin ça, non ? Quel c.. ce Darwin... FIN Un grand merci à Lin Rag, et aux auteurs du jeu Fallout |
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chapeau pour avoir écrit cette nouvelle entièrement.
j'ai beaucoup aimé le premier paragraphe. |
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Chapitre 5 : Amicus Certus In Re Incerta Cernitur Un jour, alors que je crapahutais comme à mon habitude, en m’éloignant le plus possible de ce centre humain pour visiter les ruines de l’ancienne ville, je fis une découverte intéressante. J’avais pris l’habitude de remonter la rue principale, puis de tourner vers le nord. S’en suivait un dédale de petites rues puis je passais par ce que j’appelais ‘la galerie des portraits’. Sur un mur encore bien portant (il atteignait l’étage), blanc, dont les grosses pierres ressortaient et lui donnaient un air bosselé, des tableaux publicitaires avaient été peints. Ces vestiges anciens me ramenaient en arrière, à une époque que je n’avais pas connue, et je ne me lassais pas de passer par là. Le premier représentait un superbe ordinateur : « Le Nouveau IPK-2K.FE (I-Pocket Vienna Family Edition) => 3 Go de mémoire vive ! (dont plus de 2 Go réellement utilisables par l’utilisateur) => XTS 420 Wjj FE® Processor Q6600 Quadre Ame™ 2.40GHz, 1066Mhz FSB, 8MB cache,quatres processeurs en un, une puissance de traitement aussi rapide que votre imagination.! => Générateur de son 3 DfX intégré, haut parleur intégré ! => Capacité disque dur de 500 Go avec solution de sauvegarde améliorée AgentData (2x500) => Port USB et WiFi(actuellement en développement). =>Carte graphique Teki® RadX™ HD XX400 Pro 512MB => Branchement simple sur votre Ecran plat large 24 pouces HD =>Lecteur optique 8x Blu-Ray Disc Drive & DVD Drive with software => Livré avec Doom4, le jeu qui révolutionne la ludothique => Pour seulement 425 euros RobCo. Industries, divison TerraTek Eur.» Je regardais cette affiche avec envie, dédaignant mon vieux i-Pocket avec son écran au phosphore deux couleurs et ses plantages et bugs réguliers. La seconde publicité représentait le schéma en coupe d’un abri, avec sur le côté un couple souriant : « L’Abri du Futur ». Une publicité pour les abris développés par l’entreprise TerraTek J’espérais que ceux-là avaient eu plus de chance que mes parents. Une autre publicité représentait une villa classe moyenne, côté jardin. Les voisins de gauche faisaient un repas de famille bien arrosé, celui de droite tondait la pelouse. Le propriétaire de la maison, en premier plan, souriant, chapeau et costume, avait un portable à la main et une AK-112 dans l’autre. « J’assure ! Ensemble tout devient possible ! ». Ces publicités représentaient toute une époque bénie… J’allais toujours plus loin vers le nord, sans rencontrer de nouveau groupe humain (ou cannibale comme le goules). J’avais même un jour trouvé une vieille locomotive. La voie de chemin de fer avait été déboulonnée, rails et traverses avaient été emportés, sauf à cet endroit, et pour cause ! Il s’agissait d’une antique AM2 ou plus précisément AMGV2 (Auto Motrice à Grande Vitess)e, Le train le plus rapide jamais construit, appartenant à la SECF (Société Européenne des Chemins de Fer), un consortium privé crée au siècle dernier ;Cette locomotive utilisait un système roue-rail qui pénétrait au centre des villes avec le réseau existant. La consommation d'énergie était faible et la vitesse pouvait aller jusqu’à 615,3 km/h. C’était un train magnétique , les gares terminales étaient à la périphérie des villes d'où rupture de charge ; il ne procurait pas |
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Blog mis à jour le 30/08/2008 à 04:23:39
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