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djenie à l'idée - 3130878
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Mon premier amour au pull over rose.


En plaisantant avec alex sur nos soeurs de misères, des souvenirs remontent...c'est le grand écart émotionnel avec les vertes années.

Je n'avais alors que des copains, on tapait le ballon, on se tapait aussi à la récré pour une injustice, une lâcheté...sous le regard amusé de l'instit' qui gardait nos défoulements dans la limite acceptable de l'époque. On évitait les filles, souvent en avance du côté physiologique: nous gardions nos croissances victorieuses pour plus tard.
Epoque d'observation, d'étonnement, de trouble aussi face à leurs jeunes rondeurs et leur regards moqueurs.
L'été et ses vacances étaient là...une belle saison aux soirées douces et tièdes . Sa famille campait juste à côté de notre tente.
Nous vivions entre vagues éclatantes de soleil, aux embruns vivifiants de la plage, repas de fruits de mer issus de pêche à pied,
De goûters délicieux qui souvent s'étiraient se transformaient en diners . Promenades nocturnes sans pollution lumineuse, jusqu'à un phare qui achevait une bande sablonneuse vierge alors de résidences et d'éclairage public.
Je ne me souviens pas comment nous avons lié connaissance.
Je ne revois que son invariable pull rose et son joli visage, la douceur de sa voix et mes premières vraies conversations détendues avec une fille.
Pour rien au monde je n'aurais loupé "notre" moment...Il était bien court: invariablement entre rentrée de la plage et diner .
Assis côte à côte près de l'entrée du camping où un va et vient était pourtant peu propice, nous nous sentions aussi isolés que sur une ile déserte.
En fait l'important était d'être loin des parents.
J'ai un doute, et c'est dommage, saloperie de vieille mémoire !...nous tenions nous la main ? Je veux croire que oui, mais...en tout cas c'était largement comme si.
Arrivé le premier je la regardais arriver...j'aimais sa silhouette et sa démarche devenues familières.

D'autres vacances sont passées...sans trace d'un pull rose pourtant espéré.
J'avais grandi, et d'autres envies moins sages mais nécessaires à mon parcours masculin me tourmentaient...
J'ignorais la souffrance qui allait me tomber dessus...Le genre de souffrance qui ne tue point, (dieu merci la jeunesse est solide), mais qui salit d'un coup nos plus beaux rêves. Il faut bien grandir aussi dans sa tête...
Elle me dit bonjour, je ne la reconnus pas.
Ma mère insista: mais si, tu te rappelles bien ?
Je crois avoir gardé une contenance assez digne alors que mon plus beau souvenir s'effondrait.
Trahison! qui a commis ce crime ? Qui s'est permis de lui faire ça ? Qui a osé ?
J'ai pleuré en silence, (les maisons de toile sont très indiscrètes) un peu pour moi, beaucoup pour elle.
je l'ai pleurée....
Enfuie la jolie fillette, gâchée par la puberté ou par je ne sais quoi, ou je ne sais qui....
je ne décrirai pas sa nouvelle apparence...je ne veux pas qu'elle efface à jamais mes ravissements d'autrefois.
Elle restait sympathique, mais j'ai honte rétrospective de mes regard courtois de cet été et surtout de mes absences de regards.
Il faut bien se protéger un peu...
Aujourd'hui je me le confesse: oui c'était vraiment une souffrance amoureuse, et c'est bien moi qui l'ai abandonnée....lâche que tu es.





Dernière participation le
Wednesday, December 29, 2021
4:15 AM

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autre temps, mêmes regards...


