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Pépite 13 - 2203138 
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vanillefraise95 - 2131173

Méditation


«Une vieille légende hindoue raconte qu'il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette.

Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci : "Enterrons la divinité de l'homme dans la terre." Mais Brahma répondit : "Non, cela ne suffit pas, car l'homme creusera et la trouvera."

Alors les dieux répliquèrent : "Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans."

Mais Brahma répondit à nouveau : "Non, car tôt ou tard, l'homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu'un jour, il la trouvera et la remontera à la surface."

Alors les dieux mineurs conclurent : "Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d'endroit que l'homme ne puisse atteindre un jour."

Alors Brahma dit : "Voici ce que nous ferons de la divinité de l'homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c'est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher."

Depuis ce temps-là, conclut la légende, l'homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui. »

(Eric Butterworth, Découvre la puissance en toi)

mardi 12 août 2008
22:43

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Comme ce texte est vrai....!

daniwild - 2359790 

inspiré par Christophe Willem. produit de l'anné.


texte protégé Scala.

Christophe Willem
« Elu produit de l’année » (live accoustique).



Une torture pour les candidats qui tombèrent sur la promotion 2005 de Star académie.
C’est bien le produit de l’année qui en sera vainqueur. Un bel emballage brillant et plastique pour les épreuves du samedi soir.
Les français sont plutôt graves quand il s’agit de chanson, je parle de timbre bien entendu. Les hauteurs leurs semblaient inaccessibles jusqu’à cet énergumène au physique hésitant que j’aperçu à la télé.
C’était pour partager un instant avec mon frère que je m’étais posté devant l’écran qui éclaboussait la chambre de couleurs. Le pire, voilà ce que je voyais. Du ridicule, du prétentieux motivé par la production massive de reprises tout azimut, le tout baigné dans l’hystérie artificielle du publique sous effet. Comme j’avais entendu dans un film ; C’est quoi ce truc ? Donnez-moi la même chose !
Une fois ingéré, je pus me concentrer à discerner le meilleur dans le pire :
Hum, chante faux mais bouge bien. La voix est bonne mais…ou sont les paroles ?

Pour tout dire je revenais des toilettes et m’essuyais les mains pour choper la zappette avec dextérité.
Sur l’écran, une pauvre silhouette était noyé dans un par terre de beautés choisies, ils, je veux dire eux, ceux qui construisent cet émission, sont prés à tout et il fallait mettre un terme à ce délire scénarisé.
-Non attends, c’est lui ! Tu vas voir, dit mon frère.
Et j’ai entendu, faible au début puis j’ai fermé les yeux.
C’était impossible. Non, encore un coup de Lafesse, c’est du play back ! Les mutants encodent nos transmissions !
Nous sommes foutu ou sauvé ?

Le postulant avait entamé une reprise de « Sonny », rien que ça.
Imaginez la ville sous le soleil et cette fille qui vous sourie, plus belle que l’aquarelle qui coulait du ciel. C’était un dimanche celui ou vous avez rencontré la femme qui est à vos cotés maintenant sur le banc du parc. L’or de son alliance scintille sur vos anciens souhaits comblés, le jour tombe et vous l’embrassez une fois de plus…

J’ai du m’absenter dans la salle d’eau. Ce salopard venait de me donner un coup de soleil comme s’il s’agissait d’un des plus beau jour de ma vie. Il avait ce que tout chanteur espère, ce qui fait qu’un interprète peut être un artiste. Une voix subtile, douce, souple et puissante, une capacité à moduler l’approche des mots répétés à chaque fois différente. Un mot en contenait plusieurs, le dimanche était passion, caresse ou manque.
J’aime penser qu’il me serait possible de remplir une page avec ce que j’avais ressenti, mais il suffit de l’écouter pour le vivre, alors je remercie « Star académie » de m’avoir fait découvrir Christophe Willem.

mardi 12 août 2008
16:24

Oeuvre originale
Auteur : daniwild

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Alors là.....vous êtes un écrivain ?...Vous avez le don de nous faire vivre vos émotions comme si on y était !...Les images, les mots...le son des mots... Cela dit....j'aime aussi ce grand garçon à l'allure "pas possible" et à la voix insaisissable ...! Merci pour ce partage !

vanillefraise95 - 2131173

Morale


Un conférencier bien connu commence son séminaire en tenant bien haut un billet de 50 Euros.

