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En vrac


un ch'tit forum pour le plaisir de lire des mots en vrac, des mots pour rien, des mots d'âmes, des mots qui viennent, comme ça, sans les chercher ... vous gênez pas, chuis pas égoïste, on partage

des mots qui viennent, des mots qui craignent, sans censure, sans bavure, de ces mots qui nous plaisent, de ces mots qui nous tiennent, de ceux qui font vibrer, de ceux qui font aimer, rêver, sourire, revivre

des mots que l'on murmure, des mots que l'on susurre, des mots doux, des mots tendres, mots durs, mots sûrs, mots purs




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jeudi 28 août 2008
22:17

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la fouineuse


ben vi, des fois j'ai un moment, alors je fouine
oh pas longtemps, deux secondes sur google, et hop !


Artus de Oguz - 1510753 lui écrire blog Publié le 28/07/2008 à 09:51 Demander à la modératrice de supprimer cette contributionLes cloches du vent.

Alors enfin me suivre dans ce monde utopique,
Où les nuages oscillent et les champs s'illuminent,
Les cloches dans le vent carillonnent excentriques!
Les églises, les étangs et les ruelles divines.

Enfin le grand départ enfin quand il parvient,
Annonce la fin d'une page on doit fermer le livre,
Que ma vie soit joyeuse afin que par maintient,
J'ai un sourire heureux que je sois enfin ivre!

Se demander vraiment ce qu'il y a d'essentiel,
La Vie, l'Amour, la Mort et aussi tout le reste,
Se fixer des limites comme cela est cruel !
Il faut savoir en jouir aussi lâcher du lest.

Allumer une chandelle au bord d'une fenêtre,
Ouvrir un peu le Ciel à celui qui redoute,
Et les dernières prières, les amours et les êtres,
L'emporter avec Soi et suivre cette nouvelle route...

ça, c'est signé Artus de j'sais pas quoi
alors je rétablis , je rends le texte à son auteur, c'est tout ....
et comme je pense être bientôt en LN chez le plagieur, je sauvegarde ici ....



Dernière participation le
samedi 2 août 2008
11:41

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A ma fille, en ce jour exceptionnel .....


Nous y voilà, tu passes ta deuxième dizaine

Toi, la chair de ma chair,
toi, ma grande, ma belle,
Oh ! comme je t'aime
et combien tu le sais

Comme ton arrivée il y a ... vingt ans
m'a comblée de bonheur !
De toutes les étapes, je n'en ratais aucune
avide de te voir progresser chaque jour

Le temps passe, ma biche, je te souris
tu es ma vie, ma raison d'exister

Comment une mère aussi heureuse que moi
peut-elle te dire encore et encore
ces mots là
Je t'aime, ma puce, ma grande, ma belle,
Je t'aime parce que tu es toi,
parce que tu me ressembles et
à deux, nous sommes plus que ça

Nous serrant les coudes
dans tous les moments las
Nous disant nos émois,
Nous contant nos pourquoi

Regarde, ma biche,
comme tu sais vivre et rire
comme tu sens bien le sens de cette vie
comme tu devines si bien les gens
et sait les attendrir, les surprendre,
les conquérir, les comprendre,
les entendre et leur donner de toi
Comme tu as su apprendre, grandir
et te conduire
Pour devenir aujourd'hui
Cette jeune femme de vingt ans
Que j'adore et admire

Oh oui, ma belle, ma grande,
Je sais parce que c'est toi,
que tout ce chemin-là
que nous faisons ensemble,
est et sera si beau,
si tendre,
que nous aurons, je crois
des millions de minutes
à nous , encore, et plus que ça,
à nous dire combien
nous sommes deux,
souvent une,
de nous si bien entendre

à Toi

Maman


Dernière participation le
mardi 21 février 2006
12:48

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Fumet de saumon



- Encore une tranche ?
- Volontiers.
- Pour moi ça ira.
Elle dévorait, gloutonne de l’intérieur, sans lever les yeux, mâchait sans bruit, imperturbable.
Lui, en face, la regardait, sans comprendre vraiment son avidité mi-cachée, mi-dévoilée.
- Tu en reprends ?
- Oh oui ! Deux, s’il te plaît.