je sens la colère qui empourpre mes joues, et qui brille dans mes yeux. je viens de pousser un coup de gueule...silence dans la rame du tramway....têtes détournées, yeux baissés.....
Tout à coup les souvenirs d'un ancien collègue émergent comme un air de déjà vu.
l'Indochine...un jeune marin Français discute avec un soldat dans une rue grouillante d'une grande ville. ils hèlent un cyclo pousse (xich_lô) .
un pauvre hère les fait monter et pédale de toutes ses jambes pour les convoyer.
Arrivés à destination, le viet tend la main pour recevoir sa juste rétribution.
Le militaire l'insulte. le taximan ose répliquer et lui rappelle en baissant la tête, que la chose est normale.
Le militaire lui allonge une baffe monumentale et s'éloigne dans son bel uniforme.
mon collègue malgré sa surprise et son écoeurement, lui exprime que cela ne se fait pas ici comme ailleurs.
Une dernière insulte qui devait comporter le fameux "niacquouet" et la rue qui se fait silencieuse.
Personne ne crie, personne ne hurle mais tous ces yeux tournés vers les "blancs" aggrave le mal être de mon collègue...30 ans après il me disait : "tu te rends compte" ?
.....
Ce qui m'a fait réagir c'est ce pauvre mec qui vient de monter dans le tram. IL est pieds nus, il dévisage avec arrogance les voyageurs. Il se dirige vers une jeune femme avec sa petite fille. D'instinct je le suis et me colle dans son dos, pressentant le probable incident.
Il reste correct sur les 3 mots qu'il lui bafouille à part ce regard dégoulinant qui fait baisser les yeux à la jeunette .
Il sent ma présence et entendant ma toux, il se tourne vers moi. Nos yeux se croisent et à son tour il "sent" qu'un probable incident peut encore être évité.
... J'étais encore jeune, mais vigoureux et à l'époque personne ne disait "on n'obtient rien par la violence"
Il fait demi tour et soudain repère un black accompagné d'une femme.
Il le désigne du doigt et lui enjoint avec force de ne pas regarder son auguste personne. Il semblerait qu'il puisse devenir transparent, quasiment invisible. Il le hurle pratiquement...
Le black est gris et semble se ratatiner.
C'est là que c'est sorti tout seul, j'ai élevé la voix dans le silence ambiant des spectateurs.
De mémoire: "Tu vas nous casser les couilles longtemps comme ça ?" Pas très littéraire mais suffisamment efficace pour qu'il se retourne vers moi . Il parait surpris mais, méfiant il me jauge .
Ce qu'il voit dans mon attitude, bien en appui et placé légèrement de côté, mon regard concentré le dissuade d'avancer.
une bonne minute se passe nous sommes deux coqs face à face, je ne bougerai pas le premier .
on n'est jamais aussi efficace qu'en réagissant à une tentative d'agression , le fait d'être dans son bon droit est un atout pour ne pas hésiter .
Soudain pendant l'ouverture des portes à la station suivante, deux flics se ruent sur le va nu pieds...
En fait ils filaient le tram en ayant vu le zèbre monter dedans. Sans doute avait il fait des siennes ailleurs auparavant...
Après être descendu à ma propre station , j'ai revu les mêmes yeux baissés le même silence à 30 ans d'écart en indo, et dans un tram aujourd'hui.
Ces regards qui ont emmagasiné la haine suffisante pour nous "licencier" de là bas...
Nos yeux ne sont pas encore pleins de haine pour chasser d'autres imbéciles qui nous humilient. Une nouvelle religion, une nouvelle foi est apparue: la culpabilité acquise dès l'école....


Dernière participation le
Monday, December 20, 2021
8:08 PM

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ya cor' dix filles qu'ont des amants....


il me revient à la mémoire la voix de mon grand père. il chantait parfois quelques phrases d'Aristide Bruant, "meunier meunier tu es cocu"...
la fumée bleue du tabac gris qui allait raccourcir sa vie, et qui mouillait ses yeux clairs bienveillants d'une irritation journalière.
ya cor' des filles qu'ont des amants....[/
oui, je l'entends encore....le poivre généreux dans la soupe au vin rouge, le café parfumé par la gnôle.
Les repas familiaux , l'odeur des fruits de mer, le brochet au beurre blanc, la couleur dorée du muscadet...
[i]la mari'ée s'en va devant...

