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Artus de Oguz - 1510753 

Les survivants de l'après : Chapitre 9.


Chapitre 9 : Si Vis Pacem, Parabellum

Des mois avaient passé. La situation ne s’était pas améliorée. Nous avions été immergé sans préparation dans un monde dont nous ne connaissions pas les règles, et que la dure réalité nous jetait au visage à chaque saut du sort. Edgar semblait de plus en plus malheureux et sa carapace de violence se fissurait peu à peu, à mesure que le visage de Titine s’effaçait et que son souvenir s’imposait à son esprit. Il me confia un jour : « Avant, je me disais parfois que certaines personnes naissaient victimes et donnaient aux autres les armes pour les frapper. Mais ici toutes les victimes ont été exterminées, il ne reste plus que les bourreaux. Mais un bourreau ça ne sait pas faire la guerre : nous sommes des armées de bourreaux qui se mutilent, se rendant tous mutuellement fous et de plus en plus extrémistes. » Lui non plus ne comprenait plus le monde dans lequel il vivait. Quant à moi, je venais d’encore plus loin. Les ennuis se multipliant, nous étions tous fatigués, et risquions de plus en plus de commettre des fautes.

Récemment, un groupe pour lequel nous avions convoyé des caisses de matériels anté-nucléaire récupérés un peu partout et susceptibles d’être réutilisés, souvent de façon bien différente de leur usage initial, nous avait payé avec de l’essence diluée, qui avait encrassé le moteur du camion qui avait finalement refusé de redémarrer. Il nous avait fallu le vidanger, démonter le moteur, le décrasser ; nous avions perdu énormément de temps et d’argent et le camion n’avait pas aimé être ainsi désossé. Nous avions donc monté une expédition punitive, qui avait connu un succès mitigé. Certes ces petits plaisantins chenapans s’étaient retrouvés exterminés, scalpés, puis empalés sur des piques dans leur ancien repaire et autour du notre, mais la bataille n’avait pas été sans maux. Plusieurs d’entre nous avaient été blessés, j’avais une cicatrice de plusieurs centimètres sur le haut de l’épaule ; Brutus avait perdu deux doigts, Pépé l’usage de sa main gauche ; quant à Chico, après une sale blessure au flanc et deux jours de coma, il avait fini par se remettre doucement d’une fièvre d’une semaine. Le pire endroit était Trocadero, le ‘’centre commercial’’ de notre nouveau quartier. Centre commercial. Ce mot n’avait plus le même sens qu’avant la guerre. C’est là où tous les gangs et autres trafiquants se retrouvaient pour refourguer leur camelote ; on y trouvait des magasins qui vendaient munitions et médicaments sur la même étagère, des intermédiaires en tous genres, des bordels, fumeries d’opium, assommoirs, des ventes d’esclaves, des exécutions sommaires, des règlements de comptes à huit contre un, des mendiants, des junkies, des enfants, des cadavres, et tout cela dans la bonne humeur générale. Ce petit monde gravitait autour d’un point, autour de la tour de « Notre Liberté ». Et dans cet énorme bâtiment vivait le groupe le plus redouté de la ville : les hommes de Juda.

Juda avait investi « Notre Liberté » il y a bien longtemps, et personne n’était là depuis assez de temps pour s’en souvenir. Il régnait en maître sur le quartier, prélevant des redevances à qui il voulait, quand il voulait, il avait droit de mort, de servage et de cuissage ; ses hommes avaient presque autant de puissance ; il leur arrivait p

mardi 29 juillet 2008
17:33

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Artus de Oguz - 1510753 

Les Survivants de l'après : Chapitre 5


Chapitre 5 : Amicus Certus In Re Incerta Cernitur

Un jour, alors que je crapahutais comme à mon habitude, en m’éloignant le plus possible de ce centre humain pour visiter les ruines de l’ancienne ville, je fis une découverte intéressante. J’avais pris l’habitude de remonter la rue principale, puis de tourner vers le nord. S’en suivait un dédale de petites rues puis je passais par ce que j’appelais ‘la galerie des portraits’. Sur un mur encore bien portant (il atteignait l’étage), blanc, dont les grosses pierres ressortaient et lui donnaient un air bosselé, des tableaux publicitaires avaient été peints. Ces vestiges anciens me ramenaient en arrière, à une époque que je n’avais pas connue, et je ne me lassais pas de passer par là. Le premier représentait un superbe ordinateur : « Le Nouveau IPK-2K.FE (I-Pocket Vienna Family Edition)

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RobCo. Industries, divison TerraTek Eur.»
Je regardais cette affiche avec envie, dédaignant mon vieux i-Pocket avec son écran au phosphore deux couleurs et ses plantages et bugs réguliers.