Il demande aux gens :

"Qui aimerait avoir ce billet ?"

Les mains commencent à se lever, alors il dit :

"Je vais donner ce billet de 50 Euros à l'un d'entre vous mais avant laissez-moi faire quelque chose avec."

Il chiffonne alors le billet avec force et il demande :

"Est-ce que vous voulez toujours ce billet ?"

Les mains continuent à se lever.

"Bon, d'accord, mais que se passera-t-il si je fais cela."

Il jette le billet froissé par terre et saute à pieds joints dessus, l'écrasant autant que possible et le recouvrant des poussières du plancher.

Ensuite il demande :

"Qui veut encore avoir ce billet ?"

Évidemment, les mains continuent de se lever !

"Mes amis, vous venez d'apprendre une leçon... Peu importe ce que je fais avec ce billet, vous le voulez toujours parce que sa valeur n'a pas changé, il vaut toujours 50 Euros."

"Alors pensez à vous, à votre vie. Plusieurs fois dans votre vie vous serez froissé, rejeté, souillé par les gens ou par les évènements.

Vous aurez l'impression que vous ne valez plus rien mais en réalité votre valeur n'aura pas changé aux yeux des gens qui vous aiment !

La valeur d'une personne ne tient pas à ce que l'on a fait ou pas, vous pourrez toujours recommencer et atteindre vos objectifs car votre valeur intrinsèque est toujours intacte."

lundi 11 août 2008
18:18

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Merci pour ces mots....rassurants, réconfortants et qui font tant de bien !

daniwild - 2359790 

le suicide


texte protegé "scala".

Le suicide


Il observe la fumée de sa cigarette qui tourbillonne avec précipitation. D’un bleu léger, elle disparaît sur le plafond blanc.
Il est rentré chez lui à pied. Au début vite, très vite, puis l’arme est tombée dans une rue qu’il ne connaissait pas. Il a soufflé lentement ; Il a tué.
Cela faisait quelque temps que toutes ses déductions le menaient à la mort, la sienne bien sur. C’était cela ou s’abandonner jusqu'à disparaître sous la crasse d’un trottoir, d’y être intégré par la poussière tombant continuellement sur la ville. Mais comment pouvait-il disparaître sans bruit ?
- Tais-toi ! t’as rien compris ou plutôt tu ne sais pas grand chose. Moi je vais te dire.
Ce qui est vrai, c’est que je ne pouvais me résoudre à crever lentement dans les rues. J’imaginais mal attendre des jours et des jours l’interruption définitive du seul programme qui m’était offert. Le suicide me semblait vraiment parfait. Tout couper, net, quel bonheur. Mais comment y parvenir. Je n’ai même pas essayé à vrai dire, l’imaginer était nettement suffisant pour réaliser que j’en étais incapable, et puis je haïssais ceux qui m’avais amené à cette situation. Ma situation, pas la votre, confortable au restaurant entre amis.
J’aime bien la science fiction pour ce qu’elle me dit de notre futur mais elle devient terrible quand elle parle du présent et c’est souvent le cas. Ce qui est certain, c’est que si on avait écrit dans les années soixante-dix qu’on aurait laissé mourir des gens dans un centre ville tandis qu’on leur passerait devant les bras chargés de sacs à moins 50% ont n'y aurait jamais cru : Dites vous bien qu’on s’habitue lentement a tout, et plus les décennies passent plus l’on s’adapte rapidement. C’est même une qualité, je l’ai entendu.
Non, me supprimer n’était pas la bonne solution. Il fallait que je réagisse. Avec le peu d’argent que je pouvais racler de mon découvert, je n’ai pas eu de mal à trouver une arme. Elle n’était pas pour moi mais pour ceux qui décide de nous, ceux qui délibèrent, concèdent, attribuent, aident.
Certains imbéciles pètent les plombs et sortent dans leurs quartiers pour tirer sur tout ce qui bouge, juste pour décharger leur panique. Quelle honte ! Peut être que personne n’est innocent tout comme personne n’est coupable, mais dans les deux cas certains le sont un peu plus. C’est ceux-la qui allaient payer, les plus responsables que je puisse toucher.
La mairie et son service social étaient responsables. Je suis descendu du bus, j’ai poussé la porte et monté directement à l’étage des aides exceptionnelles. Une femme protestait dans mon dos quand la porte du bureau a cédé. L’assistante sociale n’a pas eu le temps de sortir le son qui resta bloqué dans sa gorge éclatée sous ma première balle. Ça hurlait de partout, un surveillant a giclé rouge sur le carrelage gris, pour colorer ce local pourri. Je suis passé par le service juridique. Les portes et les couloirs vernis et sculptés joyeusement, rayonnaient aux alentours du bureau du maire. Il était là, derrière un grand meuble. Plusieurs balles se sont enfoncées dans le décor mais une atteignit la figure centrale.
J’ai menacé pour sortir du bâtiment. J’ai couru pour retourner chez moi. J’allais beaucoup mieux.
Allongé sur mon lit, j’allume une cigarette, c’est bon. Posée dans le cendrier, elle finit de se consumer. De ma fenêtre du sixième étage, je vois le petit carré de ciel bleu qui ferme la cour intérieure. Je ne peu plus rester dans mon appartement. J’enjambe la grille. J’ai enfin trouvé le courage.