Les "bras de fer" avec grand-mère qui malgré sa minceur résistait à ma volonté de petit garçon.
La petitesse spartiate de leur logis d'une seule pièce.
son galant y l'emmène...
Dans cette ronde d'autrefois, je chante à mon tour dans ce surgissement mémoriel venu de si loin. Oui il chantait ça....
nous entonnons, entre inconnus pour la plupart, ces phrases minimalistes inscrites dorénavant à notre patrimoine...
dans un grand lit, tout recouvert de roses et de fleurs de lys....
on chaloupe, on pique du pied en choeur.
je suis fasciné par cette "transmission surprise"
Ce chant de mariage semble tellement dérisoire.
Pourtant on se marie encore : pour quelques années, quelques mois, quelques jours, quelques heures....On s'aime autant qu'on le peut dans l'instabilité moderne.
ya cor' neuf filles qu'ont des amants...
je revois la photo de mariage, la moustache de l'ancien "poilu", la robe blanche à la mode des années 20, les chapeaux qu'on retrouve sur les photos de "madame" colette.
Je ressens un vide étrange de ne pouvoir partager avec ces êtres chers....
La mariée s'en va.....la ronde se disjoint.
ya cor' des filles qu'ont des amants....

Dernière participation le
Friday, December 03, 2021
4:57 PM

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Le coup du lapin.


je fends la foule pressée qui galope sur le trottoir. J'ai le moral dans les chaussettes.
je sors du cabinet de mon avocat qui m'a été conseillé par des amis. (il parait qu'il est "très bien")
Comment peut on conseiller un politique en guise de robe noire ? C'est encore ma faute, c'est fou comme j'ai pu commettre de fautes en si peu de temps.
Plongé dans le marasme affectif je n'ai pas cherché à sélectionner un "baveux" , j'ai fait confiance. Me voici face à un gars qui occupe un strapontin dans la galaxie de la gauche d'alors. un radical ! laissez moi rire...jaune.

Pour résumer le gars m'avait demandé ce que je voulais faire.
Avec le recul, j'aurais demandé la lune, il aurait opiné du chef en assurant: "je vais voir ce que je peux faire" .
Sauf que cette fois c'est ma dernière visite, les masques de la "procédure" tombent...
il savait pertinemment que pour le monsieur dont on veut se séparer sans changer un iota de sa vie, ni perdre un centime, le pack est déjà ficelé au tribunal.
Le mec dégage, paye "et picétout"
A la limite je suis venu à l'aide financière du gars qui était censé venir à la mienne.
La juge fait ce qu'elle veut...c'est la règle
Le meilleur conseil qu'il aurait pu me donner aurait été d'accepter ce qui était déjà écrit depuis réception de ma première missive de "la partie adverse":
me faire rêver d'une résurrection future proche, de valse d'amantes repenties de leurs méfaits, de retissage de mon tissu amical...que du bonheur quoi.
Mais ça, ce n'est pas son boulot...le sien ce sont les dossiers pré remplis, les parades vaines au tribunal de grande instance.
je marche...lentement. Que vais je bien pouvoir faire d'intéressant aujourd'hui ?
J'ai l'impression de n'avoir plus de viscères, le vide intégral dans mon bide.
Pour ce qui est du ciboulot, c'est le contraire, on m'y a injecté du lourd , du pesant, presque du paralysant.
...c'est là que je l'ai vu.
un petit lapin tout blanc agonisant sur le bord du trottoir. J'ai immédiatement songé à une petite fille qui l'avait sans doute choisi dans une animalerie, et qui avait relâché sa surveillance.
Dans une rue passante d'une métropole il n'avait aucune chance...
Je me suis accroupi et constaté que tout son train arrière était écrasé . Il respirait encore les yeux fous de peur et de douleur.
Les passants anonymes détournaient le regard, posaient la main sur leur bouche...un vrai paysage urbain.
J'ai pensé que la petite fille n'aimerait pas que l'agonie de son petit être s'éternise...
J'ai tendu la main et ramené doucement l'animal vers moi.
j'ai chopé ses oreilles et d'un atémi aussi violent que ma peur de le louper, j'ai éteint ses yeux à jamais...
j'ai caressé brièvement son pelage, en songeant que le coup du lapin sociétal étrange dont j'étais moi-même victime, avait au moins l'avantage de ne pas être définitif....