La seconde publicité représentait le schéma en coupe d’un abri, avec sur le côté un couple souriant : « L’Abri du Futur ». Une publicité pour les abris développés par l’entreprise TerraTek J’espérais que ceux-là avaient eu plus de chance que mes parents. Une autre publicité représentait une villa classe moyenne, côté jardin. Les voisins de gauche faisaient un repas de famille bien arrosé, celui de droite tondait la pelouse. Le propriétaire de la maison, en premier plan, souriant, chapeau et costume, avait un portable à la main et une AK-112 dans l’autre. « J’assure ! Ensemble tout devient possible ! ».
Ces publicités représentaient toute une époque bénie…

J’allais toujours plus loin vers le nord, sans rencontrer de nouveau groupe humain (ou cannibale comme le goules). J’avais même un jour trouvé une vieille locomotive. La voie de chemin de fer avait été déboulonnée, rails et traverses avaient été emportés, sauf à cet endroit, et pour cause ! Il s’agissait d’une antique AM2 ou plus précisément AMGV2 (Auto Motrice à Grande Vitess)e, Le train le plus rapide jamais construit, appartenant à la SECF (Société Européenne des Chemins de Fer), un consortium privé crée au siècle dernier ;Cette locomotive utilisait un système roue-rail qui pénétrait au centre des villes avec le réseau existant. La consommation d'énergie était faible et la vitesse pouvait aller jusqu’à 615,3 km/h. C’était un train magnétique , les gares terminales étaient à la périphérie des villes d'où rupture de charge ; il ne procurait pas

mardi 29 juillet 2008
17:32

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Artus de Oguz - 1510753 

Les survivants de l'après : chapitre 6.


Chapitre 6 : Numquam Periculum Sine Periculo Vincitur.

« Je ne sais pas si tu viens de te rendre compte, mais tu viens de t’attaquer à une famille de trafiquants très puissante.
-Quoi ? Moi, je me suis attaqué ? Rappelle moi qui était en train de faire le poirier quand tu es arrivé ? Et puis c’est toi qui a tué le premier et décidé de réunir les deux frères ensuite. Si tu le savais pourquoi tu n’as pas réagis avant ?
-En fait je n’en étais pas sur, mais quand j’ai vu la planque et les caisses de marchandises, j’ai su que c’était eux. Ils se font appeler la Famille Corleone et…
-Quoi ? C’est une blague !

-Eux ce sont , c’étaient , les neveux, ils s’occupaient du trafic d’arme, ils ont différentes planques comme ça par ici, et je comprends que tu étais un peu trop proche de l’une d’entre elles. Il y a aussi les cousins, une famille de cinq, qui se sont spécialisés dans le trafic d’essence et la récupération de véhicules. Il y a encore deux trois petits groupes indépendants mais on en entend peu parler par ici. Le plus gros de la famille étant encore autour du grand-père et vivent de racket, de la drogue, des redevances des ‘indépendants’ de la famille, de la prostitution et des impôts prélevés sur les populations qu’ils protègent.

-Si je comprends bien, on a au mieux une journée pour nous cacher avant de laisser notre karma décider pour nous si on va monter ou descendre ? -Oui, mais on a deux avantages ; le premier, c’est qu’il n’y a presque plus de pissenlits dans les terres de nul part. Bon, le second va mieux te convaincre : ils ne sont pas organisés en groupe paramilitaire. Ils ont des armes et de l’argent et peuvent payer des mercenaires en cas de guerre. Ils ont des assassins et peuvent tuer les cas isolés comme nous.

