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Ptitange - 908884 
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Marie-Am - 1489500 

Pour toi, Grand-père


Il y avait d’abord le choix de la fenêtre. Il lui fallait bien y voir car il n'avait plus qu'un œil depuis la grande guerre.
Alors orientée à l’Est bien sûr, puisqu’on était le matin.

Il suspendait le miroir à la poignée.
Juste en dessous se trouvait une petite table en bois foncé sur laquelle il avait posé une cuvette en faïence blanche, remplie d’eau.

Il sortait alors le rasoir de son étui avec des gestes lents.
Puis, il accrochait aussi à la poignée de la fenêtre, une courroie longue et étroite.
Il ouvrait son coupe-chou, la main gauche s’emparait de la courroie, la tendait fortement, tandis que la droite exécutait avec lenteur, de haut et bas et de bas en haut, des mouvements caresses de la lame sur le cuir…

Cela faisait un bruit de soie très doux, un peu inquiétant.

Il posait ensuite le rasoir à côté de la cuvette pour s’emparer du blaireau, ouvrait la grosse boite de savon, mouillait le blaireau et le passait dans la boite en tournant rapidement, avant d’appliquer la mousse crémeuse sur ses joues, sans oublier le cou bien sûr.

Puis venait pour moi le moment tant attendu. Il commençait à se raser. Je regardais de tous mes yeux et en silence : les gestes de ses mains, la façon dont il tenait le rasoir, le crissement produit, ses diverses façons de le passer et repasser et j’avais peur chaque fois qu’il se coupe.

Je ne respirais plus.

Ses gestes étaient toujours très précis et calmes.
Il allait, comme toujours dans sa vie, avec sérénité et décision.

De temps en temps, il essuyait le rasoir et continuait son œuvre.
Puis il le posait enfin, il avait terminé et s’emparait de la serviette préparée à l’avance par ma grand-mère pour s’essuyer et effacer toute trace de savon.

C’était le moment que je préférais entre tous, je respirais enfin, il ne s’était pas blessé et il était beau ainsi, mon papi.

Il se penchait alors vers moi en me disant, tout souriant : maintenant tu peux me faire un bisou.

Ce que je m’empressais de faire bien sûr, le déposant sans rien dire sur sa joue, maintenant si douce, avant de courir jouer dans le jardin.

lundi 3 avril 2006
16:39

Oeuvre originale
Auteur : Marie

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le sourire qui arrive vers la fin de ton texte, très touchant, Marie, on devient cette enfant en te lisant ... quelle tendresse dans tes mots !

FRANK - 770362 

Paul Valmont


Zagreb, Le 20 Juillet 2005.

Je m’appelle Paul Valmont, du moins, je le crois…je n’en suis plus si sûr. Cela fait une semaine que je suis enfermé à l’isolement dans une cellule d'une prison de Zagreb.

Il y a un peu moins d’un an, j’ai rencontré une femme formidable, Virginie. Le seul problème est que la belle est mariée et que nous ne pouvons nous voir que trop rarement à mon goût.
Quand elle m’a dit partir avec ses parents et ses enfants au Club Med de Pakostane en Croatie, j’ai sauté sur son merveilleux corps et sur l’occasion ! J’ai réservé deux semaines en Juillet.
Nous devions nous rencontrer par hasard autour de la piscine et je devais tenter de la séduire !

Le premier jour de vacances, nous nous rencontrâmes autour du buffet de fruits de mer. Elle était avec sa maman et j’eut l’audace de leur conseiller de goûter à ces merveilleuses crevettes locales, tout en me présentant : « Viktor Pavelitch, professeur de français à l’université internationale de Zagreb » . Je m’étais fabriqué un léger accent roumain qui passait assez bien. Virginie ne pouvait s'empêcher de rire pendant tout le repas à chaque fois que j’ouvrais la bouche. Ses parents lui jetaient des regards noirs et m’encourageaient à poursuivre mon cours improvisé sur l’histoire de mon beau pays (merci Le Routard).
Nous passâmes une semaine formidable. Je faisais du minigolf et du volley avec les enfants, du tir à l’arc avec le père de Virginie et j’initiais sa maman au joies du net. Je passais la majeure partie de mon temps libre auprès de Virginie et de la piscine, à l'oindre d’huile bronzante toute la journée et de Biafine une partie de la nuit pour calmer ses coups de soleil dorsaux qui nous interdisaient certaines positions amoureuses.

Tout bascula le 13 Juillet, au soir. Nous étions au bar avec les participants habituels des « jeux apéro ». Alors que depuis le début de la semaine, je faisais équipe avec Virginie et que nous gagnions, presque à chaque fois, ce soir là, Linda, une jeune infirmière Marseillaise insista énormément pour faire équipe avec moi : « Avec Viktor au moins, on est sûr de boire gratos » argumenta-t-elle avec son charmant accent, et d’ajouter avec un petit rire qui se voulait mutin : « Cela ne te dérange pas, Virginie que je joue avec ton fiancé ».
Virginie était d’accord et elle choisit de jouer avec Francis, un gros Belge, assez marrant.
Le jeu était des plus simples : il fallait trouver l’action par rapport à un substantif. Le GO disait « Palefrenier » et on devait répondre « je brosse » ou « je bouchonne » et le plus rapidement possible. Notre équipe avait pris une légère avance, j’avais sorti un superbe « je boite sans soif » pour « claudication » et Francis le Belge un magnifique « je matte » pour « convoyeur ». A l’énoncé d’ "infirmière » on avait laissé répondre Linda qui réussi à trouver « je pique » après un peu moins de 30 secondes d’intense réflexion (avec la bouche qu’elle avait, un « je suce » aurait été accepté sans problèmes !!!!).
Virginie se planta lamentablement sur « catarrheux » …elle balbutia un « jjjjj….amel » qui aurait été valable pour désigner un habitant du Qatar, mais c’est bien mon « je tousse » qui nous donna la victoire !
Donc nous étions autour du bar. Tout le monde riait encore du « Jamel » de Virginie alors que je tentais d’expliquer à Linda ce qu’il y avait de drôle…mais comme elle ne connaissait ni le mot « catarrheux », ni l’existence du Qatar…
Soudain, Max,le chef

samedi 7 mai 2005
11:36

Oeuvre originale
Auteur : Frank Vassal

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glauque à souhait j'adore !

