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Petit Pierre (*)


Comme beaucoup d’autres enfants de son âge, Petit Pierre entra à la grande école à 6 ans révolus.

Après quelques bleus et autres bobos, il réussit à se servir du beau vélo qu’il avait reçu de sa mère pour son anniversaire.

C’est son père, qu’il venait de découvrir cet été là, qui lui apprit à pédaler comme un chef ainsi que tout un tas de choses…

Son père avait des tonnes de bouquins et de microsillons de musique classique « que de la grande… » et aussi des toiles de peinture aux murs, il était artiste peintre à ses heures et vivait seul à la campagne en compagnie de son grand jardin et de sa deuch.

Ce jardin et quelques petits boulots ou plutôt services lui permettaient de vivre sans travailler « chez un patron ».

Petit pierre apprit à pêcher, à jouer aux dominos, aux cartes puis aux échecs et aussi à différencier les instruments de musique : « qu’est-ce que c’est ? » demandait son père !

« Un hautbois ? »

« Non plus grave ! » disait-il d’une voix qui l’était tout autant.

« Un basson ! » Et hop ! c’était gagné.

Petit pierre devait rester chez son père pour les vacances d’été mais finalement il y resta plus longtemps que prévu.

Il devait y avoir deux bons kilomètres pour aller de la maison à l’école et la première semaine, son père l’accompagna en vélo, matin, midi et soir pour être sûr que son rejeton se débrouille comme un grand.

Puis petit pierre fit les trajets tout seul.

Dans cette école primaire de village, il y avait deux rangées pour chaque niveau du CP au CM2 ; Petit pierre était dans le premier rang au fond la classe et déjà il apprenait à lire « Rémi » et à faire des grosses taches d’encre violette en guise de lettres jambées dans les jolis interlignes de son beau cahier.

Du violet, il y en avait partout : sur le papier buvard, les doigts, les habits et jusque sur la langue.

Et déjà les leçons et devoirs débarquaient le soir, ç’en était presque fini de l’insouciance.

Un soir qu’il avait bâclé ses lignes d’écriture dont les lettres mal formées et en dehors des guides ne ressemblaient à rien, son père lui mit une bonne claque derrière les oreilles, arracha la page et lui fit recommencer le tout.

Petit pierre fit la plus belle page d’écriture qu’il n’avait encore jamais faite avec la peur au ventre d’une seconde réprimande de la Maîtresse qui verrait bien la page manquante…

On peut dire que Petit Pierre n’était pas un bon élève mais, il était toujours « prems » en « récite » !

C’est que son père ne lui passait rien sur le sujet. Il n’était pas question de faire du « par cœur » et de la « cavalcade » sans rien comprendre…fallait prendre le temps pour réciter, mettre des pauses, donner du corps, de la vie au texte.

Et il ramenait toujours un « bon point » en récite…

Son père lui apprenait pas mal de choses en fait et même des choses de grands…

Que dans la vie, il fallait se méfier de pas mal de conneries et notamment « ces foutues bondieuseries pour les grenouilles de bénitier »…

Ainsi la vie scolaire de Petit Pierre commença donc chez son père, on lui avait expliqué que maman et papa ne pouvaient plus vivre ensemble.

Et déjà la fin du premier trimestre …

Le dernier soir d’&ea

mercredi 6 avril 2005
08:52

Oeuvre originale
Auteur : Joky

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Blog mis à jour le 08/10/2008 à 11:07:20



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