samedi 9 août 2008
00:35

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Glacial...une Vérité qui remue les entrailles...qui nous renvoie une image pas jolie jolie de ce nous sommes devenus....et que nous refusons de voir.. ben..pardi...tant qu'à faire ! Merci pour ce texte !

Artus de Oguz - 1510753 

Les survivants de l'après: Chapitre 24 et fin


Chapitre 24 : In fine.

Une jolie brise tiède de sud-ouest l’emportait doucement vers l’horizon. La terre au loin ne fut bientôt plus qu’un mince filet brunâtre où stationnaient les nuages.

Nous étions en octobre ; ça allait bientôt être mon troisième noël dans les terres de nul part. Quatre mois avaient passés depuis cet épisode où je m’étais enfin décidé à m’écouter, à faire ce que je voulais plutôt que ce qui semblait le plus sûr : rester avec les plus forts pour être sur de survivre, se cacher derrière un fusil pour éviter la mort, la peur, la tristesse. On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait quand il s’en va. Les enfants, quand ils savent qu’ils vont entendre quelque chose qui ne leur plait pas, se bouchent les oreilles et parlent fort, ils refusent d’entendre, et même si ce bouclier ne les protège pas réellement, il leur sert d’alibi. J’avais si longtemps fait pareil. Mais maintenant, je savais que c’était ma vie : j’avais eu des moments de joie, et des moments de peine, mais il est nécessaire de vivre ces derniers ; on peut refuser de traverser, mais on est alors bloqué sur une rive. La tristesse et le désespoir ne sont pas nécessairement agréables à vivre, mais une fois le deuil fait, on peut à nouveau vivre des moments agréables. On finit toujours par oublier, mais pas ce qu’on refuse d’affronter. On peut tricher, couper à travers bois, mais avec la vie ça ne marche pas : jouez aux échecs contre vous-même, et vous saurez ce que l’adversaire projette. C’est exactement pareil. Vous pouvez faire semblant de ne pas avoir de remords et vous duperez certainement des gens, mais il y aura toujours une personne qui aura conscience de la duperie…

Je n’étais pas resté dans le village que nous avions défendu. Quand j’étais retourné voir Carine et Danton, ils étaient sur le point de partir, avec une petite caravane. Ils allaient vers la Bretagne. Carine me dit que Louis, son futur fils, elle en était persuadée, vivrait sous un ciel plus clément et serait heureux lui aussi : il vivrait longtemps et aurait de nombreux amis… J’étais donc parti, je m’étais éloigné de ces lieux lourds de sens pour moi. La ceinture interdite autour de l’ancien Paris se réduisait de plus en plus : les groupes armés tels que le Phoenix ou d’autres troupes de mercenaires allaient régulièrement à la chasse pour en éliminer la vermine. Rien de plus facile pour un petit chef de guerre que de clamer sa supériorité en ayant abattu plus de goules que ses congénères. Il y avait deux mille ans on faisait de même avec les tribus d’agriculteurs ‘’barbares’’, puis avec les esclaves africains, puis plus tard avec les chevreuils ou autres canards, massacrés par des crétins avinés heureux de faire du sport en communion avec la nature. De nombreux petits villages se créaient donc dans ces territoires nouvellement libérés, qui avaient le double avantage d’être proche des terres libres de bâtiments donc cultivables et plutôt éloignées des gangs de junkies hantant le centre ville. C’était dans un de ces petits villages que je m’étais installé. Je leur avais demandé s’ils avaient besoin d’un conseiller technique (vous savez, comme au Vietnam, les milliers de conseillers techniques américains avec une M-60 dans les mains).

