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Liens \ Textes \ Poèmes
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Je te connais, mon amie Sylvie Toi et moi, on n’a pas eu la même vie C’est vrai, tu ne m’as jamais vue Mais, ton histoire, je l’ai vécue On n’a pas eu les mêmes épreuves Mais on a ramé sur le même fleuve Un fleuve qui ne mène nulle part Où même un être fou ne part Oui, je te connais mon amie Sylvie Toi et moi, on n’a pas eu la même vie Nous n’avons pas la même religion Mais nous avons les mêmes visions Nous avons même vu notre tombeau Que nous pleurions à brûler notre peau Avec nos larmes noires et intarissables Car nous y amènerons notre vie détestable Je te connais, mon amie Sylvie Toi et moi, on n’a pas eu la même vie Comme moi, tu as fait des enfants Qui coûtent plus chers que notre sang Et seules, nous courrons à leurs secours En les défendant aux dépens de nos jours Nos enfants sont nos seuls trésors Que nous chérissions jusqu’à notre mort Je te connais, mon amie Sylvie Toi et moi, on n’a pas eu la même vie Nous n’avons pas eu beaucoup de chance Dans cette stupide et éphémère existence combien de fois nous avons vu toi et moi Nos tristes cœurs saignés milles fois De milles glaives de grandes douleurs Par ce monde glacé d'injustice et de terreur Oui, je te connais, mon amie Sylvie Toi et moi, on n’a pas eu la même vie Nous avons essayé de s’armer de patience Mais la vie nous a gonflé de désespérance Pourtant nous avons des cœurs si beau Que tous les gens arrachent un morceau Ne nous laissant que des cœurs troués Que chaque petite douleur peut les tuer Je te connais bien, mon amie Sylvie Toi et moi, on n’a pas eu la même vie Mais notre vie Sylvie, est la même On est deux malheureuses femmes Qui n’ont jamais eu la vie rose Dans ce monde fait de milles choses Un monde qui continue à lasser nos âmes Alors qu'on est déjà lassée d’être femmes Nous voyons notre vie et ce monde en noir Sans même chausser des lunettes noirs Oui, je te connais, mon amie Sylvie Toi et moi, on n’a pas eu la même vie Mais je connais ton malheureux voyage Tu sais, mon amie Sylvie, que je partage Ta grande douleur et ta grande peine Qui sont bien le rouge de tes veines Nous aurions pu avoir une belle vie Hélas, on l’a pas eu, mon amie Sylvie Samia Nasr
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| Impression : Extraordinaire
magnifique....de douleur..de tendresse..d'espoir,que je vous souhaite |
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Le ciel ce matin fait une mine de plomb Des nuages se grisent à gommer le soleil Une bise orientale étend de tout son long Son arrogance froide sur la plaine en sommeil. Il pleut dehors Il pleut en moi Même si j’ai tort Je pense à toi. Des femmes anonymes se parfument en plus lourd Leurs chairs brunes d’Août se fument dans la soie De cirées audacieux en tailleurs de velours Les silhouettes se couvrent et aiguillent leurs pas. Il pleut dehors Il pleut en moi Même si j’ai tort Je pense à toi. Octobre s’ingénie à nous surprendre encore Par ces frimas soudain en ces pâles Dimanches Les arbres de confiance dans ce triste décor S’obstinent, dans les verts, à colorer leurs branches. Il pleut dehors Il pleut en moi Même si j’ai tort Je pense à toi. J’ai déposé mon front en quête de fraîcheur Sur la vitre embuée d’une fenêtre sur cour Il n’y a rien en moi, qu’une subtile langueur Qui mendie à mon âme un ultime recours Il pleut dehors Je pleure en moi Je sais, j’ai tort Je n’oublie pas…
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T’y croyais trop, petite, aux contes de ton enfance Penchée sur ton berceau ta marraine fétide A du t’en balancer de ces sorts bien sordides Elle parlait dans ses dents cette vieille pucelle Jalouse déjà, sans doutes, c’est vrai, t’étais si belle. T’y croyais trop, petite, aux contes de ton enfance. Ta mère était partie, un soir de pluie, de coups Toi : jamais de fessées, Papa a d’autres goûts Tu étais sa « Peau d’âne », à ce roi des ivrognes Qui sur tes boucles d’or frottait sa sale trogne. T’y croyais trop, petite, aux contes de ton enfance. Tu l’espérais si fort, le prince légendaire Qui devais t’enlever à ta tour de chimères. Ils sont venus à deux, le jour de tes quinze ans Dérobant dans la cave tous tes rêves d’enfant. T’y croyais trop, petite, aux contes de ton enfance Ta robe est déchirée, Cendrillon du trottoir Ta seringue-quenouille te pique chaque soir Tu embrasses en suivant, tous ces crapauds immondes T’es devenue, Princesse, la femme de tout le monde. T’y croyais trop, petite, aux contes de ton enfance. Tu regagnes à la nuit, dans cette banlieue grise Ton château de carton où le temps s’éternise Tu pleures sans faire de bruit ; elle a tes cheveux d’or Sur son livre de contes, ta petite s’endort….
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| Impression : Extraordinaire
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Blog mis à jour le 21/08/2008 à 06:01:15
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