Dernière participation le
Thursday, December 02, 2021
4:21 PM

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Comment bien serrer les fesses ...


j'ai lu beaucoup sur les face à face entre un quidam armé et une éventuelle future victime désarmée.
Mais rien ne vaut l'expérience, et je suis satisfait d'avoir pu faire d'autres expériences après ce "jeu de rôle involontaire"
Cela aurait pu être ma dernière expérimentation, peu glorieuse c'est vrai, mais tout le monde n'a pas la chance d'être le héros malheureux d'un fait divers, même si les quotidiens n'y consacrent qu'une journée.
Bien sûr il y a le procès, on rappelle les faits, et le parcours chaotique de l'assassin, mais le perdant de ce jeu de k.ons n'a pas droit au survol de sa trajectoire humaine, parfois tout aussi désespérante...
Non c'est fini...à part une émission de télé avec Morandini de nos jours...
Tout ça n'existait pas à l'époque, et à part quelques photos jaunies et films familiaux, mes descendants seraient vite passés à autre chose car il est vital de faire son deuil pour poursuivre son chemin sans s'étouffer de rancoeurs...
Evidemment c'est le porteur de l'arme qui choisit son moment, l'endroit et son compère de jeu...
Donc pour moi ce fut une grande surprise, voire de la sidération.
Il est assez courant que ce genre de scène survienne le soir, l'angoisse éternelle de la fin du jour doublée d'une bonne addiction en général..
Donc rien d'extraordinaire à ce que ce fût un beau soir, mais sans autre addiction qu'une bonne rage humaine.

J'étais opposé à posséder une arme à mon domicile, en connaissant les dangers surtout avec des enfants durant les longues absences professionnelles.
Mais ces absences dans un environnement rural étaient source d'inquiétude pour ma compagne, et je me laissai convaincre d'acquérir une carabine, en sachant très bien qu'une agression n'est jamais claironnée avant l'action...Donc malgré une arme la surprise et l'avantage sont souvent du côté de l'agresseur.
Elle prit donc l'avantage doublement en bénéficiant à la fois de la surprise et de l'arme.
les auteurs parlent souvent de la fascination du trou noir de l'extrémité du canon...ok mais ça ne marche pas quand le dit "trou noir" est braqué sur votre ventre et à une distance suffisante pour vous tenir en respect (j'adore cette image et le "respect" dû à l'agresseur ).
Par où commencer la scène ? Par le ressenti physique d'abord. Un calme et un froid étrange, un souffle qui se fait très discret ...le temps semble s'arrêter. on "sent" bien qu'un mouvement maladroit serait mal compris, mal interprété.
Petit aparté: s'agissant d'un inconnu j'aurais tenté le tout pour le tout j'en suis quasiment certain . Une esquive latérale en détournant le canon et après...place aux faits divers quelque soit l'issue de la lutte.
Mais en ce beau soir, j'étais tétanisé par l'état civil de l'agresseur. Pas la certitude
que celle que j'aimais encore allait pousser la détente, mais pas de certitude inverse non plus.
Donc le trou du canon étant placé trop bas pour l'admirer, je n'avais d'autre choix que de fixer ces yeux pleins de colère mixée avec peut être de la surprise de se trouver dans cette situation qu'elle avait imaginée plus jouissive sans doute. La pensée des conséquences pour les enfants aussi devait l'effleurer.
Je vis peu à peu la colère s'estomper dans son regard fou, mais pas sa détermination farouche...

Des secondes d'une lourdeur et d'un silence étouffants... Je pensais désespérément qu'en imprimant dans mes yeux toute ma déception, ma tristesse infinie, ma presque acceptation de ma mort, un vague reflux de ce désir de destruction puisse s'immiscer dans son cerveau.
A quoi bon avoir plusieurs neurones si les femmes veulent abattre des mono neuronaux ?
Enfin...elle se détourna et se dirigea vers la terrasse. Je la suivis plein de doutes: allait elle s'éclater la tête d'une balle pour tuer la fureur en elle ?
non...heureusement.
elle tira avec rage vers le ciel et connaissant mal le fonctionnement de l'arme automatique , elle éjectait une cartouche intacte supplémentaire après chaque tir vers les étoiles...
J'estimai rapidement le nombre de projectiles disponibles, et enfin rassuré je lui arrachai (avec ménagement tout de même) la carabine.
Elle restait comme sonnée les bras ballants, les yeux absents...je ramassai les cartouches sur le carrelage, pendant qu'elle s'éloignait
comme un zombie, consciente que l'irréparable avait été accompli....
Ce fut seulement à cet instant que je me sentis respirer à nouveau à pleins poumons...


Dernière participation le
Sunday, November 28, 2021
10:06 AM

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Blog mis à jour le 25/01/2022 à 17:47:03



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