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Michel6235 - 1913462
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j'avo un camarad'


J’ai traduit cette poèsie en patois. Elle trouve ses racines dans le Nord de la France.
Je la nomme personnellement Hymne au souvenir et à l'amitié
Elle est dédiée à tous mais particulièrement à certain(e)s d'entre vous.

Dans le temps, j’avais un camarade.
Nous sommes partis ensemble
Dans le temps j’avais un camarade
Et de la guerre je suis revenu tout seul

Il était bon comme du pain
Il n’aurait pas fait de mal à une mouche
Il avait vraiment le cœur sur la main
Et des mots d’amitié plein la bouche

Ce n’était bien sur pas un héros. Comme dans la vie civile
Il faisait son travail et sans chercher le plus dificile
Il le faisait tout de même avec courage.
C’était un poilu, comme beaucoup, il ne comprenait rien à cette guerre,
défendant sa peau tout simplement, n’ayant qu’un ennemi : la guerre.
Marié et père de trois enfants, il se mettait plus vite en colère,
quand le vaguemestre * était long à distribuer le courrier
que pour la campagne des Dardanelles.

Dans le temps, j’avais un camarade.
Nous sommes partis ensemble
Dans le temps j’avais un camarade
Et de la guerre je suis revenu tout seul

Un jour, c’était au cantonnement, nous étions au repos depuis la veille.
Nous chantions tous de contentement. Pour quelques jours nous trouvions la vie belle.
Le temps était beau, l’air sentait bon, nous faisions notre lessive en famille
Il y avait des arbres encore debouts et par dessus un ciel tranquille.
Je revois encore cet endroit, c’était un paradis sur la terre,
Il y avait des granges pleines de foin et des chassis avec du verre.
A mon avis c’est bien la premiere fois que j’ai regardé avec tendresse
des fleurs, des marguerites, des pavots.
Le soleil nous faisait comme des baisers.
Vraiment nous nous sentions tout ragaillardi, nous étions bien loin de notre misère,
loin du feu, loin des saletés, on aurait dit qu’il n’y avait plus de guerre.

Mon ami avait du trouver, je ne sais où, un masque, un masque de carnaval
qu’il avait mis sur sa figure.
Il était comique avec, ce masque avait une drôle d’allure, blanc qu’il était, avec un nez
qu’on aurait dit plein de confiture, avec cela des yeux qui louchaient
et vous regardaient d’un air bête.
Ca lui donnait un air balourd, je n’avais jamais vu pareille tête.
Il n’avait qu’une chemise , sans culotte et il faisait des entrechas
comme on en fait le jour des Maillottes.
Rires que nous faisions, et il chantait et il sautait comme une sauterelle,
toute la compagnie y était, et tous nous riions de plus belle.

Et ça s’est terminé brusquement.
Comme un coup de tonnerre sans orage
Comme une colère venue d’en haut
On s’est retrouvé comme des betteraves
Là par-terre, sans avoir compris ce qui s’était passé au dessus de nos têtes.
Un avion avait du choisir ce moment pour gâcher notre fête et sans prévenir
une bombe avait éclatée à l’instant même où occupé à nous amuser,
nous ne nous cachions plus comme d’habitude.
Nous nous sommes tous relevés, abrutis, sauf un, mon pauvre camarade.
Mon vieux copain, justement lui, avec sa figure de mascarade.
Il était étendu de tout son long, avec son masque sur la figure.
Il avait un petit trou à son front en carton, comme une déchirure,
nous étions là à nous demander s’il continuait à faire le « Jacques »,
et tout à coup on a vu le sang qui sous lui faisait une flaque,
avec son visage de Pierrot et sa bouche qui faisait une risette
son gros nez et ses yeux en forme de trous, on aurait cru une marionnette
dont on a laché les fils, une pauvre marionnette de bamboche
qu’un montreur aurait laissé tomber après un bon coup sur la tête.