-Je ne vois toujours pas raison de me réjouir.
-En fait si on était un peu plus, trop pour envoyer des assassins et pas assez pour engager des mercenaires, ils seraient bien embêtés. Avec les mercenaires, on a toujours un risque de les voir tenter un putsch, ils vont donc hésiter à engager et armer un groupe de trente comme il en existe si on n’est qu’une dizaine. Cela ne va pas les retenir longtemps, mais ils prendront plus de temps pour réfléchir à leur façon d’attaquer.
-Et pendant ce temps, nous on fonce ?
-Non, on va voir des amis, les éclateurs d’yeux. Tu vas voir ils sont sympas.
-Ah ?.. » Je n’étais pas tout à fait convaincu…

Edgar me mena dans un dédale de ruine, entre des immeubles en lambeaux et des champs de caillasse, sur des rues où l’asphalte travaillait à mi-temps, et où la monotonie était rompue tantôt par une carcasse rouillée de voiture sans roues, sans moteur, sans sièges et sans vitres, tantôt par un groupe de clochards lépreux riant de toutes leurs gencives autour d’un bidon converti en brasero. Nous arrivâmes à une sorte d’entrepôt, sans étage mais assez étendu, toutes les fenêtres avaient des barreaux, et la seule porte semblait-il était surmontée d’une plaque en métal où avait été écrit au pinceau large, en lettres brunies qui avaient du être rouges, je préfère ne pas savoir pourquoi, " Yeux Crevés ".

Nous connûmes un accueil mitigé, c'est à dire qu’Edgar fut reçu très chaleureusement et moi regardé avec suspicion, puis mon compagnon expliqua que j’étais un ami et se porta garant, et j’eus enfin droit aux effusions. L’entrepôt n’était composé que d’une seule salle,<

mardi 29 juillet 2008
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Les survivants de l'après : Chapitre 7


Chapitre 7 : Alea Jacta Est

Vingt-et-un Mars 2128. Le printemps revenait. Après un hiver ensoleillé, à la température idéale, où l’on n’a ni besoin de se couvrir ni de se dévêtir, je me demandais à quoi correspondrait le retour des beaux jours. Les autres ne semblaient pas en avoir conscience. Qu’est-ce que le temps quand seule la survie au jour le jour compte ? Pourtant les anniversaires et commémorations diverses étaient célébrées, on avait retrouvé des calendriers, ou alors la tradition ne s’était pas perdue ; étrange de voir que les valeurs mêmes que les philosophes avaient un jour appelées humanité avaient disparu si facilement, alors que les contraintes sociales et arbitraires avaient survécues , pas leur signification malgré tout, le dimanche était un jour comme les autres, les saisons ne semblaient pas éveiller de réaction, ne parlons pas des années bissextiles. Bref. Nous étions arrivé dans ce nouveau secteur de cette immense ville appelé Paris autrefois en ruine il y a quelques semaines. Six, sans doutes, mais j’avoue avoir un peu perdu le fil du temps.

Nous avions réussi à nous installer, mais la vie n’avait plus rien à voir avec ce que nous avions tous connu précédemment. Nous avions grandi, franchi un échelon de la société : la vie était plus excitante, mais plus dure, il fallait travailler pour survivre. Je commençais à mieux cerner l’endroit dans lequel je me trouvais, au fur et à mesure que je m’y enfonçais. La ceinture extérieure était gardée par les plus bas échelons, la lie de l’humanité et ce qu’il y avait dessous. En s’enfonçant on trouvait quelques groupements de population, qui vivaient de troc, d’agriculture et d’élevage, dans des champs patiemment dépierrés, aménagés sur des terrains complètement détruits. Une civilisation primaire. Dans cette zone, ce n’avait plus rien à voir. Les quelques parasites, gangs ou familles, qui hantaient gentiment notre précédent lieu de campement, quartier des paumés, paraissaient des enfants de cœurs en comparaison des plus calmes ères de ces lieux. Après une semaine, Edgar me confia : « Parfois je me dis que nous sommes passés de la préhistoire à la décadence sans connaître la civilisation. » Décidément ce pays était coutumier du fait.

