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Quand j’ai rencontré Mélanie elle avait 2 ans. Sa soeur en avait 4, et j’aimais éperdument leur mère. Elle était aussi brune que sa sœur était blonde. Si l’une s’avérait être opiniâtre, volontaire, très engagée dans son parcours scolaire, elle était rêveuse et assez peu concernée par le monde qui l’entourait… Gentille calme et très « cossarde » tous les prétextes étaient bons pour éviter le moindre effort. Je l’adorais. Bien sûr sa mère n’était pas encline à partager mon point de vue sur son détachement, et, je prenais systématiquement sa défense, et bien sûr je la faisais rire, ma vision de la vie probablement. Ainsi me faisait elle entièrement confiance sur tous les sujets, ce qui avait pour effet de faire enrager sa mère. Son humour était de bonne facture ainsi elle avait pour habitude devant le reproche, de dire qu’elle faisait les choses « … à sa lenteur » ! Bien sûr je ne me privais pas de la mette en boite, car sa candeur était à toute épreuve. Je me souviens qu’un jour elle m’avait questionné sur la nature des grains noirs piquants qu’on trouvait dans le saucisson. J‘ai bien sûr répondu une ânerie comme quoi c’était les graines de l’arbre et qu’il fallait les planter dans le sol pour obtenir un « saucissonier »elle avait 9 ans.. Quelque temps plus tard une enseignante nous faisait savoir qu’il n’était pas bon de trop raconter de fadaises aux enfants car ceux-ci défendaient ce qu’on leur disait « mordicus »… J’ai dû m’expliquer. Et la vie nous a séparés quand elle a eu 16 ans, l’amour parait il… bref ! Quand on vit seul le pire jour de l’année c’est la Noël.. Bah quand on vieillit la solitude c’est presque un dû, cette année j’avais invité un vieux pote à boire un coup... On était là à refaire le monde lorsque le facteur nous a rejoint ; il avait un colis pour moi. Je l’ai ouvert et dégagé un bonzaï dans sa caisse de bois, assez vieux semblait-il. J’ai ouvert. L’arbre était magnifique, un très vieux pin, avec accroché en guise de pommes de pins de ci de là de petits saucissons cocktails en boules.. Mon pote était plié : « un saucissonier! » il n’en avait jamais entendu parler… Je ne l’avais plus vue depuis des années, elle se souvenait de moi.. J’en ai pleuré de tendresse. J’ai su plus tard qu’elle pratiquait le rapprochement d’entreprises dans un grand cabinet de juristes. On n’est jamais aussi seul qu’on pourrait l’imaginer. |
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