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En ce temps-là, nos fleurs vendaient leur viande aux chiens Et nous habitions tous de sordides tripots Avec des aiguillages pour nos petits matins, Quand le beau macadam nous traitait de salauds, Nous traitait de salaud. Nous vivions nos vertiges dans des vibrations folles Et gerbions nos enzymes en nous gueulant : moteur ! Mais entre deux voyages, entre deux verres d'alcool, Nous n'avions pas le temps de décompter nos heures, De décompter nos heures. Nous étions les danseurs d'un monde à l'agonie, En même temps que fantômes conscients d'être mort-nés. Nous étions fossoyeurs d'un monde à l'agonie. En ce temps-là, le rien s'appelait quotidien Et nous allions pointer dans les jobs interdits. Dans les musiques blêmes, dans les sombres parfums Dans les dédales obscurs où plane la folie Où plane la folie Et nous avions des gueules à briser les miroirs, À ne montrer nos yeux que dans le contre-jour, Mais entre deux délires, entre deux idées noires, Nous étions les plus beaux, nous vivions à rebours, Nous vivions à rebours. Nous étions les danseurs d'un monde à l'agonie, En même temps que fantômes conscients d'être mort-nés. Nous étions fossoyeurs d'un monde à l'agonie. En ce temps-là, les gens s'appelaient citoyens. Nous, nous étions mutants, nous étions androgynes. Aujourd'hui, la tempête a lynché mes copains Et je suis le dernier à rater mon suicide, À rater mon suicide. Mais je veux vivre encore plus ivre de cramer. Je veux ronger le mal jusque dans ses recoins. J'ai traîné mes vingt siècles d'inutilité. Je n'ai plus rien à perdre, mais j'en veux pour ma fin, J'en veux pour ma faim |
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Encore un p'tit café Pour tenir le coup Quand la fille d'à côté Te suspend à un clou Pour aller s'enivrer Avec un autre hibou, Pour aller s'accoupler Avec une autre bête. Encore un petit café Pour tenir le coup, Essayer de penser Que tu ne penses plus du tout Depuis que la môme d'en face T'as laissé comme un trou Avec à la surface Le vide de la vie Et l'ennui de la nuit Tu veux pas une goldo Ou bien n'importe quoi, Un de ces machins qui se fument Ou un de ces trucs comme ça Qui te feront oublier Qu'y a une croqueuse de rats Qui t'a laissé tomber. Encore un petit café Pour te tenir debout Avant de retourner T'ensevelir dans ton trou, Avant d'aller rêver Que tu es lumineux Heureux, Heureux. Encore un petit café... |
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