Je ne sais pas s’ils m’avaient compris mais ils m’avaient chargé de débarrasser un champ de gros rats-cochons qui effrayaient la population. Un rat mutant, c’est comme un rat : ça n’aime pas le plomb, et ce travail était dans mes cordes. J’étais ensuite resté et je m’étais de plus en plus investi dans l’agriculture, délaissant complètement armes et armures. N’étant pas du village, les enfants venaient souvent, voulaient que je leur raconte des histoire de ‘’la ville’’. Je distillais un peu, enjolivais, mais me laissais souvent aller dans mes rêveries à raconter tous les petits détails insignifiants qui avaient fait ma vie à cette époque. J’étais déjà vieux et je radotais comme un grand-père ; les gamins aimaient ça.

Les parents un peu moins, ils demandèrent à leur progéniture d’espacer leurs visites. On me donna une case un peu en retrait, histoire de pouvoir mieux défendre le village au cas où. Je ne voyais pas trop le coté stratégique de la chose, mais bon. J’eus une relation rapide avec une fille du village, mais au bout de quelques jours elle ne reparut pas. Le lendemain, un peu inquiet, j’allais chez ses parents. Son père, visiblement nerveux et sur ses gardes, la fourche à portée de main, ne me laissa pas entrer. Sa fille était occupée et les lois du village faisaient qu’elle allait se marier avec un autre. On me donna aussi une parcelle, et on m’indiqua qu’elle avait besoin de soin, que je n’avais donc plus besoin d’aider les autres dans leurs champs respectifs. En effet j’avais fort à faire pour dépierrer ce terrain, mais tant pis. Mi-octobre donc, j’allais vers le village comme chaque semaine (on m’avait également dit de ne pas venir trop souvent au centre du village, sinon les enfants venaient m’écouter au lieu d’aller travailler aux champs), lorsque je vis un groupe de paysans poussant et bousculant un humanoïde qu’ils attachèrent finalement à un poteau au centre de la place du village.

« Une goule, on a choppé une goule ! » Des gamins lui lancèrent des cailloux. Intrigué, je m’approchais un peu plus. Les goules, au mieux, avaient des haillons dignes de sacs à pomme de terre, or celle-ci avait un habit jaune profond, du jaune des pyjamas qui servaient de combinaison à l’abri 13. En effet, la bande rouge sur le coté ne laissait aucun doute, je me frayais un chemin dans la foule et allais voir le malheureux. Il me regarda au bout d’un instant avec deux yeux morts. Il fallut que je l’appelle plusieurs fois et que je parle du dirigeant pour qu’il s’éveille un peu. Je l’avais déjà vu, mais ne me souvenais plus de son nom. Je lui demandais ce qu’il faisait là. Ce qu’il me raconta, balbutia plutôt, ressemblait plus à un délire de mourant qu’à un discours bien construit. C’était logique en même temps. Apparemment d’autres gens étaient sortis de l’abri ; ils avaient suivi mon exemple, (sortir, ou se rebeller contre les sacrifices idiots ?), mais sans réelle préparation. Il était parti avec deux amis mais les avait-il perdu ou étaient-ils morts ? Je n’eus pas beaucoup plus de temps de parole, le malheureux semblait s’être évanoui. Je regardais autour de moi. Les gens me dévisageaient, horrifiés. J’avais parlé avec une goule ; j’étais un démon, et autres inepties typiquement moyenâgeo-chrétiennes. Si ces derniers temps je m’étais posé la question d’une légère animosité contre moi, il semblait évident maintenant que je devais aller me poser ces questions ailleurs si je ne voulais pas à mon tour finir lapidé. Je commençais à prendre la direction de ma hutte, prêt à me battre s’il le fallait, mais tout le monde s’écartait sur mon passage.
Je pris un sac de vivres, quelques affaires, mon dernier pistolet, et je partis.

