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L’attente


7H40 gare X, je sors mon billet de train pour vérifier l’heure de départ : 9H25…
Décidément je suis en avance. Arrivée 13h25 à Montparnasse. 4H00 d’immobilisation, cloîtré et confiné dans un wagon où s’entassent des inconnus.
Je traverse la rue et m’installe au bistrot d’en face, commande un café et contemple la grisaille du dehors.
Une table de jeunes poivrots braillards m’inspire le plus profond dégoût. Dégoût de ce lundi matin, comme il y en a tant, comme il y en a trop.
Dehors, le vent souffle et s’engouffre dans ce bistrot dont les deux portes ouvertes et distantes d’une dizaine de mètres procurent un courant d’air glacial. Je sens mon sang se glacer dans mes veines.
Les nuages noirs épais accentuent la grisaille des murs bétonnés de la gare et ses environs, j’ai l’impression que le ciel me tombe sur la tête, et, toujours ce courant d’air qui me glace.
J’allume un clope et sors un bouquin dont je reprends la lecture machinalement là où je l’avais abandonnée.
Cette attente de train n’en finit pas, les aiguilles de ma montre semblent figées.
Il est des heures qui devraient passer plus vite, celle-ci n’en finit pas, figée comme éternelle, cent fois plus longue que les trois jours passés avec elle.
Elle qui m’a déposé à cette gare ce matin plus tôt, pour être à l’heure à son travail.
Et oui, on est lundi matin, c’est le rush, la fourmilière humaine cavale se perdre en tous coins.

8H00 passées, elle doit être à son boulot et a du retrouver ses collègues, voilà bien pour la distraire et moi, moi je suis là, seul et glacé et rien que d’y penser je me sens plus loin et paumé de tout.
Pourquoi faut-il qu’il y ait ces foutus lundis matins ?

Il y a moins de deux heures, je la tenais serrée dans mes bras, nos corps nus brûlant sous la couette entremêlés, ma cuisse gauche entre les siennes collée à son pubis, sa tête enfouie dans mon cou me murmurant son souffle chaud de bien être.
Pourquoi faut-il briser ces moments de bonheur ?
Saloperie de réveil matin qui nous sort d’une nuit de volupté, volupté qui nous emmène peu à peu vers la paresse et dont Morphée n’est autre que la belle.

« …ces tentatives pour sortir de l’accablante nécessité… » disait L.F. Céline

Depuis pas mal de temps déjà, je n’éprouve plus le moindre désir à cavaler dans « la course à l’échalote », me mêler à tout cet inutile, aucune motivation à danser comme un clown.
Et pourquoi, par quoi serais-je motivé d’ailleurs ?
Un projet d’envergure à mener à terme en respectant des délais ?
Un calendrier, des dates, des heures, une planification pourquoi ? dois-je aussi planifier ma mort ?

Ah oui, le fric …
Il en faut pour bouffer, pour d’autres, il leur en faut toujours plus, ces victimes de la publicité, parfaites consommatrices de l’inutile. Un peu plus de fric, un peu plus d’impôts, de taxes et de belles poignées en or…

9H00, l’heure approche.
Je règle mes deux cafés et je fume une dernière clope. Dans la gare, je poinçonne mon billet (et oui, encore des petits trous…) Puis je glande chez le marchand de journaux.
Je me sens vidé de partout, je cherche en vain un truc pour me distraire mais rien n’y fait.
La cohue chez le marchand me fait déguerpir, cette promiscuité avec ces inconnus m’exaspère.
Je piétine dans la gare.

9H10, je retourne chez le march

mercredi 6 avril 2005
08:42

Auteur : Joky

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FRANK - 770362 

Mercredi 9 Mars 2005


Dieu que l’Albion est perfide

John Kudsak, en plus d’avoir un nom à la con, est Anglais, ce qui lui offre l’avantage non négligeable de cumuler, sans se forcer, deux tares. Il est Anglais depuis tout petit, sa mère étant originaire du Kent et son père de Burnes dans le Sussex.

John Kudsak, après des études primaires, primaires, au cours desquelles il apprit les chants des supporter de Leeds united, le goût amer et doucereux bien que pas désagréable de la Ale et la branlette à deux mains, décida d’un commun accord avec lui-même et le corps enseignant britiche d’arrêter le massacre.
Comme il ne savait ni chanter, ni jouer d’un instrument, il devint le batteur N°1 d’un groupe de skinhead ce qui lui permettait-en accord avec ses idées qui se cantonnaient dans cet espace restreint situé, à l’intérieur de son crâne, entre la base de son implantation capillaire et la limite du dessus de ses sourcils roux- de sortir presque tous les soirs sa batte de base-ball devant quelques homos ou quelques Pakistanais et sa bite de baise molle, le samedi soir devant des rouquines grassouillettes, tout en gencives, qui le mâchouillaient avec application et sans joie à l’arrière de sa Ford Taurus.
En 1992, un policier de Bradford, coiffé d’un chapeau ridicule, mit fin à cette routine bon enfant.
A sa sortie de prison, son diplôme de rempailleur de chaise en formica en poche, John Kudsak décida de se ranger. Il trouva facilement un boulot de manœuvre sous payé dans une usine de conditionnement de Leeds et épousa Nancy Brootwell une jolie blonde d’à peine 185 pounds à laquelle il fit du contrecarre, de multiples ecchymoses du plus bel effet, une cicatrice avec un tesson de bouteille (un soir où Leeds s’était pris une branlée par Manchester United) et deux enfants idiots : Paul, un garçon qui est actuellement coiffeur homosexuel à Soho et Jane qui attend son Tarzan en délivrant mornement des tickets d’entrée à la caisse du zoo de Sheffield.

Bref John Kudsak est heureux et c’est ce qu’il se dit en cette fin d’après-midi du Mercredi 9 Mars 2005 alors qu'il attaque sa troisième Ale tiédasse au comptoir de son pub favori « The big dick in the bock » en contemplant d’un œil ovin le résumé de la soirée de Champions league de la veille.
Soudain, la porte s’ouvre et trois hommes bien mis pénètrent dans le pub enfumé et noisy.
Un de ces trois gentlemen, le plus jeune était d’une élégance rare. Bien qu’il fut légèrement dégarni, son visage aux traits réguliers respirait l’intelligence, le discernement et une espèce de bonté innée. Il s’exprimait avec aisance et ses deux comparses étaient subjugués par son discours charismatique.Même Sharon, la jeune barmaid piercée de presque partout semblait être tombée sous le charme de cet inconnu et en oublia de pomper à la fois sa Guinness et Sir Guy Ness, le taulier, qui l'attendait dans le réduit attenant aux cuisines. John lui vit passer sa langue piercée sur ses lèvres (qui ne l'étaient pas...du moins celles là) et se trémousser d’une façon indécente. Il faut dire que ce jeune homme dégageait une animalité sensuelle hors normes. Et pourtant John Kudsak n’avait jamais douté de son hétérosexualité. Mais là !!!!Il du se rendre à l’évidence. Cet homme le troublait…
A cet instant, l’homme tourna le visage vers lui et lui sourit. Pour cacher son trouble, John Kudsak bu la fin de son verre d’un seul coup, déposa un billet

dimanche 13 mars 2005
21:20

Auteur : Frank Vassal

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Blog mis à jour le 05/07/2008 à 23:52:09



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