Nous avions trouvé un petit bastion pour nous établir. Enfin, avions trouvé ; le bâtiment nous était loué. Mais à époque différente, méthodes différentes ; celui qui nous avait contacté n’avait rien du promoteur en costume d’il y a quelques cent ans. En voyant un gang arriver ou se former, il proposait de vendre une information sur un lieu idéal pour s’établir et facile à défendre, moyennant une forte somme bien entendu. Il n’avait plus ensuite qu’à attendre que le gang se fasse décimer pour ensuite revendre l’endroit à un nouveau groupe déjà en sursis. Nous nous trouvions dans l’enceinte d’une petite société certainement, mais difficile de savoir exactement, la place ayant été utilisée par une dizaine de groupes avant nous, et ayant été largement optimisé pour correspondre le mieux possible à une forteresse. Le mur entourant le site portait du fil barbelé un peu fatigué et un chemin de ronde sur la solidité duquel je n’aurais pas misé ma vie. La grille épaisse était d’origine mais s’actionna

mardi 29 juillet 2008
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Les survivants de l'après : Chapitre 8


Chapitre 8 : Dum Spiro, Spero

Jusque là, j’avais évolué dans cet univers délabré, ce mélange subtile de bidonville brésilien, de zone industrielle abandonnée allemande, de cité ouvrière turque, de Guernica sous Franco, de Belgrade sous Milosevic, de Moscou après la chute du communisme ou du Bronx avant la fin du capitalisme. Bref, un endroit où le mot ruine désigne aussi bien les Hommes que les murs, et où la chaleur provient plus du canon de votre arme que de celui qui vient d’en faire les frais. Comprenez alors ma surprise de retrouver la couleur, passer du gris des immeubles et du rouge sur mes ennemis au bleu du ciel et au vert des champs devant moi. En effet, aussi improbable que cela puisse paraître, le ciel était dégagé de tout squelette métallique ou lambeau d’immeuble Haussmanien , et au sol de longues herbes montant parfois jusqu’à la taille frissonnaient jusqu’à perte de vue. Je m’attendais à entendre Tagazok derrière moi, mais je dus me rendre à l’évidence : ce petit paradis existait.

Je me mis faire quelques pas. Je commençais à reprendre mes esprits, mais cet endroit m’intriguait. La végétation pouvait, en théorie, avoir pris le pas sur la ville, mais pas sur une surface aussi étendue. Grands espaces, petits bois denses, étendues d’eaux. Je commençais à me demander si un milliardaire n’avait pas fait construire ce terrain pour ses loisirs, la chasse certainement, les riches de ce beau pays étaient en général tous des Grippes Sous, comme le disaient les pauvres qui auraient aimé faire de même. L’eau …Oui l’eau potable , voilà l’origine de cette troisième guerre mondiale , vers 2030 La Chine , l’Inde et les pays du Moyen Orient vinrent à manquer d’eau potable du fait de leur surpopulation , poussant les occidentaux moyens à vaincre la surpopulation et à garder de quoi étancher sa soif en adhérant à la UNO (Union des Nations Occidentales) Et les pays ex producteur de pétrole , privé de leur or noir , ne voulaient pas être privé d’eau potable, s’en suivit quinze ans de négociations, d’acte terroriste et de guerre froide , jusqu’à ce fatidique jour du 2 mai 2047 , jour du premier lancement d’un missile nucléaire … Ces sombres pensées furent vite submergées par l’idyllisme dans lequel je progressais. Après une demi heure de marche, je me trouvais en haut d’une colline elle aussi verdoyante. Je m’apprêtais à imiter le générique de la petite maison dans la prairie pour la troisième fois, lorsque mon pied buta. J’écartais les herbes et découvrit un crâne. Humain. Trop petit, malheureusement, pour être celui d’un adulte.

Pas de doute, la guerre était bien passée par là. En regardant mieux, je retrouvais ses petits os éparpillés autour. Puis le cadavre d’un ours en peluche. Les yeux arrachés, le dos éventré, la mousse grouillante d’insectes et de vers. Une victime de plus. Je reculais un peu, m’apprêtant à partir, lorsque le sol se déroba sous mes pieds. M’accrochant ça et là à la végétation, je limitais ma chute, et roulais sur quelque chose de dur. Une voie ferrée ; et la colline autrefois appelée Montmartre sur laquelle j’étais était percée par un tunnel dont l’autre bout n’était pas visible. J’entrais. Je fis une dizaine de mètres en profitant de la luminosité faiblissante provenant de l’extérieur. Au-delà d’un tournant du tunnel, je vis une autre clarté. Je

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Blog mis à jour le 05/12/2008 à 13:34:22



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