Il regrettait de s’être laissé entraîner dans ce coin du XVe à Paris, un lieu sordide le long de la voie du chemin de fer, des grossistes qui vendent aux particuliers, arrivages directs, le seul endroit selon elle où l’on peut trouver du saumon de bonne qualité à des prix abordables. Elle en avait pris trois kilos, deux cent cinquante francs, c’est vrai, fallait pas se priver.

Sur la table, un plat à dimension de la bête tranchée, rempli de ce rose pâle. Elle n’avait d’yeux que pour lui, son regard naviguait de son assiette au plat.

- Tu as fini toi ?
- Oui.
- Je me sers alors. Tu es sûr ? Pas une petite ?
Il fit signe de la tête.
Il pleuvait, il avait froid dans ce marché qui n’en n’était pas vraiment un, endroit glauque, pendant qu’elle discutait avec les hommes-poissons. Bottes jusqu’aux genoux, la figure violacée, les gants roses comme le saumon, la glace sur les étals, et cette odeur qui traversait le froid.
Elle, insensible à la pluie, à la nuit, regardait, comparait, fouinait avec ardeur, cherchait la bonne couleur, soupesait, demandait les prix, effervescente, jamais il ne l’avait vue sous cet angle.

Au début, quand ils s’étaient mis ensemble, il lui arrivait de rentrer le soir avec un petit sachet pour elle, quelques tranches pour lui faire plaisir. Elle lui sautait au cou, jamais elle n’avait été si amoureuse, elle continuait ses démonstrations toute la nuit. Il trouvait ça amusant, cette transformation due au saumon.

Plus tard, c’était elle qui rentrait avec son poisson, deux ou trois fois par semaine.
- Encore du saumon ?
- Il y a longtemps que je n’en ai pas mangé.
- Seulement avant-hier.
- Ah bon ? Je ne m’en souviens pas.
- C’est donc le seul poisson sans phosphore.
- Pourquoi dis-tu ça ?
- Pour rien. Mange, tu peux tout prendre, je n’en veux pas.
- Vrai ?

Il la regardait, silencieuse, absorbée dans sa dégustation. Pendant plusieurs mois c’était cette routine un jour sur deux . Les nuits d’amour après-saumon, une sur deux, au même rythme. Elle se lovait tout contre lui, frétillait sous les draps, se glissait sur lui, trempés de leurs ébats, il y avait ce bruit de l’eau entre leurs deux corps, sa bouche salée, sa peau qui restait douce encore.

- Où tu vas ?
- Bouquiner.
- Tu ne manges rien d’autre ?
- Non. Plus faim.
Elle contempla le plat encore à moitié plein, reprit trois tranches à la fois. Lui, dans le fauteuil, l’observait, mi-blasé, mi-écœuré. Cette nuit, après, l’odeur fumée dans sa bouche, sa peau mouillée, leur sueur mêlée, ce mélange de senteurspoisson-peau-saumonnée, il en avait déjà un haut le cœur.

Elle, impassible, toujours devant son assiette qu’elle n’arrêtait pas de remplir et de vider.

Quand il l’avait connue, elle mangeait peu, de tout, pas difficile, se nourrissait par nécessité.

Depuis l’entrée du saumon dans leur vie, elle avait changé, il avait du mal à la retrouver.

Un soir elle était rentrée tard, trempée, gelée, épanouie. Elle avait des paquets plein les bras. Il l’avait regardée sortir ses trésors : deux kilos en provenance du XVe, il avait reconnu le sac rose, et un ensemble jupe et veste rosé. Elle l’avait mis tout de suite, s’était attablée sans lui demander s’il avait déjà dîné.