Je décidais de retourner à mon abri, même sans armée libératrice. Pourquoi ? Il est vrai que cette décision ne venait de rien de réfléchi. Mais bon. J’avais décidé que je ne retournerais pas au centre Phoenix, l’ambiance de la ville ne me convenant pas. De même l’errance ne me plaisait plus. J’avais essayé de me ranger, mais là encore ça avait été un échec. Que faire d’autre ? En manque d’inspiration, cet évènement qui m’avait fait penser à mes origines m’avait donné envie d’y retourner. Juste pour voir. Comme lorsque l’évocation d’une musique vous donne envie de l’écouter. Bref, c’était un coup de tête, et c’était complètement stupide au vu de l’argumentation que j’avais. En réalité, cette idée me taraudait depuis longtemps. J’attendais une fausse excuse pour y retourner. Et voilà. J’y allais. Dans quel but ? Aller voir ce qui s’y passait, le héros revenant et s’opposant au tyran ? Un nouveau Che Guevara… Quoi que le Che a mal fini… Oublions cette comparaison… Le plus dur fut de retrouver le chemin. Je l’avais fait deux ans auparavant dans des conditions peu propices à la concentration. Mon I-Pocket était mort depuis bien longtemps, son GPS aurait pourtant été d’une grande utilité. Je commençais par revenir à l’endroit où j’avais rencontré les premières ruines de Paris. Cela me demanda déjà plusieurs jours d’errances. Je remontais alors la route.

Mais comment déterminer où je l’avais croisée pour la première fois, et de là comment revenir à l’abri ? Je quadrillais la zone pendant deux ou trois semaines. Plus le temps passait, plus je perdais du temps à chasser, trouver de l’eau potable, etc. A force de tourner, je finis par découvrir de nombreuses curiosités : un camion de Cacolake renversé avec 20.000 capsules à l’intérieur ; un homme un peu fou vivant dans une ancienne station service et cherchant à vendre les ‘’superbes voitures’’ qu’il avait en exposition, carcasses rongées par la rouille et détruites par les intempéries ; un ancien bar dévasté, dont l’enseigne, un néon certainement alimentée par des cellules solaires, avait miraculeusement survécu au chaos et illuminait encore son nom : le faucon maltais. Un peu plus et j’aurais pu trouver le lance flamme solaire. J’aurais presque pu écrire un guide du routard : tout pour vous amuser en encaissant 300 rad… J’étais de plus en plus fatigué. Exténué. Une nuit, je me laissais tomber par terre, désespéré.

J’ouvris les yeux : une étoile semblait m’attendre : elle me faisait signe. Je compris alors qu’elle m’invitait. Je lui criais : « je te suivrais, où tu iras j’irai, fidèle comme une ombre ». Et je me remis en route. Après quelques heures de marches, je rencontrais une piste fraîche, qui se dirigeait elle aussi vers l’étoile. Je hâtais le pas et rattrapais rapidement trois hommes à pieds, deux blancs un noir, sac à dos rangers, chacun avec un petit tupperware à la main. Je leur demandais :

« Bonjour ; vous aussi vous allez à mon abri ?
- Ah non, nous nous allons à l’étable de Joshua. Pour votre abri, il faut suivre cette étoile. Ensuite, deuxième chêne à gauche et vous y êtes. Et faites attention il y a un radar. »

Je les remerciais chaleureusement et repartis dans la direction indiquée. Je finis par tomber de fatigue sur le chemin. Quand je me réveillais, je ne pus déterminer si ça avait été un rêve , un délire du au manque d’eau , ou la réalité. Et soudain je reconnu le massif rocheux d’où j’étais sorti deux ans plus tôt ; dans cette région plate, un amas de rochers de cinq mètres de haut était plutôt rare. J’y arrivais quelques heures plus tard et il me fallu encore deux heures pour contourner la falaise et trouver l’entrée de la grotte. J’y étais !

Après un peu de repos, j’entrais. Rien n’avait bougé depuis mon arrivée, je ne m’inquiétais donc pas. Je revis mes amis les rats, et je me fis un plaisir de les atomiser avec mes armes ultra destructrice. Quand je pense qu’ils avaient failli mettre un terme à mon aventure , et simplement à ma vie , lors de ma première sortie. Combien de héros étaient mort en essayant de tuer trois rats à coup de poings, hein ? Cela semblait bien ridicule. J’arrivais au bout de la grotte. La lourde porte d’acier était là, imposante, incrustée dans la pierre. Le petit terminal devant clignotait paisiblement. Tout semblait en parfait état, contrairement à l’abri de Paris Est. Je tapotais un peu sur le clavier et demandai l’ouverture de la porte. Il me demanda confirmation mais refusa malgré tout. Je réessayais plusieurs fois sans succès. Je commençais à m’énerver et tapais violement à coup de pied dans l’ordinateur. Etrangement cela résolut mon problème. Mon problème d’énervement, hein, la porte était toujours fermée. Puis je remarquais un orifice sur le coté, et lorsque je refis une demande, au moment de la confirmation, je sortis mon cadavre de i-Pocket et le branchais à l’ordinateur. Celui-ci bippa, et mon appareil revenu d’entre les morts lui répondit. Un gyrophare rouge se mit en route dans le mur, une sonnerie intermittente se mit en marche, et la lourde porte commença à se mouvoir et à disparaître dans le mur. J’avais maintenant un passage de trois mètres de diamètre devant moi. Une faible lueur blanchâtre d’un seul néon survivant donnait un halo pâle dans la pièce intermédiaire. L’accueil fantomatique était fantastique. De retour chez moi…

