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Un après midi, je me déshabillais dans le vestiaire de l’institut, quand Zara apparut. Nous nous sommes mises à parler, à raconter, à commenter ; les mots se précipitaient sur mes lèvres, et dans ma poitrine tournoyaient mille soleils ; dans un éblouissement de joie, je me suis dit : « C’est elle qui me manquait ! » Il me fallait sa présence pour réaliser le besoin que j’avais d’elle. Ce fut une évidence fulgurante. Brusquement, conventions, routines, clichés volèrent en éclats et je fus submergée par une émotion qui n’était prévue dans aucun code. Je me laissais soulever par cette joie qui déferlait en moi, violente et fraîche comme l’eau des cascades...Quelques jours plus tard, j’arrivai au cours en avance, et je regardai avec une espèce de stupeur le tabouret de Zara : « Si elle ne devait jamais plus s’asseoir, si elle mourrait, que deviendrais-je ? » Et de nouveau une évidence me foudroya : « je ne peux plus vivre sans elle ». C’était un peu effrayant : elle allait, venait, loin de moi, et tout mon bonheur, mon existence même reposait entre ses amis... L’admiration que je lui vouais ne me dépréciait pas à mes propres yeux. L’amour n’est pas l’envie.
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