Ce soir-là, elle avait pris son temps, elle dégustait, tranche après tranche, mâchant doucement, inlassablement, le même rythme pour chaque bouchée. Il était venu s’asseoir juste en face d’elle, appuyé sur ses coudes, la tête légèrement penchée, l’air interrogateur, il essayait de comprendre, sourire aux lèvres, des morues comme elles il devait pas y en avoir beaucoup. Si au moins elle s’était adonnée à la morue, il préférait, plus sec, moins gras, ce plat qu’on pouvait manger en sauce avec des pommes de terre, et e, rigolant il lui aurait dit qu’elle était sa morue rien qu’à lui.

De temps en temps elle levait les yeux, souriait, puis son regard glissait de nouveau vers le plat convoité.

A chaque fois le même rituel, ce plat à poisson, elle l’avait ramené de Vendée, un été tous les deux, une poterie artisanale, ce rose et la forme saumon lui avaient tapé dans l’œil, elle avait refusé qu’on lui emballe.

Elle déposait dans son coffret à poisson les tranches une par une, ôtait la feuille de cellophane, déballait tout le kilo.Quand elle avait fini, elle soulevait le plat, se penchait, le nez tout près, fermait les yeux et respirait.

Il partageait une ou deux tranches avec elle, mais très vite, il associait l’odeur, cette consistance molle et grasse à celle de sa peau à elle, sa langue, sa bouche, cette eau entre leurs corps, le sel qui collait, sa façon de chercher son plaisir, comme une anguille au ralenti, il la voyait moche et écœurante alors qu’elle était restée jolie, conservée comme un saumon sous plastique, il s’en voulait.

Alors il allait s’ouvrir une boîte de cassoulet.
- Comment peux-tu manger ces infâmes saucisses ?
Il ne répondait rien, toujours patient et comme anéanti d’avance par sa défaite en face d’elle, il esquissait juste un sourire d’excuse.

Ce soir, de son fauteuil, il essayait de viser l’endroit du plat où elle allait s’arrêter. Mais chaque fois il lui fallait reculer, elle avançait sans avoir l’air de capituler.
- Je vais me coucher.
- Tu m’attendras ?
- Sais pas. Suis crevé.

Elle avait à peine levé les yeux de son assiette.
De son lit il pouvait la voir, de loin le spectacle était le même, sans cette odeur qu’il avait maintenant du mal à supporter. Fatigué, il posa son livre et s’endormit.

Il fut réveillé par ce fumet qui avait envahi la chambre, elle venait d’arriver dans le lit, cherchait son corps sous les draps.
Elle essaya de se blottir contre lui, elle avait déjà les mains moites, il attrapa son oreiller, le lui mit sur la tête, appuya fort pendant un bon moment.
Son corps se débattait, ses jambes frétillaient, comme un poisson pris à l’hameçon.
Quand il ne sentit plus aucune résistance, il s’allongea, apaisé.

Dans sa tête il répétait : brandade de morue, estouffade de saumon.





Dernière participation le
dimanche 13 février 2005
21:57

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Palourdises


Palourdises


Ce soir, il avait hâte de rentrer chez lui.
D’habitude il traînait, n’aimait pas se presser pour arriver dans son réduit.
Un deux-pièces sinistre dans une cité de banlieue.

Mais ce soir c’était spécial. En sortant de son travail de petit fonctionnaire couleur grisaille, il s’était arrêté chez le poissonnier pour acheter
une cinquantaine de palourdes.

Il se dirigeait maintenant vers son immeuble, pensant au plaisir
qu’il aurait à les ouvrir, seul avec elles pour une longue soirée.

Escalier E, numéro quinze, code 2795, sa boîte à lettres ne fermait plus depuis longtemps, jamais de courrier sinon des factures, il ne l’ouvrait
qu’un jour sur deux.
Ascenseur impair, neuvième étage. Appartement 938.
Il posa sa veste dans l’entrée, accrocha son parapluie à la poignée de porte
du placard coulissant. Passant dans le salon, il alluma la radio comme tous
les soirs, et entra dans sa petite cuisine.