Après un moment, je pris une grande respiration et franchis le seuil. Je traversais rapidement le sas pour me rapprocher de la porte intérieure. C’est à ce moment que j’entendis soudain un bruit significatif. Un bruit de moteur électrique. Je voulus me retourner pour vérifier, mais je n’en eus pas le temps, le second bruit significatif que je craignais se fit soudain entendre : le crépitement continu d’une mitrailleuse gatling, mitrailleuse bien cachée dans un coin de la salle, invisible pour les gens arrivant de l’extérieur, et dont j’avais croisé le faisceau laser. Sans doute une mesure du dirigeant pour dissuader les démons zéro et trois de venir investir son petit paradis. Certainement aussi pour persuader les infidèles cherchant à sortir de revenir sagement dans les rangs. Et puis peut-être me craignait-il en fait, qui sait ? Amusant de me dire que j’avais été l’artisan de ma propre perte. J’en fus presque fier, avant d’en être triste.

Voilà ; c’est ainsi que je me retrouvais par terre, transpercé par une quinzaine de balles, à me rappeler comment j’en étais arrivé là. En fait, suis-je en train de me demander où a été mon erreur ? Il n’y a pas eu d’erreur ; tout s’est fait d’une manière tellement logique et effrayante.

Le sang chaud qui s’écoule, c’est au départ très agréable ; mais ça refroidit vide. Et puis c’est tout poisseux. En plus le plafond gris est d’une désespérante monotonie. Et je n’arrive pas à bouger la tête. J’aurais préféré voir autre chose en mourrant. En fait j’aurais préféré mourir autre part. Et puis d’une autre manière. Plus tard. Enfin, j’aurais bien aimé ne pas mourir quoi. Moi qui ai toute ma vie œuvré pour essayer de me distinguer des autres, j’ai là une pensée bien commune…

Je me demande si l'on revoit sa vie automatiquement, ou si on le fait afin d'essayer de se persuader , en vain , que tout ceci n'a pas été inutile...

Voilà. Je ne vois plus rien ; je ne sens plus rien. En fait plus aucun de mes sens ne fonctionne ; que me reste-t-il ? Je pense... Donc je suis... En même temps, vu les trous que j'avais dans le ventre il y a cinq minutes je vais bientôt arrêter de penser...

Descartes avait pas pensé à ça, hein ? Haha je suis bien plus fort que lui en fait… J’ai l’impression de délirer. De dire des choses qui n’ont aucun sens... Comme dans un rêve. En plus j’ai plus mal et plus froid. Comme quoi la mort ce qui est chiant c’est surtout le début.

La fin aussi ça doit être pas jouasse. J’espère que c’est pas trop long. Que quand on meurt, on attend pas comme ça le jugement dernier avant de tout reprendre à zéro. Parce que comme il l’a dit… Woody Allen… L’éternité c’est long… Surtout vers la fin…

Merdre, elle est où cette put… de lumière ? Est-ce que Dieu me refuse parmi les siens ? Ou est-ce qu'il est mort d'un cancer, vu toutes les radiations qu'il a du se prendre après la grande guerre ?

De toutes façons, tout ça, ce n'est pas grave... L'individu importe peu, seule l'espèce compte… Enfin même l'espèce, dans l'état où elle est, je lui souhaite bien du bonheur.

L'individu importe peu, seule l'espèce compte...
Ça doit être de Darwin ça, non ?
Quel c.. ce Darwin...

FIN


Un grand merci à Lin Rag, et aux auteurs du jeu Fallout

mardi 29 juillet 2008
17:33

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Bravo....et mille fois merci !

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Blog mis à jour le 22/08/2008 à 04:06:18



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