Dans le temps, j’avais un camarade.
Nous sommes partis ensemble
Dans le temps j’avais un camarade
Et de la guerre je suis revenu tout seul

Le souvenir c’est quelque chose de curieux, c’est un mot, un bruit, une image
qu’on a gardés derrière ses yeux, dans sa tête ou dans son cœur, en gage,
on ne sait pas où c’est, là quelque part, ça ne tient pas de place et ça sommeil
à l’écart jusqu’au jour où ça se réveille…
Quelque chose qu’on rabache, avec les mêmes mots bien souvent, et dont l’événement à pris la place .
Il se rappelle ce qu’ils ont dit à cette occasion, l’année dernière
ou il y a deux ans ou depuis toujours, ça devient une lubie routinière
mais le cœur ne pense pas à aimer.
le souvenir pour lui c’est une autre affaire,
qui ne se met pas sur le calendrier
et qui se fout des anniversaires.
Mais un beau jour qu’on ne pense à rien, voilà qu’un mot, un geste, une bricole,
un air qu’on ne sait d’où il vient et tout à coup nous voilà tout drôle,
on se retrouve avec les yeux pleins de larmes,
tout surpris de ne pas avoir compris pourquoi
on revoit comme dans un charme
celui qu’on ne croyait jamais plus revoir
et qu’on sent là comme s’il était présent.
Voilà ce que j’appelle le souvenir,
ce qui remonte du cœur sans qu’on y pense.

Dans le temps, j’avais un camarade.
Nous sommes partis ensemble
Dans le temps j’avais un camarade
Et de la guerre je suis revenu tout seul

Vous direz que je suis un sans cœur,
Mais je n’irai pas au cimetierre lui porter des fleurs
J’ai essayé ce sont des habitudes qui me laissent vide de sentiments.
Les monuments, drapeaux fanfares, les défilés et les discours
tout cela me laisse froid et c’est bizarre, je crois mentir à mon vieil ami.
Mais je n’ai qu’à voir dans une fête, comme celle du carnaval,
remplie de rires et de chansons, un masque avec une drôle de tête,
je revois alors mon camarade en pan de chemise étendu de tout son long ,
sur le dos, ni plus ni moins qu’une marionnette et regardant quelque chose en haut,
de ses yeux qui louchent et sans paupière, pour la première fois quelque chose
qu’on ne voit pas sur terre.

Je pleure alors sans gros sanglots..

Dans le temps, j’avais un camarade.
Nous sommes partis ensemble
Dans le temps j’avais un camarade
Et de la guerre je suis revenu tout seul

* facteur militaire

mardi 27 mai 2008
16:18

Oeuvre originale
Auteur : Traduction d'un texte en patois du nord de Simons

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Ma balade dans une foule d’un monde désert


Je te marche, tu me marches, il nous marche sur les pieds,
Pourquoi prendre le temps de s’excuser, je suis si pressé

Je te bouscule, tu me bouscules, il nous bouscule mais tant pis,
Ce n’est pas grave, pour si peu n’en faisons pas une maladie.

Je suis blanc, tu es jaune, ils sont rouges, basanés ou noirs,
Lequel d’entre nous, mettrons nous à l’écart?

Je suis Athée, tu es chrétien, ils sont musulmans, juifs ou autres,
Celui qui détient la vérité n’est pas encore des nôtres...!

Je pense blanc, tu penses noir, ils pensent vert, jaune, marron,
Pourquoi en discuter puisque j’aurai toujours raison...!

Nous sommes deux, trois, cent, des milliers,
Asseyons-nous ensemble et prenons le temps de parler...!

Certains disent oui, d’autres disent non,
Qui a tord qui aura raison?

Je pleure alors que toi tu ris,
Je t'en prie,ne me laisse pas ainsi...!

Je suis seul, mon cœur bat,
Il sera à qui le trouvera...!

mercredi 11 octobre 2006
15:33

Oeuvre originale
Auteur : Michel

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Blog mis à jour le 29/08/2008 à 21:29:08



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