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Dies olé sparadrap joey



Coincé entre deux bidons d'huile,
Dans ce motel désaffecté,
J'prends des notes sur la chute des tuiles
Et sur les corps coagulés
'cause les ramoneurs du racket
M'ont passé à l'attendrisseur.
J'ai trois tonnes de trous dans la tête
Et un tomahawk sur le cœur.
Dies olé Sparadrap Joey
Douc'ment les filles. Faut pas flipper.
La bidoche est faite pour saigner.

J'filais cette môme un peu mariole

Qui frimait dans sa Studebaker
Mais j'ai dû forcer sur la gnôle
Au lieu d' bosser mon Bullworker.
J' me suis r'trouvé au "Chaparal"
Donné au signet.
Ce rade où rodent les "rattlesnake"
Donné au signet.
Entre de fausses Lauren Bacall
Et des Bogart à moitié cake,
Dies olé Sparadrap Joey
Douc'ment les filles. Faut pas flipper.
La bidoche est faite pour saigner.

La suite m'a laissé amnésique.
J'ai coulé dans mon bathyscaphe
Sous des uppercuts olympiques
Qui m'défonçaient le sismographe...
J'ai récupéré ma carcasse
Dans une piaule de cette taule en ruine
Où ça r'niffle la vieille radasse
Qui met du gas-oil dans son gin.
Si un jour je r'trouve la mémoire
Et deux-trois bières pour ma moquette
J' balanc'rai à la Série noire
Un truc à faire chialer Hammett.
Dies olé Sparadrap Joey
Douc'ment les filles. Faut pas flipper.
La bidoche est faite pour saigner.



dimanche 22 mai 2005
14:04

Auteur : Hubert-Félix Thiéfaine

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Stalag-tilt




Milliards d'étoiles
Mettant leurs voiles
Carbonisées,
Soleils factices,
Fin d'orifice
Climatisé,
Reviens,
Reviens petite.
Les stalactites
Veulent m'emmurer.
Reviens,
Déconne pas.
Sans toi, mon cas
Est périmé,
Périmé.
Les p'tites frangines
Des magazines
Me laissent leurs clés
Et je m'ébranle
Dans le chambranle
Des pages tournées,
Tournées.
Reviens,
Reviens petite,
Dans ma guérite,
Érotiser.
Reviens.
Déconne pas.
Sans toi, mon cas
Est périmé.





dimanche 22 mai 2005
13:59

Auteur : Hubert-Félix Thiéfaine

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Taxiphonant d'un pack de Kro




"Allô SOS Amitié,
Allô SOS Amitié ?
Excusez-moi de vous déranger
Mais si j'peux encore vous causer,
C'est qu' mon pétard est enrayé.
Allô SOS Amitié,
Allô SOS Amitié ?
Je crois bien qu'ça vient du chargeur.
Est-ce que vous pouvez m'envoyer
Assez rapidement le dépanneur ?
Allô SOS Amitié ?
La vie c'est pas du bubble-gum
Et rien qu' le fait de respirer,
Ça m' fout des crampes dans le sternum !
Allô SOS Amitié,
Allô SOS Amitié ?
Allô, allô ?
Les mannequins des cortèges officiels ont goudronné
Ma tendresse et la famille Duraton veut m'obliger
À finir mon tapioca alors que ça fait bientôt
2000 ans que je n'ai plus faim.
Allô SOS Amitié,
Allô ?
J'suis dans un train fantôme bloqué
Sur une voie de garage.
Est-ce que ma carte vermeille
Me donne droit au sleeping ?
Allô ? Ici SOS Amitié.
Vous êtes sur répondeur automatique
Et vous avez 30 secondes pour vous pendre !





dimanche 22 mai 2005
13:59

Auteur : Hubert-Félix Thiéfaine

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Septembre Rose




Naufrage virtuose
D'un amour clandestin
Dans la métamorphose
Des embruns souterrains,
Tu jaillis ruisselant
D'une vague utérine
Sur ce ventre brûlant
De tendresse féminine,
Baby boy,
Sweet baby boy.

Ton premier cri réveille,
De son écho brisé,
L'ouragan qui sommeille
Dans mes veines oxydées
Et mon regard prélude
Le jeu de la pudeur
Quand, par manque d'habitude,
On s'méfie du bonheur,
Baby boy,
Sweet baby boy,
My baby boy,
Oh ! my son of the wind
My little wunderkind,
Oh ! mon septembre rose
D'amour apothéose,
Baby boy.

Passées les cruautés
Du transfert organique,
Tu retournes apaisé
Vers ta faune onirique
Ou les miroirs d'automne
Reflètent à fleur de flamme
Ta jeune écorce d'homme
Éclaboussée de femme,
Baby boy,
Sweet baby boy,
My baby boy...




dimanche 22 mai 2005
13:58

Auteur : Hubert-Félix Thiéfaine

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Le chant du fou




Le fou a chanté dix-sept fois
Les yeux croisés sur son perchoir
Une vérité au bout des doigts
Une lampe entre les mâchoires

Le fou a chanté dix-sept fois
Puis il est mort de désespoir
Dans un champ de labiales carnivores
Tous les tombeaux se sont ouverts
Pour voir passer le mort vainqueur
L'alcool s'est figé sur ton verre
Ta cigarette tombe sur ton cœur
Et tu cherches une vérité par-delà l'espace
Ouais, tu cherches une vérité par-delà l'espace

Un autre fou sort de son trou
Les yeux recouverts de poussière
De trois siècles passés chez Lucifer

Un autre fou sort de son trou
Et vient respirer la lumière
Qui gerce les murs d'Hangui-Tcheou
Comme un grand coup de cimeterre
Les feuilles tombent des cocas
Et se répandent sur l'Occident
Demain tu verras tous ces petits alchimistes
Pulvériser un continent
Et ta tête tombe de son socle de rêves
Ouais ta tête tombe de son socle de rêves




dimanche 22 mai 2005
13:57

Auteur : Hubert-Félix Thiéfaine

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