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Aujourd’hui, j’ai mal au plus profond de moi-même. Le 5 Aout j’ai orienté un homme dans un centre d’hébergement en lui souhaitant un joyeux anniversaire, il était heureux et on a même rigolé au téléphone. Je lui demande de ne pas arriver torcher au centre tout en plaisantant. Ce matin j’arrive et le collègue m’annonce sa mort, écrasé par un train, il était depuis peu dans la galère, le voilà soulagé des démons de la rue |
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J’ai l’habitude de me rendre chez Auchan en voiture quand je suis seule (pour des raisons que certains connaissent). Une fois à l’intérieure j’ai oublié que j’étais seule et j’ai remplie le chariot comme d’habitude. Arrivée à la caisse j’ai pris conscience de ma bêtise. Derrière moi cinq jeunes, paquet de gâteaux et un soda à la main. Je ne voulais pas me prendre la tête en laissant les courses aux vigiles pour aller chercher mon véhicule. Je me suis retournée en m’adressant aux jeunes en leur proposant de les laisser passer car ils n’avaient pas grand-chose. Contents les jeunes de ne pas attendre m’ont remerciés. En discutant avec le plus jeune j’ai expliqué que j’étais dans la galère avec mes courses. Le plus grand (de taille) a dit aux autres faut aider la dame on ne va pas la laisser dans la lèrga. J’ai mis les courses dans plusieurs sacs et les jeunes se sont chargés de porter les courses jusqu’à la porte. J’ai invité les mômes à boire un coca pour les remercier. J’ai expliqué mon problème de santé et les dégâts du tabac. Ils étaient sur le cul car pour eux le tabac donnait le cancer du poumon juste aux vieux. Ils ont dit ça donne à réfléchir. Un des jeunes m’a dit voilà mon num de portable et si vous avez besoin de lever vos courses et que je suis dispo y’a pas de problème ou je demande à un autre poto. Ca fait du bien des fois de voir que nous pouvons compter sur les autres.
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Je vais vous raconter une histoire vraie, celle de mon fils M.... Certains vont comprendre le sens du mot éducation. Je venais d’être nommée comme responsable dans centre d’hébergement où les camions du SAMU Social arrivent avec les sdf. Je connaissais une grande partie d’entre eux et j’avais donc instauré un climat de confiance. Nous étions trois responsables et avions des plannings assez difficiles. Après 15 jours de repos, j’arrivais toute fraîche et pimpante à 18h pour lire le cahier de liaison, former les équipes et donner un coup de main à préparer les tables et les kits de toilettes. Quand j’ai commencé à lire le cahier de liaison, j’ai vu qu’en 15 nuits 7 interventions de la police pour 5 jeunes, deux avaient dû être exclus du centre pour violence. J’ai demandé à deux animateurs de m’en dire plus. Un refusa catégoriquement de faire la porte, ca commençait bien et l’autre me dit, si c’est comme les autres soirs on va encore passer une bonne soirée. Après quelques explications, j’ai décidé de faire la porte. A 22h j’ai vu arriver trois jeunes qui correspondaient au descriptif fait par les animateurs. Effectivement leurs noms étaient sur le fax, mais ils avaient oubliés une chose importante à mes yeux le BONSOIR. Ils voulaient jouer aux cons je savais faire aussi. L’un deux me dit soudain, j'veux parler au coordinateur ! Je lui fis remarquer que soit il ne savait pas lire soit il avait besoin de lunettes. Il s’approcha de moi et l’air un peu concon et me dit une meuf chef ? Et je lui répondis Non mon badge c’est pour décorer mon blouson. Alors soit vous dites déjà bonsoir chose que je n’ai pas entendu, soit je vais vous apprendre la politesse et sans l’aide des condés. Le plus grand avec sa casquette à l’envers la retira et pour se foutre de moi me tira sa révérence. J’expliquais qu’à l’intérieur du centre j’étais coordinatrice dehors sans le blouson j’étais gladys. Il n’était pas question de les voir foutre le bordel comme ils avaient osé le faire avec mes deux autres collègues. Au bout de dix minutes ils avaient dit bonsoir et me suivaient dans le bureau. J’ai offert un café et j’ai expliqué que le premier casse couille allait regretter d’être venu ce soir. Je leur demandais d’aller au lit au plus tard à 0h, pas de bédots ni emmerder les ptits vieux. Ils sont commencés à vouloir négocier l’heure, devant mon refus ils se sont acquiescés. J’ai été les conduire à table et j’ai demandé à deux animateurs d’avoir un œil sur eux. Vers 23h45 je décidai de remplacer l’animateur pour faire la ronde. Plus je m’avançais