lanserlia - 993217

Le Glandon



C'était le soir,
le foehn soufflait encore dans ma vallée - vous savez : ce vent chaud qui exacerbe les passions, qui énerve les sensibilités, ce vent qui souffle sur les frontières suisse et italienne
Le ciel était bien couvert, la pluie allait tomber, il faisait déjà un peu sombre.
Quand le foehn souffle, dans ma vallée, l'air est pur, les couleurs sont éclatantes, les montagnes découpées au cutter sur le ciel : c'est magique...
Il m'a dit : on va se promener au Glandon ?
Nous y sommes arrivés, vers 18h30, il pleuvait, les nuages étaient accrochés aux montagnes et la nuit tombait. Nous sommes partis à pied, sur la route, emmitoufflés dans nos anoraks, main dans la main.
La nuit tombait doucement et nous marchions, sur la route, au col du Glandon !
Promenade incongrue à cette heure, dans ce lieu, par ce temps !!!
Nous étions seuls, bien évidemment - si ce n'est l'amour revenu qui nous enveloppait de nouveau, après les grands tourments.

Promenade incongrue, moments étranges...
On voudrait arrêter le temps, oublier les tourments, garder le bonheur -
Nous sommes rentrés à la nuit noire, mouillés mais heureux.

Moments étranges, amour tempête
Ce soir je ne garderai que la tendresse....

jeudi 28 avril 2005
21:36

Oeuvre originale
Auteur : Lanserlia

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superbe

FRANK - 770362 

RENCONTRE


« Elle est là, assise, dans ce train de banlieue,comme tous les matins à la même heure, la tête penchée, de côté, sur son livre. Ces yeux parcourent les lignes faisant légèrement vibrer ses paupières diaphanes par en dessous. Je compte tout bas le battement irrégulier de ces longs cils cherchant vainement à découvrir un rythme comme on cherche parfois à deviner l’instant de l’éclair entre deux coups de tonnerre. Je la regarde ainsi tous les matins. Parfois, quand elle plisse le front, j’ai peur qu’elle sente insidieusement le poids de mon regard , alors je vais me perdre, à quelques centimètres, dans la vitre de côté où le reflet ténu de son visage m’invite à d’autres découvertes… ».

La jeune femme, sentant le train ralentir, ferme son livre, le range dans le sac posé sur ces genoux et se lève. Son strapontin se relève d’un coup sec en coinçant légèrement un des pans de son imper gris perle. Elle passe la bride de son sac autour de son épaule, tire sur son vêtement coincé et ramène vers l’arrière de sa nuque une longue mèche de ces cheveux blonds cendrés . D’une rotation, sans lâcher la barre métallique qui courre au-dessus de la place qu’elle occupait, elle se positionne face à la porte alors que le train s’arrête dans un souffle mécanique : station Auber.

« Je bois mon café sans la quitter des yeux, je suis à deux tables d’elle, légèrement en retrait. Je regarde son profil : son nez droit, un peu long, sa joue ronde, se pommette gauche rosit par le soleil froid de Novembre, son oreille assez petite dont le lobe est légèrement distendu vers le bas par une boucle ovale sertie d’une aigue-marine à sa base. Sous son imper, un renflement me laisse deviner qu’elle a croisée ses jambes, elle porte un pantalon noir large dont je vois les revers qui remontent légèrement sur des bottes brodées . Comme elle bat de sa jambe, la mesure d’une musique muette, les motifs cachemires de sa botte font danser leurs reflets colorés… ».

La jeune femme souffle sur son thé fumant, elle a posé son livre ouvert, à l’envers à côté de sa tasse. Elle boit du bout des lèvres le liquide chaud, amer et citronné en regardant au dos de l’ouvrage la photo du jeune homme qui sourit : Pierre Saval, journaliste et nouvelliste né le 11 Mai 1965…

«Je reprends le train de banlieue .Je suis à quelques mètres d’elle, je sens son parfum, Organza, j’en suis sûr à présent. J’ai passé une bonne heure hier à sentir des quantités de fragrances dans une grande parfumerie des Champs-Elysées. Quand j’ai enfin reconnu son parfum, je me suis senti heureux comme un môme, j’ai même embrassée la vendeuse qui semblait agacée par mes hésitations. J’ai acheté le coffret cadeau qu’elle me proposait.
Je me tiens derrière elle .Elle me tourne le dos et cramponne la barre métallique verticale. Ces doigts blanchissent un peu au niveau des jointures. Elle tiens de son autre main son livre ouvert, page 37… ».


La jeune femme sourit. Elle est un peu troublée : « c’est quand même dingue ! » se dit elle.
Depuis qu’elle a entamée la lecture de cette nouvelle, hier matin dans le train, il lui semble que l’auteur parle d’elle. Elle tourne,soudain,la page qu'elle est en train de lire et constate que la nouvelle s’arrête en haut de la prochaine.

« Elle tourne la page de son livre et retourne à sa lecture. Cela me fait un peu bizarre, c’est la première f

mardi 8 mars 2005
09:27

Oeuvre originale
Auteur : Frank Vassal

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:-)) superbement mené ....

    

Blog mis à jour le 07/10/2008 à 05:58:05



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