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Illusoires frontières. Le premier jour, nous étions tous horrifiés, incrédules devant l’insoutenable histoire qui se répétait. Tous les journaux titraient à la une. Les radios, les télévisions sacrifiaient les programmes au rite de l’exceptionnel. Nos journées vivaient au rythme des bombardements et des réactions du tyran. Puis, il fallut s’habituer à ce que des hommes meurent aux portes de nos frontières. Nous nous demandions ce que nous pouvions faire. Les aides s’organisèrent, on séchait nos larmes dans l’achat des produits qui soutenaient les réfugiés. Le quotidien puis le quotidien et d’autres jours s’installèrent. Chronique après chronique, les mêmes images s’habituèrent. Les programmes reprirent le dessus sur les reportages exceptionnels. Les articles s’écrivirent en page six ou sept. Ceux qui souffraient ne mouraient pas moins, mais cela devenait banal. Ils n’attiraient plus notre attention. Quelquefois je me dis que la Yougoslavie, c’est loin, comme sont loin de nous ces jeunes qui brûlent les cités, comme est loin de moi ce voisin qui frappe son chien. Souvent, je ne me sens pas concerné. Pourtant, j’ai quelques rêves difficiles, ces temps-ci, de ceux qui gênent. Hier par exemple, j’y ai vu mon voisin en train de détruire ma famille, ma maison, enfin tout ce qui me faisait ma vie. Je me suis vite réveillé et ce matin, heureusement, mon journal ne parlait plus de rien.
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| Impression : Extraordinaire
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Un amour immortel « Bonjour les petits enfants! » Ils vont bien les petits lardons ? » « mais c’est qu’ils aiment bien que l’on parle d’eux les lardons ,alors je vais casser des oeufs et on va faire une éééééénnnnooorrrrmmme omelette .....aux lardons » Encouragé par les rires du public, « 3D» le clown continuait son numéro. Ses grandes chaussures, son faux nez rouge et son chapeau de magicien le rendait rigolo. Les petits étaient conquis à sa cause avant même de l’avoir aperçu. Leurs parents, plus réticents a priori, se laissait rapidement prendre à sa gaieté communicative. Le directeur du cirque l’observait objectivement en professionnel qui juge l’argent du jeu. « 3D » était depuis peu parmi la troupe et personne ne savait exactement ce qu’il avait fait avant, ni même d’où il venait. Il était drôle et cela suffisait pour être clown. « Tu restes rarement avec nous le soir, après le spectacle. Pourquoi ne discutes tu pas un peu ce soir?. Es-tu vraiment seul dans la vie ? Tu as sûrement des enfants, vieux comme tu es ! » Laure était un peu plus hardie que les autres. Et puis ses douze ans l’autorisaient peut être à s’aventurer au delà des règles de gêne admises. Il n’était pas choqué par ces questions que les autres, mêmes artistes, n’osaient plus poser. Il aimait bien discuter avec elle. Les révélations qu’il lui apportait alors, n’en auraient été que pour les adultes. Laure, en effet, ne s’étonnait pas de sa vie et avait appris sa compagnie au hasard de leurs soirées. Ce soir, il se démaquillait comme chaque soir, depuis six mois. Face à lui même, il enlevait son faux nez, ses fausses chaussures. Derrière lui, dans la glace, il apercevait l’enfant qui le regardait pour comprendre. Elle commençait son rejet du monde proposé ; ses parents, funambules pourtant, avaient eux aussi, dû construire des conventions . « 3D » arrivait au moment propice dans son existence. Ses cheveux un peu blancs annonçaient l’âge et son air compréhensif de tout lui donnait l’envie d’avoir un grand père qu’elle n’avait pu idéaliser. «On est toujours en voyage, tu comprends. Papa dit que si on s’arrêtait, il ne serait plus fidèle à «ses choix de vie». Moi je n’y comprends pas grand chose mais de toute façon , je trouve quand même que c’est dommage». « 3 D » ne disait rien, il avait compris depuis quelques semaines la recherche de la petite. Il n’y était pas insensible mais ne voulait toutefois pas occuper une place qui ne lui appartenait pas. « C’est vrai que j’aurai pu avoir des enfants. J’aime bien les enfants. Mais, tu sais... Cela dit ,je ne suis pas si vieux que ca». Ses yeux d’abord assombris par ses gros faux sourcils, s’étaient agrandis en s’amusant de cette opportune porte de sortie. « Quel âge crois tu que j’ai ? » « Je ne sais pas, moi; quarante ans, au moins ! ... De toute façon tu es très vieux » « Quarante ans, vieux ? ...Alors je dois être très vieux effectivement. Mais dis-moi à partir de quel âge, est-on vieux ? » « Je ne sais pas, moi. Un vieux, c’est un vieux quoi ! » Irritée par tant de questions, Laure ne s’amusait pas autant que lorsqu’elle renversait les rôles. Elle décida donc de finir là la soirée et : « Bonsoir !» « Bonsoir, petite » s’entendit-il répondre. Ce départ froid lui fit mal, sans qu’il sache trop pourquoi. Mais, il n’était pas là pour r |
| Impression : Extraordinaire
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Blog mis à jour le 23/11/2008 à 10:04:58
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