des WC plus je commençais à sentir l’herbe de Provence. J’étais folle de rage, mais je devais le piéger. Sans frapper je suis rentrée ds les wc, toujours le même fumait tranquille son joint qu’il venait d’allumer. Il avait le choix soit il le mettait dans la tinette des chiottes soit il le fumait dehors mais par contre il restait dormir dehors. Il a commencé à hurler quand deux sdf sont venus pour voir si j’avais besoin d’aide. Il était hors de question que je baisse les bras devant un petit con. Il avait le marché en main et une chance pas de condés pour consommation de produits illicites. Mon argument était simple, il fumait sans bosser donc il volait, ça risquait de faire beaucoup et pour peu qu’il soit du sursis ! Comme j’étais bonne fille je lui retirai son joint et l’emballa afin qu’il le retrouve le lendemain. Ils étaient sensés dormir, quand vers deux du matin un sdf m’interpella pour dire que les jeunes écoutaient du rap à fond et que personne n’arrivait à dormir tranquille. L’animateur a voulu s’en charger chose que j’ai refusé, j’avais commencé avec un j’allais me faire les trois. J’ai demandé aux sdf de la chambre d’à côté de changer de chambre juste pour cette nuit et que le lendemain tout devait rentrer dan l’ordre. J’ai laissé les jeunes s’amuser comme ils avaient envie de le faire, rire et écouter de la musique. A cinq heures du matin, j’ai pris une petite cloche qu’un sdf m’avait offerte et je suis montée dans la chambre des casses couilles. J’ai ouvert en grand la fenêtre, j’ai fait sonner ma petite clochette à côté des petites oreilles, ils étaient fous de rage. J’avais un argument tout prêt : j’avais dis à 0h dans la chambre, vous avez réveillés les pauvres mecs qui bossent EUX, fumé etc.… alors je vous veux dans 15 minutes en bas pour le petit déjeuner et si vous refusez j’ai un jet d’eau qui fonctionne très bien. J’avais demandé au cuistot de préparer la table pour 4 personnes. Personne de l’équipe ne comprenait où je voulais en venir. Au bout de 20 minutes la gueule dans le cul le plus bronzé avec son accent de Marseille me dit que j’étais une dingue et que j’avais la chance d’être une femme. Pour me foutre de lui je lui dis oh peuchère il est fatigué le minot ? Nous étions les quatre à table et j’avais préparé les tartines comme à la maison. M…n’en revenait pas, tu nous fais les tartines, comme une maman ? Ben oui comme une maman petit con, car vous êtes des grandes gueules mais vous ne pissez pas loin. Après le petit déjeuner nous avions le temps de commencer à apprendre à faire un cv, chose qu’ils ont acceptée de suite. Vers 7 heures ils avaient en poche une liste que j’avais préparée. Aller s’inscrire à la mission locale, faire les intérims. Un autre avait loupé son rdv avec le son JAP. J’ai fais une lettre pour demander le report du rdv. Je voulais les voir le soir avec des réponses et des traces de leurs recherches et pas simplement un coup de tampon. Avant de s’en aller, le petit marseillais me dit dans le creux de l’oreille, je n’ai pas 18 ans et je tenais à te le faire savoir M avait 17 ans et 8 mois, c’est sans doute pas grand chose, mais la loi reste la loi. Je devais l’informer de mes intentions, nous ne pouvions pas prendre le risque de garder un mineur. J’ai avec son accord téléphoné à mon directeur qui le connaissait, nous avons pu avoir une dérogation et autorisation de le garder. Le soir à 20h pile ils étaient devant la porte morts épuisés selon eux mdr. Peu importe s’ils avaient un boulot ou pas, le plus important c’est qu’ils comprenaient ce que j’avais voulu faire. Le plus grand me demanda s’il pouvait nous donner un coup de main chose que je refusa ; il fallait faire la part des choses. M était si heureux qu’il s’approcha de moi et me chuchota à l’oreille, tu ne veux pas d’un fils comme moi ? J’avais pris ses mots à la légère. Les jours passèrent l’un des trois bossait en intérim, l’autre s’est engagé dans l’armée. M après avoir refait sa carte de séjours avait un emploi de vigile. Je l’ai aidé à trouver une pièce à blanc mesnil mais il avait du mal à gérer. Un soir il me dit je ne sais pas comment faire car le proprio va encore augmenter son loyer. Je l’ai regardé droit dans les yeux et lui dit ! Petit beur que j’aime ou tu veux en venir ? toi même tu sais Glad, tu as stéphane , cindy, il te manque un autre garçon pour boucler la boucle hein. Je savais que le père de ma fille allait accepter. Il a déposé un sur ma joue un et j'ai accepté A présent il a 30 ans et deux garçons. Comme quoi une tartine beurrée réveille des