Là, il se mit consciencieusement à la tâche.
Une par une, il les lustrait d’abord avec un chiffon, puis les grattait minutieusement au couteau, les déposait à côté de l’évier d’habitude toujours plein d’une vaisselle de la veille.
Mais aujourd’hui il s’était levé plus tôt pour faire le vide dans sa cuisine :
c’était sa soirée. Se consacrer exclusivement à ses coquillages.

Il ouvrait la neuvième palourde. Le téléphone sonna. C’était si rare
qu’il sursautait encore à chaque fois. Sans se presser il y alla, tellement sûr
que ce serait encore une erreur ou un quelconque racolage pour les cuisines Trucmuche.
Au son de la voix féminine, il sut qu’il avait eu raison de ne pas courir.
Non merci, il n’était pas intéressé. Il raccrocha. Il avait gardé son couteau
à la main.

Il retourna vers son évier et se remit au travail. D’un côté, il y avait
le tas de palourdes fermées, de l’autre, dans un grand plat, il disposait
les demi-coques ouvertes. Dans un sac nylon posé à ses pieds, il venait de jeter la dix-septième moitié de coque vide.



En même temps il pensait : des mollusques. Comme moi. Des bivalves bombés et blanchâtres. Même teint que moi. A coquille épaisse. Ma coquille
à moi, mon réduit, moi aussi j’y rentre tous les soirs. Sauf que jamais personne ne m’ouvre…….. en deux. Beaucoup de points communs, mais elles, elles vivent dans les fonds de sable, pas dans les tours.

Il imagina un instant la quantité que pourrait représenter un élevage
de palourdes dans une cité H.L.M… Dans chaque réduit une coquille.
Cinq tours de soixante-douze appartements chacune, trois cent-soixante palourdes dans son bloc. Sachant qu’il existe dans son quartier au moins quinze blocs du même genre, cela ferait cinq mille quatre-cents palourdes. Le rêve.

Il ouvrait la trente-sixième.

Un jour, il avait pris le dictionnaire Au hasard, à la lettre P. Le mot palourde était enfermé entre pâlot et palper. Pâlot : « un peu pâle ». Comme lui. Palper : « examiner en touchant avec les mains, les doigts ».
Ce qu’il aimait faire avec les coquilles.

Il mit longtemps à ouvrir les quatorze mollusques restant. Le sac bleu
à ses pieds était plein. Il le ficela et porta dans le vide-ordures sur le palier.
Il nettoya son évier, huma à pleines narines cette odeur de marée qui s’écoulait par la bonde. Il contempla les cinquante moitiés de palourdes dans son joli plat.

Il en prit une, la palpa, pâlichonne qu’elle était. La porta à ses lèvres,
la chatouilla de la langue, joua longuement de cette hésitation je t’avale-je te laisse, puis la détacha au couteau, la mit tout entière dans sa bouche et
la mastiqua délicatement.

Pour la deuxième, il répéta le même scénario. Et ainsi, lentement, jusqu’à la dernière, en se disant que c’était vraiment une belle soirée.

Il regarda son ventre bombé, prit son couteau, s’ouvrit en deux de façon symétrique, de la tête jusqu’aux jambes, un énorme mollusque reconstitué jaillit de son estomac, il eut le temps de le contempler, le palper.
A genou par terre, fendu, il approcha sa moitié de lèvre pour se goûter, et, soigneusement, mit une partie de lui dans un sac nylon, l’autre partie dans son joli plat.

Il était heureux, tel un « mollusque aquatique comestible,
lamellibranche siphonné ».



Dernière participation le
dimanche 13 février 2005
03:12

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Blog mis à jour le 08/09/2008 à 03:47:39



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