sens. A mon ptit fils Petit ange quand je t’ai pris dans mes bras Je me suis mise a pleurer Je n’ai pas eu la chance d’avoir eu ton père quand il avait ton poids Alors ta venue m’a comblée Quatre kilos de bonheur Comme tu es beau mon cœur Je regarde mon visage dans la glace Quelques rides apparaissent Des rides de richesses Que mes sourires ont laissé des traces Quand je te prends dans mes bras, je suis comme une idiote Tes grands yeux écarquillés ressemblent à des griottes Quand je te vois me sourire , c’est ton père que je vois Tu as même couleur de peau Ce teint halé de mon petit maroco Quand tu grandiras, je te raconterai l’histoire de ton père Comment un jour il m’a serrée contre son cœur Car je suis certaine que lui n’osera pas Gosse de la misère une mère il a trouvé en moi Par une belle journée ensoleillée il nous a choisi Timide et taquin, il m’a dit, avec vous je suis bien Comment résister à tant d’amour Puis voilà qu’à son tour il m’offre le plus beau cadeau A toi mon ptit fils je te dédie ses quelques mots
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Je ne sais par où commencer, j’ai tellement de choses à décrire. Pour la première fois j’avais envie de croire au Père Noël. J’entendais des cris, ça venait dans tous les sens. Tous ces enfants allaient et venaient, j’étais émerveillée par ce spectacle, je pénétrai dans un autre monde, un monde où était mélangés le bonheur et en même temps l’horreur. Aujourd’hui c’était le réveillon de Noël pour tous ces enfants sdf, je n'avais qu’une chose à demander au Père Noël, un toit pour ces enfants, pour qu’un jour ils puissent passer les fêtes en famille, un toit ce n’est pas grand chose pourtant. Je continuais ma visite, impatiente de voir le Père Noël arriver. Un verre de champagne dans une main et des mignardises dans l’autre, je continuais ma tournée. J’admirai ces jeunes animateurs, ils dansaient, chantaient, faisant patienter les enfants. Dans cette grande salle, au fond, était installé le sapin, tout près de lui un siège vide, sans doute le siège du Père Noël. L’odeur de gigot d’agneau me donnais l’eau à la bouche, j’allais enfin partager mon repas en famille, cette grande famille rassemblant tous ces anonymes. Dans une autre pièce le Père Noël préparait sa hotte, il la remplissait de cadeaux, il y en avait de toutes les tailles, j’étais impatiente et curieuse en même temps. Un des animateurs avait mis en sourdine un chant de Noël, quand notre Père Noël fit son apparition, son siège l’attendait près du sapin. Il commença sa distribution, les enfants étaient si heureux, mais aucun n’ouvra son cadeau, ils attendaient sagement que la distribution soit terminée. Le Père Noël est retourné dans son monde et les enfants pouvaient enfin découvrir leurs cadeaux. C’était un moment très intense, la musique continuait de plus belle, enfants, parents, animateurs, dansaient, ils avaient oublié en quelques instants qu’ils retourneraient demain, ou après-demain dans la rue, à errer, attendant qu’une autre place se libère dans un autre centre, ou la venue d’un miracle, avoir enfin un toit. Je ne sais pas pourquoi, j’ai flashé sur ce ptit black, il dansait à merveille et son sourire était éclatant, je le pris dans mes bras, lui demandant de faire une photo avec moi, il ne s’est pas fait prier, espiègle comme je les aime. La séance photo continua rassemblant tous les enfants. Malheureusement il fallait rentrer, toutes les bonnes choses ont une fin, mais pour une fois, je me suis sentie si bien, moi qui déteste cette fête. |
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Ce matin en arrivant au taf, j’ai posé mon regard sur ce grand tableau ou les infos sont notées et soudain j’ai presque avalé mon café de travers. Un collègue avait noté X est décédé. Je suis resté devant le tableau sans même pouvoir dire un mot. Nous nous posons tous des questions quand nous n’avons pas de nouvelle de certains habitués. J’ai été devant mon écran et j’ai écris son nom et j’ai regardé la dernière fois que nous avions entendu sa voix saccadée et ses sanglots entre deux mots. Le jaja était pour lui ce qu’est une pute pour un puceau. La rue a été plus forte que toi mon grand et comme promis de cette non vie tu n’en voulais plus, alors sur ce pont de l’autoroute tu as préféré te jeter. Combien vont te suivre pour se sentir libre. Adieu X Nous n’avons peut-être pas su écouter tes silences.  |
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Blog mis à jour le 13/10/2008 à 03:49:39
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